Auteur: Naëlle
Mail: naelle[ at ]lartisan.net
Titre: Pour l'amour d'un enfant
Note : Bonjour tout le monde. Hé oui, ENFIN
un nouveau chapitre. Pas de grands blablas de ma part aujourd'hui, parce que je
suis fatiguée... je me suis donné à fond pour ce chapitre, celui de "loup
apprivoisé" et le nouveau concours organisé sur mon site. Bref, je suis vidée !
Bonne lecture à tous et toutes.
Juste un petit rappel : Alexander est un ami qu'avait Romain en première année de fac.
Pour lamour dun enfant
(Chapitre 28 : Jérôme.)
- Franck, ça t'ennuierait de te calmer ?
- Mais je suis tout excité à l'idée de travailler avec toi.
Romain éclata de rire. C'était bien vrai, depuis plus d'une demi-heure, son ami n'arrivait plus à tenir en place. C'était vendredi soir et durant toute la soirée ainsi que les deux jours suivants, Franck allait travailler comme serveur dans le même restaurant que Romain. Monsieur Gourin avait eut l'air de bien l'apprécier et n'avait pas hésité à le prendre.
- Bon, allons-y.
- Maintenant ? Mais on va être très en avance.
- Ca ne fait rien. Et puis, autant que tu mettes toute cette énergie dans quelque chose d'intelligent. On va en profiter pour aider Jérôme à changer toutes les nappes.
- Ce n'est pas toi qui le fais normalement ?
- Non, c'est toujours lui qui s'en occupe.
- J'espère que je vais bien m'entendre avec lui. Parce que demain et après-demain, tu ne seras pas avec moi.
- Bah, même si vous ne vous appréciez pas, ce n'est que l'histoire de quelques jours. Mais de toute façon, je me demande s'il y a des gens qui ne s'entendent pas avec toi.
- C'est gentil ça.
- Quoi ?
- Non, rien.
Franck eut un sourire en s'apercevant que son meilleur ami n'avait même pas réalisé qu'il venait de lui faire un compliment sans même sans rendre compte.
Lorsqu'ils arrivèrent, comme Romain l'avait prédit, Jérôme était déjà là et avait quasiment terminé de préparer les tables avec de nouvelles nappes.
- Bonsoir, dit-il bien fort en voyant son collègue arriver.
- Bonsoir, répondit l'étudiant.
Posant des couverts qu'ils mettaient, le jeune homme vint vers les deux amis afin de faire connaissance avec celui qui allait travailler avec lui durant trois jours. Lorsqu'il arriva à leur hauteur, Romain se fit un devoir de les présenter :
- Jérôme, voici Franck. Franck, Jérôme.
Le plus jeune des trois eut l'impression que le temps s'arrêta durant quelques fractions de secondes, mais Jérôme plaqua rapidement un sourire de circonstance sur ses lèvres, en tendant sa main droite.
- Enchanté... Franck, dit-il alors.
Le dénommé se contenta de lui serrer la main et Jérôme repartit à son travail.
- Viens, je vais te donner un uniforme, dit Romain en faisant sursauter son ami. Ce dernier le suivit sans un mot et s’habilla sans ouvrir la bouche.
« Mais qu'est-ce qui se passe ? », se demanda Romain en se changeant.
Durant les trois heures qui suivirent, les trois serveurs n'eurent pas vraiment le temps de penser ou réfléchir car le restaurant ne désemplissait pas. Jérôme et Romain courraient un peu partout et passaient de table en table afin de satisfaire tout le monde. Franck, pas du tout habitué se contenta d'aller à son rythme mais eut un peu l'impression qu'on n'avait pas vraiment besoin de lui. Cependant, il changea d'avis lorsque son ami passa à côté de lui à un moment et lui murmura :
- Heureusement que tu es là pour nous aider.
* * * * *
Franck soupira. Il ne s'attendait pas à être aussi fatigué alors que la soirée n'était pas encore terminée. Mais c'était l'heure tout de même où les gens terminaient leur repas et ils pouvaient tous souffler un peu. Romain était près de lui et surveillait que personne n'ait besoin de lui. Par contre Jérôme était partit en cuisine afin de donner quelques instructions pour les desserts.
- Franck.
Le jeune homme sursauta en entendant la voix de son ami.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
Demanda-t-il à voix basse.
- Qu'est-ce qui s'est passé tout à l'heure ?
- ... quand... ?
- Quand tu as rencontré Jérôme... j'ai eu l'impression que tu avais un problème.
Franck ne répondit pas tout de suite avant de murmurer :
- Tu as dû te tromper.
Sans quitter les clients des yeux, et ne laissant rien transparaître, Romain continua :
- Je n'aime pas qu'on me prenne pour un idiot, et j'apprécie d'autant moins lorsque c'est toi qui le fait.
- ... s'il te plait... ne m'oblige pas à te répondre...
- Je veux savoir.
- J'ai couché avec lui.
Franck avait finit par répondre dans un murmure et espéra que son ami n'ait pas entendu. Mais vu comme ce dernier le regarda, il en doutait.
- Ils ont fini de manger, dit Romain en voyant qu'un couple venait de terminer leur dîner.
Durant le reste de la soirée, le jeune homme évita soigneusement d'être en contact avec son ami et avec son collègue.
- Il a un problème ?
Demanda Jérôme à Franck, voyant bien que quelque chose s'était passée.
« Il ne me reconnaît pas ? », s'interrogea Franck avant de répondre :
- Non, il n'y a rien.
- Bon…
Laissant Franck, le jeune homme repartit vers une table avec un plateau rempli de desserts.
Ce ne fut qu’à plus de minuit que les trois serveurs virent leur dernier client s’en aller et ce n’est qu’une bonne demi-heure plus tard que tout le monde sortit du restaurant.
Assis dans la voiture près de Romain, Franck se demandait s’il devait ou non parler. Après ce qu’il venait de vivre avec sa sœur, il n’avait pas spécialement envie que son meilleur ami lui fasse la tête.
- C’est toi qui as insisté pour que je réponde, finit-il par dire.
Garant la voiture sur le bas côté, Romain mit plusieurs minutes avant de prendre la parole :
- Je ne m’attendais pas à ça. Sinon, c’est sûr, je n’aurais rien demandé !
- …
- C’est incroyable quand même !
- Quoi ?
- J’ai l’impression qu’on ne peut pas rencontrer un mec sans que tu ais couché avec !
- … tu… tu exagères…, murmura Franck.
Posant sa tête sur le volant, Romain laissa de nouveau plusieurs minutes s’écouler sans dire un mot.
- Romain… Romain…
- Hum ?
- Tu m’en veux ?
Posant son regard sur Franck, l’étudiant se demanda s’il lui en voulait ou non ? Et si oui, avait-il vraiment le droit d’avoir ce genre de pensées ?
- Je me pose une question.
- … laquelle ?
- Tu es sorti avec lui ?
- Qui ? Ha… Jérôme… non.
- …
- …
- Bon. Je vais te raccompagner chez toi, reprit Romain après une dizaine de minutes d’un profond silence avant de redémarrer.
- Je n’ai pas envie de rentrer chez moi.
- … mais moi, je ne suis pas sûr d’avoir envie que tu dormes chez moi.
- Ha…
Quelques minutes plus tard, contrairement à ses dires, Romain stationna sur sa place de parking et sans un mot, ils montèrent dans le studio du jeune homme. Mais même là, aucune paroles ne fut échangée. N’y tenant plus, Franck rompit le silence :
- Si tu me disais pourquoi tu es fâché... je pourrai peut-être
essayer de faire quelque chose...
Murmura Franck.
- Je ne suis pas fâché, se contenta de répondre Romain en allant dans la salle de bain afin de se changer pour la nuit.
« Si tu le dis », pensa son ami en s'asseyant sur le canapé.
Quelques minutes plus tard, Romain revint en pyjama et s'assis sur son lit.
Franck rompit ce nouveau silence pesant qui s'était établit entre eux, après s’être relevé.
- Je ne supporte pas ce genre de situation. Ces moments où tu as l'air de me faire des reproches mais où tu n'es pas clair. Je...
- Stop !
- ?
- Je vais te dire ce qui se passe ! Le problème avec toi, c'est que j'ai l'impression qu'on ne peut pas rencontrer un mec sans que tu te sois... que tu ais couché avec !
Franck entendit le même reproche pour la deuxième fois de la soirée. Il répondit alors exactement la même chose que dans la voiture sans même le réaliser :
- ... tu exagères... je ne...
- Franck, c'est fatiguant... j'ai vraiment l'impression que tu... haaaa, et puis laisse tomber. Bonne nuit.
Sans rajouter un mot, Romain s'installa dans son lit, laissant son ami, debout au milieu de la pièce.
- Romain... Romain... tu dors ?
Demanda le jeune homme quelques minutes plus tard. N'ayant aucune réponse, il en
conclu que la réponse était ‘oui’ et il s'installa sur le canapé. Cependant, il
ne s'endormi pas tout de suite. Il avait parfois beaucoup de mal à comprendre
son ami.
« Tu es bizarre », pensa-t-il avant de s'endormir.
* * * * *
Lorsque Franck se réveilla, il s'aperçut qu'il était seul dans le studio. Il appela Romain, mais n'aillant pas de réponse, il descendit au sous-sol pour se rendre compte que la voiture du jeune homme n'était plus là. Réalisant qu'il devait vraiment être furieux, Franck retourna dans l'appartement et prit l'un des plus tristes petits-déjeuners de ces derniers mois.
* * * * *
Jérôme installait les derniers couverts lorsque quelqu’un entra dans le restaurant.
« Il est encore tôt », pensa-t-il en arborant un grand sourire afin d’accueillir les premiers clients.
- Bon… Romain ???
- Bonsoir, se contenta de dire celui-ci en dévisageant son collègue.
- Qu’est-ce que tu fais là ? Je croyais que tu étais rentré chez toi. Il me semble d’ailleurs que c’est pour cette raison qu’on a prit ton ami. Parce que si tu étais là, tu aurais pu…
- J’étais censé rentrer chez moi ce matin, effectivement, coupa le jeune homme.
- Quelque chose t’en a empêché ?
- Non, pas vraiment… Franck et toi…
- Haaa… c’est ça qui t’inquiète. Rassure-toi, sur le coup, je ne l’avais même pas reconnu. Ne t’inquiète pas, je ne suis pas du genre à piquer les chéris des autres.
- « Chéris » ? Non, il y a un léger malentendu, Franck et moi…
- Par contre, je tiens quand même à te prévenir. Franck n’est pas vraiment du genre fidèle. Ca ne le gêne pas de coucher avec un autre alors qu’il est déjà plus ou moins avec quelqu’un. Enfin… peut-être qu’il a changé… qui sait…
- Franck n’est pas…
- Mais comme je te le disais tout à l’heure, tu n’as pas à t’en faire, je suis très amoureux de quelqu’un en ce moment en plus. Tu peux donc être tranquille, je n’ai aucune intention de te prendre ton copain.
Romain fit un effort pour ne pas s’énerver et dit, le plus calmement possible :
- Franck et moi, nous ne sommes pas ensemble.
- Quoi ? Alors là, tu m’étonnes.
- Pourquoi ça ?
- Mais parce que franchement, j’ai du mal à croire que quelqu’un puisse rester avec Franck juste par amitié. Mes potes disaient toujours qu’il n’y a qu’au lit qu’il vaille vraiment quelque chose.
Jérôme ne réalisa pas tout de suite pourquoi de nombreux éclats de verre se trouvaient tout autour de lui. Mais voyant Romain, les poings encore serrés, il se souvint. Après avoir reçu un coup, il avait tenté de se rattraper à une table, mais au lieu de récupérer son équilibre, il avait, au contraire, fait basculer la table avec lui, entraînant dans sa chute les verres, assiettes et couverts. Se massant la joue et le menton, le jeune homme se remit debout. Il n’aurait jamais pensé que ce garçon calme et posé avec qui il travaillait depuis un petit moment maintenant, était capable de s’énerver de la sorte.
- J’ai dit quelque chose qui t’a déplu ?
Demanda Jérôme en redressant la table.
- Je vais… téléphoner à monsieur Gourin. Il est hors de question que je travaille un jour de plus avec toi.
- Pourquoi ? Je pense être un excellent collègue en plus d’être un très bon employé.
- Effectivement, tu es parfait. Je n’ai pas à me plaindre du temps que j’ai passé avec toi. Mais je n’accepterai jamais qu’on puisse dévaloriser mes amis. Franck n’est pas du tout comme tu le présentes. C’est quelqu’un de très attentionné avec ceux qu’il aime et il a de nombreuses qualités que lui-même ignore.
Jérôme se retourna vers l’étudiant, un léger sourire aux lèvres.
- Il a beaucoup de chance de t’avoir pour ami. J’espère qu’il s’en rend compte.
- …
- Si tu veux démissionner, je pense que je ne pourrai rien dire pour te retenir. Mais s’il te plaît, ne m’oblige pas à travailler tout seul ce soir et demain. Je ne pourrai pas satisfaire tous les clients seuls. Monsieur Gourin n’a rien fait pour mériter que le nom de son restaurant ne soit pas à la hauteur. Franck va bientôt arriver… laisse-le m’aider, s’il te plait… je te promets que je me contenterai de faire mon travail…
Sans un mot, Romain sortit de la salle. Jérôme avait raison. Il n’avait pas le droit rendre son patron responsable de leur différent. Il s’installa au volant de sa voiture et démarra lorsqu’il aperçut au loin la silhouette de Franck.
- Bonsoir, dit ce dernier en entrant.
- Bonsoir, lui répondit Jérôme.
- Qu’est-ce qui t’es arrivé ?
Demanda Franck en voyant qu’un bleu commençait à se former entre le menton et la
joue du serveur.
Jérôme eut un sourire avant de répondre :
- Disons que j’ai manqué de tact… toi, tu as vraiment beaucoup de chance, rajouta-t-il avant de disparaître en cuisine.
- « De la chance » ? Pourquoi ?
Il n’eut bien entendu pas de réponse et travailla le mieux qu’il put durant toute la soirée.
De son côté, Romain conduisit durant plusieurs heures avant d’arriver chez lui.
- Mon chéri, qu’est-ce qui s’est passé ?
Demanda sa mère lorsqu’il descendit de la voiture.
- Rien… enfin… rien d’important, ne t’inquiète pas maman. Où est Rémi ?
- Il dort. Il a joué comme un fou sur la banquette.
- Pauvre banquette, dit Romain en riant. Il se souvenait que ce divan était déjà là lorsqu’il était petit et qu’il lui en avait fait voir de toutes les couleurs.
- Tu as l’air fatigué, dit la femme en passant une main dans les cheveux de son fils.
- Epuisé, serait plus juste. Je bosse comme un fou sur mes cours. En plus, je suis deux fois par semaines à l’hôpital et il y a aussi les soirs où je fais le serveur.
- Je croyais que tu avais finit tes heures d’hôpital depuis un bon moment, dit madame Jouvenel en entrant dans la maison.
- Ha oui, bien sûr. Mais quand j’y vais, je suis payé. Alors je ne vais pas dire non.
- Si tu as besoin d’argent…
- Maman… on en a déjà parlé. L’année prochaine, j’espère pouvoir prendre quelque chose de plus grand et il n’est pas question ce soit toi qui paye.
- Mais…
- Maman, je t’ai déjà dit… hum… ça sent bon… c’est un ragoût ?
Demanda l’étudiant en levant le couvercle d’une marmite sur la gazinière.
La femme soupira. Son fils était vraiment buté, lorsqu’il avait décidé quelque chose.
- Je vais faire un bisou à Rémi et je viens manger, dit le jeune homme en disparaissant de la cuisine.
* * * * *
Franck allait s’endormir lorsque le téléphone sonna. Réalisant soudain qu’il n’était pas chez lui mais dans le studio de Romain, il hésita à répondre, mais finalement il prit le combiné.
- Allo ?
- C’est moi. Tu dormais ?
- Romain… non… je ne dormais pas…
- Qu’est-ce que tu fais chez moi ?
Franck sentit au son de la voix de son ami que ce n’était pas un reproche, mais simplement une demande.
- Je… en fait… je voulais te voir…
- Tu voulais me dire quelque chose ?
- …
- Franck ?
- Je… je voulais te dire… je comprends que tu m’en veuilles… après tout, je ne vais te reprocher de me dire ce que tu penses… mais j’ai besoin justement que tu me parles… c’est dur pour moi quand tu restes silencieux… j’ai l’impression de te perdre… et ça… je crois que je ne pourrai pas le supporter…
- Je ne t’en veux pas. Après tout, on ne peut pas revenir sur le passé.
- …
- Franck.
- Oui ?
- Ne pleure pas.
- Je ne…
Réalisant qu’effectivement, son ami n’avait pas tort, le jeune homme eut un
petit rire à travers ses larmes. Il fallait croire que Romain le connaissait
bien mieux que lui-même.
- Dors bien, lui dit le jeune homme plusieurs minutes plus tard.
- Merci, toi aussi.
Romain reposa le combiné sur son socle et partit se coucher dans sa chambre. Prenant la photo qu’il avait dans un cadre, il regarda les quatre personnes qui souriaient : sa mère, Makoto, Eléonore et lui-même.
« J’aurai bien aimé vous présenter Franck… mais en fait… je ne l’aurai jamais vraiment connu si vous étiez encore là… »
Il s’allongea sur son lit, les bras derrière la tête. Dans cette maison, chez sa mère, il avait l’impression de redevenir un enfant. Lorsqu’il était arrivé, d’un sourire, elle avait été capable de le calmer. Pourtant, il était plutôt énervé en stationnant. Il en voulait à Jérôme d’avoir eut des paroles cruelles en parlant de Franck. Cependant, en y réfléchissant bien, le serveur avait l’air très triste et presque envieux de la relation qu’ils avaient Franck et lui.
- Papa…
La petite voix de Rémi fit sursauter le jeune homme. Se redressant rapidement,
il ouvrit la porte pour découvrir son enfant devant.
- Qu’est-ce qu’il y a ? Pipi ?
Le petit garçon lui fit signe que ‘non’ et tendit ses petites mains, montrant qu’il voulait être prit dans les bras.
- Papa… papa…
- Qu’est-ce qu’il y a ? Rémi ?
Romain n’eut pas de réponse car l’enfant venait de s’endormir dans ses bras.
- Tu sais quand papa a un problème, hein mon petit chéri ?
Murmura-t-il en embrassant l’enfant.
Se rallongeant sur son lit avec le petit garçon, il s’endormit presque immédiatement.
* * * * *
Lorsque madame Jouvenel se réveilla, elle commença par s’affoler en s’apercevant que Rémi n’était plus avec elle et courut dans la chambre de son fils pour découvrir qu’il dormait avec l’enfant.
- Ha, bonjour maman, dit le jeune homme en ouvrant les yeux.
- Bonjour, répondit la femme en adressant un sourire à l’étudiant.
- Bonjour mamy !!!!!
Cria l’enfant en sautant du lit pour aller embrasser sa grand-mère.
- Ha, tu es réveillé toi aussi. Dis donc, tu m’as abandonnée cette nuit, rajouta la femme en s’accroupissant pour prendre le petit garçon dans les bras.
Rémi la regarda avec des yeux étonnés. Il était évident qu’il ne s’en souvenait pas. Elle n’insista pas et le serra contre elle.
- Je vais préparer le petit déjeuner. Restez encore un peu au lit, rajouta-t-elle en remettant Rémi sur le lit.
Elle sortit ensuite de la pièce et descendit les escaliers pour retrouver sa cuisine.
Quelques minutes plus tard, elle remonta.
- C’est déjà prêt ?
Demanda Romain en cessant sa partie de chatouille avec Rémi.
- Téléphone pour toi, répondit la femme.
- Ha ? Je n’ai pas entendu, dit le jeune homme en se levant.
C’est Franck ?
Demanda-t-il.
- Ha non, pas du tout, répondit la femme.
« Qui peut bien m’appeler chez moi ? », s’interrogea le jeune homme en prenant l’appareil téléphonique.
- Allo ?
- Romain ? Bonjour. Je m’appelle Dimitri et je suis un ami d’Alexander.
- Il… il lui ait arrivé quelque chose ?
Demanda l’étudiant, un peu paniqué.
- Non… non… rassurez-vous, il va… bien… enfin, pas trop… c’est pour ça que je me permets de vous appeler… je… j’ai trouvé votre numéro dans ses affaires… est-ce que vous pourriez venir pendant les vacances… ?
- Venir en Russie ? Heu… je ne pense pas que…
- C’est le prix du billet d’avion qui vous empêche de venir ?
- Un peu oui. Et puis, j’ai un enfant et j’avais prévu de passer une grande partie des vacances avec…
- Je vous envoie tout ce qu’il faut pour que vous puissiez venir avec votre enfant et votre femme.
- Heu…
- S’il vous plait… Alexander est votre ami, non ?
- Oui, bien sûr, mais… je…
- Je m’occupe de tout. Je vous enverrai tout dans quelques jours… Bonne journée.
- Merci, répondit Romain avant que l’autre ne raccroche.
- Qui était-ce ?
Lui demanda sa mère.
- Un ami d’Alexander… je n’ai pas tout compris, rajouta le jeune homme avant d’éclater de rire en se souvenant que Dimitri lui avait parlé de son enfant et sa femme.
- Au fait, reprit la femme.
- Oui ?
- Tu as déjà acheté un cadeau de mariage pour Julie et Matthew ?
Oubliant pour quelque temps ce coup de téléphone, l’étudiant répondit que non. Sa mère lui fit alors plusieurs suggestions.
- Franck et moi, on offre la même chose ou ça ne se fait pas ?
Demanda Romain quelques minutes plus tard.
- Vous faites ce que vous voulez. Mais si tu veux, on peut offrir quelque chose tous les deux.
- Je croyais que tu avais déjà acheté une ménagère pour eux.
- Oui, et alors ?
- Je veux leur offrir autre chose.
- Mais tu n’étais pas sortit un soir pour chercher ?
- … heu… non… ha, le jour où j’ai été me chercher des vêtements… j’ai fait la bêtise d’emmener Franck… tu peux me croire, après avoir fait quatre magasins et avoir entendu les « non, il te faut quelque chose de mieux » de Franck pendant trois heures, je me suis arrêté là.
La mère et le fils éclatèrent de rire. Rémi, même s’il ne comprenait pas la raison de leur hilarité se mit aussi à rire.
Lorsque Romain repartit en milieu d’après-midi, il s’était décidé pour une parure de lit. Sa mère avait d’ailleurs proposé de s’occuper de l’achat.
* * * * *
En entrant dans son studio, Romain eut un sourire. Le ménage avait été fait et les livres qu’il avait laissés un peu partout avait été rangé sur l’étagère. Rémi, endormi dans ses bras, bougea un peu et il alla l’allonger sur le lit avant de revenir à la table sur laquelle il avait vu un papier sous un verre.
‘Merci pour ton appel d’hier soir. Il m’a fait très plaisir. Je rentrerai chez moi ce soir. Bonne soirée et bonne nuit. Franck’.
* * * * *
- Tu veux que je t’emmène à ton arrêt de bus ?
Demanda Jérôme en fermant le restaurant.
- Non, merci, ça va aller, lui répondit Franck en étouffant un bâillement.
- Tu sais… je te propose juste de te conduire, rien d’autre. Tu ne me fais pas confiance ?
- …
- Franck ?
- Merci, c’est gentil, mais je vais marcher un peu. Bonne nuit.
Le serveur vit son collègue de trois jours partir sans même attendre qu’il lui ait rendu son salut.
Tout en marchant, Franck se dit qu’il ne pouvait pas répondre à Jérôme que c’était à lui-même qu’il ne faisait pas confiance. Son bus arriva très vite et il s’installa rapidement. En regardant les lumières défiler, il pensa qu’il aurait peut-être dû aller chez Romain finalement. Après tout, lorsqu’il était près de lui, étrangement, sa vie d’avant ne lui manquait jamais. Mais lorsqu’il était loin, il avait l’impression que n’importe quoi pourrait le faire repartir sur cette route qu’il savait pourtant mauvaise.
En marchant les quelques mètres qui le séparait de l’arrêt à chez lui, il se demanda si quelqu’un l’attendait. Il avait prévenu Emilie qu’il rentrerait tard ce dimanche soir. Mais au vu de l’heure, presque 1h30 du matin, il se doutait bien que tout le monde dormait. Pourtant, lorsqu’il arriva, une voix féminine l’accueillit.
- Bonsoir Franck.
- Valérie ? Mais… tu ne dors pas… ?
- Cache ta joie de me voir surtout, dit la jeune femme en souriant.
- Je… Emilie m’a dit… que tu ne rentrerais pas avant un petit moment. Tu as changé d’avis ?
- Fuir ne résoudra rien, répondit la femme en plantant son regard dans celui de son frère.
- …
- Tu devrais aller te coucher, tu as l’air crevé.
- …
- Au fait, rajouta Valérie.
- Oui ?
- Je ne suis pas sûre d’avoir compris quel genre de relation vous avez Romain et toi. Mais je préfère te voir comme tu es maintenant.
- …
- Ce soir, tu as l’air épuisé, mais tu ne ressembles pas au zombi que tu étais à un moment.
- …
- Rémi et lui ont l’air d’avoir une excellente influence sur toi.
- …
- Je devrai peut-être les remercier de m’avoir rendu mon frère, termina la jeune femme avec un grand sourire avant de partir se coucher.
« Oui… moi aussi je peux les remercier… c’est grâce à eux que je récupère ma famille… », pensa l’étudiant en montant à son tour afin de regagner sa chambre.
Fin du vingt-huitième chapitre
A Suivre
Chapitre commencé le 15 mai et achevé le 14 octobre 2007
Note de fin de chapitre : Rien à dire... l'histoire
n'avance pas assez vite... snif...
Naëlle
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