Auteur: Naëlle
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naelle@lartisan.net
Titre: Pour l'amour d'un enfant

 

Note : Pas grand chose à dire sur ce chapitre, justement, à part qu'après avoir eu les états d'âmes de Franck, c'est au tour de Romain !

Bonne lecture et n'oubliez pas de me dire ce que vous pensez de mon histoire (je suis d'ailleurs un peu surprise de ne pas avoir eu plus de "réaction" sur le chapitre précédent ^_^;).

 

 

 

Pour l’amour d’un enfant

(Chapitre 9 : Mariage)

 

 

 

- JOYEUX ANNIVERSAIRE !!!!!!

Les rires du petit garçon qui fusèrent, furent bien vite rejoints par les jeunes gens venant de lui souhaiter un « joyeux anniversaire ». Julie donna ensuite ses instructions afin que tout le monde se trouve sur la photo.

- Non, Franck, plus à droite. Romain, tiens Rémi un peu mieux. Madame, surtout ne bougez plus. Bien, Matthew, reste là où tu es, que je puisse me glisser entre Franck et toi. Allez, souriez !

La jeune femme appuya sur un bouton de son appareil et courut s’installer à sa place. Quelques secondes plus tard, le flash se déclenchait.

- Julie, vient jouer avec moi !
Rémi venait de quitter les genoux de son père et voulait à présent essayer les jouets divers qu’on venait de lui offrir pour ses deux ans.

- J’arrive, répondit la jeune fille.

Matthew et madame Jouvenel s’installèrent eux aussi sur le tapis pour faire jouer l’enfant.

- J’ai l’impression qu’il nous oublie.
Romain était quelque peu vexé.

- Bah, c’est normal, il nous voit tout le temps, alors que Julie, ça fait des semaines qu’il ne l’a pas vue.

- Oui, mais quand même…

- Allons, tu ne vas quand même pas être jaloux, lui dit son ami avec un sourire.

Romain ne répondit pas et sortit de la maison.

- Romain ?

- Franck, tu pouvais rester avec eux.

- Que se passe t-il ?

- Rien…

- Allons, je te connais bien. Dis-moi ce qui se passe.

- … quand j’avais deux ans, mes parents avaient invités plein de personnes pour mon anniversaire. Et pendant qu’ils mangeaient, ma tante essayait de me faire jouer… mais je voulais que ce soit mon père qui vienne. Finalement, il est venu et a joué tout l’après-midi avec moi.

- Où veux-tu en venir ?

- Si je voulais jouer avec lui, c’est la preuve que je l’aimais… et aujourd’hui, je ne veux plus en entendre parler.

- …

- Alors… peut-être qu’un jour… Rémi me rejettera de la même façon que je l’ai fait avec mon père.

- … je ne pense pas…

- Allons, regardons la réalité en face ! Je ne suis même pas son vrai père !

Franck se rapprocha de son ami avant de le prendre par les épaules.

- Tu n’as pas le droit de dire ça ! Tu es son père ! Tu entends ? Rémi est ton fils et tu n’as pas le droit de dire le contraire !!!

- Mais…

- Tu n’as même pas le droit de le penser !

- C’est bon… j’ai compris… désolé…

Franck relâcha le jeune homme.

Les deux amis firent quelques pas dans le jardin.

- Romain ?

- Hum ?

- Dis-moi… pourquoi tu es toujours tout seul ?

- ?

- …

- Ha, pourquoi je n’ai personne dans ma vie… c’est ça ?

- Oui.

- Tu sais, ce n’est pas facile de draguer quand on a tout le temps quelqu’un à côté.

- C’est de moi que tu parles ?

- De qui d’autre ?

Romain éclata d’un rire sonore. Mais Franck ne trouvait pas cela drôle. Quelque part, il avait l’impression de déranger son ami.

- Désolé…

- Tiens, ça faisait longtemps.

- Quoi ?

- Que tu ne t’étais pas excusé pour rien.

- Pour rien ?

- Ne fais pas cette tête. Si je devais tomber amoureux, je te ferais signe de me laisser.

- …

- Mais pour l’instant, aucune fille n’a fait battre mon cœur au point d’avoir vraiment envie de sortir avec.

- …

- Et puis… j’ai Rémi… je n’ai pas besoin de femme…

- Tu as fini par trancher ?

- Quoi ?

- Entre les garçons et les filles.

- ?

- Tu te souviens ? Franck fit quelques pas supplémentaires. Il y a exactement un an, nous en avions parlé.

- De quoi ?

- Tu ne t’en souviens pas ? Je te parle de tes préférences…

- Ha, ça.

- Vu que tu me parles de filles, j’imagine que tu as choisi.

Romain soupira avant de répondre :

- Pour te dire la vérité, je n’en sais trop rien.

- …

- Je suis tombé très amoureux de Makoto. Je l’aimais plus que tout… mais…

- « Mais » ?

- Ca ne m’est jamais arrivé depuis… Un tel sentiment…

- Peut-être que tu ne ressentiras plus jamais ça.

- Peut-être…

- …

- Et pour te répondre, je crois bien que ce n’est pas les garçons et les filles qui m’attirent, mais ni l’un ni l’autre.

- …

- Je ne suis attiré ni par les filles, ni par les garçons. C’est bizarre, non ?

- C’est bizarre, mais je crois que je comprends.

- …

- …

- PAPA !!!!

- Ha, je crois qu’il a du mal à survivre sans toi.
Franck sourit et regarda son ami s’éloigner vers la maison. Il n’aimait pas le voir déprimer. Ca ne lui arrivait que très rarement, mais ce n’en était que pire.

 

* * * * *

 

- Franck ? Tu dors ?

- Non, pas encore. Qu’est-ce qu’il y a ?

- …

- ?

Franck attendit plusieurs minutes que son ami lui parle, cependant, aucun mot n’était dit. Aussi, se releva t-il, tomba à moitié en butant dans meuble, avant de trouver la lumière et de l’allumer. Ceci fait, il alla vers le lit de son ami et trouva celui-ci, les mains sur son visage afin de cacher ses larmes.

- Romain…

Franck ne comprenait pas ce qu’il avait. Il avait pourtant l’air d’aller mieux lors de l’après-midi et de la soirée. Ils s’étaient tous bien amusés et même si Rémi avait boudé lorsque Julie avait annoncé qu’elle devait partir et qu’une heure après, Matthew était parti à son tour, il avait piqué une colère. Cependant, ce n’était rien qui pouvait mettre Romain dans cet état. Après tout, madame Jouvenel avait très bien su gérer la situation et comme à chaque passage de son fils et son petit fils, elle avait fait joué Rémi et lorsqu’elle l’avait vu fatigué, elle était allée dans sa chambre et lui avait lu une histoire. Franck se remémorait l’après-midi et la soirée sans comprendre ce que son ami avait.

- Romain…
Il refit une tentative et tendrement enleva les mains de son ami de devant son visage.

- …

- Qu’est-ce qu’il y a ?

- … Ju… Julie… m’a demandé… d’être son… témoin…

- Et alors ? C’est un tel drame ?
Franck comprenait de moins en moins. Lui, aurait été très heureux qu’on lui demande une chose comme celle-ci.

Romain se tourna sur le côté et se mit à sangloter comme un enfant.

- … tu… ne… comprends… pas…, articula t-il entre ses sanglots.

- … C’est vrai, je ne comprends pas… explique-moi.

- …

- Romain…

Le jeune homme se redressa à moitié. Il venait de se souvenir que Franck ne savait pas tout. Ce dernier attendit patiemment que son ami se calme un peu. Lorsqu’il fut apte à parler, Romain lui expliqua :

- Quand ils se sont mariés, Makoto m’avait demandé d’être son témoin.

- …

- J’ai refusé et je ne suis même pas allé au mariage… alors tout à l’heure, quand Julie m’a demandé… je n’ai pas pu m’empêcher de repenser à ça…

- …

- Je suis trop bête…

- Mais non…

- Et puis, je me mets à pleurer pour n’importe quoi.

Franck ne répondit pas et lui sourit. Lorsque Romain se recoucha, il tira le drap sur lui et lui dit avec sa gentillesse habituelle :

- Non, tu n’es pas bête… et puis, il vaut mieux que tu pleures quand tu es malheureux que si tu gardais tout pour toi… tu serais encore plus malheureux.

- Merci.

- C’est mon rôle de ton réconforter, non ?

- ?

- Nous sommes amis.

- Je suis vraiment content de t’avoir comme ami.

Franck sourit et ne répondit pas, puis, il retourna éteindre la lumière et se recoucha.

 

* * * * *

 

Plongés dans leurs cours respectifs, Julie, Franck et Romain tentaient de ne penser à rien d’autre. Cependant, ils avaient tous des préoccupations plus ou moins importantes et une demie heures plus tard, le beau temps aidant, ils décidèrent d’arrêter et d’aller faire un tour dans le parc.

- J’espère que cette année aussi, nous allons réussir tous les trois, dit soudain Julie, le silence étant trop pesant à son goût.

- Moi aussi, répondit simplement Franck, avec un sourire.

- Je vais chercher Rémi.
Annonça Romain.

- Maintenant ? Mais Matthew a dit qu’il le garderait jusqu’à ce soir.

- Il avait dit ça parce que je devais réviser. Mais étant donné que ce n’est plus le cas, j’y vais. A plus.

Les deux autres lui rendirent son salut machinalement.

- Qu’est-ce qu’il a ?
Demanda la jeune femme lorsque Romain eu disparut de leur champ de vision.

- Ca va lui passer.
Répondit Franck, plus pour lui-même que pour donner une réponse quelconque.

- Franck ?

- Oui ?

- Je… je voudrais m’excuser…

- Pardon ? Je ne comprends pas.

- Hé bien… au début, je n’ai pas été très gentille avec toi.

- …

- J’ai dit des choses que je ne pensais pas et…

- Tu ne m’as jamais rien dit de désagréable.

- Non… pas à toi, mais plutôt… sur toi…

- …

- Je suis vraiment désolée…

- C’est le passé, n’en parlons plus.
Franck lui adressa un sourire afin de la convaincre qu’il pensait sincèrement ce qu’il disait.

- Merci…

 

* * * * *

 

- Où étais-tu ?

Franck regarda son ami surpris.

- Avec Julie, pourquoi ?

- Un paquet est arrivé chez moi et il parait que c’est important. Je dois y aller, alors je te confie Rémi.

- Mais… Romain, attends…

Le jeune homme n’écouta pas et sortit.

- Où va papa ?
Demanda Rémi.

- Chez mamy.

- Ha… Franck.

- Oui ?
Répondit l’interpellé en s’accroupissant afin d’être à la même hauteur que l’enfant.

- Qu’est-ce qu’il a papa ? Il est tout le temps énervé en ce moment.

- Je ne sais pas… Mais ne t’inquiète pas, il va se calmer.

- …
L’enfant ne semblait pas convaincu.

- Il n’a pas été gentil avec toi ?

- Si, mais avec toi…

- Ne t’inquiète pas, ce n’est pas grave.

- Je ne veux pas qu’on soit méchant avec toi. Je t’aime moi.

- Moi aussi, je t’aime.

Franck serra l’enfant dans ses bras. Sans savoir pourquoi, il eut soudain très peur de le perdre. Il ne savait pas ce qui lui donnait ce sentiment, mais il était douloureux. Lorsqu’il avait commencé à s’occuper de Rémi, un an et demi auparavant, il avait pensé que cela durerait toujours, mais à présent, il n’en était plus sûr du tout.

- Qu’est-ce que tu as ?
Demanda Rémi, sentant son trouble.

- Rien… Alors, c’était bien avec oncle Matthew ?
Reprit le jeune homme, se parant de son éternel sourire.

- Oui !!!!!! Il m’a emmené voir des chevaux, et aussi des bapins.

- Des ‘Lapins’.
Corrigea Franck.

- Oui, des lapins. Ils étaient très mignons.

- C’est bien.

- Franck… j’en voudrais un.

- Un quoi ?

- Un bapin… heu… lapin.
L’enfant accompagna sa demande d’un sourire, qui, il le savait faisait toujours craquer Franck.

- Heu… je ne sais pas si papa sera d’accord.

Rémi fit une moue et s’apprêtait à pleurer lorsque Franck rajouta qu’il demanderait à Romain.

 

* * * * *

 

- Tu rentres tard… fit remarquer Franck en étouffant un bâillement. Je ne pensais pas que ça te prendrait tout ce temps pour faire un aller-retour.

Romain ne répondit pas et fit quelques pas dans son studio.

- Romain ? Ca ne va pas ? Qu’est-ce qu’il y a ?

- Rien, tu peux rentrer chez toi si tu veux.

Franck regarda sa montre. Celle-ci indiquait trois heures du matin. Ce n’était plus vraiment l’heure de sortir, cependant, il décida de ne pas contredire son ami et partit.

Une fois seul, Romain récupéra le paquet qu’il avait posé dans l’entrée et l’ouvrit-il. Ce colis venait de la mère d’Eléonore. A l’intérieur de celui-ci, il y avait deux albums photo d’Eléonore : un de son enfance, dans celui-ci, il figurait beaucoup avec Makoto, et un autre de son mariage. Ils avaient l’air si heureux tous les deux sur ces clichés… Il y avait aussi divers petits objets, mais ce dont Romain ne pouvait détacher les yeux, c’était cette lettre portant ses nom et prénom. Depuis deux jours, il n’avait pas pu se résoudre à l’ouvrir, mais ce soir, il le ferait.

 

Mon cher Romain,

Si tu lis cette lettre, c’est qu’il nous sera arrivé quelque chose à Makoto et moi. Certains trouveront cela étrange que j’écrive cela alors que je suis si jeune… que pourrait-il m’arriver ?

Rémi, notre enfant à Makoto et moi, a tout juste un mois. Pour moi, c’est le plus beau des bébés… mais c’est certainement ce que pensent toutes les mères… Je regrette que tu ne sois pas là pour le voir et t’amuser avec lui. J’aurais aimé te le présenter dès sa naissance, mais je ne désespère pas, je suis sûre qu’un jour, tout s’arrangera et que je pourrais te présenter ce petit être. Si mon espoir devait se vérifier, alors je brûlerais cette lettre et t’en écrirais une autre. Ou alors, je te le dirais de vive voix.

S’il devait nous arriver quelque chose, tu serais la seule personne sur qui nous pourrions compter. Alors, je t’en prie, si cela devait se produire, mets tout le ressentiment que tu as vis-à-vis de moi de côté et promets-moi de t’occuper de Rémi. Il n’y a que vers toi que je puisse me tourner. Tu es le seul à qui je puisse demander une telle chose. Tu es le seul en qui j’ai suffisamment confiance pour demander cela. Mes parents, il est inutile d’y penser. Pareil pour ceux de Makoto… Iris est très gentille et je l’aime beaucoup, mais elle est bien trop instable pour pouvoir s’occuper d’un enfant.

Je te demande pardon pour le mal que je t’ai fait sans le vouloir, mais j’aime vraiment Makoto et je suis heureuse d’être sa femme, alors si tu le peux, pardonne-moi.

Je vais arrêter ici, car Makoto vient de rentrer de son travail et cette lettre est des plus bizarre… écrire ce genre de lettre alors que tout va bien donne l’impression d’être dans un mauvais film.

J’espère brûler ce mot très rapidement.

Je t’embrasse.
Ton amie Eléonore.

 

Dans l’enveloppe se trouvait aussi une photo sur laquelle ils figuraient tous les trois. Celle-ci avait été prise lorsque Romain avait 15 ans et qu’ils étaient partit ensemble à Paris. Une inscription au dos : « Souvenir du bonheur ».

Les larmes ne cessaient de couler le long du visage du jeune homme. Il ne pouvait détacher le regard des lignes fines et bien écrites de la lettre cependant, à présent, sa vue était bien trop brouillée pour qu’il puisse encore relire.

 

Fin du neuvième chapitre

A Suivre…

 

Chapitre commencé le 17 octobre et achevé le 20 octobre 2003
Chapitre mis en ligne pour la seconde fois, après correction le 07 mai 2011

 

Note de fin de chapitre : Pas grand-chose à dire. lol

 

 

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Chapitre 10

 

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