Auteur: Naëlle
Mail: naelle@lartisan.net
Titre: Pour l'amour d'un enfant
Remerciements : Encore et toujours merci à Aoi pour la correction ^___^
Note : Bonjour tout le monde ^_^
Hé oui, je sais, jai été très lente à vous servir ce chapitre, et je vous présente mes excuses ! Mais je crois que là jai réussi à reprendre un bon rythme décriture enfin jespère surtout que je vais pouvoir le tenir -_- ;;;
Ce chapitre est entièrement centré sur Matthew et nous ferrons un retour en arrière dans sa vie pour mieux la connaître. Je dois dire que jaime assez ^_^ Jespère que vous aussi vous allez apprécier :-)
Jattends vos impressions !!!!!
Bonne lecture pour ce chapitre qui est plus long que la plupart !
Pour lamour dun enfant
(Chapitre 16 : Une famille [partie 1/2] )
Madame Grava ouvrit délicatement la porte de la chambre de Matthew et trouva un spectacle des plus charmants soffrant à ses yeux. Jessica, qui sétait à moitié endormi par terre dans laprès-midi, était à présent dans le même lit que celui quelle considérait comme son grand frère et celui-ci avait placé un bras protecteur autour de ladolescente. La femme sourit et referma doucement la porte.
- Alors ? Demanda son mari lorsquelle revint au salon.
- Il dort et Jessica est avec.
- Cet homme va encore lui avoir démoli son équilibre, rugit Michel Grava en se levant.
- Quest-ce quon peut faire ? Demanda alors sa femme, dun ton las.
- Rien rien du tout on ne peut quespérer que Matthew saura se souvenir de tout ce que nous avons construit ensemble.
- oui espérons
* * * * *
Cinq ans plus tôt :
- Et cette fois-ci, essaie de ne pas faire de conneries ! Les Grava sont des gens charmants. Tu devrais te sentir bien chez eux, alors fais un effort ! Matthew ! Cest à toi que je madresse !
Ladolescent releva les yeux vers lhomme qui lui parlait, tout en continuant à mastiquer son chewing-gum avec désinvolture.
Le jeune assistant social soupira devant ce quil appelait un cas désespéré et najouta plus un mot.
Quelques minutes plus tard, il garait sa voiture devant la maison du couple devant accueillir le jeune de 17 ans quil avait avec lui.
- Bonjour, dit une voix dhomme alors que la porte dentrée souvrait.
- Bonjour monsieur Grava, répondit le fonctionnaire en serrant la main de lautre.
- Matthew, je présume, dit alors Michel Grava en sapprochant de ladolescent. Celui-ci eut un mouvement de recul lorsque lhomme sapprocha.
- Votre épouse nest pas là ? Demanda lassistant social quelques secondes plus tard.
- Non, elle est partie chercher notre fille à lécole. Elle ne devrait plus tarder. Tu vas voir, reprit lhomme en retournant son attention vers ladolescent, Jessica cest comme ça que sappelle ma fille est très gentille. Vous allez sans doute très bien vous entendre.
Matthew montra très clairement quil ne sintéressait pas à ce que disait lhomme, mais ce dernier ne fit aucun commentaire ; quant au jeune homme ayant accompagné ladolescent, il renonça à dire quoique se soit.
Finalement, une demi heure plus tard, lassistant social repartait, après que monsieur Grava ait une nouvelle fois signé quelques papiers officiels, et quil ait donné des conseils à lhomme, ainsi quà ladolescent. Et alors que sa voiture disparaissait à lhorizon, une autre arrivait et madame Grava ainsi que Jessica descendirent de la voiture quelques secondes plus tard. La petite fille suivit sa mère en la tenant par la main.
- Bonjour Matthew, dit alors la femme en sapprochant de Matthew.
- Bonjour. Lui répondit ladolescent plus par politesse que par une réelle envie de lui répondre.
- Ca va ? Tu dois être fatigué, non ? Tu as quand même dû passer environ 5 heures en voiture. Tu veux sans doute de reposer. Viens, nous allons te montrer ta chambre. Jessica, dis bonjour à Matthew.
Le jeune homme se demandait si cette femme était toujours comme ça, ou si elle lui avait sortit tout son stock de parole. Mais elle ne semblait pas avoir fini, car elle lentraînait à présent par le bras. Elle avait cependant attendu que sa fille salut le nouvel arrivant dans leur petite maisonnée.
- Et voilà ta chambre, annonça la femme en ouvrant une porte.
Matthew fit quelques pas à lintérieur. Visiblement, la peinture avait été refaite et les draps dans le lit semblaient être neufs.
- Si la couleur de ta chambre ne te plait pas, tu nauras quà nous le dire. Je taiderai à la peindre dune autre couleur, même, si tu veux, proposa gentiment Michel Grava.
- Et puis, si tu veux, nous irons faire des courses ce week-end. Comme ça, tu pourras acheter des petites choses pour mettre une petite touche personnelle à ta chambre. Parce que comme nous ne connaissions pas tes goûts, nous ne voulions pas vraiment prendre le risque que ça te déplaise. Rajouta Marianne Grava.
Matthew ne dit pas un mot et laissa les autres lui conseiller de se reposer un peu avant le repas du soir avant de sortir de sa chambre.
Une fois seul, il sallongea sur le lit en soupirant. Cette famille avait lair encore plus hypocrite que les autres. Ladolescent savait très bien que toutes les bonnes paroles de ces gens nétaient pas sincères.
« Pfff comme sils sintéressaient vraiment à moi quelle blague ! » Marmonna le jeune homme en sallongeant sur ce qui allait être son lit durant les prochains mois.
Une heure plus tard Madame Grava envoya sa fille chercher le garçon qui allait à présent partager leur vie.
- Matthew ? Cest Jessica, je peux entrer ? Demanda une petite voix fluette derrière la porte.
- Ouais Quest-ce quil y a ?
- Le repas est servi, lui répondit lenfant en entrouvrant la porte de la chambre.
- Ok, jarrive !
Ladolescent aurait bien aimé que la gamine sen aille, mais elle ne bougea pas, et lorsquil la rejoignit, elle laccompagna dans la salle de bain, afin de se laver elle aussi les mains.
- Je suis contente davoir un grand frère, lui dit-elle soudain, alors quils se rendaient tous les deux dans la cuisine.
- Nimporte quoi marmonna Matthew, certain que la fillette près de lui ne faisait que répéter des mots quon lui avait appris afin quil se sente à laise.
- Et toi, tu es content dêtre avec nous ? Demanda Jessica, un grand sourire aux lèvres.
- Je serais content quand tu arrêteras de dire nimporte quoi !
Lenfant ne fit aucune remarque, mais elle retint ses larmes. Finalement, elle nétait plus aussi sûre dêtre heureuse de larrivée de ce grand frère.
* * * * *
Deux semaines plus tard :
- Matthew ? Je peux entrer ?
Madame Grava venait de passer la tête dans lentrebâillement de la porte.
- Oui, bien sûr, entrez.
- Jaimerais que tu me tutoies.
- Oui, désolé Entre.
Un sourire plus tard, et la femme était assise sur une chaise près du jeune homme allongé sur son lit.
- Dis-moi, tu as eu un problème ? On ma appelé ce matin pour me dire que tu navais pas été en cours.
Ladolescent se redressa comme un ressort. Il naurait pas pensé quon préviendrait sa famille daccueil aussi vite de ses absences répétées il savait pourtant imiter à la perfection la signature de ses deux tuteurs du moment.
- Heu en fait sur le chemin, je me suis mis à avoir très mal à la tête et donc, je me suis arrêté dans le parc celui juste à côté du CFA* et je crois que je me suis endormi
- Hum La femme nétait pas dupe si tu étais malade, tu aurais dû rentrer à la maison.
- Oui
Le jeune homme avait décidé de jouer la carte de la soumission pour cette fois-ci.
- Je nen parlerai pas à ton père pour cette fois, mais
- De qui parlez-vous ? Demanda précipitamment Matthew.
- De mon mari, reprit la femme, se rendant compte de sa méprise.
- Vous pouvez lui dire, je men fiche, moi !
Marianne Grava se releva sans dire un mot et sorti de la chambre, voyant bien que le jeune homme sétait de nouveau braqué et quelle narriverait certainement pas à lui expliquer quil ne devait pas jouer ainsi avec son avenir.
Lorsquelle eut refermé la porte, le jeune homme se retourna vers le mur et passa sa main sur des formes imaginaires. Lorsquil était enfant, il se souvenait que sur les murs crasseux près de son lit, il samusait à imaginer des familles aimantes. Les taches de saleté devenaient alors animées et merveilleuses à ses yeux denfant. Mais dans cette chambre, il ne pouvait pas donner vie à une quelconque trace de crasse, étant donné que les murs nen possédaient aucune. Cependant, il était bien trop occupé à réfléchir à la nouvelle façon dont il pourrait échapper à ses cours et apprentissage pour se rendre compte quil avait près de lui ce quil avait toujours imaginé comme un rêve inaccessible dans son enfance.
* * * * *
- Mes vieux sont trop chiants ! Ils veulent mobliger à aller en cours, alors que je men tape de du bahut !
Ladolescente venant de dire cela tira une nouvelle bouffée sur son joint pour se calmer.
Tous les autres présents enchaînèrent sur leurs parents respectifs, tous plus chiants les uns que les autres, à leur dire. Seul Matthew gardait le silence mais cela était peut-être plus dû au fait quil était occupé à déshabiller sa nouvelle conquête, que parce quil navait rien à dire. La jeune fille ne lui facilitait dailleurs pas la tâche, car elle se collait et se frottait de plus en plus à lui.
- La meilleure quait trouvée mon vieux, rajouta soudain un garçon, cest de me demander de garder mon frangin tous les soirs.
Tous se mirent à rire, tant la situation les amusait Comme sils navaient eu que cela à faire de leur soirée !
En entendant ces paroles, Matthew eut limpression quil oubliait quelque chose, cependant, il se dit que ça devait être une idée et continua ce quil avait commencé, sous les gémissements satisfaits de sa partenaire.
Deux heures plus tard, alors que ladolescent se rhabillait, il fit tomber un papier de sa poche de chemise sur lequel était écrite une adresse.
- Merde !
- Quest-ce quil y a ? Lui demanda quelquun.
Mais il ne prit même pas la peine de répondre et partit en courant.
- Mais quel con je peux faire ! Cette gamine va certainement se plaindre, disait à voix haute le jeune homme en courant à travers les rues. Tout en faisant le trajet, il réfléchissait à une façon de se justifier ; en effet, le matin même, le couple Grava lui avait demandé sil pourrait aller chercher Jessica à la sortie de lécole, car ils étaient tous les deux pris cet fin daprès-midi. Il avait alors répondu oui, sans grande conviction, ni réelle envie de leur rendre service, mais étant donné quil navait trouvé aucun moyen déchapper à cette corvée, il avait accepté. Mais à présent, il avait une heure et demi de retard sur lhoraire indiqué.
Matthew sarrêta quelques secondes afin de regarder le petit plan que lui avait fait Marianne sur un petit bout de papier, celui qui était tombé de sa poche, afin de vérifier quil ne sétait pas trompé de chemin, et une fois sûr quil était dans la bonne rue, il se remit à courir.
Quelques minutes plus tard, il aperçut limmense grille servant dentrée et de sortie aux élèves inscrits dans ce collège. Le soir commençait à tomber et les lieux étaient quasiment déserts. Mais une enfant était toujours debout devant limposante entrée, son sac à ses pieds. En la voyant, ladolescent pressa le pas jusquà arriver à ses côtés.
- Désolé du retard. Jai été retenu en cours, mentit-il alors.
Jessica se retourna alors sur lui, et au lieu des reproches quil sattendait à recevoir, cest un sourire qui accueillit son arrivée.
- Tu naurais pas dû courir, lui dit-elle lorsquelle vit quil reprenait son souffle et que malgré lair plutôt frais, il transpirait à grosse goutte.
- Ca fait longtemps que tu attends ? Demanda-t-il.
- Non, pas trop. On rentre ?
- Allons-y.
La jeune fille mit son sac sur son dos, et Matthew se retrouva avec sa petite main dans la sienne. Une fois la surprise passée, il sétonna lui-même de serrer bien malgré lui cette main au creux de la sienne.
Lorsquils arrivèrent, une bonne demi heure plus tard, le couple Grava nétait toujours pas rentré et un message avait été laissé à leur attention afin de les prévenir quils ne rentreraient que tard dans la soirée, aussi que les deux jeunes devaient se débrouiller pour manger.
- Tu sais cuisiner ? Demanda alors Matthew à Jessica.
Elle secoua la tête de droite à gauche, mais avec un sourire le rassura tout de même :
- On va faire décongeler des pizzas !
- Si tu veux.
Ladolescent laissa alors lenfant toute seule dans la cuisine et partit se doucher. Celle-ci sattela tout de suite à prendre deux pizzas dans le congélateur, avant de les mettre un peu dans le micro-onde pour quelles décongèlent un peu. Puis, elle alla toquer à la porte de la salle de bain.
- Quoi ?
Fut la réponse quelle obtint.
- Tu veux que je rajoute quelque chose sur ta pizza ?
- Fais comme tu veux !
- Ok !
* * * * *
Lorsque Matthew retourna dans la cuisine quelques minutes plus tard, il eut la surprise de voir que Jessica sétait occupé de tout préparer et quelle avait même mis la table. De plus, le sourire quelle lui adressa lui montra quelle sétait occupée de tout avec plaisir.
- On peut manger ? Demanda-t-elle en voyant que son grand frère sasseyait à sa place.
Un hochement de tête lui répondit et elle sortit les pizzas, quelle avait préféré finir de cuire au four. Lorsquelle les déposa sur la table, ladolescent eut un sifflement admiratif. En effet, elle navait plus rien des pizzas à moindre coût quachetait Marianne afin de mettre dans le congélateur pour les cas durgence, comme elle le disait. En effet, Jessica avait rajouté des tomates, des olives, du fromage, du jambon, et elle avait même mis un uf sur chacune. De plus, le tout était bien arrangé, comme les olives par exemple qui formait un cur sur celle de Matt et un trèfle sur lautre.
- Cest très bien, dit alors bien malgré lui le jeune homme une fois que sa petite sur fut installée.
- Cest vrai ? Merci, répondit-elle en rosissant.
- Mais cest quoi ça ? Demanda soudain Matthew en se relevant.
- Heu jai eu quelques problèmes pour les ufs.
Une fois arrivé devant lévier, ladolescent fut pris dune crise de fou rire, bien vite rejoint par Jessica.
En effet, celle-ci avait bien eut quelques problèmes au vu de la dizaine duf complètement écrasé et dont le jaune sétait percé dans un saladier posé dans levier.
* * * * *
Ce soir là, pour la première fois depuis bien longtemps, Matthew se coucha vraiment heureux. Cependant, avoir mentit à lenfant qui faisait tant deffort pour quil se sente bien avec elle, le mettait quelque peu mal à laise, mais il chassa rapidement cette idée.
* * * * *
Samedi de semaine suivante :
Ladolescent, après avoir prévenu quil sortait, partit en direction de larrêt du bus. Il aurait pu se laisser conduire par Marianne, celle-ci lui ayant dailleurs proposé de laccompagner, mais il ne tenait pas à devoir parler de sa visite mensuelle à son père avec ses tuteurs. Cependant, ce quil ne savait pas, cest quune enfant, ne sachant pas où il allait, et étant de nature très curieuse, avait, ce jour là, décider de sécher son cours de danse et lavait suivi discrètement. A présent que le bus démarrait, Jessica se demanda quelle serait la réaction de son grand frère, lorsquil sapercevrait quil avait été suivi à son insu. Cependant, elle se justifia en se disant quelle ne pouvait pas descendre du bus en marche, et cest avec un sourire satisfait quelle sassit sur un siège duquel elle pouvait voir ladolescent. Cest quil ne fallait pas quelle le perde de vue. De là où elle était, elle le voyait très bien et savait que lui, par contre, ne la remarquerait très certainement pas. Ce jour là, elle trouva que Matthew avait lair vraiment très mal. Ses épaules étaient baissées et son visage dégageait une grande souffrance. Elle se demanda pourquoi et sentit un pincement au cur en se rendant compte quil ne le lui dirait sans doute jamais il était évident que le jeune homme ne lappréciait pas ni elle, ni ses parents, dailleurs.
Environ une heure plus tard, ladolescent descendit du bus. Jessica, qui sétait laissée bercée par le rythme régulier du car sétait légèrement assoupie et ne réagit quau dernier moment. Fort heureusement, le chauffeur la vit se lever en catastrophe et de ce fait, attendit plus longtemps avant de refermer les portes.
Une fois dehors, elle entreprit de suivre le jeune homme de loin, mais dut sarrêter lorsque celui-ci entra dans ce quelle aurait pu désigner comme les remparts dun château fort, si linscription « Centre Pénitencier » ne lui avait pas indiqué son erreur. Elle se demanda alors ce quil était allé faire à lintérieur de ces murs.
Une bonne heure plus tard, un homme sapprocha de la fillette. Elle sut quelle avait à faire à un policier, au vu de son uniforme.
- Hé bien, que fais-tu ici petite ?
- Jattends mon frère, lui répondit Jessica simplement.
- Ha ? Et où est-il ?
- Il est rentré là tout à lheure, fit alors lenfant en désignant limmense porte dun geste de main.
- Ha ? Et quest-ce quil est venu faire ?
- Je ne sais pas mais jattends quil ressorte. On rentrera ensemble.
Le fonctionnaire séloigna, voyant que la fille nétait pas disposée à plus lui parler, mais se dit quil fallait quil surveille que personne ne vienne limportuner.
« Elle a de la patience à revendre », si dit-il en voyant quune heure plus tard, elle navait pas bougé. Il allait retourner vers elle lorsquun adolescent sortit et quil vit le visage de lenfant silluminer.
- Matthew !!!!
- Jessica ? Fit alors le jeune homme, surpris.
La fillette courue vers lui mais sarrêter à quelques mètres de lui, voyant le regard quil lui adressait. Celui-ci navait rien de très avenant.
- Quest-ce que tu fais là ? Lui demanda-t-il sur un ton de reproche.
- Je je tai suivi Fut la réponse quil obtint.
- Et ton cours de danse ?
Jessica releva les yeux vers ladolescent, étonnée. Elle était pourtant persuadé quil ne connaissait pas son emploi du temps, et pourtant, il venait de démontrer le contraire.
- Je ny ai pas été, finit-elle par répondre, plusieurs secondes plus tard.
Matthew ne rajouta pas un mot et se contenta de se rapprocher de Jessica, de lui prendre la main, et de lentraîner loin de lendroit où ils étaient.
* * * * *
Ils firent le trajet en bus sans un mot, assis lun à côté de lautre. Jessica se demandait si son grand frère était fâché et si oui, ce quil allait faire. Certainement répéter à ses parents quelle lavait suivi. Pourtant, elle devait bien se lavouer, elle ne regrettait pas son attitude du jour, car sa petite filature, même si en soi, ne lui avait rien appris sur Matthew, lui avait au moins montré que même sil ne le montrait pas, il sintéressait au moins un peu, à elle.
- Jess, dit le jeune homme, alors quil venait de descendre du véhicule.
Pour la deuxième fois la journée, le cur de lenfant fit un bon dans sa poitrine. Cétait la première fois que le jeune homme lappelait en utilisant son diminutif.
- Oui ?
- Tu naurais pas dû sécher ton cours de danse.
- ?
- Tes parents ne vont pas être contents, et ils auront raison.
- Pourquoi tu dis toujours tes parents ? Tu ne nous aimes vraiment pas, hein ?
Matthew fut étonné de lattitude de la fillette, mais ne dit rien et la laissa le quitter pour rentrer en courant chez elle.
* * * * *
Seul dans sa chambre, Matthew réfléchissait aux événements de la journée. Dabord, la visite quil avait rendue à son père. Lorsque son père lavait vu, il avait dû le trouver trop en forme, car il sétait appliqué, par des phrases ou commentaires, qui auraient pu passer pour anodins, mais qui, il le savait, ébranlerait le nouveau monde de son fils. Lune des phrases que lui avait dite son père, était : « Quest-ce que tu timagines ? Tu ne représentes rien pour ces gens ! Les liens du sang, il ny a que ça de vrai ! ».
- Les liens du sang il ny a que ça de vrai répéta inconsciemment le jeune homme.
Pourtant, lorsquil était ressorti, alors quil allait mal, la vision de Jessica lui avait fait leffet de la vision dune fleur, dans un désert aride. Pourtant, il navait rien trouvé daimable à lui dire, et lui avait parlé de son cours de danse quelle avait manqué. Le couple Grava en avait dailleurs beaucoup parlé lorsquil sétait rendu compte que leur fille avait séché. Alors que la fillette se faisait réprimander, ladolescent sétait surpris à vouloir la défendre. Cependant, il navait rien dit.
- Matthew ? Je peux entrer ?
- Oui Marianne, entre.
- Ho, il y a du progrès ! Je nai pas besoin de te rappeler quil faut me tutoyer, dit la femme en entrant.
- Je mhabitue, murmura le jeune homme.
- Cest bien ! Je voulais te demander Comment ça sest passé avec ton père ?
- Pourquoi tu me demandes ça ?
- Hein ? Comme ça, juste pour savoir, cest juste de la curiosité.
- Ca cest bien passé, mentit le jeune homme, afin de couper court à toute tentative de discussion sur le sujet.
-
- Quest-ce quil y a ?
- Jessica ma demandé pourquoi tu es allé à la prison. Lui répondit Marianne en se relevant.
-
- Je ne lui ai pas répondu, rajouta-t-elle en sortant de la chambre.
* * * * *
- Jess ?
Linterpellée, qui allait rentrer dans sa chambre après avoir pris une douche se retourna pour faire face à Matthew.
- Oui ?
- Je peux entrer ? Demanda-t-il en indiquant la porte de la chambre.
- Oui, bien sûr, viens.
Pour la première fois depuis quil était là, le jeune homme entra dans la chambre de Jessica. Celle-ci nétait pas excessivement bien rangée, mais ça allait quand même.
- Je vois que tu as plein de posters, lui dit-il en examinant les murs.
- Oui, répondit la fillette en souriant. Maman men offre souvent, parce quelle sait que ça me fait plaisir. Tu veux que je lui dise que tu en veux pour décorer ta chambre ? On pourrait aller en acheter et on les accrocherait ensemble. Ca te ferait plaisir ?
Plutôt que de lui répondre, ladolescent se rapprocha delle avant de la serrer dans ses bras. Pourquoi ne sétait-il pas rendu compte jusquà aujourdhui combien cette enfant était gentille ?
- Matthew ? Quest-ce quil y a ? Demanda la fillette, surprise par lattitude du jeune homme.
- Merci, lui dit-il simplement.
Jessica était de plus en plus perdue, cependant, elle ne le montra pas et se contenta de passer ses petits bras autour de ladolescent.
Deux minutes plus tard, Matthew desserra son étreinte.
Quelques secondes supplémentaires après, Jessica était assise sur son lit, tandis que Matthew avait pris place sur la chaise de son bureau.
- Mon père, commença-t-il.
La fillette lui montra quil avait toute son attention, aussi, poursuivit-il :
- Mon père est en prison pour braquage à main armée. Tu sais ce que ça veut dire ?
- Oui, jai déjà entendu ça dans des films.
- Depuis toujours, cest un voleur et je ne lai quasiment jamais vu plus de trois mois daffilés je pense quil a passé plus de temps en prison quailleurs.
- cest lui que tu es allé voir ?
- oui
Plusieurs minutes sécoulèrent en silence. Matthew ne savais plus quoi rajouter, et la fillette se demandait si elle devait rajouter quelque chose.
- et ta maman ? Demanda-t-elle finalement, quelques minutes plus tard.
- Elle est morte, lui répondit le jeune homme.
Jessica se mit les mains devant la bouche avant de baisser la tête.
- Je suis désolée
- Tu nas pas à lêtre tu ny es pour rien
-
- Allez, je vais te laisser te coucher. Reprit le jeune homme en se levant. Bonne nuit, rajouta-t-il en ouvrant la porte.
- Matthew.
- Oui ?
- Je taime, lui dit la fillette, un grand sourire aux lèvres.
-
-
- tu sais le jour où je suis arrivé en retard pour te chercher à lécole.
- Oui, et bien ?
- La vérité, ce nest pas que jai été retardé par mes cours, mais que je tavais complètement oubliée.
Ladolescent vit les yeux de Jessica se remplir de larme, cependant, elle ne les laissa pas sécouler. Elle sen était doutée, cependant, lentendre le dire lui faisait tout de même mal.
- Jess
Il voulait se rattraper, mais ce ne fut pas nécessaire.
- Ca ne change rien à ce que je viens de te dire, lui dit-elle en forçant un sourire, puis, elle se glissa sous sa couette et ferma les yeux.
Ladolescent éteignit alors sa lumière avant de sortir, mais ce nest pas la direction de sa chambre quil prit. Il se dirigea vers la cuisine, où il savait que Marianne se trouverait.
- Matthew ? Tu as besoin de quelque ch Matthew ???
La femme se précipita vers le jeune homme afin de le prendre dans ses bras. Elle ne comprenait pas ce qui se passait, pourquoi celui-ci pleurait-il ?
- Quest-ce que tu as ? Demanda-t-elle, quelques secondes plus tard.
- Cest cest la première fois la première fois
- « La première fois » ? Mais de quoi ?
- La première fois que quelquun que quelquun me dit ça
- Quoi ? Murmura la femme, sans cesser de le serer dans ses bras.
- Je taime personne ne me lavait jamais dit
Madame Grava ne répondit rien mais se sentir révolter par les paroles de ladolescent. Comment était-il possible que pendant 17 ans de vie, quelquun nait jamais entendu ce mot que tous parents se devaient de dire à ses enfants ?
* * * * *
- Tu dois aller en cours et chez monsieur Armand ! Matthew ! Reviens ici !
Mais le jeune homme nécoutait déjà plus. Il était sortit en claquant la porte derrière lui.
- Quest-ce qui lui prend ? Elle na pas le droit de me parler comme ça ! Je fais ce que je veux, rageait le jeune homme, furieux contre sa tutrice.
- Salut !
Une voix lempêcha de continuer et il se retourna.
- Salut, répondit-il en se retournant vers le garçon venant de le saluer.
- Ca va ?
- Est-ce que je ten pose des questions ? Sénerva Matthew.
- Je crois que la réponse est non, dit alors lautre.
- Tes qui ? Demanda soudain ladolescent, sachant quil lavait déjà vu, et même parlé, mais ne pouvant retrouver son prénom.
- Johnny.
- Ha ouais, cest ça ! Désolé, je ne men souvenais pas.
- Je peux savoir ce qui tarrive ? Tu as lair furieux.
- Ouais, je suis furieux ! Ma mèr
heu
ma tutrice vient
de piquer une crise parce que je ne vais pas en cours.
Matthew, bien quil se soit rattrapé avec désinvolture, ne put sempêcher de
se demander ce qui lui avait pris. Comme se faisait-il quil ait failli dire ma
mère ?
- Et alors ? Cest bien je trouve.
- Si tu as lintention de me dire que cest bien de se faire engueuler, tu peux aller te faire foutre !
- Quel langage Se contenta de répondre Johnny, un sourire aux lèvres.
- Pff
Matthew sen alla sans rajouter et un mot de plus, cependant, le cest bien de lautre lavait fortement ébranlé. Il fallait quil réfléchisse à tout ce qui lui arrivait depuis quil était dans cette famille.
* * * * *
- Matt !!!!!!!
Une fillette, aussi agile quun ouistiti se jeta dans les bras du jeune homme.
- Jess ? Quest-ce qui tarrive ?
« Et puis, cest quoi cette nouveauté de mappeler comme
ça ? »
- On part en Egypte !!!! Cest super, hein ?
- Heu ouais, génial ! Tu menverras des cartes postales ?
- Hein ? Pourquoi faire ?
- Ben quand tu seras en Egypte avec tes parents, tu mécriras ?
- ?
- Tu es calmé ? Demanda madame Grava en arrivant dans lentrée.
- Heu oui
- Tu as un passeport, jimagine, reprit la femme.
- Heu oui, pourquoi ?
- Parce quil en faut un pour aller en Egypte.
Une pause de quelques secondes se fit durant laquelle Matthew réalisa ce que voulait dire sa tutrice.
- Je je viens aussi ?...
- Evidemment ! Michel et moi économisons depuis deux ans pour se faire un voyage en famille, et qui dit famille, dit les parents ET les enfants !
- Cest super, hein Matt ? Reprit la fillette qui sétait tut pendant léchange.
- cest génial Murmura ladolescent.
* * * * *
Monsieur Armand se demandait sil ne rêvait pas. Son apprenti, plus absent que présent, était devant lui et sexcusait platement pour toutes ses absences injustifiées.
Lhomme adopta un air bourru et lui ordonna de se mettre au travail.
Matthew sétait décidé à changer dattitude. Ses tuteurs faisaient un sacrifice pour lemmener lui aussi, et il en était parfaitement conscient. Il fallait donc, quà sa manière, il leur fasse plaisir.
* * * * *
Les vacances allaient bientôt arriver, et Matthew ne pensait plus quaux vacances quils allaient passer en Egypte. Lui qui pensait ne jamais quitter le pays
- Matt ?
- Oui Jess, quest-ce quil y a ?
- Tu peux maccompagner chez Juliette ?
- Maman ta dit quelle ne voulait pas que tu sortes aujourdhui, lui répondit le jeune homme dun ton catégorique.
- Maman ? Répéta la fillette.
- Oui, je lai entendu te dire
- Tu as dit maman pour parler de maman ! Coupa Jessica, plus heureuse que jamais.
-
Lenfant repartit vers sa chambre, ayant complètement oublié que linstant davant, elle sétait décidé à aller contre la volonté de sa mère. A présent, ce quelle voyait, cest que pour la première fois, Matthew avait dit maman et non pas ta mère pour parler de Marianne Grava.
- Jai dit maman murmura ladolescent, toujours debout dans le salon. Cela voulait-il dire quil acceptait cette famille comme la sienne ? Pourtant, son père le lui avait dit, il ny avait que les liens du sang qui valaient quelque chose.
* * * * *
- Ces vacances vont être inoubliables, jen suis sûr ! Dit joyeusement Michel Grava alors que toute la petite famille déposait les bagages dans deux chambres dhôtel du Caire quils avaient louées.
- Cest super, on va dormir ensemble, dit joyeusement Jessica, en désignant la chambre à deux petits lits que Matthew et elle allaient partagé durant les quinze jours qui allaient suivre. Le jeune homme lui sourit en réponse. Il était du même avis que monsieur Grava, ils allaient passer des vacances vraiment super.
* * * * *
Le premier soir, la famille sétait endormie rapidement, après avoir fait un petit tour aux abords de lhôtel et sêtre restaurée pour le dîner.
Durant leur deuxième journée, ils avaient visité deux musées et avaient fait une ballade à pied. Le tout avait été très plaisant et enrichissant, cependant, Matthew était épuisé, mais visiblement, Jessica était beaucoup plus résistante que lui, car elle navait pas sommeil et voulait parler.
- Ta maman était gentille ? Demanda-t-elle soudain, alors que Matthew pensait quelle avait enfin épuisé tous ses sujets.
- Hein ?
-
- Je ne men souviens pas, finit par répondre ladolescent. Pourquoi ?
- Je voulais savoir
pour en savoir plus
toi, tu sais tout sur
moi
mais moi
je ne sais rien
sur toi
Dit alors lenfant à mi-voix.
- Ma vie nest pas passionnante, tu peux me croire, lui répondit gentiment le jeune homme.
- Mais
- Mais je vais te confier un secret
- Lequel ? Demanda Jessica, toute contente que Matthew veuille lui ouvrir un peu son cur.
- Jai limpression jai limpression de navoir commencé à vivre que depuis que je suis avec vous
Ca y était, il lavait dit. Il avait ouvert son cur, et ces mots reflétaient tout ce quil ressentait depuis quelques mois.
Jessica, de son côté, ne comprenait pas vraiment ce que ladolescent cherchait à lui dire, cependant, elle comprenait bien que cétait positif pour lui, comme pour sa petite famille. Cependant, le jeune homme semblait presque regretter ce quil venait de dire. Il avait tellement peur dêtre rejeté par sa famille daccueil dautant plus quil était parfaitement conscient que trois mois plus tard, il serait majeur. Mais pour linstant, il ne devait penser quà profiter de cette petite sur qui venait de lentourer de ses bras, et qui, à présent, sendormait contre lui.
- Tu es vraiment une petite sur merveilleuse, murmura-t-il contre loreille de lenfant.
Fin du seizième chapitre
A Suivre
*CFA = Centre de Formation pour Adulte
Note de fin de chapitre : Alors ? Vous avez aimé ? Soyez gentil, faites moi part de vos impressions Je ne marche quaux commentaires -_-
Pour ceux qui suivent mes autres histoires (originales et fanfics), sachez que dici ce soir ou demain, vous pourrez lire le chapitre suivant de mon histoire « le retour du passé », si vous ne la connaissez pas, essayé de lire le premier chapitre pour pouvoir me dire ce que vous en pensez, et ceux qui connaisse, surveillez fictionpress ou alors mon site (une mise à jour ce soir, si tout va bien.)
Jai mis le point final à ma fanfic sur Evangélion (« le choix dun avenir ») ; et grâce à la rapidité de mon beta-lecteur, la première partie de ce dernier chapitre est sur le site :-)
Et pour les méga fan de yaoi, sachez que jai écris une fanfiction sur Haru O Daité Ita. Le premier chapitre est dans la partie des fanfictions ^_^
Si vous voulez m'écrire un
petit mot au sujet de ce chapitre, rien de plus simple, vous n'avez qu'à
remplir ce petit "formulaire" ^_^
Vous n'êtes pas obligé de remplir tous les champs, mais sachez que sans votre
adresse e-mail, je ne pourrai pas vous répondre ^_~
Lorsque vous cliquerez sur "envoyer", veuillez attendre, vous allez être automatiquement redirigé ici au bout de 5 secondes. Par contre, vous verrez de nouveau ce que vous avez écrit, mais si sur la page précédente c'était noté "Envoi de mail réussi.", c'est que c'est tout bon, vous pouvez continuer à surfer tranquillement, j'aurai votre message ^_^
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