Auteur: Naëlle
Mail:
naelle@lartisan.net
Titre: Pour l'amour d'un enfant

 

Note : Pour ceux qui vont reprendre la lecture de cette histoire après une longue pause, voici un très long résumé de ce que nous savons déjà. Pour ceux qui se souvienne bien du début, n'hésitez pas à sauter tout le passage "où en sommes nous ?".
Je trouve que pour la reprise, ce chapitre est parfait, car c'est un peu un hors série, si on veut. Bien sûr, il s'intègre à l'histoire qui suit son cour, mais nos amis vont passer un moment que je qualifierai un peu de "hors du temps".
Pour les anciens lecteurs, j'espère que vous prendrez plaisir à redécouvrir ce chapitre et les nouveaux que vous aimerez ce nouveau chapitre.

Ceci étant dit, j'aimerai quand même pousser un petit "coup de gueule" (désolée pour l'expression). C'est vrai, ça fait des mois et des mois que les mises à jours du site ainsi que des différents chapitres de mes histoires sont quasiment inexistantes. Je le reconnais. Les raisons ? D'abord, je bosse et quand je rentre chez moi, je suis fatiguée. Ensuite, pour ceux qui ont suivi, j'ai perdu ma grand-mère il y déjà quelques années, mais depuis, il me manque quelque chose. J'avais l'habitude de lui parler de mes histoires et celle-ci, elle la suivait avec assiduité. Son départ, aussi précipité que brutal nous a tous choquées et même si la vie reprend ses droits (c'est normal), ça me fait bizarre de poursuivre cette histoire. Ceci étant dit, je n'abandonne pas et je continue les corrections de l'histoire et l'histoire en elle-même. Par contre, quand je vois que lorsque je poste un chapitre, le soir même, 50 personnes se jettent dessus pour le lire et que je n'ai pas le moindre retour... ça, c'est complètement démoralisant. Quand c'est un premier chapitre, je le comprends. On lit, on teste, on n'aime pas, on ne va pas dire à l'auteur : "ton histoire est nulle, je n'aime pas", c'est sûr ! Mais passé le chapitre 10, je pense que quand on lit, c'est qu'on aime... ou alors, il faut arrêter d'insister.
Il y a plusieurs mois, j'avais demandé à ce que vous votiez pour votre personnage préféré. 10 personnes ont répondu à la demande. Oui, oui, dix, alors que vous devez être une centaine (voir plus) à lire l'histoire... Ca plombe un peu le moral de l'écrivain, quand même. Mais je vois le positif quand même et je remercie chaleureusement les 10 personnes qui on participé au sondage. Voici les résultats :

- Rémi gagne avec 40 % (petit chouchou, il le mérite !)
- Romain est en deuxième position avec 30 % (c'est quand même le héro !)
- Franck en troisième position avec 20% (ben oui, quand même !)
- Julie est la quatrième avec 10% (ça m'a fait plaisir de voir qu'une personne a voté pour elle, elle est tellement adorable !)

Lors du prochain vote, d'ici quelques chapitres, j'espère voir un peu plus de "bataille" ^.^

Et voilà, après mes états d'âmes, je vous laisse lire en vous annonçant déjà que demain, vous aurez un autre chapitre avec une surprise !
Bonne lecture

 

 

 

Pour l’amour d’un enfant

(Chapitre 13 : Journée à la plage)

 

 

 

- Romain ?

- Hum ?

Le jeune homme releva les yeux de son cours afin de regarder Franck.

- Tu as besoin de moi pendant le week-end prolongé qu’on va avoir ?

- Non, pas spécialement.

- D’accord.

- Mais…

- Oui ?

- Tu veux venir avec nous ?

- Où ?

- Je vais emmener Rémi à la plage. Tu nous accompagnes ?

- Tu m’invites ???

Romain lui adressa un grand sourire comme toute réponse.

- Papa ?

- Oui Rémi ?

- C’est quoi la plage ?

- Tu verras, répondit l’étudiant, heureux à la pensée de faire découvrir une nouvelle chose à son fils.

- Romain, reprit soudain Franck.

- Oui ?

- On y va combien de temps ?

- Hé bien, j’ai pensé que nous pourrions partir vendredi soir après les cours et on rentrerait lundi dans l’après-midi. Qu’en penses-tu ?

- Et où dormirons-nous ?
Demanda le jeune homme, gardant le sens des réalités, malgré son envie de faire ce petit sortie.

- Chez un copain.

- Ha. D’accord… mais… je peux venir ?

- Aucun problème. De toute façon, il va passer le week-end avec sa copine.

 

* * * * *

 

- Franck, ça t’ennuierait d’arrêter de bailler ?

- Je suis désolé…

- Si tu es trop fatigué, va derrière et dors !

- Mais…

- Vas-y, ça ne me dérange pas.

- Hum… Au fait, je suis en train de me dire que personne n’ira se baigner vu qu’il ne fait pas très chaud…

- Ce n’est pas grave. J’apprendrais à Rémi à faire des châteaux de sable.
Rétorqua le jeune homme un grand sourire aux lèvres.

Son ami sourit à son tour avant d’étouffer un nouveau bâillement.

- Je t’assure que tu peux aller dormir, reprit une nouvelle fois Romain avant de se garer.

Franck finit par céder et alla prendre place auprès de Rémi, déjà endormi. Le ronronnement du moteur et les légères secousses régulières aidant, Franck ne tarda pas à fermer les yeux et s'assoupir. S’il était si fatigué, c’était parce que depuis que son ami lui avait parlé de cette petite excursion, il n’avait plus fermé l’œil de la nuit, tant il était excité à l’idée d’aller voir la mer avec ces deux personnes qui avaient pris tant d’importance dans sa vie. Pendant le temps où il dormit, ses rêves l’emmenèrent vers son passé, une fois de plus. Il se revoyait, tout petit ; à l’âge de Rémi, sans doute, chercher des coquillages avec sa sœur Emilie avant de les donner à sa mère. Celle-ci le remerciait d’un baiser sonore sur la joue en lui souriant. Il aurait bien aimé continuer à chercher de jolies petites choses encore un moment, mais la voix de Romain qui s’élevait lui indiqua qu’ils étaient arrivés.

Il ouvrit difficilement les yeux avant de se redresser. Il entendit alors Rémi protester d’une voix endormie qu’il voulait dormir, alors que Romain le prenait dans ses bras afin de le faire sortir de la voiture.

- Alors, ça va ? Pas trop fatigué ?
La voix de John se fit entendre, alors que les deux amis faisaient quelques pas.

- Si, crevé !
Lui répondit Romain.

- C’est vrai que tu as quand même fait plus de six heures de voiture. Alors voilà ta petite merveille.

John eut un large sourire en regardant l’enfant endormi dans les bras de Romain qui lui sourit en retour.

Franck, de son côté commençait à être un peu mal à l’aise. Il avait l’impression que sa place n’était pas ici et finalement, il regretta presque d’être venu.

- Ha, John, je te présente Franck, Franck, John.

- Enchanté, dit alors le maître des lieux.

- Moi de même, répondit timidement l’autre jeune homme.

Une jeune femme descendit les escaliers et John s’exclama :

- Ha, voici Géraldine, ma petite amie !

John fit les présentations, puis, tout le monde entra dans la maison : une très belle et grande villa, meublée avec beaucoup de goût. Romain fit quelques commentaires sur l’aménagement qu’il trouvait vraiment bien, avant qu’ils ne passent tous à table.

Franck s’occupa de Rémi tout le reste de la soirée, afin que son ami puisse discuter tranquillement avec leur hôte. Cependant, malgré l’enfant qui dormait à présent dans ses bras et qui, normalement le comblait de joie, le jeune homme ne put s’empêcher de ressentir une once de jalousie en voyant que Romain l’avait quasiment oublié au profit des deux autres personnes présentes. Cependant, vers vingt trois heures, Romain se retourna dans sa direction et après lui avoir adressé un sourire, il demanda à John si cela ne le dérangeait pas s’ils allaient se coucher. Conscient qu’ils devaient effectivement être épuisés après la route qu’ils venaient de faire, le jeune homme se leva afin de les accompagner.

- J’ai fait préparer deux chambres l’une à côté de l’autre et elles communiquent.

- Merci.

- J’ai aussi fait mettre un berceau dans l’une des deux.

- C’est gentil, mais je pense que Rémi voudra dormir dans mon lit, dit Romain.

- Ha oui, c’est vrai, les changements d’endroits… Quand j’étais petit, mes parents m’ont raconté que quand on partait en voyage, je voulais systématiquement dormir dans leur lit.

Le jeune homme se mit à rire un peu en repensant à cela.

Quelques minutes plus tard, Romain couchait Rémi. Franck, qui était près de lui, fit remarquer qu’il avait l’air moins fatigué que lors de leur arrivée.

- C’est vrai, je n’ai plus du tout sommeil. J’aurais pu discuter avec eux encore pendant au moins deux ou trois heures.

Franck le regarda alors, surpris.

- Mais… tu as pourtant dit que tu étais fatigué, non ?

- Oui, et alors ?

- Je ne comprends pas…

- Mais c’est pourtant très simple, toi, tu as l’air épuisé, et puis… j’ai eu l’impression que ça n’allait pas durant tout le temps où j’ai discuté avec John et sa copine. J’ai même eu peur que tu ne sois malade.

- …

Franck baissa légèrement la tête et suivit son ami dans la chambre d’à côté. Visiblement, le jeune homme ne voulait pas prendre le risque de réveiller son fils.

- Alors, que se passe-t-il ? Tu es malade ?

- Non… je suis juste fatigué.

- Franck ! Ne te fous pas de moi ! Il se passe quelque chose et je veux savoir quoi !

- … tu vas te moquer de moi…

- Dis toujours.

- En fait… je ne m’étais jamais rendu compte que tu avais d’autres amis en dehors de moi.

- …

- C’est idiot, mais je pensais que tout comme moi je n’ai que toi comme ami… hé bien, je pensais que pour toi, c’était pareil…

- Tu pensais que je n’avais que moi comme ami ?

Franck regarda son ami, se demandant s’il avait bien compris, avant de se mettre à rire en s’apercevant, qu’effectivement, il avait bien entendu.

Romain, quant à lui, sourit, ravi de l’effet produit par sa réplique.

- Bon, reprit le plus jeune, une fois que Franck se fût calmé. Je ne comprends pas où est le problème.

- Il se trouve que d’abord, je ne savais pas que tu avais des amis à qui tu tiens et qui tiennent à toi… et ensuite, je crois que… je crois que je suis jaloux…

Romain éclata d’un rire sonore, mais essaya de très vite se calmer, ne voulant déranger personne de la maison.

- Tu es jaloux ? Demanda-t-il pas tout à fait remis de son hilarité soudaine. Il n’y a vraiment aucune raison, rajouta-t-il avant de repartir afin de rejoindre Rémi.

Franck le regarda entrer dans la chambre, quelque peu rassuré. Au moins, son ami ne s’était pas moqué de lui, cependant, cette pointe de jalousie qu’il avait ressentie durant toute la soirée n’était pas dissipée. Lui-même s’étonnait. Jamais il n’aurait pensé qu’il aurait pu être jaloux. Pourtant, il ne se posait pas de questions, il savait que Romain tenait à lui, mais même s’il ne voulait pas se l’avouer, il aurait bien aimé que celui-ci lui dise être plus important que les autres. Il secoua la tête et ferma la porte de sa chambre. Il ne se savait pas aussi égoïste et possessif.

 

* * * * *

 

Romain eu beaucoup de mal à s’endormir. Le bruit des vagues se fracassant violemment contre les rochers près de la maison faisait un bruit abasourdissant qui n’était pas fait pour l’aider à s’endormir. De plus, beaucoup de pensées se bousculaient dans sa tête. Depuis qu’il avait revu John, quelques jours auparavant, il ne pouvait s’empêcher de penser que beaucoup de choses avaient changé dans sa vie. A commencer par cet enfant, endormi dans ses bras, et sur qui il ramena un peu mieux le drap. Non, rectifia-t-il dans le cours de ses pensées. En fait, c’était cet enfant qui avait changé sa vie. Ses pensées allaient suivre leur cours, cependant, ce fut un souvenir de la veille qui lui revint en mémoire.

 

Flash Back

- Romain, attends, s’il te plait.

Le jeune home se retourna dans la direction de l’appel.

- Matthew ? Si tu cherches Julie, elle est déjà partie.

- Oui, je m’en doute, mais c’est à toi que je veux parler.

- ?

- Viens …

Matthew se retourna repartit, et ce n’est que lorsqu’ils eurent quitté la cohue d’étudiants présents que le jeune homme se décida à reparler. Romain, quant à lui, l’avait suivi en silence, ayant appris au contact que Franck qu’il fallait parfois se taire et attendre.

- Dis-moi…

- Oui ?

- Est-ce que… heu… comment dire ça ?…

Romain se mis à rire un peu. Il ne savait pas que le jeune homme près de lui pouvait être aussi gêné.

- Qu’est-ce qu’il y a ? L’aida-t-il alors. Tu es amoureux de moi et tu ne sais pas comment me l’annoncer, c’est ça ?

Matthew regarda Romain droit dans les yeux avant de se mettre à rire sans aucune retenue. Il se demandait comme le jeune homme pouvait dire de telles choses sans même sourire. Cependant, si lorsqu’il essayait de débloquer certaines situations Romain s’amusait à faire des ‘sorties fracassantes’ (comme le disaient les gens autour de lui) sans sourciller, ce n’était pas la même chose lorsqu’il avait atteint son objectif et à présent, il riait de bon cœur avec le petit ami de Julie.

- Alors, reprit-il quelques minutes plus tard. Tu me dis ce que tu as ?

Matthew reprit son sérieux et demanda alors :

- Si tu étais une fille…

- Pour ce genre de question, il faudrait peut-être plutôt t’adresser à Franck !

Romain venait de couper son interlocuteur en vu de le faire rire, cependant, l’autre resta de marbre et poursuivit :

- Je suis sérieux…

- Ok, pardon. Vas-y, je t’écoute.

- Je te demandais donc… si tu étais une fille… est-ce que ça ne te dérangerait pas que ton mari te soit inférieur ?

- …

- En fait… je ferais mieux de demander ça à une fille, mais je n’en connais quasiment pas. Ma mère, inutile d’aller lui demander, elle va me sortir sa grande théorie sur mes capacités… ma sœur, c’est encore une enfant et elle rêve toujours du prince charmant. Mais… j’ai besoin que quelqu’un me donne son avis… alors, je t’en prie, dis-moi… !

- Excuse-moi Matthew, mais je ne comprends pas où tu veux en venir… de quelle infériorité me parles-tu ?

Le jeune homme ouvrait la bouche pour répondre lorsque la sonnerie de son portable le coupa.

- Allo ?… Oui, oui… Non, ça peut se faire… D’accord, j’y vais !

- Que se passe-t-il ?
Demanda Romain lorsque le gsm fut raccroché.

- Pas grand-chose, juste une voiture qui est restée en rade sur la route. Mon patron m’appelait pour savoir si je pouvais y aller… d’ailleurs, vu que je lui ai dit oui, je te laisse. A plus !

Matthew partit après avoir fait un signe de la main à l’étudiant. Ce dernier le regarda s’éloigner, se demandant ce qu’il avait bien voulu essayer de lui demander.

 

Fin du flash-back

 

Romain se retourna une nouvelle fois, comme si ce mouvement pouvait l’aider à comprendre ce que voulait dire Matthew. Cependant, il ne réussit qu’à réveiller un peu Rémi qui lui demanda d’une voix endormis si tout allait bien. Le jeune homme le rassura avant de le reprendre dans ses bras pour qu’il se rendorme. Il ne bougea plus et attendit patiemment que le sommeil le gagne. Cependant, tout en s’endormant, il se demanda une nouvelle fois ce qui n’allait pas avec Franck depuis quelques jours. « Finalement, pensa-t-il, je n’ai pas réussi à avoir de réponse… j’espère que ce n’est pas grave… »

Pendant ce temps, un autre jeune homme ne parvenait pas à trouver le sommeil. Les scènes auxquelles il avait assistées quelque temps plus tôt l’avaient traumatisé. Il ne savait plus quoi faire. Devait-il parler ou se taire. « Non, je dois parler », se dit Marius. Mais à qui ? A qui aller se confier ? Alizé était tellement prise par son départ futur qu’elle avait l’air dans un autre monde. Valérie venait de rentrer et ne semblait pas très ouverte au dialogue et Emilie avait l’air préoccupé. Quant à Franck… Franck… lui semblait ne plus rien voir sortit de Rémi et Romain. Marius se demanda d’ailleurs quel lien pouvait bien unir son frère et ce garçon. Il n’avait jamais vraiment osé lui poser la question.

 

* * * * *

 

- Debout tout le monde !!!!!

John venait d’entrer avec grand fracas dans la chambre qu’occupaient Romain et son fils.

- John ! Mais t’es dingue ou quoi de réveiller les gens comme ça ?

Devant le reproche fait par son ami encore moitié endormi, le jeune homme se mit à rire.

- Il est dix heures passées ! Alors si vous voulez prendre un petit déj’, c’est le moment où jamais ! Allez, debout !!!!!!

Afin de donner plus d’impact à ses paroles, John s’avança vers le lit et tira draps et couette au pied du lit. Romain n’apprécia pas du tout ce réveil, mais Rémi, lui, éclata de rire avant de tendre les mains pour que John le prenne. Celui-ci ne se fit pas prier et prit l’enfant dans ses bras. Mais lorsque Franck passa dans la chambre pour voir si Romain avait ou non apprécié le réveil, Rémi s’agita et montra clairement qu’il préférait tout de même aller avec Franck. John ne s’en offusqua pas et laissa l’enfant faire ce qu’il voulait avant de retourner son attention vers son hôte qui commençait à se rendormir.

- Allez marmotte !!! Debout !!!! C’est l’heure !!!! On a de la chance, il fait très beau aujourd’hui. On va tous pouvoir aller se baigner !

- Mmm… c’est… bien…, répondit alors Romain, bien décidé à ne pas se lever.  

Cependant, moins d’un quart d’heure plus tard, il prenait son petit déjeuner et une heure après, tout le monde était sur la plage. Géraldine et Franck s’étaient mis en tête de faire un immense château de sable avec Rémi pour le plus grand bonheur de l’enfant.

Pendant ce temps, Romain et John les regardaient, assis beaucoup plus haut sur la plage.

- Il me semble que je le connais…

John regardait Franck avec insistance et lança un regard à la recherche d’une quelconque confirmation à Romain.

- Il y a des chances, lui répondit simplement ce dernier.

- Son prénom aussi me dit quelque chose… mais je n’arrive pas vraiment à me souvenir… je l’avait déjà vu, non ?

Romain sourit ironiquement et laissa son ami réfléchir encore quelques minutes afin qu’il retrouve d’où il connaissait ce garçon.

- Alors ? Tu trouves ?

- Non… pas vraiment… ou alors…

Soudain, John eu l’impression de se souvenir.

- Tu sais d’où tu le connais ?

- C’est la petite tapette qui était dans notre amphi ?

Romain fut pris d’un fou rire.

- Je crois… que… c’est ça…, parvient-il cependant à articuler entre ses différents fous rires.

Il ne s’attendait pas à ce que John lui demande de cette façon si la personne qu’il voyait s’amuser avec Géraldine et Rémi était bien la même dont ils s’étaient si souvent moqués tous les deux.

- C’est une blague ?
Demanda alors John, une fois remis de sa surprise. Il fallait bien dire que lorsqu’il avait superposé les images du Franck qu’il avait souvent vu à la faculté et celle qu’il avait sous les yeux, il s’était dit que ce n’était pas possible.

- Non, c’est vrai, c’est bien le même. Lui répondit Romain une fois remis de son hilarité.

Les deux amis ne dirent plus un mot durant plusieurs minutes, puis John repris la parole.

- Je n’aurais jamais pensé que quelqu’un comme lui pourrait changer comme ça.

- Moi non plus, murmura Romain.

- Tu te souviens… ?

- De quoi ?

- De toutes les fois où on s’est moqué de lui. De tout ce qu’on a pu dire sur son apparence et sa façon d’être.

- Oui, je me souviens.

- C’est étrange, tu ne trouves pas ?

- De quoi ?

- Toi !

- ?

John sourit avant de s’expliquer :

- Tu étais le premier à faire des commentaires sur les gens comme lui, et il faut dire que comme toi, tu avais dû faire un exposé en étant dans le même groupe que lui, tu ne t’es pas gêné après pour faire des remarques sur ses tenues, ses mimiques…

- Oui, bon, ça va !

- Mais… pourtant, aujourd’hui, c’est ton ami.

- C’est vrai…

- Je dois bien avouer que tu m’as surpris en me demandant si tu pouvais venir avec un ami.

- Ha ? Vraiment ?

- Oui, je trouve que tu as changé.

Romain mis les mains derrière sa tête et se laissa tomber en arrière sur le sable chaud.

- Tu trouves ?

- Oui.

- Et toi John. As-tu changé ?

- Je ne comprends pas…

- Avec les filles. Tu étais un vrai coureur quand on était en première année. J’aimerai savoir si tu as changé à ce niveau là.

- … je n’en sais rien…
Répondit le jeune tout en regardant Géraldine s’amuser.

Romain ferma un instant les yeux. Il se souvenait que lorsqu’ils étaient en première année, John, Alexander et lui ne se quittaient quasiment jamais. John avait raison, il avait changé. Peut-être était-ce dû à l’éloignement de ces deux là. Romain se rappela que grâce à eux, il avait réussi à ne pas devenir fou en pensant sans cesse à Makoto. Cependant, il n’y avait que Romain qui avait poursuivi ses études de médecine. En effet, John, même s’il avait réussi, avait préféré reprendre les affaires familiales, ou tout du moins, une partie. C’était pour cela qu’à présent, à 21 ans, il était à la tête d’un supermarché dans une grande ville. Alexander, quant à lui, avait échoué et était reparti en Russie : son pays natal. Il ne l’avait pas fait avec plaisir, mais sa famille avait été catégorique sur ce point, en le laissant partir au début de sa Troisième. Au moindre échec, il revenait au pays ! Le jeune homme, étant quelqu’un de parole, il était reparti trois jours après avoir appris qu’il n’avait pas réussi. Romain se demanda à cet instant ce que devenait son ancien ami. Il s’en voulut en s’apercevant qu’il n’avait quasiment pas pensé à John et Alexander depuis qu’il avait Rémi.

- Je suis un très mauvais ami…, soupira t-il plus pour lui-même que pour John, cependant, même si celui-ci ne quittait pas sa petite amie des yeux, il entendit et répondit par un sourire.

- Romain.

- Mmm ?

- Géraldine repart dans deux semaines.

- Comment ça ?

Romain s’était rassis et attendit que son ami lui explique la situation.

- Je ne t’ai pas dit ? Elle habite en Amérique.

- Si, tu me l’as dit, mais je pensais qu’elle restait ici maintenant.

- Non, en fait… elle n’était là que pour un mois. J’ai bien pensé à un moment qu’elle resterait, mais non…

- Tu l’aimes vraiment ?

- … aucune idée…

John s’allongea à son tour sur le sable, les mains derrière la tête.

- Alors pourquoi es-tu avec elle ?

- … sans doute parce que je n’aime pas être seul…

- …

- Quand je suis allé au Etats-Unis il y a huit mois, pour contacter un fournisseur, je l’ai rencontré dans un train, on a sympathisé, et puis voilà.

- Mais là, vous sortez bien ensemble, non ?

- Oui… on a commencé à sortir ensemble pendant mon séjour là-bas et ensuite, on a beaucoup correspondu.

- J’imagine que tu n’arrives pas de toute façon à lui rester fidèle.

- Si pourtant. Depuis que je l’ai rencontré, je ne l’ai pas trompée une seule fois… mais…

- « Mais » ?
L’encouragea Romain.

- Mais, avec cette distance qui nous sépare, je ne sais pas combien de temps je vais tenir.

- Je vois…

- Tu ferais quoi toi, si tu étais à ma place ?

- Aucune idée.  

Géraldine se releva et admira leur petite merveille qu’était le château de sable trônant fièrement devant elle. Elle devait bien reconnaître qu’elle ne s’était que rarement autant amusée depuis bien longtemps. Le garçon et l’enfant qui étaient avec elle se relevèrent à leur tour et regardèrent avec beaucoup de satisfaction le château.

- Les garçons !!!!!

Géraldine faisait de grands gestes en direction des deux amis afin qu’ils viennent les rejoindre. Tous deux se levèrent et vinrent près des autres.

 

* * * * *

 

- Non Rémi, pas comme ça…. regarde….

Romain se mit à rire en voyant John tenter d’apprendre à son fils les mouvement rudimentaire de la brasse. Mais l’enfant n’en faisait qu’à sa tête et préférait nettement la « nage du chien », bien moins compliquée à réaliser.

Franck, assis sur la plage regardait les autres s’amuser dans l’eau.

- Ton ami ne vient pas se baigner ?
Demanda Géraldine près d’une demi heure plus tard.

Romain regarda dans la direction de Franck et se demanda pourquoi il ne venait pas les rejoindre dans l’eau. Il eut une vague idée de ce qui pouvait le retenir, cependant, il décida qu’il n’y avait pas de raison qu’il ne vienne pas se baigner. Aussi l’appela-t-il :

- Franck, viens par là !

Le jeune homme se releva, épousseta un peu son pantalon, afin de faire tomber le sable collé dessus.

- Qu’est-ce qu’il y a ?
Demanda-t-il en arrivant au bord de l’eau.

- Tu as pris des vêtements de rechange, le questionna son ami en se relevant et s’approchant de lui.

- Heu… oui, pourquoi ?

Romain lui adressa un sourire énigmatique, avant de lui répondre :

- Pour ça !!!!

… et de l’asperger d’eau avec ses deux mains.

- Romain !!! Mais tu es fou, je suis tout mouillé !

- Et bien maintenant que tu es trempé, viens jouer dans l’eau avec nous.

- Mais…

- Garde tes vêtements si tu veux… allez, viens.

Romain tendit la main en direction de son ami. Celui-ci lui sourit et s’avança dans l’eau à son tour.

Finalement, Franck ne regretta pas de s’être fait mouillé et s’amusa avec les autres comme il ne l’avait jamais fait avec d’autres personnes que sa famille, autant qu’il pouvait s’en souvenir. Les quatre jeunes étaient en plus en admiration constante devant l’enfant qui passait de bras en bras.

- Papa… j’ai faim.
Dit tout de même l’enfant, au bout de plusieurs heures passées dans l’eau, sans interruption.

Romain lui répondit qu’ils n’allaient pas tarder à sortir, et moins de cinq minutes plus tard, tout le monde était sur la plage.

- Je m’occupe de Rémi, proposa gentiment Géraldine.

- Tu vas lui faire prendre sa douche et l’habiller ?
Demanda Romain, voulant être sûr de ce que voulait faire la jeune fille.

- Oui, bien sûr. Lui répondit-elle avec un sourire.

- Je ne veux pas !

Quatre regards se retournèrent vers le petit garçon.

- Qu’est-ce que tu ne veux pas ?
Demanda Franck en s’accroupissant pour être à la hauteur du petit.

- Je ne veux pas qu’elle me douche et qu’elle m’habille.

- Bon, je m’en charge, se dévoua alors Franck avant d’emmener Rémi vers les douches installées sur la plage privée de John.

- Il est très pudique, fit alors remarquer la jeune fille.

- Oui, possible. Mais il faut dire que nous ne sommes que quatre, en comptant ma mère, à nous en occuper. En fait, Franck et moi, nous nous en occupons tout le temps et l’une de mes amies le fait de temps en temps. Ce doit être pour ça.

- Effectivement… je n’y avais pas pensé. Pourtant, il avait l’air de bien aimer être avec moi.

- Je te rassure, c’est le cas. Tu vas voir, dès qu’il sera prêt, tu pourras le faire jouer autant que tu veux.

- Romain !!!!
Appela Franck.

- Oui ?

- Va me chercher des vêtements pour Rémi, s’il te plait.

- Ok !

Le jeune homme partit en courant vers la maison et ramena rapidement à son ami de quoi habiller son fils.

 Quelques minutes plus tard, Franck annonça :

- Et voilà, c’est fini.

- Tu veux bien venir avec moi maintenant ?
Demanda Géraldine en s’approchant de l’enfant à présent habillé.

Comme pour confirmer les dires de son père, le petit garçon adressa un large sourire à la jeune fille, avant de tendre sa petite main dans sa direction.

- Je peux le faire manger ? Interrogea celle-ci avant de s’éloigner.

- Bien sûr, lui répondirent d’une même voix Franck et Romain, avant de se mettre à rire.

 

* * * * *

 

- Je croyais que tu voulais dormir un peu.

- Effectivement, tout à l’heure, j’avais sommeil, mais ce n’est plus le cas.

Franck s’assit sur le lit, près de son ami allongé. Ce dernier avait annoncé après le déjeuner (plutôt tardif, d’ailleurs) qu’il voulait se reposer un peu. Géraldine, qui semblait s’être beaucoup attachée à Rémi avait annoncé qu’elle allait lui faire faire sa sieste et qu’ensuite, elle le ferait jouer un peu. Romain soupira en repensant à la façon dont la jeune femme semblait à l’aise en s’occupant de l’enfant, alors que lui, avait mis des mois avant d’en apprendre le B.A.-BA. D’ailleurs, même à ce jour, il savait qu’il n’était pas parfait dans son rôle de père.

- A quoi penses-tu ?
Le questionna Franck en le voyant perdu dans ses pensées.

- A rien…

- Allez, dis-moi.

- … En voyant Géraldine tout à l’heure, et l’aisance qu’elle a pour s’occuper de Rémi alors qu’elle ne le connaît que depuis quelques heures, je me suis dis… je me suis dis que je n’étais peut-être pas à la hauteur, que…

- Romain…

- … je pense que…

- Si tu veux mon avis, tu te fais trop de soucis pour rien.

C’était dans ce genre de moment où Franck avait très envie de prendre son ami dans ses bras afin de lui montrer que tout n’était pas noir. Ce genre de petite déprime de sa part avait le don de toute teinter de gris autour de lui et Franck ne le supportait pas. Cependant, il se dit que les amis garçons, n’avaient certainement pas ce genre de comportement, et même si certains étaient plus câlins que d’autres, ce n’était pas vraiment le cas de Romain.

- Tu crois ?
Lui demanda le jeune homme, plusieurs minutes plus tard.

- Oui, tu devrais arrêter de te torturer… je t’assure que tu es très bien ! Tu es parfait.
Rajouta son ami, un sourire aux lèvres.

- « Parfait »… non… Eléonore aurait été une mère parfaite…

- ?

- S’il n’y avait pas eu cet accident… tout aurait été différent…

- …

- Quoi ?

- C’est assez rare que tu parles de ton amie sans lui reprocher de t’avoir pris Makoto.

- Oui, c’est vrai… mais je suis bien obligé de reconnaître ses qualités. Et je peux dire sans avoir peur de me tromper qu’elle aurait été une mère parfaite… pour ne pas reproduire la même chose que ses parents.

- Pourquoi, ils n’étaient pas bien ?

- Bof… je dirais plutôt que ce n’est pas ce que j’appelle des « parents ». Une fois, j’ai passé une semaine chez elle et les seules choses qu’ils se disaient, c’était « je suis rentrée » quand elle arrivait de l’école et « bon appétit » avant qu’ils ne se mettent à manger.

- Effectivement, niveau dialogue, on peut trouver mieux.

- Pourtant, c’est bizarre, mais elle n’était pas malheureuse… sans doute parce que sa grand-mère paternelle était très proche d’elle et que d’une certaine façon, elle remplaçait sa mère.

- …

- Elle aurait vraiment été parfaite pour Rémi… tous les enfants lui auraient envié sa mère.

- Romain… qu’est-ce que tu as ?

- Rien… je me dis juste que comparé à elle, aucune ne pourra être aussi bien pour Rémi.

- … je peux te dire quelque chose ?

- Depuis quand est-ce que tu me demandes la permission ?

Les deux amis se mirent à rire avant que Franck ne reprenne :

- J’ai l’impression que tu l’aimais beaucoup.

- … oui… avant… avant qu’elle ne me prenne Makoto…

- …

- Tu sais, quand elle était au collège et au lycée, elle avait un succès fou.

Franck était étonné, son ami semblait avoir décidé de faire l’éloge d’Eléonore.

- Vraiment ?

- Oui, tous les garçons lui couraient après… d’ailleurs – Romain eu un petit rire avant de poursuivre – ils étaient tous jaloux de nous… de Makoto et moi. Comme elle passait son temps à exhiber des photos de nous, ce n’était pas très étonnant non plus. Et une fois, tu sais ce qu’elle a fait ?

Romain semblait très amusé en pensant à ce souvenir.

- Non, quoi ?

- Il y avait un garçon qui n’arrêtait pas de lui demander de sortir avec lui et à un moment, elle en a eu assez et elle lui a dit qu’elle avait déjà quelqu’un dans sa vie. Mais comme il ne s’est pas découragé tout de suite, elle a voulu lui prouver la véracité de ses dires un après-midi, comme j’étais en vacances depuis la veille et que j’étais venu la chercher avec ma mère, elle a couru vers moi en me voyant à la grille de son lycée. Et là, elle s’est arrêté, à bien vérifié que le garçon en question la voyait bien et elle m’a embrassé !

- Elle t’a embrassé ????

Romain se mit à rire.

- Oui, enfin… embrassé, embrassé, non, pas vraiment en fait. Elle a posé ses lèvres sur les miennes. Mais en tout cas, après, le garçon s’est calmé.

- Ca devait être drôle.

- Ca l’était… Makoto avait piqué un de ces fous rires quand on lui avait raconté. J’ai cru qu’il n’arriverait pas à se calmer.

Le regard du jeune homme se voila de tristesse en repensant au garçon qui sans le vouloir avait ravi son cœur.

- Romain…

Franck passa sa main sur le bras de son ami comme si son geste pouvait lui faire oublier son chagrin. Cependant, Romain se tourna légèrement avant de murmurer :

- … Makoto… il me manque tellement…

Franck se releva et sortit de la chambre… visiblement son ami avait envie d’être seul… seul avec ses souvenirs.

 

* * * * *

 

Lorsque le jeune homme se réveilla, il était presque 19h, aussi se dépêcha-t-il d’aller rejoindre les autres, après avoir vérifié que Franck n’était pas dans sa chambre.

- Alors, bien dormi ?
Demanda John lorsqu’il arriva dans le salon.

- Très… ça fait longtemps que je n’avais pas pu faire de sieste. Entre les cours et Rémi…

- Tu devrais prendre une baby-sitter.

- Je pense pouvoir dire que j’en ai. Mais tu n’imagines pas à quel point le baby-sitter est bavard.

Les deux amis se mirent à rire, tandis que Géraldine arrivait avec Rémi dans les bras. Celui-ci venait de manger et commençait à s’endormir.

- Au fait, où est Franck, demanda soudain le jeune homme.

- Dehors, je crois qu’il est sur la plage… tu peux le rejoindre, je vous appellerais pour le dîner.

- Merci John. A tout à l’heure.

Romain allait sortir de la pièce, cependant, il revint sur ses pas et embrassa son enfant, tout en lui murmurant « Tu es vraiment un ange. Papa t’aime », et après avoir eu droit à un « moi aussi je t’aime », il sortit à la recherche de son ami.

Une fois à l’extérieur, il vit son ami, accoudé contre un lampadaire, regardant la mer.

- Franck ?

Le jeune homme tourna la tête en direction de l’appel.

- Ca va ?
Lui demanda alors Romain en s’approchant.

- Oui, et toi ? Tu as bien dormi ?
Interrogea l’étudiant en retournant à la contemplation des vagues venant se briser contre les rochers.

- Franck… ?

- Hum ?

- Tu es sûr que ça va ?

- Mais oui… Ne t’inquiète pas comme ça, voyons.

Franck espérait avoir rassuré son ami, cependant, le regard insistant que celui-ci posa sur lui semblait vouloir lui prouver le problème.

- Je vais faire semblant de te croire…

- Merci.

- … du moins pour le moment.

- …

- Je peux te demander quelque chose ?

- Oui, si tu ne m’obliges pas à répondre.

- J’ai bien compris tout à l’heure que tu ne voulais pas te mettre en maillot de bain… j’aimerais comprendre pourquoi.

- …

- …

- Parce que… je n’ai pas envie de me retrouver quasiment nu devant du monde…

- … mais… être en maillot, ce n’est pas…

- Je me sens… à la merci de tout dans ce genre de cas…

Romain ne rajouta pas un mot, sentant que ce genre de révélation devait beaucoup coûter à son ami.

Il décida donc de parler de tout autre chose.

- Avant… nous allions à la plage tous les étés. Ma mère, Eléonore, Makoto et moi. Qu’est-ce qu’on pouvait s’amuser. Une fois, nous y sommes même allé avec Iris, une amie d’Eléonore. Je me souviens qu’on n’avait pas arrêté de l’embêter… mais ce n’était pas méchant et elle-même n’arrêtait pas de rire.

Franck adressa un sourire teinté de tristesse à son ami.

- Quoi ? J’ai dit quelque chose qu’il ne fallait pas ? Ca ne va pas ?

- Si… J’aime beaucoup t’entendre me parler tes souvenirs.

- Alors qu’y a-t-il ?

- Rien… c’est juste que moi… je n’ai pas d’histoires du même genre à te raconter.

- Désolé… je…

- Tu n’as pas à t’excuser. De toute façon, je n’ai pas vraiment le droit de dire que je n’ai pas de beaux souvenirs, parce que jusqu’à huit ans, j’en ai d’excellents. Mais c’est vrai que par la suite… les événements se sont enchaînés, et pas forcément de la meilleure façon qui soit.

Romain prit le visage de son ami entre ses mains et le regarda droit dans les yeux.

- Nous allons repartir lundi après-midi et jusque là, je t’interdis de penser à tout ce qui pourrait te faire du mal.

- Je vais essayer…

- Je ne te demande pas d’essayer ! Je veux que tu le fasses ! Fais-le pour Rémi et moi.

Ceci étant dit, le jeune homme s’écarta de son ami et repartit en direction de la maison de John, sans avoir oublié de rajouter, avec son ton supérieur « comme si je te demandais ton avis ».

Franck le regarda s’éloigner en souriant. Son ami avait décidemment une façon très particulière de lui remonter le moral. Cependant, cela marchait plutôt bien.

 

* * * * *

 

Les éclats de rire s’entendaient à plusieurs mètres à la ronde. Il fallait dire que personne dans l’eau n’était discret et depuis qu’ils avaient commencé une « bataille d’eau », ils ne s’amusaient que plus encore. Géraldine et Franck tentaient de gagner contre Romain, John et Rémi. En ce dimanche après-midi, aucun ne pensait à autre chose qu’au bonheur que leur procurait la mer.

Les domestiques de John regardaient, entre deux tâches, le spectacle, un sourire attendri aux lèvres.

Ce n’est que vers cinq heures que tout le monde sortit enfin de l’eau, le temps s’étant considérablement rafraîchi. Comme la veille, Franck s’occupa de doucher et d’habiller l’enfant, avant qu’il ne se tourne vers Géraldine pour qu’elle le fasse jouer. Ensuite, Franck se doucha pendant que Romain lui parlait de choses et d’autres, le dos collé contre l’abri dans lequel était les trois douches de la plage. Franck l’écoutait et lui répondait tout en se lavant, s’étonnant tout de même de la soudaine envie de parler du jeune homme. Lorsqu’il eut fini, ils inversèrent les rôles, et tout en continuant leur conversation, Franck regarda les vêtements mouillés qu’il tenait et s’étonna que ni John, ni Géraldine ne lui ait fait le moindre commentaire sur cette lubie qu’il avait à se baigner tout habillé.

 

* * * * *

 

- Mais je ne veux pas partir moi !

- Rémi…

Franck tentait de raisonner l’enfant qui venait de se mettre à crier et pleurer lors de l’annonce de leur départ.

Géraldine s’accroupit pour être au niveau de l’enfant et lui dit très gentiment :

- Tu pourras revenir, et on rejouera ensemble, d’accord ?

- Non ! Je ne veux pas partir ! Je ne veux pas partir ! Je veux rester ! Je ne veux pas partir !

Ils avaient tous essayé, tour à tour, de convaincre l’enfant qu’il ne pouvait pas rester, cependant, rien n’y faisait, il refusait de se calmer.

- Rémi !

Le ton que venait d’adopter Romain réussit cependant à le faire taire.

Romain s’approcha de nouveau (il s’était éloigné pour laisser les autres essayer de convaincre l’enfant) et s’assit près de son fils.

- Tu sais que papa ne peut pas rester ici.

- …

- Tu ne voudrais pas que je rate mes études, n’est-ce pas ?

- …

- Rémi, je te parle.

- …

A présent, le petit garçon jouait les carpes et Romain n’appréciait pas du tout. Cependant, il ne voulait pas se fâcher… non, il ne voulait pas gâcher ces merveilleuses journées qu’ils venaient de passer en s’énervant sur son enfant.

- Rémi… je ne peux pas rester… tu veux rester ici sans moi… et sans Franck ?

- N… non…

Le petit garçon s’était de nouveau mis à pleurer. Romain se rapprocha et essuya les larmes coulant sur son visage avant de le serrer dans ses bras.

- On reviendra, d’accord ?
Murmura t-il à son fils blotti contre lui.

- … ou… i…
Hoqueta l’enfant entre deux sanglots.

 

* * * * *

 

Finalement, au moment de monter dans la voiture, ils avaient tous retrouvé le sourire. Et après avoir salué tout le monde comme il se devait, Romain installa Rémi dans son siège à l’arrière. Géraldine ne put s’empêcher de venir encore une fois l’embrasser avant que Romain ne démarre. C’est qu’elle s’y était attachée à cet enfant !

Le trajet du retour se déroula très bien, hormis le fait que Romain dû précipiter sur une boîte d’aspirine à peine dans son studio, tant Franck l’avait épuisé à force de parler dans la voiture.

Après avoir dîné et couché Rémi, Franck se décida à rentrer chez lui, et comme s’en était désormais une habitude, Romain le raccompagna à la porte.

- Romain.

- Oui ?

- Je voulais encore te remercier. J’ai vraiment passé des jours supers… merci d’avoir demandé à ton ami si je pouvais venir.

Romain se contenta de sourire. Le visage radieux que lui adressait à présent son ami valait tous les remerciements de la terre à lui tout seul. Il y a avait un bon moment qu’il ne l’avait pas vu sourire de cette façon… d’ailleurs, il ne couperait pas à un nouvel interrogatoire afin de savoir ce qui s’était passé récemment, mais, pas ce soir. Il ne fallait pas que les journées de pur bonheur qu’ils venaient de passer se terminent sur une discussion pas forcément agréable.

- Bonne nuit Romain.

- Bonne nuit Franck.

 

Fin du treizième chapitre

A Suivre…

 

Chapitre commencé le 26 janvier et achevé le 07 février  2004


Chapitre mis en ligne pour la seconde fois, après correction le 23 décembre 2013

 

Note de fin de chapitre : J'espère retrouvez certains lecteurs et les nouveaux, n'hésitez pas à me faire part de vos impressions... oui, je sais, après tout ce que j'ai dit avant le chapitre, je vous fais peur, mais au final, je suis gentille ^_~
J'ai mis en ligne une autre histoire : "Günther et Feder", allez y jeter un œil pour voir ^.^

 

 

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Chapitre 14

 

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