Auteur: Naëlle
Mail:
naelle@lartisan.net
Titre: Pour l'amour d'un enfant

 

Note : Comme promis, voici le chapitre 3 ^_^

Dans ce chapitre... quelques petits problèmes alors que l'amitié de Franck et Romain ne fait que débuter... mais un un joli moment (enfin, moi je trouve) avec Rémi !

            Allez, je vous laisse lire.

 

 

 

Pour l’amour d’un enfant

(Chapitre 3 : Premier mot)

 

 

 

- Romain ?
Le jeune homme se retourna en direction de l’appel.

- Julie ? Bonjour.

- Que fais-tu ici ?
Demanda la jeune fille étonnée de voir Romain, un paquet de couches-culottes à la main.

- Je fais des courses ! Ca ne se voit pas ?

- Tu as un petit frère ? Ou une petite sœur peut-être…

- Pas du tout. Ce que tu vois là est pour mon fils.

- TON FILS ???

Un groupe de jeunes arriva soudain à la suite de la jeune fille.

- Que se passe t-il ?
Demanda un garçon.

Romain se souvenait de les avoir déjà tous vu. C’était des amis de Julie et ils venaient très souvent la rejoindre dans leur amphithéâtre.

- Romain a un enfant.
Répondit la jeune fille.

- Vraiment ? Et avec qui ?

- Je ne vois pas en quoi cela vous regarde !
Romain n’était pas de très bonne humeur et ces cinq là n’arrangeraient rien. Mais pourquoi les gens se sentaient-ils obligés de lui poser des questions ? Il avait déjà assez à faire avec la pipelette qu’il devait supporter quasiment à chaque dîner depuis plusieurs jours.

- Alors, on ne connaît pas la mère ?

- Non… sûrement une aventure de passage.

- Normalement, dans ce genre de cas, c’est la femme qui garde l’enfant.

Romain se demandait ce qu’ils pouvaient bien chercher à faire avec ce genre de supposition alors qu’il était encore à côté. Ces gens n’avaient aucune gêne et aucun respect pour les autres.

- Je sais, dit soudain l’un d’entre eux, c’est aussi l’enfant de Franck.
Très satisfait de sa trouvaille, le jeune homme éclata d’un rire sonore, suivi très vite par les autres.

Romain posa son panier par terre, revint vers le groupe et toisa le responsable de sa colère grandissante. Celui-ci lui rendit un regard mauvais.

- Quoi ? Ce n’est pas vrai ? Tout le monde sait que Franck passe des heures entières chez toi !

- Mat, arrête s’il te plait.
Tenta de tempérer Julie.

- Ce que Franck fait ne regarde que lui ! Et toi, comment oses-tu dire de telles choses ?
Demanda Romain les yeux brillants de colère.

- C’est beau l’amour ! Tu me fais penser à un preux chevalier volant au secours sa dulcinée. Sauf que là, faute de « dulcinée » on parle d’un mec ! Mais bien sûr, pas n’importe lequel, on parle de Franck.

- Tu vas regretter tes paroles !

Romain percuta le menton de « Mat » de son poing.

- ARRETEZ !!!!
Leur cria Julie. Cependant, aucun des deux n’en avait l’intention. Romain était plutôt satisfait de voir qu’il prenait le dessus sur son adversaire. Malheureusement pour lui, deux des copains de l’autre garçon vinrent prêter main forte à ce dernier.

 

* * * * *

 

Tout son corps lui faisait mal et le simple fait de poser un pied devant l’autre était un supplice pour Romain. Il fallait dire qu’à trois contre lui, il n’avait pas eu beaucoup de chance. Heureusement pour lui, Julie avait été chercher la sécurité. Ils avaient eu droit à une mise en garde, mais il était évident que l’affaire resterait sans suite.

Romain soupira de soulagement en arrivant chez lui.

- Romain ? Mais… que…

- Ca va Franck. Je vais bien. Où est Rémi.

- Comme tu mettais du temps à rentrer, je lui ai fait prendre son bain, je lui ai donné à manger et là, il dort sur ton lit.

- C’est bien…

- Romain… dis-moi ce qui t’es arrivé ?
Demanda une nouvelle fois Franck alors qu’il aidait le jeune homme à s’asseoir.

- …

- Je vais chercher de quoi te soigner, annonça t-il juste après.

- …

- Romain, dis-moi…

- Je me suis battu, ça se voit, non ?

- Oui, mais pourquoi ?
Demanda Franck tout en commençant à désinfecter les diverses blessures de Romain au visage.

- …

- Tu es bien amoché, quand même.

- C’est parce qu’ils étaient trois ! Sinon, ça aurait été.

- Alors ?

- Tu ne lâches pas prise, hein ? Quand tu veux savoir quelque chose, tu attends jusqu’à ce que tu aies ta réponse.

- Oui. Alors, pourquoi t’es-tu battu ?
Redemanda une nouvelle fois Franck.

- Pour une raison qui ne te regarde pas vraiment.

- Bon, je n’insiste pas.

- Franck ?

- Oui ?

- Tu fais quoi, là ?

- J’enlève ta chemise, ça ne se voit pas ?

- Oui, mais…

- Elle est couverte de sang, j’en conclu donc que tu dois être blessé.

Romain ne répondit pas et le laissa faire. Cependant, lorsque Franck approcha sa main tenant le coton pour le désinfecter, le jeune homme eut un mouvement de recul.

- Romain ?

- Laisse, je vais le faire.

- …

Romain se soigna lui-même et lorsqu’il eut fini, il chercha Franck du regard, mais celui-ci était parti. C’était la première fois qu’il partait sans lui dire au revoir. Il pensa d’abord à sortir et le chercher, mais ses yeux se posèrent sur la petite tête brune endormie et il renonça. Il enfila donc rapidement son pyjama et s’installa près de Rémi avant de le prendre dans les bras. Il sourit en pensant qu’à chaque fois qu’il le faisait, Franck s’énervait en lui disant qu’il allait le réveiller.

- Rémi…
Chuchota t-il.

L’enfant ouvrit les yeux.

- Pa… pa…

Romain sentit son cœur s’accélérer dans sa poitrine. Rémi, son petit, son enfant, venait de prononcer le premier mot de sa vie. Et ce mot, cet assemblage de deux syllabes était pour lui, rien que pour lui.

- Rémi, mon chéri.

Jamais Romain n’aurait pensé qu’entendre cet enfant dire son premier mot lui procurerait autant de bonheur. A présent, il le serrait dans ses bras si fort qu’il l’aurait peut-être étouffé s’il n’avait pas arrêté très vite. Peut-être conscient du pourquoi du nouveau bonheur de son père, Rémi répétait plusieurs fois : « papa » et il n’arrêta que lorsqu’il se rendormi. Romain aurait voulu appeler Franck pour lui annoncer la bonne nouvelle, mais il s’aperçut soudain qu’il n’avait pas son numéro de téléphone. Finalement, il ignorait beaucoup de chose sur ce garçon… non, en fait, rectifia-t-il intérieurement, il ne savait rien de Franck.

 

* * * * *

 

- Franck ? Mais… ce n’est pas ton jour de garder Rémi.

- Je sais, mais, je n’ai pas vraiment envie d’aller en cours, alors je me suis dit que…

- Franck ! Il faut que je te dise ! Rémi a parlé !!!!
Coupa Romain.

- Quoi ?

- Il a parlé ! Hier soir ! Il a dit « papa » ! Tu te rends compte ? C’est merveilleux.

Franck n’en revenait pas. C’était la première fois qu’il voyait Romain aussi heureux. Il lui adressa un sourire et alla prendre l’enfant dans ses bras.

- Alors chéri, tu as dit « papa » ? Tu vas pouvoir essayer de dire « Franck » maintenant.

- Pourquoi dis-tu ça ?

- Hein ? Oh, pour rien.

- Franck !

- C’est juste que comme je m’en occupe beaucoup, j’ai eu un peu peur que son premier mot ne soit pas pour toi. Mais maintenant, je n’ai plus de souci à me faire à ce niveau là, n’est-ce pas ?

- Franck.

- Hum ?

- Je crois que finalement… je vais te la donner.

- Quoi ? De quoi parles-tu ?

Romain s’étonna que Franck ne comprenne pas qu’il parlait de son amitié… il n’était pas très vif ce matin.

- Bien, j’y vais, sinon, je serais en retard.

- Romain, mais de quoi parlais-tu ?

- A plus tard.

Romain sortit et se dirigea vers l’université.

 

* * * * *

 

- Romain… pour hier… je…

- Laisse tomber Julie ! De toute façon, je n’ai pas envie d’en reparler, alors, c’est bon !

- Je suis quand même vraiment désolée pour ce qui s’est passé.

- Si tes copains étaient un peu moins cons, rien de tout cela ne serait arrivé.

Ceci dit, Romain sortit un livre et commença à le lire afin de ne plus avoir à parler avec la jeune fille.

- Romain ?

- Quoi encore ?
Demanda le jeune homme plus qu’agacé.

- Heu… c’est vrai que… que Franck et toi…

- Finis ta phrase ! « Que Franck et moi » quoi ?

- Vous… heu… vous…

- Ecoute Julie, si tu ne sais pas quoi dire, alors tais-toi !

- C’est vrai que vous êtes ensemble ?

- Une grande partie de la journée le samedi, oui ! Mais… je ne pense pas que c’est à ça que tu penses.

- Je… heu…

Romain ne put s’empêcher de rire devant la gêne évidente que lui présentait la jeune fille.

- Julie.

- … oui ?

- Non.

- Heu…

- Nous ne sommes pas ‘ensemble’. Pourquoi ? Pourquoi me l’as-tu demandé ?

- Pour savoir.

- C’est tout ?

- Non. Je voulais aussi savoir si… Pourquoi Franck a-t-il changé de tenue vestimentaire ?

- Va savoir… par amour peut-être.

- Pour toi ?

Romain regarda la jeune fille droit dans les yeux avant de répondre.

- Non. Mais pourquoi ?

- C’est un allumeur !

- Quoi ?

- Franck, la seule chose à laquelle il pense, c’est mettre les hommes dans son lit.

- Pourquoi dis-tu ça ?

- Tout le monde le sait ! Toute la fac en parle ! Et…

- Toute la fac sait aussi que tu sors avec deux mecs en même temps ?

- Quoi ? Mais de quoi parles-tu ? C’est faux !

- Allons, ne mens pas ! Tout le monde sait que tu te fais payer par le mec qui vient te chercher le vendredi soir !

- Mais… ce n’est pas vrai ! C’est mon père !

- Je sais.

- Mais…

- Et pourtant, tout le monde dit que tu couches avec un vieux et qu’en échange, il t’emmène au resto.

- Je…

- Tu vois ? Ce n’est pas parce que tout le monde le dit que c’est forcément vrai.

Julie hocha la tête et partit s’asseoir plus loin. Pour une fois, elle n’avait pas envie d’être près de Romain. Elle se sentait beaucoup trop stupide pour rester à côté de lui. Il lui avait donné une bonne leçon et elle l’admirait d’avoir une telle confiance en son ami. Cependant, ce qu’elle ignorait, c’était que Romain était bien loin d’avoir autant confiance en Franck qu’il n’y paraissait. Cependant, il cessa de penser à celui-ci et réfléchit à ce qu’il allait acheter à Rémi pour son anniversaire. Car en effet, dans quelques semaines, l’enfant aurait un an.

 

* * * * *

 

- Ha, Romain, tu rentres tard.
Fit remarquer Franck lorsque son ami arriva.

- …

- Ca ne va pas ?
Rajouta t-il en s’apercevant que Romain n’avait pas l’air en grande forme.

- Ca va.

- Papa ! Papa ! Papa !
Rémi s’agitait dans tous les sens dans son petit lit.

- Oui, oui, j’arrive.

- Romain ?

Le jeune se retourna vers Franck.

- Oui ?

- Je vais rentrer chez moi.

- Quoi ? Tu ne manges pas avec moi ?

- Non… je… il est trop tard quand je m’en vais après qu’on ait mangé ensemble.

- Bon… A après demain alors.

- Oui…

Romain prit Rémi dans ses bras, cependant, pour la première fois depuis qu’il avait accepté l’enfant dans sa vie, le jeune homme eut l’esprit ailleurs en le faisant jouer. Comme si ce dernier avait compris que quelque chose n’allait pas, il se colla contre son père et resta là, sans bouger, pensant sans doute que ce contact pourrait l’apaiser.

- Rémi… tu n’imagines pas à quel point je t’aime…
Romain le serra dans ses bras, sûr que l’enfant était capable de tout comprendre alors qu’il était si petit.

 

* * * * *

 

- Allo ?

- Romain, c’est moi.

- Franck ? Mais qu’est-ce que tu fiches ? Je vais être en retard à la fac.

- Je…

- Qu’est-ce qui se passe ? Ca ne va pas ?

- Tu sais, mon amie qui gardait Rémi.

- Oui ? Elle a un problème.

- Non, c’est juste qu’elle peut revenir si tu veux. Son père va beaucoup mieux.

- Son père ? Oui, et alors ?

- C’est parce qu’il était malade qu’elle avait arrêté de venir, tu te souviens ?

Romain se sentit un peu gêné lorsqu’il s’aperçut qu’en réalité, il ne s’était même pas demandé ce qui l’avait obligé à partir précipitamment.

- Non, je ne savais pas.

Romain eut l’impression de voir Franck sourire à l’autre bout du téléphone.

- Alors, tu veux qu’elle revienne ?

- Pourquoi ?

- « Pourquoi » quoi ?

- Tu ne veux plus venir t’occuper de Rémi ?

- Ca n’a rien à voir.

- Tu ne veux plus le voir ?

- Mais non, ce n’est pas ça ! Je pourrais passer dans la journée.

- Franck ? Dis-moi ce qui se passe.

- Mais rien.

- Non, je n’ai pas envie qu’elle revienne. Je vais me débrouiller.

- Mais… Romain… Ne sois pas bête ! Tu n’y arriveras pas tout seul.

- C’est toi qui m’avais proposé ton aide, moi, je n’avais rien demandé !

- Mais… Romain… ne te fâche pas.

- Je ne suis pas fâché !

Romain raccrocha le téléphone d’un geste rageur. C’était une mauvaise habitude qu’il avait, et il le savait. Makoto lui avait d’ailleurs demandé d’arrêter de le faire. Cependant, il en était incapable. Dès que quelque chose n’allait pas, il reposait violement le combiner sur son socle.

 

* * * * *

 

Romain regarda dans son rétroviseur sa mère le saluer de la main. Il avait profité du week-end pour emmener Rémi chez lui, car il s’était bien rendu compte que Franck avait raison et qu’il ne pouvait pas s’en occuper tout seul. Il avait donc décidé de le confier un peu à sa mère. De cette façon, s’était-il dit, elle ferait plus ample connaissance avec son petit fils.

Quand à lui, il avait quelques petites explications à demander à Franck.

 

Fin du troisième chapitre

A Suivre…

 

Chapitre commencé le 1er mai et achevé le 26 mai 2003
Chapitre mis en ligne pour la seconde fois, après correction le 30 avril 2011

 

Note de fin de chapitre : C'était mignon, non ?
On se dit à demain pour le chapitre 4 ^_^

 

 

Si vous voulez m'écrire un petit mot au sujet de ce chapitre, rien de plus simple, vous n'avez qu'à remplir ce petit "formulaire" ^_^
Vous n'êtes pas obligé de remplir tous les champs, mais sachez que sans votre adresse e-mail, je ne pourrai pas vous répondre ^_~

 

Lorsque vous cliquerez sur "envoyer", vous allez arriver sur une page sur laquelle il sera noté "mail envoyé". Vous pouvez revenir en arrière sans crainte, j'aurai votre message :)

Merci pour vos commentaires ^____^

 

FORMULAIRE

Votre nom :

Votre prenom :

Votre e-mail :

Votre message :

 

 

 

Chapitre 4

 

Retour à la page des histoires originales