Auteur: Naëlle
Mail: naelle[ at ]lartisan.net
Titre: Pour l'amour d'un enfant

 

Note : Chers lecteurs, chères lectrices, bonjour !

Comme vous pouvez le voir, j’ai enfin réussi à finir un nouveau chapitre de « pour l’amour d’un enfant ». Mais pourquoi est-ce que je mets toujours aussi longtemps avant de finir mes chapitres de cette histoire ??? Je ne comprends pas ! Pourtant, je l’aime cette histoire :)

Je vous souhaite à tous et toutes un Joyeux Noël 2007 et une très bonne année 2008.

Une dernière petite chose pour ceux ou celles qui ne le savent pas encore, « Bobby, une histoire ordinaire », mon premier livre édité vient de paraître.

Pour plus d’infos à ce sujet, je vous renvoie vers le site : naellePOINTcom

 

Souvenez-vous :

Marius : Le jeune frère de Franck. Il s’est beaucoup attaché à Johnny ces derniers temps.

Johnny : Jeune homme mystérieux, il semblerait qu’il lui soit arrivé quelque chose de grave dans le passé. Il a annoncé à Marius qu’il allait bientôt partir pour les Etats-Unis.

Jérôme : Serveur, il est le collègue de Romain. Ce dernier a d’ailleurs apprit depuis peu que Jérôme et Franck ont couché ensemble par le passé.

 

 

Pour l’amour d’un enfant

(Chapitre 29 : encore un chapitre sans titre -_-)

 

 

 

- Je croyais que tu allais démissionner, dit Jérôme, surpris de voir Romain.

- C’était mon intention, mais j’ai changé d’avis. Pourquoi ? Ca te pose un problème ?

- Non, je suis plutôt content que tu sois là.

Ne cherchant pas à savoir pourquoi le serveur était content, Romain partit se changer. Lorsqu’il revint, il vit Angélique en grande discussion avec Jérôme.

- Bonsoir, dit-il lorsqu’elle tourna la tête vers lui.

- Bonsoir Romain. Ca va ?

- Très bien, merci.

Ne demandant même pas à l’adolescente si elle allait bien elle aussi, le jeune homme alla saluer un couple qui passait la porte.

Ce soir-là, monsieur Gourin ne vint pas au restaurant et c’est sa fille qui exécuta son travail habituel. L’étudiant nota d’ailleurs que Jérôme regardait beaucoup en direction du comptoir, là où était l’adolescente.

« Bizarre », pensa-t-il. Mais il se désintéressa assez rapidement de cela et poursuivit son travail. Lorsque l’heure de fermeture arriva, c’est avec soulagement qu’il regagna sa voiture. Il était fatigué et n’avait qu’une hâte : retrouver son lit.

- Romain, attends.

Jérôme l’arrêta et sans y avoir été invité, ouvrit la portière passager.

- Qu’est-ce qu’il y a ?

- Ma voiture est de nouveau en panne. Tu veux bien m’amener à la gare ?

- C’est une plaisanterie ?

- Non, pas du tout.

L’étudiant poussa un profond soupire et fit signe à son collègue de monter.

Après quelques secondes de silence, Jérôme reprit :

- Franck et toi… vous n’êtes pas ensemble ?

- Ma vie privée ne te regarde pas, répondit Romain, d’un ton glacial, sans quitter la route des yeux.

- Je sais… mais j’aimerai comprendre.

- Comprendre quoi ? Que Franck puisse avoir une relation avec quelqu’un qui ne soit pas basé sur le sexe ?

- Tu savais comment il était ? Je veux dire… avant de devenir son ami… tu savais comment il était ?

- Jérôme. Je crois que je ne suis pas la personne qu’il te faille si tu veux faire des confidences. Je ne suis rien d’autre qu’un garçon qui tente d’élever son fils du mieux qu’il peut. Je suis associable, je ne laisse pas les gens m’approcher, je n’aime quasiment personne et je…

- Je sais tout ça ! Ca fait un petit moment que je travaille avec toi et je pense avoir apprit à te connaître. J’aimerai simplement comprendre, justement, comment quelqu’un comme toi a pu devenir ami avec Franck.

- … pourquoi ? Tu penses que Franck n’est pas assez bien pour moi ?

- …

Romain stationna, arrivé à la gare. Sans un mot, Jérôme descendit de la voiture et il allait partir lorsque l’étudiant rajouta :

- Le passé est important, mais c’est dans le présent que nous vivons.

Jérôme eut les yeux arrondis par la surprise, mais il ne put rajouter un mot, car Romain était déjà partit. Le serveur trouvait l’étudiant vraiment incroyable. Il avait tout de suite comprit qu’il était troublé, et bien qu’il n’ait dit que quelques mots, il avait réussi à le rassurer.

- J’avais raison… Franck a vraiment beaucoup de chance de t’avoir comme ami, murmura le jeune homme en se dirigeant vers le quai.

 

* * * * *

 

Romain ouvrit la porte de son studio et découvrit Franck endormi sur le canapé, Rémi dans ses bras. Le jeune homme eut un sourire et sans un bruit, il s’approcha pour prendre l’enfant. Franck bougea un peu, mais n’ouvrit pas les yeux. Finalement, il ne se réveilla que le lendemain matin pour s’apercevoir que Romain avait déposé une couette sur lui.

- Bien dormi ?
Lui demanda d’ailleurs se dernier lorsqu’il se leva.

- Heu… oui… tu es déjà réveillé. A quelle heure es-tu rentré hier soir ?

Romain eut un sourire avant de répondre qu’il n’était arrivé que vers une heure du matin.

- Tu avais prévenu ta famille que tu dormirais ici ?
Demanda Romain pendant que son ami sortait ce qu’il fallait pour prendre un bon petit-déjeuner.

- Non. Mais ça ne fait rien. Heu… ça fait longtemps que tu es réveillé ? Parce que tu as l’air d’avoir déjà pas mal bossé sur tes cours, rajouta le jeune homme en désignant les différents livres étalés devant l’étudiant.

- En fait… je ne me suis pas vraiment couché.

- Ce n’est pas très raisonnable, murmura Franck en posant le café sur la table.

- Tu as sans doute raison, répondit Romain en s’installant face à son ami.

Durant plusieurs minutes, les deux étudiants mangèrent en silence. Franck se retourna au bout d’un moment, vérifia que Rémi dormait toujours bien et demanda :

- Tu es sûr que tu ne m’en veux pas ?

- Oui, pourquoi ?

- Parce que… je te trouve… un peu distant ce matin. Et c’était pareil hier après-midi quand je suis arrivé pour garder Rémi… je ne veux pas que tu m’en veuilles…

- Je croyais t’avoir dit au téléphone que je ne t’en veux pas. Après tout, quelque part, je n’ai aucun droit de t’en vouloir.

- …

- Franck ?

- … c’est bizarre… j’ai toujours l’impression… que quand tu découvres dans choses de mon passé… ça te déçoit… et à chaque fois j’ai peur de te perdre…

- …

- C’est… c’est une situation horrible à vivre…, murmura le jeune homme en se prenant la tête entre main.

- Franck. Franck, regarde-moi.

Romain dû attendre quelques secondes avant que son ami ne consente à croiser son regard, mais lorsque ce fut fait, il lui adressa un sourire avant de lui dire :

- Fais-moi un peu plus confiance.

- … je te fais confiance, chuchota Franck en rebaissant la tête.

- Parfait. Fin de la discussion. Je ne veux plus en entendre parler. Et maintenant, rend-toi utilise et prépare Rémi, que je puisse le confier à Jessica.

- On ne garde pas Rémi aujourd’hui ???
S’étonna Franck.

- Non. On va bosser !

Obéissant, le jeune homme se leva et réveilla l’enfant qui grogna un peu en se levant.

 

* * * * *

 

- Maman ? Qui a téléphoné ? C’était papa ?

- Oui, c’était ton père.

- Il ne voulait pas me parler ?

- Non ma chérie, il ne voulait pas te parler, répondit la mère de Julie avec un sourire.

Cette dernière fut surprise. Il était vrai que ses parents se téléphonaient quelques fois, mais c’était assez rare. Cependant, depuis quelques semaines, ils se parlaient presque tous les jours.

- Papa te téléphone vraiment souvent en ce moment, dit la jeune femme en souriant à son tour.

- C’est vrai.

- Pourquoi ?

- Ca… c’est un secret dit la femme avec un sourire encore plus grand.

Julie ne chercha pas à en savoir plus et suivit sa mère du regard lorsque celle-ci prit ses affaires pour sortir.

- Maman.

- Oui ?

- Je me pose une question depuis quelque temps.

- Laquelle ?

- Pourquoi est-ce que papy t’a laissé faire les études que tu voulais ? Il n’aurait pas préféré que tu fasses autre chose ?

- … il n’était pas d’accord, répondit la femme avec tristesse. Il voulait que je fasse quelque chose qui soit plus approprié avec mon… rang social.

- … il n’en a jamais parlé.

La mère de Julie éclata de rire avant de reprendre :

- Ca, ça ne m’étonne pas vraiment. Parce que s’il en parle, il sait très bien qu’il devra aussi faire allusion à toute la suite… l’année de mes 18 ans…

- Qu’est-ce qui s’est passé ?

La femme s’approcha de sa fille avant de la sérer dans ses bras.

- Cette année là, j’ai rencontré celui qui allait briser mon cœur de ma femme, mais aussi me donner l’espoir, l’amour, la liberté et le plus magnifique des cadeaux.

Comprenant que le « cadeau » était elle-même, Julie n’en demanda pas davantage, comprenant que cette période était sans doute la plus sombre que sa mère ait vécu. Et pourtant, elle avait cru jusqu’à ce jour que le pire qu’elle ait eu à vivre avait été son divorce.

 

* * * * *

 

L’homme regarda une photo et poussa un soupire las.

- On dirait que tu viens de la perdre. Elle va se marier, pas mourir !
Lui dit une femme en s’approchant.

L’homme se retourna vers elle avant de lui répondre :

- Tu ne peux pas comprendre. Tu n’as pas d’enfant.

- … si je n’en ai pas, c’est parce que tu n’as jamais voulu m’en faire…, murmura la femme.

- Julie… il n’y a que Julie pour moi… C’est une enfant que nous avons désirée et attendue. Lorsqu’elle a posé ses yeux sur moi la première fois, je me suis promis de toujours protéger cette petite vie. Ma femme et moi n’avons pas été heureux dans notre enfance… c’est pour cette raison que nous avons donné à notre fille tout ce que nous avions tant désiré.

L’homme entendit la porte claquer, mais il ne comprit pas pourquoi. Cette manie qu’il avait de continuer d’appeler sa première épouse « ma femme » et de parler d’elle et de leur fille avec tellement de tendresse au fond du regard, sa compagne depuis sept ans à présent, ne s’y était toujours pas habituée.

 

* * * * *

 

- Marius ?

L’adolescent releva les yeux de son cours et fit signe à sa sœur Emilie, qu’elle pouvait entrer dans la chambre.

- Qu’est-ce qu’il y a ?
Demanda-t-il lorsqu’elle s’assit sur le lit.

- J’allais te poser la même question. Je sais que cette histoire avec Anthony t’a beaucoup perturbé, mais j’ai l’impression qu’autre chose te tracasse maintenant.

- …

L’adolescent se demanda comment faisait sa sœur pour être aussi perspicace.

- Tu ne veux pas m’en parler ?
Demanda-t-elle gentiment.

- Non… je… Pour tout te dire… je ne sais pas moi-même ce qui m’arrive…

- Marius ! Ha… vous êtes occupés ?
Rajouta Alizé en s’arrêtant sur le pas de la porte.

- Non, c’est bon. Qu’est-ce qu’il y a ?
Répondit son jumeau.

- Il y a une lettre qui a été déposée pour toi dans la boîte aux lettres.

L’adolescente tendit l’enveloppe cachetée à son frère et ressortit de la pièce avec sa sœur aînée.

« Qui peut bien m’écrire ? », s’interrogea le jeune homme en ouvrant la lettre.

‘Marius,
Lorsque tu liras ses lignes, je serai sans doute déjà dans l’avion. Finalement, j’ai décidé d’avancer un peu mon départ. J’imagine que tu m’en voudras, mais ce n’est pas très grave. Tu n’as pas besoin de moi. Tu as une famille merveilleuse qui t’aime et qui te le montre. Tu ne réalises sans doute pas la chance que tu as de les avoir… Mais fais-moi confiance, tu es vraiment chanceux !
Le temps que j’ai passé avec toi m’a aidé à faire le point sur beaucoup de chose. Tes craintes, tes pleurs, tes angoisses, mais aussi ta gentillesse, ta douceur, ta façon de me parler… toutes ces petites choses m’ont aidé à m’éloigner d’un passé duquel j’étais prisonnier. Je ne peux pas dire qu’aujourd’hui, je suis libre, mais j’ai tout de même fait quelques pas en avant.
Si je pars aujourd’hui, crois-moi, c’est aussi pour te rendre service. J’ai constaté depuis deux semaines que ta façon de me regarder avait changé. Tu crois certainement que c’est de l’amour que tu éprouves à mon égard. Ne t’inquiète pas, je pense que c’est normal. D’ici quelques semaines, quelques mois, tout au plus, cette vision que tu as de moi se modifiera.
Avant de te laisser, laisse-moi te dire que tu ne m’es en rien redevable. Si quelqu’un doit dire « merci » à l’autre, c’est moi. Alors, merci Marius.
Bonne chance pour ton bac.
Johnny

Marius mit plusieurs minutes avant de réaliser qu’il pleurait. Il ne le réalisa pleinement que lorsque Alizé revint dans la chambre et l’attira contre elle. Ce lien, unique entre les jumeaux, ils le possédaient bien. Elle savait quand il souffrait et lui pouvait dire lorsqu’elle était malheureuse.

 

* * * * *

 

Assis sur son siège, Johnny regarda par le hublot. A l’heure qu’il était, Marius avait certainement lu son courrier, ou alors il ne tarderait pas à le faire. Le jeune homme était conscient de fuir ces propres sentiments, mais il le fallait.

 

* * * * *

 

- Les examens approchent vraiment à grands pas, murmura soudain Franck.

Romain releva les yeux du livre de médecine qu’il lisait avant de dire :

- Raison de plus pour travailler sérieusement.

- C’est facile pour toi de dire ça.

- Ha oui ?

- Oui. Toi, tu es intelligent. Ce qui n’est pas vraiment mon cas.

- Si tu étais aussi bête que ce que tu as l’air d’insinuer, crois-moi, je ne serais pas assis à la même table que toi.

- …

- Reprends ton cours !

Parfois, c’était vraiment épuisant. Lorsque Franck n’était pas bien et qu’il s’en voulait, il se rabaissait pour tout et rien.

 

* * * * *

 

- Ca va aller ?
Murmura Alizé sans lâcher son frère.

- Oui…, répondit l’adolescent sur le même ton.

Il n’aurait su dire durant combien de temps il avait pleuré dans les bras de sa sœur, mais cela devait certainement se compter en heure.

La jeune fille le laissa alors, et il partit se rincer le visage.

« Peut-on vraiment se séparer ? », s’interrogea-t-elle.

 

* * * * *

 

- Rémi, tu veux une glace ?

- Oui, s’il te plait, répondit le petit garçon en tendant les mains vers Caroline qui s’occupait de lui.

Celle-ci lui adressa un sourire et s’accroupit afin d’être à sa hauteur.

- Tu sais que tu es vraiment bien élevé ?
Lui dit-elle en plaçant le cornet entre les deux petites mains de l’enfant.

- Tu aimes être avec moi ?
Rajouta-t-elle tout en mordant dans sa propre glace.

- Oui, oui !

- Tu es trop mignon !

L’enfant, comprenant parfaitement le compliment, eut un grand sourire.

 

* * * * *

 

- Pourquoi… n’est-ce pas à moi… qui tu as confié ton enfant…
Demanda une femme accroupie. Mais seul le silence du cimetière lui répondit. Avant de se relever, elle passa une main sur le nom de la personne enterrée là : Eléonore Matsura.

 

 

Fin du vingt-neuvième chapitre

A Suivre…

 

Chapitre commencé le 19octobre et achevé le 23 décembre 2007

 

Note de fin de chapitre : Bon… pas génial, génial comme chapitre -.- ; Mais comme vous avez pu le voir, on a vu Julie un peu toute seule, ce qui est une grande première. Pourquoi ? Parce qu’une lectrice m’a fait remarquer que ce serait bien de parler un peu plus d’elle. Tu vois Edwige, je l’ai montré et promis, on la verra aussi pas mal par la suite :)
Naëlle


 

 

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Chapitre 30

 

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