Auteur: Naëlle
Mail: naelle[ at ]lartisan.net
Titre: Pour l'amour d'un enfant

 

Note : Chers lecteurs, bonjour !

Comme promis, voici le chapitre 27 de « pour l’amour d’un enfant ». Comme vous allez pouvoir le constater dans quelques secondes, il est assez long et sans doute beaucoup plus intéressant à lire que le précédent. J’ai fait mon maximum pour rattraper mon retard et je vous signal qu’on reprend donc le rythme de parution mensuel, donc, la suite à la fin de ce mois.

Avant de vous laisser lire, je tiens encore une fois à vous remercier pour vos nombreux messages ! Ca me fait vraiment plaisir et m’aide à continuer mes écrits :D

Je vous souhaite une bonne lecture

 

 

* -- * -- * -- * -- *

Souvenez-vous :

Marius : (Petit frère de Franck) Après avoir assisté au viol de deux enfants perpétré par leur propre frère, l’adolescent en Terminale à tout été raconter à la police sur les conseils de Johnny. N’oublions pas que le violeur en question avait d’ailleurs enlevé l’adolescent pendant plusieurs jours afin qu’il ne parle pas.

Johnny : Un ancien ami de Matthew. Ce jeune homme a participé aux recherches visant à retrouver Marius. Il voit beaucoup Marius depuis cette histoire et lui sert un peu de confident. Etudiant en licence.

Valérie : Elle a finit par avouer à son frère : Franck, qu’elle est amoureuse de lui.

* -- * -- * -- * -- *

 

 

Merci à Naw pour son aide à la correction de ce chapitre

 

Pour l’amour d’un enfant

(Chapitre 27 : Johnny, un garçon secret.)

 

 

 

- Ho, ho, Marius s'est mis très chic aujourd'hui.

Le jeune homme se contenta de sourire à la phrase de sa soeur aînée.

- Tu as un rendez-vous ?
Lui demanda sa jumelle alors qu'il s'asseyait pour prendre son petit déjeuner.

- Mais non voyons.

Franck, qui faisait manger Rémi se contenta de regarder la scène sans un mot.

- Au fait, quand rentre Valérie ?
Demanda Alizé.

- Je ne sais pas trop, répondit Emilie.

- Vous vous êtes disputées ?
Interrogea le cadet de la famille.

- On peut dire ça comme ça, se contenta de répondre la femme.

Comprenant qu'ils n'en sauraient pas plus, les jumeaux ne posèrent plus de question.

Quelques minutes plus tard, Franck alla dans la salle de bain afin de préparer Rémi, tandis que les autres partaient.

Lorsque Emilie déposa les jumeaux devant la grille de leur lycée, Marius lui dit :

- Je me débrouillerai pour rentrer.

- Où vas-tu ?

- Voir un ami.

Alizé ne fit aucun commentaire mais commençait à se demander depuis quand son frère sortait autant. Lui qui voulait, normalement, toujours être avec elle, au point que ça en devenait presque pesant parfois.

- Un problème ?
Lui demanda l'adolescent alors qu'ils marchaient côte à côte.

- Aucun. J'espère juste que tu te souviendras de ce que tu fais maintenant lorsque je partirai.

- Quoi ?

La lycéenne ne répondit pas et quitta son frère afin d'aller vers sa salle de cours.

« C'est incroyable quand même. Il m'a fait une comédie pas possible quand j'ai dit vouloir partir à Montréal pour mes études, et maintenant, c'est lui qui s'éloigne. Mais s'il recommence à me demander de ne pas partir, je lui rappellerai son attitude ! ».

Depuis toujours, Marius était blessé lorsque sa jumelle lui faisait des reproches. Et en ce moment, il était encore plus fragile qu'en temps normal. Car même s'il avait finit par témoigner devant le juge et que tout s'était passé à huit clôt. Toutes ces fois où il avait dû raconter ce qu'il avait vu et ce qu'il savait avait énormément ébranlé son équilibre. Et même à présent que tout était terminé, cette histoire continuait de le hanter.

- Marius ? Où vas-tu ?

C'était sans doute son professeur d'anglais qui venait de lui parler, mais il n'en fut pas sûr. Presque en courant, il ressortit de l'enceinte de l'école sans même s’en rendre compte.

Durant plusieurs heures, il erra dans les rues, pour finalement aller devant l'immeuble de Johnny. Ce dernier ne devait pas être chez lui, mais ça ne faisait rien, il allait l'attendre. Vers 13 heures, le jeune homme arriva et s'étonna de voir Marius, qui n'aurait dû passer qu'en fin d'après-midi.

- Qu'est-ce que tu fais là ?

- Je vous attendais, se contenta de répondre l'adolescent.

- Arrête de me vouvoyer... j'ai l'impression d'être un vieux.

- Désolé.

- Mais ça ne répond pas vraiment à ma question. Tu n'as pas cours ?

- ...

- Marius ?

- En fait... je n'y ai pas été...

- Pourquoi ?

- ...

- Marius, répond-moi.

- Parce que je n'avais pas envie d'y aller. Voilà, c'est bon ? J'en ai marre qu'on me pose des questions. J'en ai assez ! Si je suis venu ici, ce n'était pas pour subir un interrogatoire. Pourquoi est-ce que je l'impression que tout le monde me juge et me critique ?

- Marius... tu n'as rien fait de mal. Je t'assure que personne ne t'en veut. Mais ce n'est pas en fuyant que tu pourras surmonter ce que tu as vu.

- Vous ne comprenez pas ! Vous ne savez pas ce que je vis ! Chaque nuit, je revois encore et toujours la même scène ! Chaque fois que je dors, je revois Anthony et les enfants... je... je les entends crier... je... Vous ne pouvez pas me comprendre !!!!

Johnny respira à fond, avala difficilement sa salive avant de dire, le plus gentiment possible :

- Tu as raison, je ne peux pas comprendre.

- ... je... je suis désolé de m'être emporté comme ça..., murmura Marius, conscient que le garçon lui faisant face n'avait jamais demandé à devoir s'occuper de lui.

- Ca ne fait rien. Allez viens.

- Où va-t-on ?

- Je te ramène à ton lycée.

- Quoi ?... vous... vous ne voulez pas me voir ?

- Ca n'a rien à voir. Mais à cette heure-ci, tu n'as rien à faire chez moi. Si tu veux, je viendrai te chercher à la fin des cours tout à l'heure.

Cette perspective plaisant à Marius, il reprit son sac posé par terre et emboîta le pas à Johnny.

En chemin, l'adolescent trouvant le silence trop pesant, il chercha un sujet de conversation.

- Vous avez été dans le même lycée que moi ?

- Non. Je suis allé à l'autre. Pourquoi ?

- Comme ça, juste pour savoir. Donc, vous avez été dans le même lycée que Franck et Valérie.

Johnny s'arrêta quelques secondes.

- Ton frère et ta sœur sont allés dans ce lycée ?

- Oui. Pourquoi ?

- Pour rien...

Marius allait rajouter autre chose, mais ils arrivèrent devant l'immense bâtisse qu'était l'école de Marius et le jeune homme allait y entrer lorsque Johnny le retint par le bras.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Je voulais juste te dire...

- Quoi ?

- Il ne faut pas jouer avec son avenir. Aller en cours, je suis d'accord, ce n'est pas forcément très plaisant, mais tu n'as pas à gâcher ton avenir parce que quelqu'un que tu connais est un monstre.

- ...

- Tu as la chance d'avoir une famille aimante sur qui tu peux compter, alors ne leur donnes pas trop de soucis. D'accord ?

- ...

- Marius ?

- Vous avez raison. Je vais faire un effort.

- C'est bien. A tout à l'heure.

 

* * * * *

 

- Bon d'accord. Et où est le problème ?
Franck rendit la feuille qu'il tenait à Romain. Ce dernier rangea le test de QI avant de répondre.

- Le problème, c'est que je ne sais pas quoi faire. Mettre Rémi dans une école spécialisée avec des enfants comme lui ou dans un établissement normal... je ne sais pas.

- Moi, je le mettrai dans une école pour surdoué, sans hésiter. Mais c'est ton enfant, pas le mien.

Romain ne répondit pas et se contenta de terminer son repas en silence. Et il allait repartir lorsqu'il se souvint qu'il devait dire autre à son ami :

- J'allais oublier. Tu veux travailler trois jours comme serveur ?

- ?

- Mon patron cherche quelqu'un pour trois jours.

- Je vais travailler avec toi ?
Demanda Franck, heureux à cette idée.

- Vendredi, oui. Par contre, moi, je ne bosse pas le samedi et le dimanche. Alors, ça t'intéresse ?

- Oui, oui.

- Tant mieux, parce que j'avais déjà accepté pour toi.

Franck éclata de rire. Son ami était vraiment unique dans son genre.

- Je dois y aller. On se retrouve tout à l'heure. Je t'emmènerai au restaurant pour te présenter à monsieur Gourin. A plus tard.

- A tout à l'heure, répondit Franck en refermant la porte du studio de Romain.

Sur le lit, Rémi faisait une sieste. Son père devait vraiment avoir été perturbé par l'annonce de son QI pour être venu jusqu'ici pour à peine quinze minutes.

« Je me demande où il a trouvé le temps de finir son assiette », s'interrogea d'ailleurs Franck en débarrassant la table. Il fit ensuite la vaisselle avant de s'installer une nouvelle fois derrière ses cours. Si ça n'avait tenu qu'à lui, il aurait cessé de réviser, mais son meilleur ami ne cessait de lui dire qu'il espérait qu'ils valideraient leur année tous les deux alors, pour cette raison, il continuait.

 

* * * * *

 

Valérie jeta un coup d'oeil par la fenêtre avant de se remettre au travail en soupirant. Finalement, elle accusait son frère de fuir, mais elle faisait exactement la même chose.

- Ha, tu es là.

- Monsieur Lamarre. Vous me cherchiez ?

- Oui. Je tenais à te féliciter pour les nouveaux modèles que tu viens de créer. Ils sont superbes !

- Vous exagérez, comme d'habitude, répondit la femme en riant.

- Mais non, pas du tout. Je peux t'inviter au restaurant ce soir ?

- Pourquoi pas ?

L'homme regarda sa subordonnée les yeux arrondis par la surprise, puis, il sortit de la pièce avant d'annoncer haut et fort :

- J'ai une annonce à faire ! Valérie accepte mon invitation pour aller dîner !!!!

Plusieurs personnes se mirent à rire en entendant leur supérieur. Mais tout le monde se calma en voyant arriver celui à qui appartenait cette maison de mode. L'homme était assez froid et sec et n'appréciait que moyennement l'humour de monsieur Lamarre. Cependant, il n'avait encore jamais réussi à trouver quelqu'un qui faisait aussi bien tourner sa petite équipe, alors il lui passait ses innombrables plaisanteries qui ne l'amusaient pas du tout.

- Vous avez entendu ce que je viens de dire ?
Questionna l'homme lorsque son patron passa près de lui.

- Je pense que tu l'as dit suffisamment fort.

« Aucun humour », pensa monsieur Lamarre en retournant dans son bureau.

Le directeur alla voir son employée préférée : Valérie.

- Tout va bien ?

- Bien sûr, pourquoi cette question ?
Demanda la femme en souriant.

- Parce que normalement, nous n'aurions pas dû te revoir avant la semaine prochaine.

- ... j'ai quelques petites choses à remettre en ordre et je ne pense pas pouvoir le faire chez moi... mais rassurez-vous, ça n'influera pas sur mon travail.

- Je n'en doute pas. Tu es une styliste très sérieuse.

- Vous n'êtes pas avare de compliments, dit Valérie sans cesser de mettre des épingles sur une étoffe de tissu sur un mannequin.

- Ma femme était comme toi. C'était un géni de la mode. Et lorsque tu es arrivée ici, avec tes idées étonnantes et parfois étranges, j'ai eu l'impression de la revoir. J'ai eu raison de te faire confiance, rajouta l'homme en ressortant.

Valérie se contenta de sourire. Elle le savait que cet homme approchant de la soixantaine, avait eu l'impression de voir sa femme lorsqu'il l'avait vu pour la première fois. Cette femme, qu'il citait toujours en exemple, était morte lorsqu'elle avait à peine trente ans. Depuis ce jour, il n'avait cessé de chercher quelqu'un qui aurait été capable, comme elle, d'insuffler la vie dans un simple morceau de tissus. Et il l’avait trouvé en la personne de Valérie. C'était bien pour cela qu'il avait sans problème accepté que ce soit elle et personne d’autre qui fasse des allées et retour entre la maison mère et leur filiale dans la ville de la jeune femme. Cet homme savait que pour garder de bons employés, il fallait être d'accord de satisfaire quelques uns de leurs caprices.

 

* * * * *

 

Lorsque Marius sortit du lycée, il vit que comme promis, Johnny l'attendait devant la grille. Sans un mot, ils commencèrent à marcher et quelques minutes plus tard, ils arrivèrent chez le jeune homme.

- Votre mère n'est pas là ?

- Non. Elle travaille beaucoup.

- Ha... elle doit vous manquez, non ?

Johnny se contenta de sourire. Par deux fois aujourd'hui, Marius avait touché chez lui des points sensibles et le pire dans l'histoire, c’était qu'il ne le faisait pas exprès.

Une fois dans la chambre de l'aîné des deux, celui-ci demanda à l'adolescent ce qu'il avait envie de faire.

- Tu veux qu'on joue à un jeu vidéo ?
Rajouta-t-il en prenant les manettes.

- On pourrait peut-être parler un peu, non ?

- Pardon ?

- Je passe mon temps à vous faire part de mes états d'âme, mais je ne sais rien de vous. Pourquoi est-ce qu'on ne parlerait pas un peu ?

- Je n'aime pas spécialement parler de moi, se contenta de répondre Johnny.

- Pourquoi ?

- Parce que... comment dire... il y a certaines parties de ma vie que je n'ai pas envie de dévoiler. Et puis, si tu en savais trop sur moi, je deviendrai sans doute beaucoup moins intéressant.

- Pourquoi dites-vous ça ? J'aimerai vraiment en savoir un peu plus sur vous. J'aimerai vous connaître mieux.

- Mais moi, je n'ai pas envie de parler, se contenta de répondre Johnny.

- Mais...

- Marius.

- Oui ?

- Ecoute. Ce n'est pas que je ne veux pas TE parler. C'est juste que je n'ai pas envie de parler de moi. Tu comprends ?

- Oui...

- Alors ? On joue ?

- Ok.

Durant plus d'une demi-heure, ils jouèrent à différents jeux de combat jusqu'à ce que Marius pose sa manette près de lui.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- C'est un billet d'avion ?
Demanda le jeune homme en se levant et prenant une pochette posée sur la télévision.

- Oui. Pourquoi ?

- Vous partez pendant les vacances ?

- ...

- Je voulais vous inviter à la maison après avoir passé mon bac.

- En fait... dans deux semaines, j'aurai terminé mes examens et je pars tout de suite après.

- Combien de temps ?

- Je vais faire ma maîtrise aux Etats-Unis. Donc, je reviendrai sans doute dans plus d'un an.

- Quoi ? Un an ? Mais c'est long !!!!!

- Bon, viens rejouer.

Loin de se rasseoir, l'adolescent s'énerva :

- Pourquoi est-ce que vous ne m'avez rien dit ?

- Je ne vois pas pourquoi j'aurai dû t'en parler.

- Mais on est amis ! Vous aviez l'intention de me dire dans deux semaines : "je pars demain" ?

- C'est possible.

- C'est dégueulasse !

- Tiens donc. Et pourquoi ça ?

- Je viens de le dire : parce qu'on est ami.

- Tu me connais à peine. Alors...

- En fait... je crois que je comprends mieux comment vous fonctionnez. Depuis le début, vous êtes gentil avec moi, mais vous tentez tout de même de mettre une barrière entre nous. Vous avez peur de vous lier. C'est ça n'est-ce pas ?

- Ca ne te regarde pas, se contenta de répondre le jeune homme.

- Si ! Vous m'avez tellement aidé ! Laissez-moi vous aider à mon tour ! Dites-moi pourquoi vous êtes comme ça. Permettez-moi de vous aider comme vous l'avez fait pour moi.

- Rentre chez toi.

- Quoi ?

- Rentre chez toi. Cette discussion ne nous mènera nulle part. Alors rentre chez toi.

- Pourquoi ? Pourquoi êtes vous comme ça ?

Se levant du lit sur lequel il était assis, Johnny se contenta de faire signe à Marius de le suivre.

- Vous avez tort de fuir, rajouta cependant Marius dans l'ascenseur.

- ...

- On ne résout rien en fuyant. C'est vous même qui me l'avez dit. Pourquoi est-ce que...

Posant un doigt sur les lèvres de l'adolescent, Johnny lui demanda de se taire.

- Un jour, je te dirai sûrement pourquoi je suis comme ça. Mais pas maintenant. Pas tout de suite.

Sans doute satisfait de ces simples mots, le lycéen cessa de parler.

Comme il avait prit l'habitude de la faire lorsque Marius venait chez lui, Johnny prit le tram avec lui et lorsqu'ils arrivèrent à l'arrêt le plus proche de chez l'adolescent, Johnny descendit avec lui et le raccompagna jusque devant chez lui avant de repartir.

Sur le chemin du retour, le jeune homme sentit qu’une multitude de sentiments se bousculait en lui. S'il n'avait pas parlé de son futur départ, ce n'était pas parce qu'il n'avait pas vu l'intérêt de le dire, mais simplement qu'il n'avait pas su comment amener la conversation à cela. Lorsqu'il se retrouva face aux rails du tramway, il prit son téléphone portable et composa un numéro avant d'attendre quelques secondes.

- Tu es encore à ton bureau ?... Je peux te rejoindre ?... Oui, oui, ça va... d'accord... à tout à l'heure.

Lorsqu'il raccrocha, il changea d'endroit et partit vers l'arrêt de bus. Une fois là, il n'eut que trois minutes à attendre.

Une demi-heure plus tard, il était dans un ascenseur et attendait d'arriver au dernier étage. Lorsqu'il y fut, il entra dans l'immense hall et sursauta lorsqu'il entendit la secrétaire le saluer.

- Bonsoir Maryse, répondit-il alors.

- Dis donc, tu es bien habillé aujourd'hui. Un rendez-vous galant ?

- Non, pas du tout. Mon oncle est dans son bureau ?

- Oui, oui, vas-y.

Comme il le faisait toujours, il entra juste après avoir frappé et fut accueillit par un sourire chaleureux.

- Bonsoir tonton.

- Bonsoir. Rassure-moi, ce n'est pas pour venir me voir que tu t'es mis sur ton 31.

- Je suis habillé normalement, se contenta de répondre le jeune homme.

- Si tu le dis, rajouta l'oncle, taquin.

- Je voulais savoir... tu as dis à maman que je vais partir ?

- Je lui en ai parlé, oui.

- Qu'est-ce qu'elle a dit ?

- Que je t'avais inscrit dans une excellente faculté.

Johnny éclata de rire.

- C'est une blague ?
Demanda-t-il entre deux éclats.

- Non... tu connais ta mère...
Soupira l'homme.

- Elle... elle n'a pas... dit autre chose... ?
Rajouta le jeune homme une fois calmé.

- Non... elle n'a rien dit de plus. Johnny... je suis désolé...

- Tu n'as pas à l'être. Tu n'y es pour rien.

- Tu vas voir, t'éloigner va te faire le plus grand bien. Je regrette juste de ne pas t'avoir forcé la main avant.

Le jeune homme ne répondit pas et allait partir lorsqu'il se retourna vers son oncle.

- Encore une fois, je te remercie d'avoir fait que Marius n'ait pas à témoigner au grand jour.

- Tu as l'air de beaucoup tenir à ce garçon.

- C'est sans doute le meilleur ami qu'il m'ait été donné d'avoir.

L'homme eut un sourire et laissa son neveu repartir. Parfois, il s'en voulait d'avoir dû ruser pour éloigner le fils de sa soeur de cette ville et tout ce qui l'entourait. Mais au bout du compte, il pensait avoir bien agit. Lorsque Johnny était venu le voir quelque temps plus tôt afin de lui demander de jouer de son influence pour que le nom de Marius soit connu du moins de personne possible, l'homme lui avait alors proposé un marché : le procès aurait lieu à huit clôt et en échange, il acceptait de partir durant un an pour la suite de ses études.

 

* * * * *

 

Lorsqu'il arriva chez lui, sa mère n'était pas encore rentrée et Johnny se doutait qu'il ne la verrait pas ce soir-là non plus. Une fois dans sa chambre, il s'allongea sur son lit et commençait à s'endormir lorsqu'il entendit qu'il venait de recevoir un texto.

"Bonne nuit", put-il lire.

Un sourire apparut sur son visage lorsqu'il vit qu'il venait de Marius. Un sentiment de bonheur l'envahit et il s'endormit. Il l'ignorait alors, mais cette nuit-là, aucun cauchemar ne viendrait le hanter.

 

* * * * *

 

- Je suis quand même surpris que tu ais accepté mon invitation. Toi qui avais toujours refusé.

Valérie but une gorgé de son vin avant de répondre :

- Pourquoi avoir cherché tant de fois à m'inviter ?

- Parce que tu es une femme charmante.

- Il faut toujours que vous en rajoutiez.

- Pas du tout. Je suis sincère. Alors raconte-moi ce qui t'arrive.

- Pardon ?

- J'ai bien compris que si tu es revenu plus tôt que prévue, c'est parce que tu as un problème. Nous sommes collègue, mais j'aimerai bien que tu voies en moi aussi un ami.

- ...

- Mais je ne cherche pas à te forcer la main.

- Je ne suis pas sûre de vouloir en parler, dit Valérie en commençant son entrecôte.

- Si tu veux, je peux essayer de deviner... alooooors... une histoire de coeur ?

- ...

- J'ai raison ?

- Votre repas va refroidir.

- J'ai raison ?

Voyant qu'il n’abandonnerait pas, la femme décida de lui répondre :

- On peut dire ça comme ça.

- D'accord. C'est un homme marié ?

- Non.

- Hum... il n'est pas au courant que tu l'aimes ?

- Si.

- Alors... voyons voir... il t'a fait comprendre qu'il n'était pas amoureux ?

- Le problème est autre, se contenta de dire la femme, espérant qu'ainsi, son supérieur cesserait ce jeu qu'elle trouvait stupide.

- Bon... un autre problème... voyons voir... il... il est gay ?

Valérie manqua de s'étouffer avec une bouchée de pomme de terre. Elle toussa de longues secondes avant de réussir à se calmer.

- Ca va ?
S'inquiéta l'homme.

- Ou... oui, répondit la femme en souriant pour le rassurer.

- Alors, j'ai vu juste ?
Rajouta monsieur Lamarre.

« Il ne lâche pas prise », pensa Valérie avant de répondre :

- On va dire que ce détail est très accessoire. Et maintenant, fin du jeu.

- Bon. Mon but n'était pas de te mettre mal à l'aise.

- Je m’en doute, mais jouer à ce genre de jeu n'est pas forcément très recommander si on veut plaire à quelqu'un.

L'homme se contenta d'avoir un sourire. C'était sans doute cela qui lui plaisait chez elle. Cette façon qu'elle avait d'attirer les gens, tout en leur demandant de rester à distance. Toutes cette confusion alors que parfois, tout était si simple avec elle. Ce qu'il ignorait, c'était que ce qu'elle montrait aux autres étaient un reflet de ses propres sentiments : simples et en même temps tellement confus et contradictoires.

 

 

* * * * *

 

Franck bailla et demanda à son ami :

- Tu n'es pas fatigué ?

- Si. Mais ne t'inquiète pas, je n'ai pas l'intention de m'endormir au volant.

- On aurait dû prendre le train.

- Je préfère conduire. Et puis, excuse-moi de te le rappeler, mais personne ne t'a obligé à venir. J'aurai très bien pu aller déposer Rémi chez ma mère tout seul.

- ...

- Quoi ?

- En fait... non, tu vas encore te moquer de moi.

- Dis toujours.

- ... j'avais envie de revoir ta maman.

- C'est gentil ça. Tu vois, pour une fois, je ne me moque pas de toi.

- Au fait. Je n'ai pas très bien compris. Pourquoi est-ce qu'on a été confier ton fils à ta maman ?

- Parce que ça fait longtemps qu'ils ne se sont pas vus tous les deux et aussi parce que vendredi soir, on ne pourra s'en occuper ni l'un ni l'autre.

- On aurait pu demander à Julie.

- Le vendredi soir, Julie le consacre à son père. Et puis de toute façon, comme je te l'ai dit, je suis sûre que ça fait très plaisir à ma mère d'avoir son petit fils pour elle toute seule pendant plusieurs jours... et puis...

- « Et puis » ?

- Ca va me permettre de réfléchir un peu au calme.

- Je vois.

- Au fait.

- Oui ?

- Demain soir, je vais aller m'acheter des vêtements pour le mariage de Julie et Matthew. Tu veux m'accompagner ?

- Oui, oui, bien sûr !

Romain se mit à rire. Il savait que son ami aimait les magasins de vêtements. Mais le jeune homme nota tout de mentalement qu'il faudrait qu'il pense à prendre un tube d'aspirine avec lui. Car, il le savait, il entendrait Franck parler durant toute la soirée.

 

Fin du vingt-septième chapitre

A Suivre…

 

Chapitre commencé et achevé le 14 mai 2007

 

Note de fin de chapitre : Et voilà, un nouveau chapitre de terminé. J’espère qu’il vous a plu.
Je vous dis à bientôt
Naëlle


 

Message pour Kitty-tenma :

Salut.
Etant donné que je n’ai pas ton adresse e-mail, je n’ai pas pu te répondre en privé.
Alors comme ça il ne te plait pas à toi non plus Jérôme… c’est marrant quand même. Il n’a pourtant rien fait de mal… lol
Et une personne de plus dans le fan-club de Rémi, une ! mdrrrr !!! Un peu plus sérieusement. Je suis contente de voir qu’il te plait cet adorable petit garçon :)
Pour ce qui est de savoir ce que va décider Romain, se serait très prochainement.
Sur ce, bien que dans ce chapitre on n’ait pas vu Rémi une seule fois, j’espère que ça t’aura quand même plu.


Message pour Obscura

Merci pour ton message... il m'avait fait peur le chapitre précédent tellement il était court... mais là, j'en ai fait un long, t'as vu ?

J'espère que cette suite t'aura plu ^^

 

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Chapitre 28

 

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