pour_lamour_dun_enfant07.htmAuteur: Naëlle
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naelle@lartisan.net
Titre: Pour l'amour d'un enfant

 

Note : Désolée pour l'attente, mais j'ai été surbookées ces derniers jours. Ceci étant dit, j'ai promis un chapitre par jour et je vais donc en mettre plusieurs aujourd'hui, pour que la moyenne soit faite :)

Après la lecture du message d'Epice, je ne pouvais pas attendre demain, et bien qu'il soit quasiment 23h, voici donc la suite.

Qui pense que la situation entre Franck et Romain va évoluer vers une romance ? Levez la main... heu... c'est bon, vous pouvez rebaisser vos mains... ha là là... que puis-je vous dire ? Ben... rien. lol

Bonne lecture.

PS : Epice, un grand merci à toi pour ton long message ! Je vais essayer de te répondre point par point durant le week-end.

 

 

 

Pour l’amour d’un enfant

(Chapitre 6 : Doutes balayés)

 

 

 

- Je t’écoute.
Dit madame Jouvenel au retour de son fils.

- C’est à propos de Franck.

- Le contraire m’aurait étonnée, railla la femme.

- Je ne vois vraiment pas pourquoi tu dis ça.

- Alors, que voulais-tu me dire ?

- Maman, il faut être gentille avec Franck, il est adorable comme garçon.

- Sans blague ?

- Maman ! Je suis sérieux !

- Mais moi aussi ! Pourquoi est-ce que tu l’as ramené ici ? Pour me mettre devant le fait accompli ? Tu voudrais que je dise quoi ?

- « Te mettre devant le fait accompli » ? Maman, je ne comprends pas. De quoi tu parles ?

Cette fois-ci, madame Jouvenel se demandait si elle n’aurait pas tiré de conclusions un peu trop hâtives.

- Romain… qui est ce garçon ?

- Quoi ? Mais, je te l’ai déjà dit. C’est lui qui m’aide à m’occuper de Rémi. On se relaye pour aller en cours, et…

- Ce n’est pas ce que je veux savoir. Je veux que tu me dises…

- Quoi ?

- Il est rentré.

Romain qui s’était assis à la même table que sa mère durant tout l’échange verbal se leva et sortit.

- Tu es déjà de retour ?

- Oui, désolé.

- Franck ? Qu’est-ce qu’il y a ? Ca ne va pas ?

Romain voyait que son ami était de plus en plus blême. De toute évidence, il s’était encore passé quelque chose.

- …

- Franck, mais qu’est-ce qu’il y a ?

- Je voulais acheter des vêtements pour Rémi… mais au moment où j’allais entrer dans le magasin… ma sœur en est sortie…

- Et alors ? Je ne comprends pas… Franck ?

- Que se passe t-il ?
Demanda la mère de Romain en sortant de la maison.

- Je n’en sais rien, lui répondit son fils. Franck ? Franck, viens, entre.

Romain obligea son ami à avancer et le fit s’asseoir à la table de la cuisine.

- Il n’a pas l’air bien, fit remarquer madame Jouvenel.

- C’est le moins qu’on puisse dire. Franck… ça va aller ?

- Oui…, répondit le jeune homme d’un ton morne.

Romain allait ajouter autre chose lorsque Rémi se mit à pleurer.

- Vas-y, lui dit alors sa mère.

- Oui. Je reviens, dit-il à l’attention de Franck. Mais celui-ci ne réagit pas.

Une fois que son fils fut parti de la pièce, la femme sortit tous les ingrédients qu’il lui fallait afin de réaliser une tarte aux pommes. Franck la regarda pétrir la pâte, l’étaler avec son rouleau à pâtisserie, la positionner dans le moule… Il ne la quittait pas des yeux. Ses souvenirs le ramenaient loin en arrière, si loin… Entre-temps, Romain était repassé, mais voyant le spectacle qui s’offrait alors à lui, il était reparti silencieusement.

Pour la première fois depuis son arrivée chez elle, Franck reçut un sourire de son hôtesse qu’il lui rendit sans trop s’en rendre compte. La mère de Romain s’assit à la table et commença à installer les différents morceaux de pommes sur la pâte avant de tendre le tout à Franck. Celui-ci la regarda d’abord sans comprendre puis reprit avec soin ce que madame Jouvenel faisait l’instant d’avant.

Quelques secondes s’écoulèrent encore en silence avant que la femme ne prenne la parole.

- Franck.

- Oui madame, répondit le jeune homme en relevant la tête.

- J’imagine que vous ne me direz pas la cause de votre chagrin.

Franck sourit tristement avant de secouer la tête dans un geste de négation.

- Désolé…
Rajouta t-il.

- Ce n’est pas grave… Cependant, j’aimerais que vous me disiez quelque chose.

- Oui ? Quoi ?

- Mon fils… heu… vous…

Franck se para de son plus beau sourire et aida la mère de son ami.

- Romain est mon meilleur ami… en fait, je dois dire que c’est le seul ami que je n’ai jamais eu. Rémi et lui comptent énormément pour moi, et…

- Mon fils compte pour vous, ça je l’avais compris… Mais comment ?

- C’est mon ami, point !

- Hum…
Madame Jouvenel ne semblait pas convaincu mais ne rajouta rien.

- Madame…

- Oui ?

- Je vous promets que votre fils n’est rien d’autre que mon ami, c’est de l’amitié qui nous lie, je vous assure. Vous me croyez ?

- …

- …

- Oui…
Répondit finalement la femme plusieurs secondes plus tard.

Franck lui sourit de nouveau et recommença à disposer les morceaux de pommes.

 

* * * * *

 

- Romain ?

- Oui ?
Le jeune homme se retourna vers sa mère qui venait d’entrer dans sa chambre.

- Il dort ?
Demanda t-elle en voyant la petite tête sortir de dessous les draps du lit de son fils.

- Oui. Il vient juste de s’endormir. Alors ? Ta tarte aux pommes a encore résolu des problèmes ?

Madame Jouvenel eut un petit rire avant de s’asseoir sur une chaise, près de son fils.

- J’ai toujours fait une tarte aux pommes quand ça n’allait pas… Makoto disait que c’était apaisant.

- Je confirme.

- Merci.

La mère et le fils se sourirent.

- Maman… quel était le problème avec Franck ?

- Je me suis fait des idées. Mais tout est réglé maintenant.

- Tant mieux.

- Dis-moi Romain, sais-tu ce qui a pu lui arriver tout à l’heure ?

- Aucune idée… Je ne sais quasiment rien de sa vie familiale. Je sais juste qu’il n’a plus de parents.

- Comment ça ?

- Il avait quatre ans quand ils sont morts.

- Pauvre enfant…

- Oui…

 

* * * * *

 

Une semaine plus tard.

- Franck ! Ca t’ennuierait de faire moins de bruit ?

- Je fais jouer Rémi.
Répondit le jeune homme en guise d’excuse.

- Oui, mais moi, je travaille ! Alors moins de bruit !

- Je vais essayer.

- Merci.
Lui dit Romain en se replongeant dans ses cours.

- Au fait Romain, reprit Franck, tu viens au Mac Di avec moi tout à l’heure ?

- Je ne sais pas… on verra. Maintenant, j’aimerais pouvoir travailler.

- Oui, désolé.

- Papa, papa, papa, papa…

Romain releva une nouvelle fois la tête de ses cours et surprit Franck tenter tant bien que mal de réfréner un fou rire. Cependant, conscient que son ami devait travailler, il se leva, prit Rémi dans ses bras et annonça au père de ce dernier qu’il allait le faire jouer au parc. Romain le gratifia d’un sourire et retourna une fois de plus à ses cours.

 

* * * * *

 

- … et quand maman est arrivée, elle n’a pas du tout apprécié… enfin, c’est ma sœur qui me l’a raconté, parce que moi, je ne m’en souviens plus, je n’avais que trois ans.

Romain, tout en mangeant, écoutait son ami lui raconter des souvenirs de son passé avec ses parents.

- Au fait, il interrompit soudain le jeune homme, tu as combien de frères et sœurs ?

- Trois sœurs et un frère. Je suis le deuxième, avec dix ans d’écart avec ma grande sœur. Ensuite, il y a ma deuxième sœur et en dernier, ma troisième sœur et mon frère qui sont jumeaux.

- Et eux, ils ont combien de différence avec toi ?

- Ma deuxième sœur, un an et les jumeaux, ils ont quatre ans de moins que moi.

- Ce doit être bien d’avoir des frères et sœurs.

- Oui… c’est bien…

- Quand j’étais petit, je n’arrêtais de dire à ma mère que je voulais un petit frère. Quand j’y repense, c’était assez amusant.

Franck se mit à rire en tentant d’imaginer la scène.

- Tu ne finis pas tes frites ?
Demanda-t-il une fois calmé.

- Non, je n’ai plus très faim.

- Je peux ?

- Oui, oui, vas-y, prends-les.

- Merci.

- Franck ?

- Oui ?

- Tu… tu ne veux pas me parler ?

- Mais, je ne fais que ça depuis tout à l’heure.

- Non, je veux dire, tu ne veux pas me parler de ce qui s’est passé la semaine dernière ? Quand tu es revenu chez moi.

Franck soupira avant de répondre d’un ton las :

- Non… pas maintenant, en tout cas…

- Comme tu veux.

Romain fut blessé que son ami ne veuille rien lui dire, cependant, il respectait son silence.

 

* * * * *

 

Romain bailla bruyamment avant de fermer sa porte à clef. Franck venait de partir car il lui avait fait remarquer qu’il était plus de 22h et qu’ils avaient cours demain… ou tout du moins que Romain devait aller en cours.

Il jeta un dernier regard à Rémi et s’installa au creux de ses draps avant de s’endormir.

 

* * * * *

 

- Non, non, non et non !!!! Je refuse !

- Mais, Alizé… S’il te plait…

- Pas question !

- Alizé…

Franck s’arrêta un instant devant la chambre de sa sœur mais repartit très vite lorsqu’il entendit son frère poser la main sur la clenche pour sortir.

Il se demandait pourquoi sa sœur se disputait avec son jumeau, cependant, il doutait fort qu’il en connaîtrait jamais la réponse. Il soupira profondément et s’installa sur son lit. Une photo, sur sa table de chevet lui rappelait le temps passé. Lui, à huit ans, dans les bras de sa sœur aînée, Emilie ; sa deuxième sœur, Valérie, était devant eux et de chaque côté, l’un des jumeaux, Alizé et Marius. Franck regarda Emilie. Elle semblait radieuse. Elle avait tout juste 18 ans et après avoir surmonté la perte de leur parent, tout semblait aller pour le mieux.

- Emilie…

- Franck ?

Le jeune homme se redressa sur son lit en sursaut… son frère venait de frapper à la porte et à présent l’appelait. Il fallut plusieurs secondes à Franck avant de se remettre de sa surprise, puis il alla ouvrir sa porte.

- Marius ? Mais… que veux-tu ?

- Je peux entrer ?

Franck se poussa précipitamment de l’encadrement de la porte afin de laisser son frère passer.

- Qu’y a-t-il ?
Demanda une nouvelle fois le jeune homme.

Marius ne répondit pas et s’assit sur le lit.

- Rien… dit-il plusieurs minutes plus tard. Je voulais juste savoir comme tu allais.

- ?
Franck le regarda sans comprendre.

- J’aime beaucoup ta nouvelle coupe de cheveux.
Reprit le cadet accompagnant ses paroles d’un sourire.

- Ha… heu… merci…

- Et puis… ta nouvelle tenue vestimentaire te va bien aussi.

- … merci…

- Emilie l’a vu ?

- Quoi ?

- Le changement.

- … Non…

- Ha… dommage…

- Heu… Marius, que veux-tu exactement ?

- Je me suis disputé avec Alizé.

- … Pourquoi ?

- Elle refuse de m’aider.

- Que se passe t-il ?
Demanda alors gentiment le jeune homme.

- C’est tout bête, en fait. Une fille veut absolument que je sois son cavalier pour une fête, mais comme je ne l’aime pas et qu’elle me court après, je lui ai répondu que j’avais déjà une petite amie.

- Et ?

- J’ai demandé à Alizé de jouer ce rôle. Mais elle refuse !

- Tu aurais peut-être dû lui demander avant, tu ne crois pas ?

- Si, mais sur le coup, je ne savais pas trop quoi faire et c’est la seule chose qui me sois venue à l’esprit.

- Et que veux-tu que je fasse ?

- Tu pourrais peut-être aller lui parler… non ?
Marius sourit à son frère, espérant que son sourire obtiendrait gain de cause et qu’il l’aiderait.

- Je voudrais bien, mais… je ne pense pas que se soit une bonne idée.

- Mais…

- Retourne dans ta chambre… Je n’ai pas trop envie qu’Emilie te voit dans la mienne… quoique je doute fort qu’elle entre…
Le regard de Franck se voila une fois de plus.

- Franck…

- S’il te plait… sors…

- D’accord… Bonne nuit, rajouta l’adolescent en sortant.

Franck s’allongea sur son lit tout habillé et soupira une nouvelle fois. Il y avait si longtemps qu’il n’avait pas parlé avec son frère… non, rectifia t-il, il y avait si longtemps qu’il n’avait plus parlé avec les membres de sa famille.

 

* * * * *

 

Romain étouffa un bâillement et se concentra sur son cours. Les partiels n’allaient pas tarder à avoir lieu, et il ne pouvait pas se permettre de rater une seule de ses années. Pour Rémi, il devait devenir médecin au plus vite, afin de pouvoir lui offrir tout ce qu’il voudrait.

 

* * * * *

 

- Romain, attends, s’il te plait.

Le jeune homme se retourna pour se retrouver nez à nez avec Matthew. Il ne cacha pas sa surprise et son envie de s’en aller, cependant, il resta.

- Que veux-tu ?

- Juste te parler un peu.

- Je n’ai rien à te dire. Maintenant, excuse-moi, j’ai à faire.

- Qui est cet enfant ?

- Je te demande pardon ?

- Je veux savoir qui est Rémi.

- Ce ne te regarde pas.

- …

- Pourquoi tu me demandes ça ?

- Je crois que nous sommes partis sur de mauvaises bases tous les deux.

- C’est vrai que des coups de poings, il y a mieux comme façon de commencer une relation.

- C’est pour cela que je propose que nous partions sur de nouvelles bases.

- Et pourquoi ?

- Pour te dire la vérité, Julie t’apprécie beaucoup et je pense que ce n’est pas pour rien.

- En gros, tu veux savoir ce que Julie me trouve.

- C’est à peu près ça.

Romain fut surpris de la franchise dont faisait preuve le jeune homme en face de lui.

- Rémi est le fils de mon meilleur ami, lui répondit-il en guise d’invitation au dialogue.

 

Fin du sixième chapitre

A Suivre…

 

Chapitre commencé le 11 septembre et achevé le 19 septembre 2003
Chapitre mis en ligne pour la seconde fois, après correction le 05 mai 2011

 

Note de fin de chapitre : J'attends avec impatience de savoir ce que vous pensez de l'histoire :)  Ha... et pour ceux qui veulent connaître l'histoire de Franck, c'est pour le chapitre 8 :D

 

 

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Chapitre 7

 

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