Auteur: Naëlle
Mail: naelle@lartisan.net
Titre: Pour l'amour d'un enfant

 

Note : Chers lecteurs, bonsoir :)
Voici le chapitre mensuel promis. Ce n’est pas l’un des meilleurs chapitres, et j’avoue que les crises de Valérie commencent à m’agacer un peu, mais il faut bien finir l’histoire entamée avec elle.

Bon, autant que vous le sachiez, encore une fois, il ne se passe pas grand-chose, mais j’aime bien quand même ce chapitre… et puis, chers fans de Franck, vous devriez être content, car tout l’action est presque entièrement concentré sur lui !

Je vous souhaite une bonne lecture et pour ceux qui veulent se remémorer les derniers événements, j’ai trouvé une nouvelle idée pour les résumés, c’est qu’à présent, je présenterai les persos qui apparaissent dans le chapitre en me concentrant sur les moments importants pour le chapitre en question. Dites-moi ce que vous pensez de cette nouvelle façon de résumer, d’accord ?

 

* -- * -- * -- * -- *

Romain : Non, rassurez-vous, je ne vais pas vous faire l’affront de vous le présenter. lol Je tiens juste à rappeler qu’alors qu’il voulait protéger son fils de Jason (un ex de Franck, vous vous souvenez ?), il s’est énervé et s’est retrouvé quelques heures au commissariat de police.

Rémi : L’adorable petit garçon de deux ans, fils de Romain. Lorsqu’il a vu son père se battre avec Jason, cela a produit une grande frayeur chez lui. C’est à ce moment là que Franck l’a emmené chez lui où il a ‘apprivoisé’ tout le monde, même Valérie.

Franck : Après avoir passé des années sans avoir de contact direct avec sa famille, Emilie a ENFIN recommencé à lui parler. Marius et Alizé, ses deux plus jeunes frère et sœur semblent ravis, par contre, ce n’est pas le cas de Valérie qui a l’air de le détester cordialement. Pourtant, dans le chapitre précédent, elle s’énerve, sur sa sœur (Emilie), la traitant d’hypocrite. Bref, il semblerait qu’elle en veuille à Franck, mais pas qu’elle le déteste comme il le pensait au départ.

Jessica : Petite sœur de Matthew, cette adolescente est la meilleure amie de Valérie. Mais suite à une dispute qu’elles ont eut, cela fait quelques mois qu’elles ne se parlent plus toutes les deux. Valérie avait répondu « c’est personne », lorsqu’on lui avait demandé qui était Franck. Ne pouvant comprendre comment on peut traiter son frère de la sorte, Jessica était partie de la fête à laquelle elle avait rejoint Valérie.

* -- * -- * -- * -- *

 

 

 

Pour l’amour d’un enfant

(Chapitre 24 : Etrangers ?)

 

 

 

Franck bailla, s’étira et tenta de se convaincre que ce n’était pas sa première nuit blanche, mais rien à faire, il était toujours aussi fatigué. Au contact de Romain, il avait apprit à avoir une vie beaucoup plus réglée que celle qu’il menait avant, cependant, ce jour là, il regretta presque de ne plus avoir l’habitude de ne dormir parfois que deux heures par nuit.

- Tu as l’air crevé.

Revenant soudain à la réalité du moment, le jeune homme regarda hébété son ami.

- … j’ai passé une mauvaise nuit, avoua-t-il à Romain qui attendait vraisemblablement une explication.

- Ca a du bon quelque part. Je ne t’ai pas entendu de la journée… c’est reposant.

- Dis tout de suite que je parle trop.

- Je l’ai toujours dit, répondit l’étudiant en éclatant de rire.

Ne prenant pas très bien la remarque qui n’était en fait que destiné qu’à le taquiner gentiment, Franck demanda :

- … je te fatigue… ?

- Qu’est-ce que tu as ? Encore des problèmes avec ta famille ? Ou alors c’est un nouvel ex qui vient de refaire surface ?

- … ?

- Franck ? Hé ! Qu’est-ce que tu as ?

- … je crois que je manque vraiment de sommeil…

- C’est dingue ça, on dirait que tu n’as jamais passé de nuit blanche.

- A une époque, je ne dormais quasiment pas la nuit, répondit le jeune homme avec un regard rempli de sous-entendu à son ami.

- Tu devrais aller te coucher, se contenta de lui répondre Romain en se levant pour lui ouvrir la porte.

Bien trop surpris pour répliquer, Franck sortit du studio du jeune homme sans un mot et ne répondit même pas au ‘bonne nuit’ qu’il entendit.

Une fois seul, Romain regarda l’heure et décida d’aller chercher Rémi chez Matthew qui avait accepté de le garder pour la journée. Tout en descendant au parking, il pensa que bien que cela fasse longtemps qu’il connaissait Franck, il venait de découvrir que le manque de sommeil mettait celui-ci d’assez mauvaise humeur. C’était assez amusant de voir que celui qui passait le plus clair de son temps à sourire était capable aussi de changer lorsqu’il était fatigué.

Quelques minutes plus tard, il se gara devant la maison des Grava. Au même moment, une jeune femme sortit de son propre véhicule. Ayant l’air de connaître les lieux, elle ouvrit le portillon alors que Romain appuyait sur la sonnette.

- Je peux vous aider ?
Demanda alors je jeune femme en se retournant.

« Ce doit être une amie de la famille », pensa l’étudiant. Et il allait lui répondre lorsque la porte de la maison s’ouvrit.

- Rémi, ne cours pas, cria Jessica en arrivant derrière l’enfant qui avait vu son père arriver par la fenêtre.

- Rémi ????
S’étonna alors la personne près de Romain.

- Valérie ?
La petite sœur de Matthew était surprise de voir son amie là.

- Val, Val, Val, répétait l’enfant alors que la femme s’accroupissait pour être à sa hauteur.

- Heu…, Romain était perdu. Pourquoi son fils connaissait une femme qu’il n’avait plus même jamais vue ?

- Qu’est-ce que tu fais là ?
Demanda l’adolescente en prenant Rémi dans ses bras et s’adressant à Valérie.

- Il faut que je te parle… heu… je crois que ce monsieur a besoin de quelque chose.

Jessica éclata de rire avant de laisser le jeune homme prendre son fils.

- Tu connais Rémi mais tu ne connais pas Romain ?
S’étonna Matthew en arrivant.

La jeune femme se retourna afin de mieux voir celui qui avait à présent l’enfant contre lui. Elle ne l’avait pas du tout imaginé comme ça. Il était bien loin de l’idée qu’elle s’était faite de l’amant de son frère. Pourtant, une colère sans nom s’empara d’elle et elle dû faire un effort immense pour ne pas hurler. Mais il fallait qu’elle évacue ses sentiments, il fallait qu’elle parle, même si c’était pour s’énerver. Mais face à elle se trouvait un garçon qui lui semblait assez froid et distant et surtout qui ne comprendrait pas la cause de sa soudaine colère.

- D’où connaissez-vous mon fils ?
Demanda-t-il soudain.

- Elle habite avec oncle Franck, répondit la voix enfantine de Rémi.

- Ha ? Vous êtes l’une de ses sœurs… heu… celle qui a un an de différence avec lui, c’est ça ?

Après l’avoir détaillée quelques secondes, Romain s’était rapidement dit que ça ne devait être ni la sœur aînée de son ami, qui était beaucoup plus âgée ni la petite dernière qui était encore lycéenne.

- Je suis surprise qu’il vous ait parlé de moi, dit la femme avec un regard que Romain ne su comment déchiffrer.

- Il parle de sa famille, c’est normal, se contenta de répondre le jeune homme.

Toisant ce garçon qu’elle détestait sans même connaître, Valérie s’interdisait mentalement de dire tout ce qu’elle pensait pour ne pas choquer l’enfant présent.

Jessica et Matthew se lançaient des regards surpris, chacun cherchant à savoir si l’autre comprenait ce qui se passait.

- Heu… je vais y aller, finit par dire Romain, ne comprenant pas du tout pourquoi la sœur de Franck le regardait de cette façon et n’ayant aucune envie de faire de scandale en présence de son enfant. Il avait déjà fait n’importe quoi quelque temps auparavant, et il n’avait pas du tout l’intention de recommencer.

- Ramène nous Rémi une prochaine fois, lui dit Jessica alors qu’il commençait à s’éloigner pour rejoindre sa voiture. L’adolescente, ravie d’avoir pu ‘jouer à la maman’ durant quelques heures avait déjà envie de recommencer.

- D’accord, lui répondit Romain en s’installant sur son siège.

Lorsque sa voiture eut disparut de leur champ de vision, Jessica retourna son attention vers son amie :

- Tu entres ?

- Je reviens, se contenta de répondre la jeune femme.

La voyant partir en laissant sa voiture devant leur cour, l’adolescente se retourna vers son frère et lui demanda :

- Qu’est-ce qu’elle a ?

- Je n’en sais rien. C’est ton amie, pas la mienne. D’ailleurs, je suis surpris qu’elle vienne chez nous. Je croyais que tu ne l’avais pas recontacté depuis la soirée.

- Je ne lui parle plus depuis ce jour-là. Sa façon de parler de son frère m’a… rhaaaa… ça m’avait tellement énervé !

- Je sais, mais calme-toi, dit Matthew en souriant.

De son côté, Valérie marchait. Elle n’allait nulle part en particulier, mais elle avait besoin de marcher pour se calmer. Chose qu’elle fit pendant plus de deux heures, sans même réaliser qu’elle était seule et qu’il faisait quasiment nuit. Lorsqu’elle revint finalement vers la maison des Grava, elle se demanda si elle allait ou non entrer chez son amie. Mais cette dernière décida à sa place car elle l’attendait à l’extérieur.

- Tu manges avec nous ?
Demanda-t-elle d’ailleurs.

- … oui. Merci.

Une heure plus tard, alors que le repas était terminé et que Valérie avait aidé à faire la vaisselle, les deux amies se retrouvèrent dans la chambre de l’adolescente.

La jeune femme fut attirée par une figurine qu’elle n’avait jamais vue encore chez Jessica. Une ballerine jaune sur un socle rose claire.

- Elle est en citrine, indiqua Jessica.

- Et j’imagine que ça, c’est du quartz rose.

- Oui.

- Ce sont tes parents qui te l’ont offerte ?

- Non, c’est un cadeau de Julie.

- Elle cherche à t’acheter…
Murmura Valérie.

- Mais non, tu dis n’importe quoi, lui répondit son amie en s’asseyant sur son lit.

- Pourquoi te fait-elle des cadeaux aussi valeureux alors ?

- Parce qu’elle m’aime bien, et sans doute aussi parce que je suis la petite sœur du garçon qu’elle aime… pourquoi cherches-tu d’autres explications ?

S’asseyant sur une chaise face à Jessica, la jeune femme se dit que peut-être qu’elle avait raison. Peut-être était-ce elle qui voyait le mal partout.

- Tu as un problème ?
Demanda soudain l’adolescente alors que son amie restait silencieuse en la fixant.

- J’étais en train de me demander… tu n’es pas jalouse ?

- De ?

- De Julie. Ca ne t’embête pas que ton frère s’en aille ?

Jessica eut un petit rire avant de répondre :

- Evidemment que je suis morte de jalousie. Mais Mat m’a promis que quoiqu’il arrive, que je serais toujours sa petite sœur et qu’il m’aimerait toujours… et il ne me ment jamais, rajouta-t-elle en souriant.

Se levant de sa chaise, Valérie passa une main dans les cheveux de son amie, utilisant le même geste qu’elle avait avec Alizé lorsqu’elle voulait la remercier de quelque chose.

- C’est toi qui a raison, murmura-t-elle.

- Bien sûr, j’ai toujours raison, répondit l’adolescente en riant un peu.

- Mais bien sûr…

La femme s’apprêtait à sortir de la chambre lorsque Jessica la retint :

- Valérie.

- Oui ?

- Tu m’as beaucoup manqué ces derniers temps.

- …

- Mais… je ne peux pas te pardonner…

- …

- La façon dont tu as parlé de ton frère… c’était…

- Cruel, je sais, coupa la jeune femme.

- Oui… je ne peux pas comprendre… avant… tu ne me parlais que de Marius, mais je savais quand même que tu avais un autre frère. Tu n’en parlais pas, tout simplement… mais ce soir-là… on aurait dit que tu niais son existence…

- Tu as toujours été très mature. C’est sans doute pour ça qu’on est amies malgré la différence d’âge qu’il y a entre nous, se contenta de dire Valérie avant de sortir de la chambre.

Elle passa près du salon et salua rapidement les parents de l’adolescente avant de se diriger vers sa voiture. Mais alors qu’elle ouvrait sa portière, elle s’aperçut que Jessica l’avait suivit.

- Qu’est-ce qu’il y a ?
Interrogea-t-elle alors.

- Je… j’aimerai comprendre… Franck… tu ne l’aimes pas ?

- … c’est mon frère, se contenta de répondre la femme avant de monter dans sa voiture et de démarrer.

L’adolescente la regarda s’éloigner avant de murmurer :

- Ca veut dire que tu l’aimes… ou pas… ?

 

* * * * *

 

En rentrant chez elle, Valérie s’aperçut que la lumière de dehors était allumée. Sans doute une délicate attention de sa sœur aînée. Elle soupira en montant les escaliers devant la mener au perron. C’était indéniable, Emilie était une sœur parfaite pour elle et pour ses deux cadets, pourtant, elle lui en voulait et l’aimait en même temps. Mais la personne à qui elle en voulait le plus, c’était quelqu’un d’autre.

« Je te déteste », pensa-t-elle, sachant très bien que ses sentiments étaient beaucoup plus complexes que cela.

Entrant en faisant un minimum de bruit, elle allait regagner sa chambre lorsqu’elle aperçut de la lumière dans la cuisine. Craignant que Marius ne fasse une crise d’angoisse, elle se précipita dans la pièce mais se trouva face à Franck, un verre à la main. Ce dernier, un violent mal de tête le faisant souffrir s’apprêtait à porter l’aspirine qu’il venait de faire fondre à ses lèvres, mais son geste s’arrêta lorsque son regard rencontra celui de sa sœur.

- Bonsoir, lui dit-il avec un léger sourire.

- …

- Ca va, ta main ? Tu n’as pas trop mal ?
Demanda le jeune homme, tentant d’établir le dialogue.

Valérie voulut sortir, mais elle s’arrêta à la porte et finit par ouvrir la bouche :

- … j’ai rencontré Romain tout à l’heure…

- Ha… tu lui as parlé ?

- … je n’avais rien à lui dire…

- …

Sans se retourner, le regard rivé sur la porte de la cuisine, la jeune femme poursuivit :

- Je… ça m’a fait un choc…je ne l’avais pas imaginé comme ça… il a l’air tellement… tellement… « normal »… c’est… c’est bizarre… je pensais…

- Valérie…

Finissant par se retourner vers son frère, elle eut un sourire.

- « Valérie… Valérie… »… Pourquoi est-ce que tu m’appelles comme ça maintenant ?

- Je… je ne comprends pas… qu’est-ce que…

- Que sommes-nous devenus ?... deux étrangers qui se parlent dans une cuisine… oui, c’est ça… je crois… Où est donc passée la petite fille qui ne quittait pas son frère… ?... Où est-elle ?

Plongeant son regard sombre dans celui de son aîné, Valérie semblait attendre une réponse.

- … je pense… que la femme que j’ai fasse à moi l’a enfermé dans son cœur, se contenta alors de répondre l’étudiant.

- Non… tu fais erreur… elle n’est plus là… elle n’existe plus… elle…

- Moi, je la vois toujours, coupa alors Franck avec un sourire tendre.

Riant un peu, mais pas trop fort, car elle ne voulait réveiller personne, la jeune femme finit par murmurer :

- … si tu savais comme je te déteste quand tu es comme ça…

- …

- Dis, tu le savais toi, que j’ai aimé un garçon de tout mon cœur quand j’étais petite ?

- … heu… qui ? Josselin ?

- « Josselin » ? C’est qui celui-là ???

- Le garçon qui était dans ta classe en CM2.

Valérie mit ses mains devant la bouche afin de masquer le bruit provoqué par son rire soudain. Ce garçon avait été son camarade le temps d’un classe, elle s’était bien entendu avec, mais l’avait oublié très rapidement lorsqu’il avait déménagé à la fin de sa primaire. Pourquoi son frère avait-il pensé à lui ? C’était amusant.

- Tu vois… j’avais raison…
Reprit d’ailleurs le jeune homme.

- Hein ?

- La petite fille est toujours là et moi, je la vois très bien.

Pourquoi devait-il donc ponctuer ses phrases, toujours douces, d’un tel sourire ? Pourquoi était-il comme ça ?

- … pourquoi… pourquoi…

- Pourquoi quoi ? Qu’est-ce que tu as Valérie ?
Demanda Franck en se rapprochant de sa sœur. Il tendit la main vers elle, mais elle le repoussa son ménagement, ce qui eut pour effet de lui faire perdre son équilibre et de tomber, sa tête cognant contre l’un des coins de la table de la cuisine. Par chance, ceux-ci étaient arrondit, mais il étouffa tout de même un petit gémissement et se massa un coin du crâne en se relevant.

- Franck… Franck… ça va ?

- Heu… oui, oui, ne t’inquiète pas, tout va bien, répondit le jeune homme en ramassant le verre qui avait été éjecté de la table lorsqu’il était tombé. Son aspirine mélangée à l’eau était d’ailleurs à présent sur le carrelage car il l’avait posé lorsque sa sœur avait semblé vouloir lui parler.

- … tu as mal… ?

Retournant son attention vers la jeune femme, Franck s’aperçut qu’elle était anormalement pâle.

- Valérie ?

- Arrête… ne m’appelle pas comme ça… je… je…

- Valérie… calme-toi…

Aillant de plus en plus de mal à respirer normalement, Valérie eut l’impression de suffoquer et sentit que ses jambes allaient lui faire défaut. Cela faisait des années qu’elle ne s’était pas mise dans un tel état, mais comme lorsque ça lui était arrivé la dernière fois, elle sentit que quelqu’un l’aidait à s’assoire par terre et lui parlait en la rassurant. Tout semblait se mélanger et elle n’était plus sûre d’être dans la réalité. Pourtant, la dernière fois, la personne qui l’avait calmé portait une robe alors que là, elle le voyait bien, c’était un jean et un polo. Pourtant…

- Valérie ? Tu veux que j’appelle un médecin ?

- … n… non…

- Tu es sûre ? Ou… tu veux que j’aille chercher Emilie ?

Serrant la main de son frère, la jeune femme se remit debout.

- Que penses-tu être ?

- Qu… quoi ?

- Comment crois-tu que je te vois ? Comment crois-tu que je te voyais ?

- … je… je ne comprends pas… Valérie…

- Pour la dernière fois, arrête de m’appeler comme ça… ce n’est pas de cette façon que tu m’appelais avant…

- …

- Tu te souviens ?

- …

- Franck !

- … oui, je m’en souviens, mais…

- Dis-le !

- Ecoute, je ne sais pas à quoi tu joues, mais…

Franck se serait attendu à peu près tout et n’importe quoi, mais certainement à ce que sa sœur se blottisse contre lui. Passant ses bras derrière son dos, elle semblait chercher à retrouver quelque chose de perdu. Refermant alors les siens sur elle, le jeune homme ne savait trop quoi faire lorsqu’elle reprit la parole :

- … s’il te plait… tu ne m’appelais jamais par mon prénom avant…

- …

- …

- Ma chérie…

Valérie se dit que cet instant était magique et qu’elle aimerait qu’il ne s’arrête jamais, mais un coup de vent fit claquer une porte. Se rendant alors compte qu’elle avait oublié de fermée celle de l’entrée en croyant que Marius avait besoin d’elle, elle se détacha de l’étreinte de son frère et partit verrouiller la porte. Elle poussa tous les verrous avant de se retourner pour rencontrer le regard de son frère qui semblait vouloir comprendre ce qui se passait.

- Pourquoi est-ce que tu fais comme si je ne t’avais pas fait de mal ? Pourquoi est-ce que tu réagis comme si… comme si…
Valérie ne savait même plus ce qu’elle voulait dire et plusieurs secondes s’écoulèrent en silence.

- Je ne comprends pas… pourquoi tu me poses ce genre de question, finit par répondre le jeune homme. Je t’aime, est-ce que ce n’est pas suffisant comme raison ?

- Tu m’aimes ? Ho ? Tu m’aimes ? Vraiment ?

- …

- Alors pourquoi m’as-tu quitté ? Pourquoi est-ce que tu ne m’as jamais laissé t’aider ? Tu crois que l’amour c’est de tout donner et de refuser ce que les autres veulent t’apporter ?

- …

- L’amour, ce n’est pas ça !

Courant pour rejoindre sa chambre, la jeune femme ne se rendit pas compte que son frère était resté, complètement hébété dans le salon.

- Je ne comprends pas…, murmura-t-il plusieurs minutes plus tard avant de sortir de la maison. Finalement, il s’assit sur le canapé et n’en bougea que lorsque le soleil commença à se lever. A ce moment là, il sortit de la maison.

 

* * * * *

 

- Franck ????

- Coucou, j’amène le petit-déjeuner.

- Mais…

Sans laissant le temps à Romain de protester, le jeune homme entra dans son studio et déposa le sachet qu’il avait, sur la table.

- Qu’est-ce que tu fais là si tôt ?
Chuchota Romain, afin de ne pas réveiller Rémi qui dormait toujours.

- Je t’ai déjà dit…

- Le petit-déjeuner, oui, ça, j’ai compris. Maintenant, je veux la vraie raison.

- Pourquoi penses-tu qu’il y en a une autre ? Tiens, je t’ai prit un croissant et une chocolatine, parce que je ne savais pas ce que tu préfères.

Tirant son ami par le bras, Romain l’obligea à le suivre à l’extérieur. Laissant la porte légèrement ouverte, pour entendre Rémi en cas de besoin, l’étudiant demanda :

- Qu’est-ce qui se passe ?

- Rien, pourquoi est-ce que tu me demandes ça ?
Fit mine de s’étonner Franck en détournant le regard.

Passant sa main sous son menton, Romain l’obligea à le regarder dans les yeux et à peine dix secondes plus tard, il décidait à s’expliquer :

- J’ai un problème avec Valérie. Je ne comprends pas ce qu’elle me reproche… je… jusqu’à hier, je pensais qu’elle me détestait, je ne savais pas pourquoi, mais je m’y étais fait… mais hier soir… elle était tellement étrange…

- Valérie ? C’est la sœur qui a un an de moins que toi, c’est bien ça ?

- … oui, c’est ça…

- Je l’ai vu hier.

- Oui… c’est ce qu’elle m’a dit… Romain…

- Hum ?

- Comment est-ce que tu l’as trouvé ?

- Heu… normale.

- « Normale » ? – Franck ne put s’empêcher de sourire – C’est drôle… c’est exactement le terme qu’elle a utilisé pour parler de toi… elle avait d’ailleurs l’air surprise…

- De quoi ?

- Que tu sois « normal ».

- Et ? Ca veut dire quoi « normal » dans la bouche de ta sœur ?

- … je n’en sais rien… je ne sais plus rien d’elle… finalement, elle avait raison hier soir, nous sommes comme deux étrangers… je ne sais plus quoi penser… je pensais… je ne sais plus comment réagir… avant… je savais, mais maintenant…

- Franck.

- Oui ?

Surpris de voir son meilleur ami un sourire aux lèvres, le jeune homme attendit quelques secondes avant de savoir ce qu’il voulait lui dire :

- Il faut que tu ais plus confiance en toi-même. Ceux qui t’aiment n’attendent pas forcément que tu agisses en fonction de leurs désirs.

- Qu… quoi ?

- Quand tu es avec quelqu’un, tu n’es pas obligé de réagir en fonction de l’autre. Parce que même si tu fais ça, tu n’auras aucune certitude de ne pas être abandonné.

- M… mais…

- Tu as tellement peur d’être rejeté et de retrouver tout seul, que tu essais de faire ce que tu penses que les autres attendent, je me trompe ?

- … non… tu as raison…

- Je n’aime pas ça.

- Quoi ? Mais… je ne le fais pas avec toi, je…

- Je sais idiot ! C’est bien pour ça qu’on reste ami.

- On est ami parce que je ne fais pas toujours ce que tu attends de moi ?

Romain éclata de rire. Décidemment, Franck pouvait avoir des réactions très enfantines parfois. Se calma rapidement car il se souvint que Rémi dormait toujours, le jeune homme fint par répondre :

- On est ami parce que tu es toi-même.

- Mais…

- J’ai une question Franck.

- Oui ?

- Pourquoi est-ce que je suis ton ami ?

- … c’est bête comme question… parce que tu es gentil.

Etouffant un nouveau fou rire, l’étudiant se dit que le manque de sommeil avait vraiment un effet étrange sur Franck.

- Je ne pense pas être gentil… mais bon…

- Pourquoi est-ce que tu te moques de moi ? Je…

- Ha non… Franck… ne pleure pas… ha super… ça faisait longtemps.

Romain était partager entre consoler son ami ou alors s’énerver pour qu’il se calme. Mais finalement, il ne fit rien pendant quelques minutes.

- Qu’est-ce qui t’arrive ?
Demanda-t-il finalement au bout d’un moment.

- … tu sais… ce que… ma sœur… m’a dit… ?

- Non, raconte.

- Elle a dit… que… que je… ne l’aimais… pas… mais… mais…

Romain voulut répondre mais une étudiante qui passait lui lança un regard qu’il ne su tout d’abord comment déchiffré, puis, à celui, compatissant qu’elle posa sur Franck, le jeune homme ne put s’empêcher de rire intérieurement.

- Franck, hé Franck, chuchota-t-il tandis que la fille entrait dans l’ascenseur sans les quitter des yeux.

- … ou… oui… ?

- Je crois que cette fille croit que je viens de te plaquer.

- Quoi ?

- Je t’assure, ha mince, les portes se referment, tu ne pourras pas voir sa tête.

- Et ça te fait rire ?

- C’est bête qu’elle ne soit pas passée avant, parce qu’au moins, ça a permit que tu arrêtes de pleurer.
Dit Romain en riant.

- Arrête, ce n’est pas drôle !

- Quoi ? Ca te dérange qu’on puisse penser que je suis ton petit ami ?

- Non, et ça, tu le sais très bien. Mais je ne veux pas qu’on pense que…

- Dis-moi Franck.

- Oui ?

- Est-ce que tu t’es déjà rendu compte comme ça peut être vexant pour moi que tu te dévalorises sans cesse ?

- … ?

- Alors ?

- Je ne suis pas sûr de comprendre.

- Quand tu apprécies quelqu’un, tu aimes que cette personne ait un minimum de respect pour elle-même.

- C'est-à-dire ?

- Parfois… quand je suis avec toi, ça me déprime complètement de voir le peu d’estime que tu as pour toi-même.

- …

- Aimer quelqu’un, c’est bien sûr vouloir protéger cette personne, mais ça ne veut pas dire pour ça qu’il faut se sentir inférieur.

- …

- Aimer, ce n’est pas forcément toujours donner Franck.

Le jeune homme regarda son ami comme s’il venait d’une autre planète. Ce que Valérie lui avait reproché la veille, il entendait la même chose sortir de la bouche de Romain. Mais alors où avait-il fait une erreur ? N’avait-il pas essayé d’apporter à ses sœurs et son frère ce qui leur manquait lorsqu’ils étaient petits ? Etait-ce cela qu’on lui reprochait à présent ? Il fallait qu’il comprenne là où il s’était trompé et malheureusement, il allait devoir chercher tout seul. S’en allant sans même saluer son ami, Franck ne réalisa même pas que c’était son jour de garder Rémi.

- N’oublie pas Franck, accepter l’aide de ceux qu’on aime… c’est aussi une preuve d’amour…
Murmura Romain, mais le jeune homme était déjà partit et n’entendit pas.

 

Fin du vingt-quatrième chapitre

A Suivre…

 

Chapitre commencé le 19 janvier et achevé le 29 janvier 2007

 

Note de fin de chapitre : J'espère que ce chapitre vous a plu et je vous donne rendez-vous le mois prochain pour la suite. :D
Naëlle

 

Si vous voulez m'écrire un petit mot au sujet de ce chapitre, rien de plus simple, vous n'avez qu'à remplir ce petit "formulaire" ^_^
Vous n'êtes pas obligé de remplir tous les champs, mais sachez que sans votre adresse e-mail, je ne pourrai pas vous répondre ^_~

 

Lorsque vous cliquerez sur "envoyer", veuillez attendre, vous allez être automatiquement redirigé ici au bout de 5 secondes. Par contre, vous verrez de nouveau ce que vous avez écrit, mais si sur la page précédente c'était noté "Envoi de mail réussi.", c'est que c'est tout bon, vous pouvez continuer à surfer tranquillement, j'aurai votre message ^_^

 

FORMULAIRE

Votre nom :

Votre prenom :

Votre e-mail :

Votre message :

 

 

 

Chapitre 25

 

Retour à la page des histoires originales