Auteur: Naëlle
Mail: naelle@lartisan.net
Titre: Pour l'amour d'un enfant

 

Note : Bonjour à tous !

Et voilà, je viens de finir une nouvelle fois le chapitre 20. Pourquoi je dis « une nouvelle fois » ? Je vais vous raconter mes mésaventures avec ce chapitre ! Je pense qu’il va rester graver dans mes anales d’écrits. lol Tout commence au mois de février, lorsque je commence à écrire ce chapitre. J’ignore pourquoi, mais j’étais particulièrement inspiré et j’ai écrit plusieurs matins de suite avant d’aller bosser. Et finalement, ô miracle, j’écris mon chapitre en une semaine ! Le bonheur pour moi ! Ca faisait tellement longtemps que je n’avais pas réussi à faire ça. Donc, toute contente, je m’attaque au chapitre 21, le lendemain. Mais j’ai la fâcheuse tendance d’ouvrir le dernier chapitre pour écrire le suivant. Donc, j’ouvre mon chapitre 20, je modifie le nom du chapitre et je commence à écrire la suite. Evidemment, ce qu’il faut faire, c’est « enregistré sous », de façon à modifier le nom du fichier, mais là, je ne sais pas comment j’ai fait pour faire une telle erreur, mais j’ai oublié et j’ai enregistré les quelques lignes du chapitre 21 sur le chapitre 20 ! Le pire, c’est que j’ai mis quelques jours à m’en apercevoir ! Bref, le jour où je m’en suis rendue compte, mon frère a passé plus de deux heures et demi à tenter de retrouver mon travail perdu, mais finalement, la sentence est tombée : je devais tout recommencer ! J’étais dégoûtée, je dois bien l’avouer. Enfin… ce ne fut pas facile, mais j’ai finalement réécrit ce chapitre.

 

J’ai constaté que vous êtes assez nombreux/ses à me demander si Romain et Franck vont finir par sortir ensemble… hé là, on se calme. Ne sont-ils pas mignons comme ça ?

Pareil, pas mal de personne se demande ce que va faire Jason (c’est une sale bête !) pour se venger. Mais je ne peux rien vous dire ! Par contre, vous êtes quasiment tous/toutes sur la voie. Vous êtes doué(e)s.

Encore une fois, un GRAND, mais alors là, encore plus grand que comme s’est écrit, pour vos reviews ou mails ! Là, avec ce chapitre que j’ai supprimé et que j’ai dû recommencer, j’avais envie de tout abandonner, mais en relisant vos messages, je me suis dis : « Non ! Il y en a qui aime mon histoire et qui attendent la suite ! »

Vraiment, merci, merci, merci et encore merci !!!!!

 

A propos de ce chapitre. Je vous rassure, la fin est tout à fait correct :) Et comme promis, il est consacré à Marius.
On ne voit quasiment pas Romain ici, mais je suis sûre que ce chapitre va faire des heureux, car Franck… ha non, finalement, je ne dis rien et je vous laisse découvrir. Mais normalement, ça devrait vous plaire ^.^

 

 

 

Résumés des chapitres précédents :

Romain, jeune étudiant en médecin devient le tuteur de Rémi, bébé âgé de 4 mois, à la mort des parents de ce dernier.

Alors qu'il cherche à fuir cet enfant dont il ne veut pas s'occuper, Franck (un garçon limite travestit) s'impose dans la vie du jeune homme et va devenir son meilleur ami. Ensemble, ils s'occupent de Rémi qui grandit entouré d'amour.

Julie, une amie de Romain, s'occupe également de l'enfant. Elle va bientôt se marier à Matthew, jeune homme aillant eut une enfance malheureuse mais qui a finit par trouver un équilibre parfait grâce à sa famille d'accueil : le couple Grava et leur fille Jessica.

Marius, le jeune frère de Franck a assisté au viol de deux enfants, commis par leur frère, qui se trouve être le meilleur ami de l'adolescent. Après avoir été séquestré plusieurs jours par Anthony (le violeur), le jeune homme est retrouvé par Johnny, un ami de Matthew, ayant aidé Franck et Romain à chercher l’adolescent. A présent, entouré des siens, Marius tente de se remettre.

Fin du résumé.

 

 

 

Pour l’amour d’un enfant

(Chapitre 20)

 

 

 

C’est avec un soupire las que Marius ouvrit son armoire avant d’en sortir des vêtements. Il n’avait pas envie de retourner en cours, mais c’était lui-même qui avait annoncé la veille qu’il irait.
Quelques coups furent gentiment frappés à sa porte de chambre avant que sa jumelle n’entre.

- Ca va ?
Demanda l’adolescente.

- Ca va… ne t’inquiète pas…

- … ok… je t’attends en bas.

Une fois sa sœur ressortit, le jeune homme s’habilla rapidement et descendit à son tour prendre son petit déjeuner. Emilie était dans la cuisine et le salua d’un sourire.

- Ca va aller ?

- Mais oui, ne t’en fait pas, rassura l’adolescent. La femme, pas spécialement convaincu se contenta de l’embrasser sur la joue avant de partir travailler.

 

* * * * *

 

- Je te laisse ici, annonça Alizé à son frère après l’avoir accompagné jusqu’à sa salle de classe.

- Merci, lui répondit son jumeau en la regardant repartir en courant.

Avant d’entrer, il respira à fond, puis alla à sa place à grands pas. Le bruit l’incommodait, mais il n’eut pas à le supporter très longtemps car deux minutes après qu’il se soit assis, la cloche sonna et leur professeur de mathématiques entra.

Les heures suivantes furent les pires que l’adolescent passa en cours. Et ce fut avec un profond soulagement qu’il se rendit compte que sa dernière heure de cours touchait à sa fin.

- … rius… Marius ?

Se rendant compte en sursautant que son professeur d’Histoire lui parlait, le jeune homme releva les yeux.

- Heu… oui ?

- Ca va ? Vous êtes livide, déclara alors l’homme en tendant une main en direction de son élève. Ce dernier, prit de panique, voulut reculer et fit tomber sa chaise.

- Je vais bien, dit-il précipitamment.

- Si vous le dites, se contenta de répondre l’enseignant en retournant à son cours.

 

* * * * *

 

Sachant que sa sœur avait un cours d’art plastique durant les deux heures qui devaient suivre, Marius décida de rentrer seul chez lui, bien qu’il soit terrorisé à l’idée de se retrouver non accompagné dans les rues. Pourtant, Valérie lui avait proposé de passer le chercher, mais il avait voulu se montrer fort en lui assurant que c’était inutile.

- … je vais peut-être l’appeler, murmura le jeune homme.

- Bonjour, lui dit alors quelqu’un derrière lui.

Le jeune homme fit un bon en arrière, son cœur s’emballant.

- Ha, désolé. Je t’ai fait peur ?
Demanda alors le nouvel arrivant.

- … heu…

- Je m’appelle Johnny, rappela le jeune homme.

- Je… je m’en souviens, répondit alors Marius. Qu’est-ce que… vous faites là ?

- Je suis juste passé voir comment tu allais. Pas très bien, visiblement.

- Je… je deviens parano, expliqua l’adolescent en baissant la tête.

- Je te fais peur ?

- … non…

Pourtant, en temps normal, Marius aurait sans doute répondu ‘oui’, vu la personne lui faisant face. Cependant, il n’oubliait pas que celui-ci l’avait retrouvé alors qu’il s’était enfuit de chez Anthony et qu’il l’avait rassuré en attendant que Franck n’arrive.

- Excuse-moi, mais j’aimerai bien comprendre ce qui t’ait arrivé.

Estimant que c’était la moindre de chose pour son ‘sauveur’, l’adolescent acquiesça.

- Dans ce cas, viens, on ne va pas parler au milieu de la rue. Je t’invite à boire un verre, indiqua Johnny en commençant à s’éloigner.

Quelques minutes plus tard, les deux garçons attendaient qu’on leur amène leur boisson, assis à la terrasse d’un café. L’aîné des deux avait envisagé de prendre une bière, cependant, voyant que son vis-à-vis commandait un coca, il fit de même, afin de le mettre plus en confiance. Le jeune homme d’à peine 18 ans lui semblait suffisamment perturbé sans qu’il n’en rajoute avec un petit détail.

Une fois leurs verres devant eux, Marius commença son récit, depuis l’évènement de la voiture. D’une voix chevrotante, l’adolescent raconta tout ce qui c’était passé, sans oublier le moindre détail. Il avait pensé qu’après l’avoir raconté plusieurs fois à sa famille, il parviendrait à se détacher de cette histoire, comme s’il n’en avait été qu’un spectateur, cependant, sa gorge qui se serrait et les larmes qui menaçaient de poindre à tout moment semblaient vouloir lui affirmer le contraire. Johnny, quant à lui, se contentait de l’écouter en silence, se permettant juste quelques petits hochements de tête, afin de préciser qu’il suivait toujours le monologue.

- … et maintenant… je suis terrorisé à l’idée d’être séquestré une nouvelle fois…, finit par dire Marius pour conclure.

- Je te comprends, murmura l’autre.

Le lycéen prit son verre et but ensuite le liquide à l’intérieur lentement. Faire cela l’aida à se calmer. Plusieurs minutes s’écoulèrent ensuite en silence, puis le plus âgé demanda :

- Tu as été porter plainte.

- … n… non…

- Pourquoi ça ?

- … parce que… Antony est… mon meilleur ami…

- Quoi ?
Johnny venait de se lever.

- …

- Tu n’as pas le droit de rester à ne rien faire ! Tu DOIS porter plainte ! Tu te rends compte que deux enfants se font violer ?

- … je ne peux pas…

- Si tu peux ! Tu as la possibilité de faire cesser leur calvaire ! Il n’y a que toi qui puisses faire quelque chose ! Pense que si tu ne fais rien, ils continueront à souffrir, et cela, uniquement parce que la seule personne susceptible de les aider refuse de faire quoi que se soit, parce qu’elle est trop lâche !

- Vous ne comprenez pas… Antony est mon ami, murmura l’adolescent avant de se lever.

- Ha oui, et quel ami !
Répondit Johnny, ironique.

- Ce que je fais et ne fais pas, ne vous regarde pas !
S’énerva alors Marius avant de partir en courant.

Tout en le regardant s’éloigner, le jeune homme eut un soupire :

- J’imagine que c’est moi qui doit payer, dit-il ensuite en riant en moitié.

 

* * * * *

 

Un sourire béat aux lèvres, Franck se dirigeait vers chez lui, tout en regardant fréquemment son trousseau de clef. Une petite nouvelle avait trouvé sa place parmi les autres la veille et en la voyant, il ne pouvait s’empêcher d’être heureux. Malgré ce qui s’était passé, Romain lui avait confié un double de la clef de son studio. C’était une preuve d’amitié fantastique, selon le jeune homme. Après tout, on ne confiait pas l’entrée de chez soi à n’importe quoi.

- Tu m’as l’air bien joyeux ‘chéri’ !

Franck fut tiré de ses pensées d’un seul coup, et la personne l’ayant ramené à la réalité était quelqu’un qu’il n’avait aucune envie de voir.

- Jason…

- Je n’ai pas apprécié l’intervention de ton ami, hier, annonça le dénommé en s’approchant de Franck.

- Laisse-moi.
Franck s’apprêtait à partir lorsque l’autre le retint par le bras.

- Tu ne me feras pas croire que tu as changé, lui dit alors Jason en approchant son visage à quelques millimètres à peine de l’étudiant.

- Lâche-moi, tu me fais mal.

- Ho ? Pauvre chou, je te fais mal. Ton pote va me payer très cher l’humiliation qu’il m’a fait subir.

- Laisse-le tranquille.

- C’est-y pas mignon ça. T’as l’air sacrément accro.

- Tu dis n’importe quoi. Romain et moi…

- Je sais, vous êtes juste ami. La bonne blague. Si ça avait été vrai, tu ne m’aurais jamais refusé ce que je veux. Tu as oublié comme je sais bien…

- Franck ?

Les deux hommes se retournèrent vers Emilie qui venait d’arriver. Celle-ci était en voiture, et voyant son frère, elle avait stationné chez elle avant de revenir sur ses pas, à pieds.

- On se reverra, ‘chéri’, annonça Jason près de l’oreille du jeune homme avant de s’éloigner.

- Qui était-ce ?
Demanda la femme, avant de s’insurger. Elle ne voulait pas savoir qui était cette personne, pourtant.

- Emilie…, murmura le plus jeune, sans même prêter attention à la question de sa sœur.

- Est-ce que tout va bien ?
Demanda cette dernière.

- Oui… tout va bien, répondit l’étudiant avant de se rapprocher de celle qui ne se trouvait qu’à quelques centimètres de lui.

- Franck…

- … oui ?

La femme désirait dire quelque chose, mais elle n’y arrivait pas. Ses mots restaient bloqués au fond de sa gorge. Pourtant, elle voulait parler depuis plusieurs jours… peut-être même plus longtemps. Finalement, après quelques secondes de lutte contre elle-même, elle murmura :

- Je… heu… je te demande pardon…

- … quoi… ?...

- Je ne m’étais pas rendu compte… à quel point… je t’ai fait… du mal… je…

Elle fut coupée dans sa phrase par son frère venant de la prendre dans ses bras. Il la serrait à lui faire mal, cependant, elle ne dit rien et se contenta de rendre son étreinte à celui qui était contre elle.

- … Emilie… Emilie… Emilie…

- … je suis là…, murmura la femme entre deux sanglots.

- … ne pleure pas…

- …

- … Emilie… ne pleure pas… je t’en prie…

- … pardonne-moi… tu étais si petit… quand je vous ai… abandonnés… pardonne-moi… Franck…

Le jeune homme, sa sœur, toujours contre lui, ne pouvait retenir ses larmes. Le bonheur de l’avoir enfin ‘retrouvé’, mais aussi la douleur de la voir si malheureuse, étaient deux sentiments qui s’entrechoquaient dans son cœur.

- … Emilie… ce n’est pas de ta faute… je t’en supplie, arrête de pleurer…

- Quand papa et maman sont mort… je me souviens… je me souviens que tu avais encore l’âge… d’être traité comme un bébé… quand tu as commencé à m’aider à m’occuper des petits… et moi… moi… je…

- …

- … et après… moi… je… je t’ai repoussé…

- … chuuuut… c’est finit… tu voulais protéger les filles et Marius… tu n’as rien fait de mal…

Se collant un peu plus fort contre son frère, la femme continua :

- … tu sais… je me suis battue comme une folle… pour pouvoir vous garder avec moi… mais si tu n’avais pas été là… je n’aurai jamais pu m’en sortir… tu m’aidais tellement, lorsque tu préparais les biberons… ou que tu venais me dire : « on va y arriver »… tu m’as tellement soutenu… sans même le savoir…

- …

- … et quand Roland et moi… nous avons eu… cet accident… c’est toi… tout seul… qui a dû tout assumer…

- … Emilie…

- Franck… mon chéri… il faut que tu saches…

- … oui, quoi ?...

- … malgré tout… malgré tout ce que j’ai pu dire… malgré tout ce qui s’est passé… je… je t’aimais… et je t’aime toujours… je t’ai toujours aimé…

Serrant encore un peu plus sa sœur, si cela était possible, le jeune homme lui murmura :

- Moi aussi… moi aussi, je t’aime Emilie…

Durant plusieurs minutes, tous deux restèrent comme ça, l’un contre l’autre, sans dire un mot, profitant juste de ces retrouvailles.

- Qu’est-ce qui se passe ?
Demanda soudain quelqu’un en arrêtant sa voiture à leur hauteur.

Se dégagea légèrement de l’étreinte de son frère, Emilie essuya ses larmes, tant bien que mal, avant de répondre :

- Rien, ce n’est rien Roland.

Absolument pas convaincu, l’homme se contenta de sourire. Sa fiancée lui parlerait de ce qui se passait plus tard, il le savait, mais avait prit l’habitude de ne pas brusquer les choses.

 

* * * * *

 

Julie tourna afin de faire virevolter sa robe.

- Alors ?
Demanda-t-elle au garçon qui l’accompagnait.

- Elle est magnifique, lui assura Romain.

Un rire cristallin retentit dans la boutique. Bien sûr, les personnes présentes avaient l’habitude que les femmes soient heureuses en à la pensée de leur futur mariage, mais Julie faisait partie de celle qui montrait leur bonheur sans aucune retenue. Le jeune homme avec elle, lui adressa un sourire alors qu’une tailleuse remarquait qu’il allait falloir retoucher une nouvelle fois les manches de la robe.

- Je reviens, dit alors la jeune fille à l’attention de son ami.

- Pas de problème, je t’attends.

Romain se rassit sur l’un des fauteuils prévus pour les accompagnateurs des futures mariées. Son regard se promena un peu dans la boutique et voir toutes ces robes lui rappela qu’il n’avait jamais vu, ne serait-ce qu’une photo, d’Eléonore en robe blanche. Elle devait être ravissante et radieuse dedans… Un soupire s’échappa de ses lèvres et il tenta de trouver une occupation afin de ne plus avoir à regarder toutes ces pièces de tissus. Mais c’était peine perdue, car même les magasines près de lui ne parlait que d’une seule chose : mariage.

Plusieurs minutes plus tard, Julie revint et lui demanda :

- Quelque chose ne va pas ?

- Hein ? Mais si, tout va très bien. C’est bon ?

- Oui. On peut y aller.

Les deux amis sortirent en silence avant que Romain ne reprenne la parole :

- Au fait, pourquoi voulais-tu que je vienne avec toi ?

- Pour te montrer ma robe. C’est bizarre de vouloir montrer sa robe de mariage à l’un de ses amis ?

- Non… et ça me touche beaucoup. Matthew va faire des jaloux.

La jeune étudiante éclata de rire.

- Tu exagères, dit-elle sans s’arrêter.

- Mais non, c’est vrai. Allez, dépêchons nous, je pense que ton fiancé doit en avoir marre de garder mon petit monstre.

- Ho ! Rémi est un amour ! Et puis, c’est bien que Mat s’entraîne. Ca lui fera de l’expérience pour quand nous aurons des enfants.

- Quoi ? Vous vous servez de mon fils comme cobaye ???
S’indigna Romain avant de sourire.

- Mais parfaitement monsieur ! Nous étudions votre fils. Soyez fier, c’est pour les besoins de la science.

Les deux amis se regardèrent avant de se mettre une nouvelle fois à rire.

 

* * * * *

 

- Valérie. Ca t’ennuierait beaucoup de poser tes papiers ?

La jeune femme releva les yeux vers sa sœur aînée quelques secondes avant de retourner son attention vers ses croquis.

- Valérie ! Nous sommes à table !

- Je travaille, se contenta de répondre celle sur qui on s’énervait.

- Tu pourras le faire après, lui indiqua alors Emilie.

- Je n’en serai pas là où je suis aujourd’hui si je n’avais pas bossé comme une folle ! Parce que je travaille, moi !

Alizé fit un tour de table circulaire du regard, avant de demander :

- C’est pour Marius et moi que tu dis ça ? Parce que je te signale que…

- Mais non, voyons. Je ne visais personne… à part peut-être quelqu’un qui s’est contenté de se balader un bon moment à la fac.

Elle posa ensuite un regard accusateur sur Franck, qui, pour la première fois depuis des années, prenait son repas avec eux. Ce dernier ne répondit pas et se contenta de baisser la tête. Lui qui avait longtemps pensé que si Emilie acceptait de lui reparler, ça se passerait ensuite assez facilement avec les trois autres… la preuve du contraire lui était démontré à l’instant même.

Le plus jeune de la famille voulut prendre la défense de son grand frère, mais finalement, il se ravisa. Il était peut-être inutile qu’il attise la colère de sa sœur. Surtout qu’il n’était pas sûr d’être mentalement capable d’encaisser des reproches.

Furieuse de voir que son aîné ne répondait pas, Valérie eut un soupire méprisant avant de reprendre, à mi-voix :

- Au moins, tu dois être incollable sur l’anatomie humaine… surtout celle des hommes… ça doit servir en médecine !

Cette fois-ci, c’en était trop. Emilie ne voulait pas qu’on traite l’un de ses frères de la sorte, d’autant plus qu’elle venait juste de se réconcilier avec lui. Cependant, alors qu’elle allait ouvrir la bouche, c’est une autre voix qu’elle entendit ; calme et posée :

- Valérie… ça, ça ne te regarde pas…

- Ca… Ca ne me regarde pas ? – La jeune femme se leva de sa chaise – Et toi, toi, ça te regardait peut-être, ce que je faisais ? Quand tu surveillais mes fréquentations, quand tu m’empêchais de sortir le soir, quand…

- … tu n’étais qu’une enfant à l’époque…, se contenta du murmurer le jeune homme.

- Ha oui, c’est sûr ! Parce que toi, à 14 ou 15 ans, tu étais un adulte !

Sans un mot de plus, Valérie récupéra ses papiers et ses crayons avant de quitter la salle à manger.

- Elle a un problème ?
Demanda Alizé, n’ayant pas compris l’attitude de sa sœur.

- Je ne sais pas, répondit tristement Emilie. Son cœur se serrait à la pensée que ce qu’elle pensait être un repas de « retrouvaille » venait de virer au fiasco total.

 

* * * * *

 

Seul dans sa chambre, Franck ne se voilait plus la face. Il souffrait à cause de ce que sa sœur lui avait dit. Elle lui avait clairement montré qu’elle ne l’aimait pas, ou plus, et son cœur en était profondément meurtri. S’il s’était écouté, il aurait téléphoné à Romain, mais il doutait que ce dernier ait beaucoup apprécié de se faire réveiller à deux heures du matin, pour l’entendre geindre.

- Mais moi… je t’aime Valérie, murmura le jeune homme en trouvant enfin le sommeil.

 

* * * * *

 

- On se revoit ce soir à la maison.

Alizé se contenta d’adressé un signe de la main à son jumeau. Elle s’inquiétait un peu, mais elle ne pouvait pas ne pas aller à son cours de lettre. De plus, son frère avait l’air d’aller beaucoup mieux et il lui avait assuré qu’elle n’avait pas à s’en faire, qu’il pouvait rester un peu seul.

En sortant de l’enceinte de son école, l’adolescent marcha d’un pas décidé. Mais il ne rentrait pas chez lui. Toute la nuit, il avait tourné et retourné les événements des jours précédents et il était finalement arrivé à une conclusion.

 

* * * * *

 

Le soleil commençait à décliner lorsque Johnny arriva en vu de chez lui. Il s’étonna de voir une silhouette en bas de son immeuble, d’autant plus qu’il lui semblait reconnaître la personne attendant.

- Qu’est-ce que tu fais devant chez moi ?
Demanda-t-il en arrivant à la hauteur de Marius, car c’était lui qui était là.

- Je vous attendais.

- ?

- Je veux aller porter plainte, annonça-t-il alors, d’un air décidé.

 

Fin du vingtième chapitre

A Suivre…

 

Chapitre commencé le 26 février 2006 et achevé le 30 mars 2006

 

Note de fin de chapitre : J’espère que ça vous a plu :) Vous avez vu ? Franck a eut une bonne part de bonheur là… Emilie qui revient vers lui… c’est beau, non ?
Je vous dis à très bientôt pour la suite.
Naëlle

 

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Chapitre 21

 

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