Auteur: Naëlle
Mail:
naelle@lartisan.net
Titre: Pour l'amour d'un enfant

 

Note : Et encore un chapitre, un ! lol

Personnellement, je prends beaucoup de plaisir à relire et corriger cette histoire et j'espère que vous aussi, vous appréciez de la redécouvrir (ou découvrir pour les nouveaux lecteurs) avec énormément de fautes en moins. Je pense que c'est beaucoup plus agréable à lire.
N'hésitez pas à me faire part de vos impressions, je les attends avec beaucoup d'impatience :)

 

 

 

Pour l’amour d’un enfant

(Chapitre 5 : Doutes)

 

 

 

Romain regarda pour la vingtième fois dans son rétroviseur afin de vérifier que Franck et Rémi étaient bien installés. C’était le jour de l’anniversaire de l’enfant et comme prévu, Franck l’accompagnait chez lui.

- Romain ?

- Hum ?

- Tu as dit à ta maman que je venais ?

- Evidemment. Pourquoi cette question ?

- Et… qu’est-ce qu’elle a dit ?

- Rien de particulier. Pourquoi, elle aurait dû faire une remarque spéciale ?

Franck ne répondit pas et reporta son attention sur Rémi endormi près de lui.

 

* * * * *

 

- Maman, je te présente Franck. Franck, voici ma mère.

- Enchanté.
Dirent d’une seule voix la mère et l’ami de Romain.

Le père de Rémi entra ensuite dans la maison sans plus de cérémonie suivit des deux autres.

- Maman ? C’est toi qui a fait tout ça ?

Romain faisait allusion aux décorations de la salle à manger. Des ballons et guirlandes de toutes sorte étaient accrochés au plafond. Quand à la table, elle était fleurie d’une multitude de fleurs. Visiblement, sa mère s’était donnée beaucoup de mal. Cependant, elle eut un haussement d’épaule avant de répondre.

- C’est le premier anniversaire de mon petit fils. C’est normal.

- Tu as raison, répondit le jeune, un sourire aux lèvres. En plus, ce sera super pour les photos.

Madame Jouvenel rendit son sourire à Romain avant de lui prendre Rémi des bras. Franck, qui regardait la scène depuis le début, se sentit de trop et s’apprêtait à sortir de la pièce lorsque Romain le rappela.

- Franck ? Où vas-tu ?

- Heu… je… J’ai l’impression de déranger un peu alors… heu… je sors…

- Bonne idée ! Allons faire des courses ! Maman, je te confie Rémi. A tout à l’heure.

Sans plus attendre, Romain passa près de Franck et sortit, très vite suivi par ce dernier. Cependant, Franck ne manqua pas de remarquer le regard noir que lui jeta la mère de son ami.

 

* * * * *

 

- … il nous faut aussi… Franck !

Le jeune homme sursauta.

- Heu… oui… ?

- Tu m’écoutes ?

- Non, pas vraiment, excuse-moi. Tu disais ?

- Rien de très passionnant, je me contentais d’énumérer ce que je voulais acheter… mais même si ça avait été important, tu ne m’aurais pas écouté. Alors si tu restes à côté de moi sans aucune raison, tu peux aller dans un autre rayon !

- Romain… excuse-moi.

Son ami ne répondit pas et continua ses courses.

- Romain ? Tu es fâché ?

- Non ! Mais le problème, c’est que je vois bien que tu vas mal et que tu ne me dis rien.

- Je…

Romain se retourna afin de regarder Franck dans les yeux.

- Dis-moi ce que tu as.

- Je… rien… je n’ai rien… c’est peut-être que…

- « Que » quoi ?

- … que le fait d’avoir vu ta mère avec toi m’a rappelé que personne n’était comme ça avec moi…

Romain fut presque choqué. Comment avait-il pu ne pas penser à cela ? Il avait demandé à Franck de l’accompagner sans se poser la moindre question sur ce que celui-ci pourrait ressentir.

- Franck, dit-il doucement, je suis vraiment désolé. Je n’y avais pas pensé.

- Mais rassure toi, je vais bien.
Annonça alors son ami avant de reprendre son éternel sourire.

- Franck, tu es sûr ?

- Mais oui ! Ne t’inquiète pas. Et puis, ça me fait un effet très bizarre que tu t’excuses. Tu ne m’as pas habitué à ça.

Les deux amis se mirent à rire avant de reprendre leurs courses, cette fois-ci, Franck étant beaucoup plus attentif.

 

* * * * *

 

L’anniversaire de Remi se déroula dans une très bonne atmosphère. Romain souffla les bougies à sa place et lui montra tous les petits cadeaux qu’il avait reçus. L’enfant riait aux éclats et l’ambiance qui régnait était des plus sereine, et ce, jusqu’au soir.

- Maman, dit soudain Romain.

- Oui ?

- Tu dors avec Rémi ?

- Si tu veux, mais…

- Bien, Franck va dormir dans ma chambre.

- Romain…

- Oui maman ?

- Vous n’allez quand même pas dormir ensemble.

- Hein ? Ben, si… Bon, je vais mettre un matelas dans ma chambre.
Répondit alors Romain avant d’aller à l’étage.

Madame Jouvenel prit alors Rémi dans les bras, toisa froidement Franck et se dirigea vers sa propre chambre. Franck se retrouva alors seul, dans la salle à manger.

Romain revint un bon quart d’heure plus tard et trouva son ami assis à la table à présent vide.

- Franck ?

- Ha, Romain, tu as fait vite.
Lui répondit ce dernier se parant de son éternel sourire afin de cacher sa tristesse.

- Où est ma mère ?

- Je crois qu’elle est allée se coucher.

- Ha… bien, allons-y nous aussi.

- Oui…

- Franck ? Tu es sûr que ça va ?
Demanda Romain tout en faisant entrer son ami dans sa chambre.

- Oui, oui, ne t’inquiète pas, je vais bien.

Franck examina la pièce du regard. Elle était petite, mais bien meublée. Sur l’une des étagères, une photo, dans un cadre, trônait fièrement. Une femme (que Franck reconnu comme étant la mère de son ami), assise dans un fauteuil, entourée de deux garçons et une petite fille sur les genoux ; tous avaient un sourire radieux.

- Maman a toujours aimé Makoto et Eléonore. Elle disait qu’ils faisaient partis de la famille… C’est aussi ce que je pensais à cette époque…

- Vous aviez l’air très heureux.

- Nous l’étions… Bon, allons dormir.

Romain n’attendit pas plus longtemps et commença à se déshabiller avant d’enfiler son pyjama. Ceci fait, il s’installa sur son lit.

- Tu ne te changes pas ?
Demanda-t-il voyant que son ami n’avait pas bougé.

- Heu… si, si…

Franck se prépara rapidement et s’installa sur le matelas que son ami avait posé près de son lit.

Romain avait éteint la lumière depuis plusieurs minutes, lorsque la voix de Franck se fit de nouveau entendre.

- Romain… ?

- Oui ? Quoi ? Il y a un problème ?

- Est-ce… est-ce que ta mère sait… ?

- Hum ? Si elle sait quoi ?

- Pour… heu… pour tes… préférences…

Romain ne répondit pas tout de suite. Il cherchait la raison de la question de son ami, lorsqu’il se souvient lui avoir avoué aimer Makoto.

- Non, elle ne le sait pas.
Répondit-il finalement.

- …

Plusieurs minutes s’écoulèrent en silence avant que Romain ne rompe le silence.

- Tu sais… je… je ne suis pas sûr…

- « Pas sûr » ? Pas sûr de quoi ?

- … de mes préférences…

- Ha…
Répondit simplement Franck avant que le silence ne s’installe de nouveau dans la pièce.

Finalement, les deux amis finirent par s’endormir sans un mot de plus. Chacun désirant poser des questions à l’autre, mais n’osant pas vraiment.

 

* * * * *

 

- Bonjour madame.
Franck sourit à la femme donnant le biberon à Rémi.

- Bonjour, répondit cette dernière plusieurs secondes plus tard.

Devant cette hostilité palpable, Franck eut envie de remonter dans la chambre, mais il jugea que sa conduite n’aurait pas été très polie. Aussi demanda t-il poliment :

- Je peux prendre mon petit déjeuner ?

- Allez-y !

- Merci.
Franck adressa un nouveau sourire à la mère de son ami qui venait de relever la tête dans sa direction. Celle-ci ne le lui rendit pas et retourna à la contemplation de son petit fils.

Franck commençait à manger lorsque Romain entra dans la salle à manger.

- Bonjour tout le monde, dit-il en arrivant.

- Papa… papa… papa…
Rémi s’agitait dans les bras de la femme et le jeune homme vint le prendre.

- Alors, mon chéri, bien dormi ?

- Et toi, tu as bien dormi ?
Demanda aussitôt sa mère, posant un regard lourd de sous-entendus sur Franck.

- Oui, très bien.
Romain ne remarqua pas l’air suspicieux que lui lança madame Jouvenel, pas plus qu’il ne vit son ami perdre son sourire et se lever.

- Excusez-moi, dit celui-ci avant de sortir de la maison.

- Franck ? Où vas-tu ?

Le jeune homme ne répondit pas et continua.

- Il n’a même pas mangé les tranches de pain qu’il s’est tartiné… quel gaspillage…
Soupira la femme.

- Maman ? Il y a un problème avec Franck ?

- Non, pas spécialement, répondit-elle sans en penser un mot.

- Bon, je vais le chercher.

- Romain !

- Quoi ?

- Non, rien.

Le jeune homme se retourna vers sa mère afin de comprendre ce qui se passait, mais n’ayant aucune réponse, il sortit. Il regarda dans le jardin afin de vérifier que son ami ne s’y était pas réfugié, avant de rejoindre dans la rue.

Cela faisait trois heures que Romain déambulait dans les rues, à la recherche de Franck, lorsqu’il passa devant un parc. Il y entra, espérant que son ami y serait.

- Franck !

Le jeune homme se retourna en direction de l’appel. Il regardait des enfants jouer au football et n’avait même pas reconnu la voix de Romain. Celui-ci se rapprocha en courant.

- Viens, il faut qu’on parle.

Franck suivit docilement son ami.

- Je suis désolé…
Dit-il après quelques minutes de marche en silence.

- Pourquoi ?
Demanda Romain.

- D’être parti comme je l’ai fait tout à l’heure. Pardonne-moi.

- Ca fait des heures que je te cherche…

- Je suis vraiment dé…

- Ca suffit !

- …

- Franck !

- … oui ?...

- Qu’est-ce que tu as ? Pourquoi es-tu aussi bizarre ?

- Je… ta mère…

Franck ne pensa même pas qu’il était dans un lieu publique et éclata en sanglot.

- Franck…
Son ami fut décontenancé et ne sut quoi faire. Aussi, passa-t-il un bras autour des épaules du jeune homme et l’attira-t-il contre lui. Il s’aperçut rapidement des regards posés sur eux. Certains étaient méprisants, d’autres frisaient l’indifférence. Quelques jeunes filles qui passaient, regardèrent la scène, attendries. Romain se demanda à quoi celles-ci pouvaient bien penser. Sans doute à des histoires à l’eau de rose, car il ne se posait pas de question, il était évident pour lui que les gens devaient penser qu’ils étaient un couple. Cependant, il garda quand même Franck contre lui, jusqu’à ce que celui-ci se soit calmé.

- Ca va mieux ?
Demanda Romain lorsque son ami cessa de pleurer et qu’il se dégagea de son étreinte.

- Oui… Pardon…

- Ce n’est pas grave.

Franck fut prit d’un rire quasi hystérique.

- C’est le genre de réaction qui fait vachement viril, hein ? Et après ça, j’ai le culot de m’étonner que les autres me regardent bizarrement.

Romain regarda quelques secondes son ami, qui était réellement, à ce moment là, en train de se donner en spectacle. Cependant, il préféra se taire et attendit de nouveau en silence.

Cinq minutes plus tard, Franck se tut et s’éloigna sans un mot du groupe de personne qui avait commencé à se former.

Il marchait depuis un bon quart d’heure lorsqu’il s’aperçut que Romain l’avait suivi. Qu’allait-il penser à présent ? Ils commençaient juste à réellement être amis et voilà qu’il s’était ridiculisé, sans compter que le jeune homme devait avoir honte d’avoir été vu avec lui. Il sentit de nouvelles larmes arriver alors que Romain se rapprochait un peu plus.

- Romain… je…

- Franck, qu’est-ce qui t’arrive ?
Dis-moi ce qui se passe et sans t’énerver.

- Je… je…

- Et si tu veux pleurer, vas-y.

Franck fut tellement surpris par la soudaine gentillesse de Romain qu’il se calma instantanément et s’assit sur le banc le plus proche, rapidement rejoint par son ami.

- Alors ?
Demanda Romain.

- Ta mère me déteste…

- Mais non… qu’est-ce que tu racontes ?

- Si, elle me déteste, et je le sais… j’ai déjà vu le genre de regard qu’elle pose sur moi des centaines de fois…

- …

- Mais… Je ne veux pas être détesté par ta maman… Je n’ai rien fait de mal…

- Tu te trompes, ma mère ne te déteste pas ! Elle est très gentille et…

- Oui, mais… si…

- Bon, je vais aller lui en parler.
Annonça Romain en se levant.

- Hein ? Romain ? Mais, attends !

- Profites-en pour visiter un peu la ville. A tout à l’heure, cria le jeune homme un peu plus loin avant de partir au pas de course vers chez lui.

Resté seul, Franck ne reprit ses esprits que quelques secondes plus tard et sortit du parc en quête d’un magasin pour bébé. Il avait envie d’acheter de nouveaux vêtements pour Rémi.

 

* * * * *

 

- Maman, il faut qu’on parle ! Romain venait de rentrer chez lui et avait bien l’intention d’avoir une discussion sérieuse avec sa mère. Aussi prit-il Rémi de ses bras et alla t-il le coucher dans son berceau dans la chambre de sa mère.

 

Fin du cinquième chapitre

A Suivre…

 

Chapitre commencé le 13 juin et achevé le 11 septembre 2003
Chapitre mis en ligne pour la seconde fois, après correction le 02 mai 2011

 

Note de fin de chapitre : A demain pour le chapitre suivant :)

 

 

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Chapitre 6

 

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