Auteur: Naëlle
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Titre: Pour l'amour d'un enfant

 

Note : Bon... ben Romain demande... pardon... exige (!) des explications.

 

 

 

Pour l’amour d’un enfant

(Chapitre 4 : Mise au point)

 

 

 

 

- Franck ! Attends !

Le jeune homme se retourna.

- Oui ?

- Et maintenant, tu vas m’expliquer ce qui se passe !

- Je ne comprends pas… que veux-tu dire ? Au fait, comment va Rémi ?

- Qu’est-ce que ça peut bien te faire ? Je croyais que tu ne voulais plus le voir !

- Je n’ai jamais dit ça. Heu… j’y vais, j’ai cours !

- Non !

- « Non » ?

- Tu ne pars pas et pour ce qui est de ton cours, au cas où tu l’aurais oublié, on a les mêmes et on a rien dans l’heure qui suit ! Ca nous laisse donc suffisamment de temps pour que tu m’expliques ce qui se passe.

- Romain.

- Oui, quoi ?

- Je n’ai pas envie de discuter.

- Mais, je ne te demande pas ton avis. Est-ce que tu m’as demandé le mien quand tu es venu t’imposer chez moi ?

- Ca n’a rien à voir… et puis… parle moins fort.

- Pourquoi ? Tu as peur qu’il y ait des ragots sur toi ?

- Non.

Cette fois-ci, Romain ne réussit pas à retenir Franck qui tourna les talons et partit en direction de la bibliothèque. Le jeune homme resté seul soupira. Il se demandait bien ce que pouvait bien penser Franck.

- Romain.

L’étudiant se retourna avant de répondre :

- Oui Julie.

- Ecoute, je comprends que tu m’en veuilles, mais…

- Je ne t’en veux pas.

- Tu dis ça mais… Je suis vraiment, vraiment désolée.

- C’est à ton mec que j’en veux, pas à toi !

- Mat n’est pas méchant.

- Il m’a quand même cassé la figure.

- C’est quand même toi qui a frappé le premier.

- Ben voyons. Maintenant, ça va être de ma faute.

- Mais non ! Je veux juste te dire que Mat n’est pas aussi mauvais que ce que tu sembles le penser.

- Non, tu as raison, il est sacrément con ! C’est vrai que ce n’est pas tout à fait pareil.

- Il n’a peut-être pas vraiment réfléchi l’autre jour, mais…

- Il est con ! Y a rien d’autre à dire !

- Pense ce que tu veux, mais moi, je l’aime !
Finalement, la jeune fille repartit en courant, les larmes aux yeux. Elle qui était venue pour se réconcilier avec Romain, ce n’était pas vraiment réussi.

« Décidemment… je les accumule… je me demande lequel est le plus stupide entre ce ‘Mat’ et moi », songea Romain. Il s’en voulait d’avoir été cruel avec Julie. Après tout, elle ne faisait que défendre son petit ami ce qui était, somme toute, normal.

 

* * * * *

 

Romain courut entre la cohue d’étudiants sortants. Il n’avait aucune intention de laisser partir Franck sans s’être expliqué avec lui.

- Franck ! – Romain attrapa le jeune homme par le bras et l’obligea à s’arrêter. – Et maintenant, j’exige des explications !

- Tu sais que tu peux être têtu toi aussi ?
Demanda Franck un léger sourire amusé aux lèvres.

- Franck, je ne plaisante pas ! Il s’est passé quelque chose et je veux savoir quoi !

- C’est vrai que tu t’es battu parce que Matthew racontait qu’on était ensemble ?

- En partie, mais comment le sais-tu ?

- Tout se sait ici. Alors, je… je…

- Quoi ?

- Je ne veux pas que ce genre de rumeurs court sur toi.

- Je vois… c’est pour ça que tu es parti plus tôt la dernière fois.

- Oui ?

- Et, pourquoi tu ne veux plus venir chez moi ?

- Mais… tu le fais exprès ou quoi ? Je viens de te le dire !

- Franck.

- Hum ?

- Evite les aiguës !

- Heu… désolé.

- Tout le monde sait que certaines rumeurs sont fondées et d’autres non ! Et pour ceux qui prennent les ragots pour argent comptant… hé bien, c’est leur problème. Pour ma part, je n’ai aucune envie de renoncer à ton amitié uniquement par peur des « qu’en dira t-on ? ».

- Tu ne sais pas ce que c’est…

- On apprend tous les jours.

- Tu n’es pas drôle !

- Ha ? Mon humour ne te plaît pas ?

- Je ne veux pas que tu souffres.

- Hou là, mais c’est qu’il nous fait un mélodrame.

Tout en parlant, les deux garçons avaient marché et étaient à présent à proximité d’un parc. Ils y entrèrent et Franck s’assit sur un banc. Il baissa la tête et reprit.

- Tu ne sais pas le nombre de rumeur qui court sur moi… tu vas être entraîné dedans.

- Pour les rumeurs sur toi, je suis au courant… enfin, en tout cas pour une partie. Mais je t’ai déjà dit que ça m’était égal que les autres disent n’importe quoi.

- Qu’est-ce que je dois faire pour que tu cesses d’être mon ami ?

Romain qui était debout plaça ses bras de chaque côté de Franck sur le dossier du banc et le regarda droit dans les yeux.

- Mettons les choses au clair ! Si ton intention était de finir dans mon lit…

- Mais non, je…

- Tais-toi ! Je n’ai pas fini !

- …

- Donc, si c’était ton intention, tu peux faire une croix dessus ! Mais je refuse, tu entends, je refuse de renoncer à ton amitié uniquement à cause de ce que peuvent dire les autres ! Tu es mon ami et je ne veux pas que ça change ! C’est clair ?

Franck ne répondit pas et baissa la tête. Cette fois-ci, il n’avait pas le courage d’attendre d’être seul pour laisser libre cours à ses larmes.

- Allons bon… voilà qu’il pleure…
Romain s’assit près de Franck et attendit que celui-ci se calme.

- Je suis désolé.
Lui dit finalement ce dernier quelques minutes plus tard.

- Pourquoi es-tu désolé ?

- De mettre mis à pleurer comme ça.

- Hum. Moi, j’attendrais plutôt des excuses parce que tu as essayé de t’éloigner de Rémi et moi sans aucune raison.

- … Je te demande pardon…

- J’accepte tes excuses, mais à une seule condition.

- Laquelle ?

- La prochaine fois, je ne veux pas que tu réagisses comme ça en essayant de tout affronter tout seul, c’est d’accord ?

- Oui… Romain, Merci.

- C’est à ça que servent les amis. Répondit Romain avec un sourire. Bien, maintenant, allons-y !

- Romain ?

- Oui ?

- Je veux que tu saches… je n’ai jamais eu l’intention de finir dans ton lit…

Romain lui sourit et attendit qu’il se lève avant de prendre la direction de la sortie du parc. En sortant, Franck se sentit libéré d’un poids : le jeune homme près de lui venait enfin de lui accorder son amitié de façon très claire.

 

* * * * *

 

- Mais non maman ! Je te parle du week-end qui vient !... Mais si, je peux m’en occuper… Quoi ?… Non, pas question !... Je viens le récupérer vendredi soir… Quoi ?... Oui, si tu veux… Moi aussi, je t’embrasse.

Franck ne put s’empêcher de sourire en voyant son ami s’agiter au téléphone.

- Alors ?
Demanda t-il dès que Romain eut raccroché.

- Ma mère voulait garder Rémi encore une semaine.

- C’est bien… c’est la preuve qu’elle l’aime.

- Oui, mais c’est mon fils, pas le sien !

- Comment est-elle ?

- Qui ?

- Ta mère, comment est-elle ? Elle est gentille ?

- Très. Pourquoi ?

- Et ton père ?

- Il s’est tiré avec sa maîtresse quand j’avais sept ans.

- Tu lui en veux ?

- C’est un salaud ! Pendant cinq ans il a dit à ma mère qu’il l’aimait alors qu’il était déjà avec cette… femme ! Je le déteste !

- C’est quand même ton père.

- C’est peut-être mon père, mais c’est aussi l’homme qui a fait souffrir ma mère.

- …

- Tu trouves que j’ai tort ?

- Je ne sais pas vraiment… Mais je peux te comprendre… Et ta mère ne s’est jamais remariée ?

- Non.

- Et… tu revoies ton père de temps en temps ?

- Quasiment jamais. De toute façon, je crois que c’est mieux pour tout le monde, parce qu’au début, quand ils ont divorcé, ma mère devait toujours venir me chercher avant la fin du week-end parce que je refusais de manger. Et quand j’ai été un peu plus grand, je faisais de vrais scandales… mais tout ça, c’est du passé. Je ne le vois plus et je ne m’en porte pas plus mal.

- Il ne te manque pas ?

- Pour dire la vérité, pas vraiment… Et toi, comment sont tes parents ?

- … Ils sont morts…

- Ha… heu… je suis désolé…

- Ce n’est pas grave, tu ne pouvais pas savoir. J’avais quatre ans…

- Passons à autre chose !
Déclara Romain en voyant que son ami avait les yeux de plus en plus brillants.

- … oui…

- Tu sais, c’est bientôt l’anniversaire de Rémi, reprit le jeune homme d’un air enjoué.

- Déjà ?

- Hé oui !
Romain sourit en voyant que penser à Rémi faisait tout de suite oublier à Franck le reste.

- Il va déjà avoir un an… je ne m’en suis pas vraiment rendu compte.

- Si je vais chez ma mère pour son anniversaire, tu viendras ?

- Tu m’invites chez toi ?

- Ca m’en a tout l’air… en fait, pour dire la vérité, c’est surtout que je n’arrive pas à m’occuper de Rémi et conduire en même temps.

- Tu exagères !

Les deux amis se mirent à rire de bon cœur.

 

* * * * *

 

- Tu es vraiment sûr ?

- Maman, s’il te plait… Je t’avais promis de dormir la nuit de vendredi, mais je t’avais bien dit qu’il fallait que je reparte samedi dans l’après-midi.

- Mais c’est que je me suis habituée à Rémi, moi.

- Je suis jaloux.

La mère et le fils se regardèrent avant de rire. Madame Jouvenel était heureuse de voir que son fils s’était remis de la disparition de ses amis et qu’en plus il avait accepté l’enfant. Aucun doute, pour lui, Rémi était son fils.

- Bon, maman, j’y vais.

- Attends chéri.

- Qu’est-ce qu’il y a ?

- Je n’ai pas très bien compris comment tu fais pour tes cours.

- On se relaie avec un copain ?

- Quoi ?

- Je t’expliquerais plus tard.

- Mais…

Romain embrassa sa mère, et sortit de la maison.

- Je t’appelle dès que je suis chez moi.

- Fais attention à toi.

 

* * * * *

 

- Ha, Rémi, tu m’as manqué…

Franck prit l’enfant dans ses bras.

- Occupe t’en pendant que j’appelle ma mère.

Romain prit le téléphone et composa le numéro de chez lui tout en regardant Franck distribuer ses sourires à Rémi.

- Allo ?

- Maman, c’est moi. Je suis arrivé.

- C’est bien chéri.

- Ha… il faut que je lui change sa couche ?
Dit soudain Franck.

- Hein ?

- Il est mouillé.

- Romain ? A qui parles-tu ? Il y a quelqu’un avec toi ?

- Oui, c’est le copain qui m’aide à m’occuper de Rémi.

Un silence se fit à l’autre bout du téléphone : plusieurs secondes consécutives s’écoulèrent sans que Madame Jouvenel ne dise mot.

- Maman ? Qu’est-ce qu’il y a ?

- Rien…

- Tu es sûre ?

- Oui… Hé bien bonne nuit.

- Oui, bonne nuit.

- Que se passe t-il ?
Demanda Franck lorsqu’il entendit que Romain venait de raccrocher.

- Je ne sais pas… ma mère avait l’air bizarre quand je l’ai laissée.

- Elle est peut-être fatiguée.

- Mouais… peut-être…

- Romain ?

- Quoi ?

- Tu ne prépares pas à manger pour Rémi ?

- Ha… si, j’y vais…

Un moment plus tard, Franck rejoignit Romain qui préparait le repas de Rémi et le sien en même temps.

- Comment tu fais ?
Lui demanda soudain Franck.

- Hein ? Comment je fais quoi ? Le repas ?

- Non… comment tu fais pour faire ces choses que normalement on laisse faire aux femmes sans que… enfin que tu… heu…

- Je ne vois pas du tout où tu veux en venir.
Romain s’était retourné vers son ami afin de comprendre le fond de la pensée de celui-ci. Mais Franck avait baissé la tête et ne semblait pas vouloir la relever. L’étudiant soupira avant de dire plutôt agacé :

- Si tu ne veux pas me dire c’est ton problème, mais alors évite de commencer des phrases !

- Heu…

- …

- Je vais peut-être te laisser…

- Ok

 

* * * * *

 

Lorsque Franck arriva devant chez lui, toutes les lumières étaient déjà éteintes, comme il en avait l’habitude. Il entra donc par la porte de derrière et c’est sans un bruit qu’il regagna sa chambre. Après s’être déshabiller, il ouvrit son armoire à la recherche d’un T-shirt pour le lendemain. Un sourire apparut sur ses lèvres alors qu’il regardait son meuble quasiment vide. En effet, il avait empilé toutes ses anciennes affaires dans des cartons qui se trouvaient dans un coin de sa chambre. Seuls étaient maintenant présents les vêtements qu’il avait achetés en compagnie de Romain. En pensant à lui, Franck se rendit compte que les mois qu’il avait passé à ses côtés l’avaient beaucoup changé. Romain et Rémi étaient réellement devenus deux personnes à qui il tenait énormément et qu’il aimait. Romain avait, soit, une façon de lui parler qui n’était pas forcément des plus amicales, cependant, il avait au moins le mérite de lui avoir dit des choses que les autres pensaient certainement tout bas.

Il allait refermer la porte de son armoire lorsqu’un paquet retint son attention. Il s’agissait du cadeau qu’il avait acheté pour sa sœur aînée. Il le sortit et le posa en évidence sur son bureau de façon à ne pas le manquer le lendemain matin.

 

* * * * *

 

Le soleil n’était pas encore tout à fait levé lorsque Franck passa dans la cuisine afin de déposer le cadeau de sa sœur à la place où elle mangeait habituellement. Ceci fait, il sortit et se dirigea vers l’université.

 

Fin du quatrième chapitre

A Suivre…

 

Chapitre commencé le 08 mai et achevé le 13 juin 2003
Chapitre mis en ligne pour la seconde fois, après correction le 02 mai 2011

 

Note de fin de chapitre : Vous aimez (toujours autant) ?
Tout de suite, le chapitre 5 ! ^_^

 

 

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Chapitre 5

 

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