Auteur: Naëlle
Mail: naelle@lartisan.net
Titre: Pour l'amour d'un enfant
Remerciments : Je tiens à remercier tous ceux que jaime pour leur
amitié (ou amour) et leur soutient ^_^
Et là, je remercie Aoi pour la correction du premier chapitre ! Heureusement que
jarrive toujours à trouver quelquun pour me corriger !
Note : Bien, alors je sais que jai déjà beaucoup
décrits en chantier, mais jai du mal à me limiter ^_^ ;;; Jen
profite dailleurs pour dire à tous ceux et celles qui aime « Le trésor du
Couloir » que je vais continuer cette fic, ne vous inquiétez pas, je ne lai
pas abandonné !
Cette nouvelle histoire, « Pour lamour dun enfant » est assez
différente de celles que jai lhabitude décrire. Cependant,
jespère que vous apprécierez et que vous me ferez part de vos commentaires ^_^
Sachez que mon héro, Romain, nest pas spécialement tendre dans ses paroles et
quil peut même être choquant parfois. Cependant, quelque part, ça fait assez
réaliste !
Je vous souhaite une bonne lecture et noubliez pas de me dire si vous aimez ^_^
Pour lamour dun enfant
(Chapitre 1 : Rémi)
Romain regardait lhomme sans vraiment comprendre. Quétait-il
en train de lui dire ? De quoi parlait-il ? Il nentendait plus depuis longtemps. Il
voulait quon le laisse. Il voulait aller dans sa chambre, seffondrer et
pleurer. Il en avait besoin. Cependant, il semblait évident quon ne le laisserait
pas partir tout de suite. Il en était dautant plus convaincu quune femme le
regardait dun air suspicieux depuis quelle était arrivée, un bébé dans les
bras.
Sa tête menaçait dexploser sous le flot dinformations dont on le bombardait,
mais surtout, il narrivait pas à comprendre ce que lhomme de loi assis en
face lui, lui disait à propos du bébé.
- Bien, je crois que cest tout. Déclara alors ce dernier tout en se levant. Puis, se tournant vers la femme, il prit le bébé dans ses bras avant de le donner à Romain. Celui-ci tendit les bras par réflexe.
- Monsieur Tenta la femme.
- Ne vous inquiétez pas, la rassura lhomme. Conformément au testament, vous êtes donc son tuteur. Je vous souhaite bonne chance et surtout, occupez vous en bien.
Romain ne bougea pas et ne réagit enfin que lorsquil entendit la porte dentrée se refermer et sa mère revenir sur ses pas.
- Romain ? Elle savança vers son fils afin de voir comme il se sentait.
Le jeune homme baissa alors le regard vers le petit être quil tenait dans les bras. Il navait que quatre mois. Et déjà, sa vie venait de basculer.
- Prends le ! Dit-il soudain en mettant le bébé dans les bras de sa mère avant de sortir.
Il marcha longtemps le long des allées pavées. Il ne savait plus où il
en était. Le soir davant, tout allait très bien. Il avait décidé avec ses amis
daller en boîte deux jours plus tard pour se féliciter davoir passer avec
succès le cap de sa première année de médecine. Il avait même appelé Makoto le soir
pour lui annoncer la bonne nouvelle. Celui-ci lavait dailleurs félicité en
lui disant quil était très fier de lui. Et après, que sétait-il passé ?
Ha oui
Makoto lui avait passé Eléonore : sa femme. Celle-ci lavait aussi
encensé en lui disant quelle navait jamais eu le moindre doute sur ses
chances de réussir. Ensuite, elle lui avait parlé du bébé : Rémi. Elle lui avait
dailleurs expliqué pourquoi il sappelait ainsi. Lexplication avait
beaucoup surpris Romain. En effet, les quatre lettres formant le prénom de lenfant
était lassociation de quatre débuts de prénom. « R » pour « Romain », « E »
pour « Eléonore », la femme de Makoto, « M » pour « Makoto » et enfin, « I » pour
« Iris », la meilleure amie dEléonore. Cependant, Romain ne comprenait pas
pourquoi ils avaient tous les deux pensés à lui.
Le jeune homme secoua la tête. Ce matin, il avait été réveillé par la sonnerie de la
porte dentrée. Plusieurs personnes étaient entrées lorsque sa mère avait ouvert.
Il avait entendu sa mère étouffer un sanglot et était tout de suite descendu sans même
prendre le temps de finir de se coiffer. Lorsquil était arrivé, un homme
sétait alors approché de lui et lui avait demandé dune voix monocorde
sil était bien Romain Jouvenel. Il avait alors répondu par laffirmative, et
là, on lui avait annoncé que Makoto et sa femme avaient eu un accident de voiture
pendant la nuit. On lui avait expliqué que le bébé aurait dû mourir en même temps,
mais que sa mère lavait protégé et quaujourdhui, conformément au
vu de la défunte mère, cétait lui, Romain Jouvenel qui devenait le tuteur
légal de cet enfant.
- Romain ? Hé, Romain, attends !
Le jeune homme se retourna en direction de lappel. Un garçon de 22 ans savança dans sa direction. Il sappelait Franck et venait enfin de réussir à passer en deuxième année de médecine. Il lavait vu quelques fois dans lamphi et sil connaissait son prénom, cétait uniquement parce quil avait dû faire un exposé avec lui. Cependant, il naccrochait pas spécialement avec les gens comme lui.
- Oui Franck, que veux-tu ?
- Ca ne va pas ? Mais tu pleures.
Ce nétait pas une question, mais une constatation. Romain passa sa main sur son visage. Effectivement, des larmes sécoulaient de ses yeux. Il sen voulut de se montrer aussi vulnérable devant ce garçon.
- Laisse-moi ! Dit-il alors que Franck tentait davoir un geste réconfortant en lui prenant le bras.
Habitué à ce genre de réaction, Franck nen fut pas moins blessé, cependant, il garda le sourire et tendit un paquet de mouchoirs en papier à Romain. Ce dernier lui jeta un regard mauvais et tourna les talons.
- Romain ! Mais Romain, attends ! Où vas-tu ?
Le jeune homme se retourna brusquement.
- Jai peut-être le droit daller où je veux sans te demander la permission, non ? Fous moi la paix !
- Romain je veux juste taider Tu nas pas lair bien, alors
- Je crois quun mec ta repéré ! Lâcha alors Romain, la voix pleine de mépris.
Ne laissant nullement paraître sa peine, Franck regarda dans la direction indiquée avant de recommencer à suivre Romain.
- Mais quest-ce que tu veux à la fin ? Cria Romain.
- Rien.
- Tu te trouves drôle ?
- Avec la tête que tu fais, tu es capable de faire une bêtise Ou plutôt non, tu nen es pas capable, tu as prévu den faire une.
- Va te faire voir ! Je nai aucune envie de parler avec quelquun comme toi.
- Pourquoi ? Je vaux à peu près nimporte lequel pour técouter.
- Ha ? Tu parles de toi au masculin ? Parce que moi, jaurais plutôt dit « nimporte laquelle ».
Cette fois-ci, Romain obtint leffet escompté car Franck se figea et ne fit plus le moindre mouvement pour tenter de le suivre.
* * * * *
- Romain, où étais-tu ?
Le jeune homme passa près de sa mère sans même prendre le temps de lui répondre. De toute façon, jamais il ne lui dirait ce quil avait fait cette nuit. Jamais
Il entra dans sa chambre, se déshabilla et pris place dans son lit. Quand ils étaient petits, ils avaient souvent dormis ensemble, Makoto et lui. Il était même arrivé quils dorment aussi avec Eléonore lorsquelle était de passage dans la région. En fait, ils passaient une grande partie de la nuit à discuter et finissaient par sendormir tous les trois dans le même lit. Tout était si simple à cette époque. Rien naurait dû changer.
« Cétait si bien » Murmura Romain.
Cependant, les pleurs du bébé juste à côté lui rappelèrent la dure réalité.
Romain se replongea dans ses souvenirs afin de ne plus entendre cet enfant
pleurer. Il aurait voulu repenser à tous les bons moments quils avaient passés
tous les trois, malheureusement, le souvenir quil se remémora fût celui qui avait
tout brisé. Il se revoyait, trois ans plus tôt, dire à Makoto quil était
amoureux de lui, alors que ce dernier venait de lui annoncer quil aimait Eléonore.
Makoto avait tenté de le raisonner. En y réfléchissant bien, il avait été très
gentil
comme toujours, en fait.
Cependant, malgré tous les efforts que fournissaient Makoto et Eléonore
(qui avait été mise au courant), il leur devenait de plus en plus difficile à tous les
deux de gérer les sautes dhumeur de Romain. Car celui-ci sétait mis à
détester Eléonore. Et même aujourdhui, il la détestait.
En y réfléchissant bien, Romain se rendit compte quen fait, ce qui avait
définitivement tout brisé en eux, cétait lorsque Makoto lui avait demandé
dêtre son témoin et quil avait refusé. Il navait même pas été au
mariage.
Aujourdhui, les regrets ne servaient plus à rien. De toute façon, Romain nétait pas sûr de regretter quoique se soit. Après tout, cette fille navait quà pas lui avoir « volé » Makoto.
* * * * *
- Romain je tassure que tu peux le laisser ici.
- Cest à moi quil a été confié, alors arrête avec ça !
- Mais, mon chéri tu ne sais même pas ten occuper.
Romain claqua la portière de la voiture, vérifia que Rémi était bien attaché dans son siège et démarra sans plus écouter sa mère.
Il avait décidé durant les vacances que puisquon lui avait confié la garde de cette enfant, il lélèverait. Il avait tout dabord pensé arrêter ses études, mais finalement, il sétait dit que ce gamin nen valait certainement pas la peine.
Il regarda dans son rétroviseur le bébé endormi. Il se demanda vaguement dans combien de temps celui-ci pourrait se débrouiller tout seul, quil nait plus besoin de lui. « Le plus vite possible » pensa t-il.
« Quand je pense quen plus, il a des grands-parents super friqués des deux côtés. Pourquoi est-ce moi qui dois men occuper ? ».
En effet, le père de Makoto était le patron dune fabrique de jouet très à la mode au Japon. Eléonore, quand à elle avait un père notaire (ce qui expliquait sans doute que bien quelle soit très jeune, elle ait penser à faire un testament) et une mère dentiste. Cependant, les deux familles sétaient opposées au mariage de leurs enfants, et cest sans leur bénédiction que les fiancés sétaient mariés. Ce mariage leur avait valut de se faire déshériter des deux côtés.
* * * * *
- Et voilà, on est arrivés Rémi.
Romain sourit de sa propre bêtise. Comment le bébé pouvait il comprendre ?
Rapidement, Romain installa le berceau de lenfant qui allait partager sa vie « pour un temps très court », selon lui. Dans son petit studio, le simple rajout dun « meuble » diminuait considérablement la place.
Après avoir bordé Rémi, le jeune homme ouvrit le sac que lui avait préparé sa mère pour lenfant. Elle avait pensé à tout cependant, il subsistait un léger problème : Romain ne savait absolument pas comment soccuper dun bébé. Il passa tout dabord à appeler sa mère afin de lui demander quoi faire, mais il se ravisa ne voulant pas lui donner raison.
* * * * *
Deux jours plus tard
- Romain ? Ca va pas ? Tas lair crevé !
- Je suis crevé ! Répondu le jeune homme à Julie, la jeune fille assise à côté de lui. Depuis quil était arrivé à lUniversité, elle sétait toujours assise à côté de lui. Elle devait certainement être amoureuse se plaisait-il à penser dun air satisfait.
- Tu as un problème ? Lui demanda gentiment Julie.
- Ouais.
- Et il est gros ton problème ?
Romain soupira avant de répondre.
- Hé bien, disons quen taille, il est plutôt petit, mais en problème il est énorme.
Julie le regarda en lui indiquant clairement quelle navait rien compris.
- Cest un bébé.
- Ha. La jeune fille ne comprenait toujours pas, mais elle ninsista pas. Après tout, ce genre dhistoire ne la regardait pas.
* * * * *
- Romain, attends sil te plait.
- Franck ! Combien de fois vais-je devoir le dire, je me passe très bien de ta compagnie ! Alors arrête ! A moins que ça ne te plaise tellement que je ne te renvoie balader comme la dernière fois.
- Où es-tu allé ?
- ?
- Après avoir réussi à te débarrasser de moi, où es-tu allé ?
- Ca, cest moi que ça regarde ! Je nai aucun compte à te rendre.
Franck décida de laisser tomber le sujet pour le moment mais ne laissa pas pour autant Romain partir.
- Tu as un bébé ?
- Comment ?
- Jétais juste au rang derrière toi tout à lheure. Désolé.
Franck nétait pas du tout désolé, et Romain en était tout à fait conscient. Cependant, il voulait savoir ce que le jeune homme voulait lui dire.
- Oui, et alors ?
- Jai une amie qui fait du baby-sitting. Elle pourrait peut-être te donner un coup de main.
- Je ne pense pas pouvoir la payer.
- Elle ne demande pas grand-chose, tu sais.
- Cest une fille ?
- Heu oui il me semble avoir dit « une » amie, non ?
- Mouais mais avec toi, on ne sait jamais.
Franck, encore une fois, ne laissa rien voir de sa peine et poursuivit la conversation normalement.
- Alors, je lui en parle ?
- Si tu veux.
* * * * *
- et au moindre problème, jai mon portable avec moi.
Après avoir dit cela, Romain sortit de sa chambre. Finalement, Franck lui avait présenté son amie et celle-ci avait accepté de garder Rémi quasiment toute la journée, et ce, quatre jour par semaine. Ce qui était déjà pas mal, mais Romain voyait quil devait soccuper de ce petit monstre les trois autres jours. Il avait de plus en plus de mal à supporter cet enfant qui lempêchait de dormir la nuit en réclamant son biberon.
* * * * *
Trois mois plus tard
- Où étais-tu ?
La voix calme et posée de Franck lui parvint difficilement jusquau cerveau. Il navait pourtant pas limpression dêtre à la fac.
- Quest-ce que tu fais chez moi ? Demanda t-il enfin, lorsquil se rendit compte que Franck était dans son studio.
- Tu es saoul !
- Oui, et alors ?
-
- Sors de chez moi ! Mais avant pourquoi tes là ?
Franck se leva du fauteuil dans lequel il était, coucha Rémi et savança vers Romain.
- Je tai demandé où tu étais ? Tu te rends compte que ça fait deux jours que tu nes pas rentré ?
- Ha ? Tant que ça ?
Romain fut pris dun rire hystérique. Mais il fut rapidement stoppé par une gifle magistrale que lui donna Franck. Trop surpris pour pouvoir réagir, il se laissa entraîner dans la salle de bain. Franck le poussa sans ménagement dans le bac à douche avant douvrir leau froide et den arroser Romain. Ce dernier commença par protester vivement et vouloir sortir, mais Franck lui interdisait le passage. Finalement, il narrêta leau que quand il entendit Romain lui dire calmement quil pouvait le laisser.
- Alors ? Lui demanda Franck après lui avoir tendu une serviette.
- Que fais-tu chez moi ?
- Jimagine que tu me répondras si je commence par répondre.
- On verra.
- Il y a deux jours, tu étais à peine parti que mon amie ma appelé pour me dire quelle devait rentrer chez elle de toute urgence. Elle avait essayé de te joindre sur ton gsm, mais visiblement, tu lavais coupé. Comme elle ne savait pas quoi faire, elle ma appelé et je suis venu moccuper de Rémi.
- Mmm
- Romain, qui est cet enfant ? Ce nest pas le tien, nest-ce pas ?
- Jétais jai passé la nuit avec un homme
-
- Et la nuit davant, jétais avec une femme
-
- Je laimais
- ? Heu qui ?
- Le père de Rémi je laimais
Franck ne savait plus quoi dire. Leffet de lalcool devait y être pour beaucoup dans les confessions que lui faisait Romain.
- Franck Je ne supporte pas de le voir. Il me rappelle sans cesse que je ne pourrais plus revoir son père. Cest une vraie torture pour moi. Je le déteste !!!!
Romain venait de crier et à présent, il se laissait glisser par terre. Franck voulut le consoler en voyant les sanglots soulever tout le corps de Romain, mais celui-ci secoua la tête lorsquil commença à se rapprocher.
- Bien je reste là où je suis. Après tout, je sais très bien que tu ne mapprécies pas du tout. Cependant, je ten prie, ne rends pas coupable cet enfant de quelque chose quil na pas fait.
Romain ne répondit pas et Franck sortit de la salle de bain.
Environ une demi heure plus tard, Romain sortit de la pièce à son tour avec des vêtement secs sur lui. Il trouva Franck sur le même fauteuil que lorsquil était rentré, donnant son biberon à Rémi. Il sapprocha lentement, regarda attentivement la scène avant de récupérer Rémi dans ses bras et de lui donner lui-même le reste de son biberon. Franck parut étonné, mais, il ne fit pas un commentaire.
- Cest bon, tu peux partir.
- Hein ?
- Je suis rentré et je moccupe de Rémi. Tu peux donc ten aller.
- Heu oui bien sûr.
- Franck ?
- Oui ?
- Merci.
- De rien. Lui répondit le jeune homme un grand sourire aux lèvres.
Romain regardait Rémi dans ses bras. Ce petit être sétait-il rendu compte quil avait tenté par tous les moyens de le fuir ?
- Rémi Murmura t-il, papa est rentré et il ne te quittera plus.
Cétait certainement son imagination, mais Romain eu limpression de voir un sourire se dessiner sur les lèvres de lenfant endormis dans ses bras.
Cette nuit là, Romain ne dormit pas. Mais, ce nétait pas à cause des pleurs du bébé. Non, cette nuit là, Romain réfléchit à comment faire pour devenir un bon père pour cet enfant. Il sourit en voyant le petit sagripper encore plus fort à son haut de pyjama, car Rémi ne dormait pas dans son berceau, mais dans le lit de Romain : son père.
Fin du premier chapitre
A Suivre
Chapitre commencé le 28 avril 2003 et achevé le 29 avril 2003
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