Auteur: Naëlle
Mail: naelle@lartisan.net
Titre: Pour l'amour d'un enfant

 

Note : Salut !!!!

Vous ne vous attendiez pas à déjà avoir le chapitre suivant, n’est-ce pas ? Mais le voilà !!!
Par contre, je dois dire que je ne suis absolument pas satisfaite de ce que j’ai écrit. Je voulais rendre certains événements très forts, mais je n’ai pas réussi à les écrire comme je les ressentais… ça m’énerve, mais franchement, je n’ai pas le courage de recommencer ce chapitre. Donc, voilà… j’espère qu’il vous plaira tout de même.

J’ai été très contente que tout le monde aime la ‘réconciliation’ entre Franck et sa sœur. Et dans ce chapitre, Jason : le retour ! mdrrr !!!

Encore merci pour tous vos messages ! Ils m’encouragent vraiment beaucoup ^.^

Bonne lecture.

 

 

 

Pour l’amour d’un enfant

(Chapitre 21)

 

 

 

- Tu n’imagines même pas le bonheur que ça m’a procuré.
Dit Franck avec un large sourire.

Romain tourna la tête vers lui quelques fractions de secondes avant de reporter son attention sur la route.

- Mais si… j’imagine…

- Quand elle m’a dit qu’elle m’avait toujours aimé… j’étais… je ne sais pas en fait. J’étais heureux, tout simplement.

Le plus jeune des deux eut un sourire, ravi de voir que son ami avait effectivement l’air, on ne peut plus joyeux. Cela faisait plus de trois heures qu’ils étaient ensembles et depuis tout ce temps, Franck n’arrêtait pas de parler de ce qui s’était passé la veille.

Derrière, Rémi s’était endormi et après un coup d’œil à son fils dans le rétroviseur, Romain demanda :

- Il s’est passé autre chose ?

- Pardon ?

- Avec ta sœur, il y a eut autre chose ? Quelque chose à l’air de te faire de la peine.

Franck eut un petit rire avant de dire :

- Tu me connais décidemment trop bien. Mais tout va bien, ne t’inquiète pas.

- Franck.

Comprenant que son ami ne se contenterait pas de cette réponse, le jeune homme soupira avant d’expliquer :

- Valérie m’a clairement montré qu’elle n’appréciait pas de me ‘revoir’.

« Finalement, j’aurais mieux fait de ne pas insister », pensa Romain, se rendant compte que la bonne humeur de son ami venait de s’envoler. Il fallait qu’il enchaîne sur autre chose afin que l’état précédent de Franck revienne.

- Au fait.

- Oui ?

- Je me demandais… Pourquoi tu ne conduis pas ?

- … je… c’est parce que… mes parents sont morts dans un accident de voiture… et Emilie et Roland ont aussi eu un accident de voiture… alors, tu comprends… j’ai peur de conduire…

- … ha… désolé… je n’y avais pas pensé.

Le jeune homme aurait bien rajouté autre chose, mais ils arrivaient près du garage dans lequel travaillait Matthew, aussi freina-t-il pour se garer sous l’abri.

- Encore des problèmes avec ta voiture ?
Demanda le mécanicien en riant.

- Hé oui. Je trouve qu’elle tire sur la droite. Tu peux regarder ce que c’est ?

- Aucun problème. Mais tu devrais la changer.

- Mat ! Ne dis pas de bêtise ! C’est grâce à des gens comme lui que nous vivons, dit la voix forte de monsieur Armand avant que tout le monde ne se mette à rire.

Plusieurs minutes plus tard, alors que le patron du garage était retourné à ses occupations, les trois amis discutaient de tout et rien, pendant que le jeune mécanicien s’occupait de faire les vérifications sur la voiture de Romain. Mais le sujet qui revenait le plus souvent était bien sûr la prochaine union entre Matthew et Julie.

- Où est Rémi ?
Demanda soudain Romain en regardant autour de lui.

- … il était à côté de moi à l’instant, répondit Franck en cherchant l’enfant du regard.

- Rémi ? Rémi ? Rémi ? Où es-tu ?
Le père commençait à paniquer.

- Je vais voir derrière indiqua alors Franck en partant. Romain, se calma un peu et partit en courant vers l’entrée, tandis que Matthew commençait à chercher le petit garçon dans tous les recoins où il aurait pu se cacher. Le patron, entendant tout le monde appeler l’enfant arriva en courant et demanda à son employé ce qui se passait.

- On ne sait pas où est Rémi, lui expliqua ce dernier sans cesser ses recherches.

- J’appelle la police, dit alors l’homme en repartant vers son bureau.

Romain arrivait au niveau de l’entrée lorsqu’il aperçut, de l’autre côté de la rue son fils. Sans même regarder, il traversa et se fit klaxonner par de nombreux véhicules avant d’atteindre l’autre trottoir où il trouva son enfant, tentant de se dégager de la poigne forte d’un jeune homme.

- Papa, s’écria-t-il en voyant son père arriver.

L’homme avec lui se retourna, alors qu’il ouvrait la portière arrière droite de sa voiture.

- Vous !
Hurla Romain en reconnaissant Jason.

- Tu as un charmant petit garçon, fut la seule réponse qu’il obtint.

- Lâchez-le !

- Tu n’as pas un langage très évolué. Tu ne sais pas dire autre chose ? Tu m’as dit exactement la même phrase lorsque j’étais avec Franck.

Le sang de Romain ne fit qu’un tour, lorsqu’il vit que Jason ne semblait pas décidé à laisser son enfant. Sans même réfléchir, il fonça sur l’homme avant de lui décocher une belle droite. Sous la douleur, Jason lâcha Rémi qui vint se réfugier près de son père. Mais à cet instant, le jeune homme était incapable de réfléchir normalement et sans même réaliser que le petit garçon était près de lui, il mit un nouveau coup de poing à Jason, en pleine mâchoire, ce qui le fit tituber, puis tomber. Jamais, non, jamais, il ne pourrait pardonner à cet homme, d’avoir essayé d’enlever son fils ! Il allait lui faire regretter amèrement. Se penchant, il releva celui qui était à terre en le prenant par le col et recommença à cogner.

Quelques passant qui virent la scène, se regardèrent les uns les autres, afin de savoir s’il fallait aller arrêter les deux hommes. Mais ils n’eurent pas besoin d’y réfléchir longtemps car deux autres personnes arrivaient en courant.

- Romain, cria Franck en arrivant à la hauteur de son ami.

Mais l’interpellé ne réagit même pas et continua à frapper celui qui était à terre.

- Arrête ! Tu vas le tuer, s’énerva le jeune homme en tirant le père de Rémi, vers lui. Comme anesthésié, ce dernier ne réagit pas et s’arrêta instantanément lorsqu’il sentit Franck contre lui, tentant de le calmer.

- Il a voulu… Rémi…

- … je sais… ça va aller…

Mais visiblement, Jason avait décidé de donner tord à son ancien amant, car, se relevant tant bien que mal, il mit un violent coup de poing dans l’estomac de Romain.

Matthew, qui était arrivé quelques secondes après Franck, avant Rémi dans les bras et tous ceux qui assistaient à la scène ne purent réagir, tant ils furent surpris.

- Je vais le tuer !
Cria Romain en retournant se battre.

- Non, arrête, tenta de le tempérer Franck, mais son ami se dégagea en le repoussant sans aucune douceur et c’est de plus belle que les deux hommes se battirent pendant quelques minutes, jusqu’à ce que la sirène d’une voiture de police les arrête. Profitant des quelques instants de répit que cela lui laissait, Romain s’approcha de son fils, à présent dans les bras de Franck et voulut le prendre, mais ce dernier le regarda, les yeux terrifiés et se blottit contre Franck, comme si ce dernier devait le protéger de quelque chose. Complètement abasourdi par une telle réaction, le jeune homme n’entendit même pas un policier lui demander de le suivre, pas plus qu’il ne comprit que Franck lui disait que tout allait bien se passer, et c’est sans aucune réaction qu’il monta dans le véhicule de police.

En pleurs, Rémi se colla contre Franck qui demandait à Matthew s’il pouvait s’occuper de l’enfant le temps qu’il aille faire une déposition.

- Oui, bien sûr, je m’en occupe, répondit le jeune homme, mais le petit garçon refusait de quitter les bras dans lesquels il était.

- Rémi… sois gentil, va avec oncle Mat.

Après plusieurs tentatives, Franck dû se résoudre à garder le petit avec lui. Et quelques minutes plus tard, Matthew les déposait tous les deux devant le bâtiment du commissariat.

- Je t’attends ?

- Non. Je ne sais pas combien de temps ça va durer. Ne t’en fais pas, je me débrouillerai pour rentrer.

- Je peux rester, si tu veux. Tu as entendu mon patron, c’est lui-même qui a insisté pour que je t’emmène. Alors si tu veux…

- Non, ça va aller, je t’assure.

- Bon… comme tu voudras. Mais si tu as besoin de moi, tu m’appelles, ok ?

- Oui, merci.

Une fois à l’intérieur, Franck chercha quelqu’un à qui raconter ce qu’il savait et surtout pour parler de Jason, afin de faire rapidement sortir son meilleur ami.

- Vous avez l’air perdu, lui dit soudain une femme en arrivant à sa hauteur.

- Vous êtes policier ?

- Pas tout à fait, répondit la femme en riant. Je suis assistante sociale. La police fait appel à moi lorsqu’il y a des problèmes avec des enfants. C’est votre fils ?

- Non, c’est celui de mon meilleur ami. Il a été arrêté par méprise et j’aimerai en discuter avec quelqu’un.

- Attendez, je vais chercher à votre place.

- Heu… Merci.

Quelques secondes plus tard, la femme revint avec un policier en uniforme et proposa de garder Rémi le temps de la déposition. Bizarrement, l’enfant accepta, après que Franck lui ait promit de le récupérer rapidement.

- Bien, je vous écoute, dit soudain le fonctionnaire en s’asseyant face au jeune homme.

Durant près de deux heures, Franck raconta au policier tout ce qu’il savait de Jason, en expliquant dans les moindres détails les dernières fois où il l’avait vu et l’intervention inespérée de Romain dans le gymnase. Finalement, l’homme le rassura avec un sourire :

- Ne vous inquiétez pas. Je suis sûr qu’on va vite laisser partir votre ami.

Franck remercia alors l’homme et partit chercher Rémi, qui était heureux de le voir revenir.

- Il est adorable, affirma l’assistante sociale en laissant l’enfant rejoindre le jeune homme.

- Oui. Merci de vous en être occupé.

- Ce fut un plaisir. Heu… je peux avoir les coordonnées de son père ?

- Pour quoi faire ?
Demanda Franck sur la défensive.

- Juste pour lui parler de son fils, c’est tout.

Un peu réticent, le jeune homme nota tout de même le numéro de téléphone de son ami sur un papier et s’en alla.

 

* * * * *

 

- On est où ?
Demanda Rémi de sa petite voix fluette.

- Chez moi, murmura Franck en passant le portail.

Il ne l’aurait pas imaginé, mais son souffle se fit plus court lorsqu’il entra avec l’enfant contre lui. Sans oser se l’avouer, il craignait qu’Emilie ne lui fasse remarquer que ce n’était pas parce qu’ils venaient de se reparler qu’il pouvait se permettre de faire ce qu’il voulait dans cette maison. Mais, il n’avait pas vraiment eut le choix. Bien sûr, il aurait pu aller chez Romain et attendre le retour de ce dernier, mais, sans réellement savoir pourquoi, il s’était dit que c’était une mauvaise idée. Il avait alors pensé confier l’enfant à Julie, mais cette dernière n’était pas chez elle. Son père et elle faisaient un petit voyage de deux jours, et le jeune homme ne s’en était souvenu qu’après coup. Matthew aurait aussi pu garder le petit garçon mais il avait déjà promis à sa sœur de rester avec elle durant la semaine où sa classe de danse se produirait, pour l’encourager tous les soirs. Franck savait que l’adolescente ne lui en aurait pas voulu de faire une entorse à sa parole pour une soirée, mais le jeune homme savait mieux que personne que tout ces petits moments de bonheur passés en famille ne reviennent jamais, c’est pour cette raison qu’il avait finalement décidé d’emmener Rémi chez lui, et à présent, c’était deux paires d’yeux qui les dévisageaient, lui et son précieux ‘trésor’.

- Comme il est mignon, s’écria finalement Alizé en s’approchant de son frère.

Emilie, qui était là aussi, ne dit rien mais eut un sourire.

- Je vous présente Rémi, annonça le jeune homme. Rémi, voilà ma petite sœur Alizé et ma grande sœur Emilie. Dis bonjour.

- Bonjour, dit alors docilement l’enfant.

- Hoooo… c’est trognon… Tu viens dans mes bras ?
Demanda Alizé. Le petit garçon fit d’abord signe que non de la tête, mais face au sourire de l’adolescente, il finit par tendre ses petites mains pour qu’elle le prenne.

- Qui est-ce ?
Questionna Emilie lorsque sa sœur se fut un peu éloignée avec l’enfant.

- C’est Rémi.

- Oui, merci, ça, j’ai bien compris comment il s’appelle. Ce que je veux savoir, c’est…

- C’est le fils de Romain.

- Romain ?

- Oui, c’est mon meilleur ami.

- Ha…, finalement, la femme se demandait si elle n’aurait pas mieux fait de ne rien demander.

- Emilie.

- Oui ?

- Quand je dis que Romain est mon meilleur ami, je ne te mens pas.

- Je n’ai rien dit.

- Oui, mais je vois bien à ta tête que tu te demandes si c’est juste un ami ou plus.

- …

- Donc, pour dissiper tout malentendu, non, Romain n’est pas mon amant, mais oui, je l’adore. Tout comme Rémi, d’ailleurs.

Emilie se contenta d’avoir un nouveau sourire et partit voir cette petite merveille à laquelle son frère avait l’air de tant tenir.

- Au fait, pourquoi l’as-tu ramené ici ?
Demanda-t-elle en revenant sur ses pas.

En quelques mots, le jeune homme lui expliqua la situation.

- Tu as bien fait de l’amener, lui dit-elle à la fin.

- Merci.

 

* * * * *

 

- C’est moi, annonça Marius en rentrant.

- Tu rentres tard, lui reprocha la plus âgée de ses sœurs.

- Oui, je sais… pardon…

- Où étais-tu ?

- J’ai porté plainte.

Franck et Alizé, qui s’occupaient de Rémi se retournèrent suite à l’annonce.

- Tu leur a tout dit ?
Demanda sa jumelle.

- Oui… tout…

Emilie prit son frère dans les bras avant de lui murmurer :

- Je suis très fière de toi.

- Merci…

 

* * * * *

 

- Franck.

- Oui ?

- Tu sais… je comprends que tu adores cet enfant… il est tellement mignon, dit Marius qui avait Rémi sur les genoux.

Le frère aîné du jeune homme eut un sourire. Il était vraiment ravi que tout le monde accepte le petit garçon comme cela. Sa présence avait l’air d’enchanter tout le monde, et c’était tant mieux. De plus, le petit semblait très à l’aise au milieu de ces trois personnes qu’il venait de rencontrer. Par contre, la bonne ambiance risquait fort de se dégrader lorsque la porte d’entrée s’ouvrit une nouvelle fois.

- Bonsoir Valérie, dirent d’une même voix Emilie, Alizé et son jumeau.

La jeune femme eut un regard indéchiffrable pour son grand frère avant que son attention ne se porte sur l’objet de l’attention des autres.

- Qui est-ce ?

- Rémi, lui répondit Franck. Chéri, dis bonsoir à Valérie.

Tournant la tête, l’enfant eut un sourire avant de saluer la femme. Cette dernière aurait bien voulu monter dans sa chambre à la seconde, afin d’éviter d’être avec Franck, mais la mignonne petite frimousse de l’enfant lui souriant la fit craquer et elle s’approcha, bien malgré elle, pour déposer un baiser sur sa joue.

- Ca va ?
Lui demanda-t-elle ensuite.

- Oui, oui, et toi ?

- Tu es mignon toi. Et bien élevé en plus, rajouta-t-elle avec un sourire.

Les lèvres de Franck s’étirèrent un peu sur les côtés. Comment aurait-il pu ne pas prendre ce compliment un peu pour lui ? De toute façon, il le savait qu’il dispensait une bonne éducation… ses deux petites sœurs et son petit frère en étaient des preuves vivantes.

 

* * * * *

 

Lorsque 20h approcha, Rémi commença à montrer des signes de fatigues et Alizé demanda si elle pouvait dormir avec. Franck s’apprêtait à protester lorsque l’enfant répondit :

- Je veux dormir avec toi et Marius.

- Hé, hé, hé. Mon cher grand frère, j’espère que tu n’allais pas répondre non, parce que Rémi a parlé, s’amusa l’adolescente en prenant l’enfant pour le monter dans sa chambre, suivit de son frère.

- Je vais vérifier qu’ils l’installent bien, annonça Valérie en se levant.

Franck lui en était reconnaissant, mais il avait bien noté qu’elle avait dit cela sans croiser son regard. Cependant, il ne lui en voulait pas.

Quelques minutes plus tard, Emilie vint s’asseoir près de lui et lui demanda :

- Qu’est-ce qui se passe ?

- Je m’inquiète pour Romain… Je… est-ce que je peux laisser Rémi ici et aller chez lui ?

- Depuis quand me demandes-tu la permission pour faire ce que tu veux ?

- … heu… c’est… que… Rémi…

- Allez, vas-y. Le petit est entre de bonnes mains.

- Merci, murmura le jeune homme en se levant.

- Tu veux que je t’accompagne ?

- Non, ça va aller. Merci. A plus tard.

 

* * * * *

 

Pour la première fois, Franck utilisa la clef que lui avait donné son ami et ouvrit la porte du studio. Romain n’était pas encore rentré et Franck hésita au sujet de la marche à suivre. Devait-il aller au commissariat pour savoir quand l’étudiant pourrait sortir ? Ou alors devait-il l’attendre ? Il décida d’aller se renseigner lorsqu’il entendit le mécanisme de la serrure jouer.

- Romain, dit-il alors tout content.

- … Franck… qu’est-ce que tu fais là ?

- Je… je t’attendais… ça… ça va ?

Balayant la pièce du regard, le jeune homme demanda :

- Où est Rémi ?

- Chez moi, ne t’inquiète pas, il va bien.

- … Franck…

- Oui ?

- Il me déteste… mon fils me déteste…

- Mais non voyons. Tu devrais commencer par aller prendre une douche. Tu verras, ça ira mieux après, lui dit Franck avec entrain.

- … oui… je vais faire ça…, murmura le jeune homme en se dirigeant vers la salle d’eau. Il y entra, mais en ressortit presque aussitôt.

- Un problème ?

- … tu restes là ?...

- Mais oui, ne t’inquiète pas, le rassura Franck avec un sourire.

Une fois qu’il entendit l’eau couler, Franck eut un soupire et s’assit sur le lit. Son ami avait l’air vraiment mal. Il fallait absolument qu’il trouve un moyen de lui remonter le moral, car il ne voulait pas le voir déprimer.

Quelques minutes plus tard, Romain sortit de la salle de bain, en pyjama.

- Ca va mieux ?

- Bof… je crois que je vais dormir…

- Bonne idée. Ca ira mieux demain matin.

S’asseyant dans son lit, le jeune homme plongea son regard dans celui de Franck.

- Qu’est-ce qu’il y a ?

- Il faut que tu saches… je ne te tiens pas pour responsable de ce qui s’est passé.

Franck avala difficilement sa salive. Comme Romain avait-il deviné ce qu’il pensait au plus profond de son cœur ? Ce qu’il ne s’était même pas permit de penser durant toutes ces heures.

- Je…

- Si j’avais su que tu allais pleurer, je t’aurai laisser te ronger les sangs.

Essuyant ses larmes, Franck tenta de reprendre un peu contenance.

- Ce que Jason s’apprêtait à faire…

- Il n’a rien fait, heureusement… mais… je l’aurai tué… je voulais le tuer… et maintenant…

- Romain…

- … maintenant… Rémi… mon fils… me déteste… il doit avoir peur de moi… jamais… non, jamais… son père n’aurait… eut une telle réaction… j’aurais dû laisser ce mec… et ne penser qu’à Rémi… mais… je…

- Romain…

Les doigts du jeune homme était crispés sur la couette et il faisait un effort pour refouler ses larmes de tristesse et rage.

- Je ne suis pas fait pour être père…

- Romain…

- Non… pourquoi Eléonore m’a-t-elle confié son précieux enfant ? Je ne…

Une gifle magistrale coupa l’étudiant. Il passa alors une main sur sa joue endolorie avant de regarder, surpris, son ami.

- J’en ai marre que tu dises, dès que ça ne va pas, que tu n’es pas le père de Rémi ! Tu crois peut-être que tout ceux qui ont des enfants sont faits pour être pères ou mères ? Tu penses que certains naissent en était fait pour ce rôle ? Tu délires complètement ! Je ne veux plus t’entendre dire ça ! Rémi t’aime et tu es son père ! Tu entends ?

Bien trop surpris pour répondre, Romain ne put qu’hocher la tête. Plusieurs secondes s’écoulèrent ensuite en silence. Secondes durant lesquelles Franck s’en voulu de s’être énervé, d’autant plus que son ami n’allait pas bien.

- Je suis désolée, murmura-t-il alors en baissant la tête.

Romain ne répondit pas mais bougea un peu afin de pouvoir prendre son ami dans ses bras.

- Tu n’as pas à t’excuser… c’est toi qui a raison…

- … je t’ai fais mal… ?...

- On ne dirait pas en te voyant, mais tu as pas mal de force dans le bras, ne put s’empêcher de dire l’étudiant en riant.

- …

- Franck.

- … oui…

- Je te remercie d’être là, chaque fois que j’ai besoin de toi.

- … nous sommes amis… c’est normal.

- …

- …

- Franck ?

- Oui ?

- … ça va s’arranger avec Rémi ?

- … mais bien sûr… ne t’en fais pas…

- Merci…

- Maintenant, tu devrais dormir. Ne t’inquiète pas, je reste avec toi.

Sans un mot, Romain s’installa bien dans son lit, rassuré par l’assurance que son ami mettait lorsqu’il lui disait qu’il était le père de Rémi et que tout allait s’arranger. C’était rare, mais parfois, il avait besoin que les rôles soient inversés, et que ce soit Franck qui le rassure. Et cela, son ami le faisait vraiment très bien.

 

Fin du vingtième et unième chapitre

A Suivre…

 

Chapitre commencé le 23 février 2006 et achevé le 15 avril 2006 <= comme vous pouvez le voir, ce chapitre a été commencé avant le précédent, car j’avais fini le 20, mais j’ai dû le réécrire, comme je vous l’ai expliqué la dernière fois.

 

Note de fin de chapitre : Alors franchement, le passage où Jason veut enlever notre petit Rémi était nettement mieux rendu dans ma tête, mais j’ai écrit vraiment une horreur pour cette partie. Si vous avez trouvé cette scène nulle, je ne vous en voudrais pas du tout, parce que moi, je ne l’aime pas… Par contre, je trouve que je n’ai pas trop mal écrit le moment où Franck présente Rémi à sa petite famille…
J’espère que malgré ce moment important que j’ai bâclé (sans le vouloir), vous aurez apprécié ce chapitre.
Je vous dis à bientôt pour la suite… ha… j’ai entendu quelqu’un crier « quand ??? »… Hé bien je vais faire mon possible pour vous pondre deux chapitres pour dans un mois. J’espère que cette perspective vous satisfait, parce que je ne vous cacherai pas que là, je fais un peu une overdose d’écriture, et ça m’embêterai de ne plus aimer mon histoire, alors je préfère faire une petite pause (promis, elle ne sera pas longue) pour revenir ‘en force’ après.
Naëlle

 

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Chapitre 22

 

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