Auteur: Naëlle
Mail: naelle@lartisan.netSUPPRIMEZ LA PARTIE EN MAJUSCULE

Titre: Loup apprivoisé

 

Note : Bonjour à tous.

Et tout d’abord, désolée pour ceux qui auront déjà lu ce message, mais j’ai décidé de le mettre en début de chaque nouveau chapitre. Il serait dommage que quelqu’un rate ce que j’ai à dire. lol
L’année dernière, j’avais fait une tentative pour recommencer à écrire. Et finalement, face au manque de retour, ça m’avait complètement démotivée. Pour vous dire, je n’ai quasiment rien écrit durant des mois et je n’ai même pas été capable d’écrire une histoire pour l’anniversaire de mon neveu. Mais je ne dis pas ça pour me plaindre, enfin... si, un peu quand même. lol. Non, plus sérieusement, j’aimerai vraiment que les lecteurs pensent un tout petit peu à l’auteur. Je dis ça pour moi, mais aussi pour les autres. Parce que quand je vois certaines perles que personne ne pense à commenter, je ne comprends pas. Il y a quelques mois, j’ai lu des histoires très bien (oui, oui, j’ai envoyé des messages aux auteurs) qui n’avaient reçu aucun message d’encouragement alors que dans les stats on voit que ce sont des histoires suivies, je ne comprends pas...
Là, j’en entends crier derrière leur ordi : “mais on n’est pas obligé de commenter !”. Et là, je vous réponds : “vous avez entièrement raison et je suis d’accord avec vous à 100% !”. Mais prenons un exemple tout simple. Un enfant aide sa maman à débarrasser la table après le repas. Quoi de plus normal ? Pourtant, il semble logique que la maman dise “merci”. C’est tout bête, mais c’est un peu le même principe.
Lorsque j’ai commencé à mettre mes histoires en ligne, c’est vrai qu’il y avait beaucoup moins d’histoires à lire, mais la communauté auteurs/lecteurs échangeaient beaucoup plus. Certains lecteurs posaient des questions auxquelles les auteurs répondaient au chapitre suivant. C’était très agréable. Finalement, parmi les auteurs qui ont commencé à peu près en même temps que moi, il n’y en a quasiment plus qui continue d’écrire et/ou faire lire leur fic (certaines sont même restées inachevées... dommage).
Et bien que je me plaigne un peu (beaucoup ! lol), j’ai reçu quelques messages ces derniers temps. J’étais d’ailleurs très surprise mais tellement ravie que j’ai décidé de refaire une tentative !
D’aujourd’hui jusqu’au 2 avril (2015), tous les deux jours, voir tous les jours, vous pourrez lire un nouveau chapitre de l’une de mes fics. Non, ce n’est pas une blague. Si ma motivation nouvelle trouve un écho favorable, je poursuivrai dans cette voie, c’est promis !  

Je vais rajouter une dernière chose pour clore mon propos. Etant moi-même une lectrice plus ou moins assidue de certaines histoires, je sais ce que c’est que de manquer de temps (franchement, quand on lit un chapitre en déjeunant au bureau, on n’est pas forcément motivé pour envoyer un message à l’auteur). Je sais ce que c’est que d’être fatiguée ou de n’avoir qu’une envie : lire le chapitre suivant (et puis franchement, si on a trouvé le chapitre qu’on vient de lire pas super intéressant, on ne va pas dire à l’auteur qu’on a rien à lui dire. lol).
Et quand on a à peine fini le chapitre et qu’on doit faire autre chose : hé bien on fait ce qu’on a à faire. L’auteur attendra.
Mais de temps en temps, on peut peut-être aussi résister à l’envie de passer de suite au chapitre suivant. Je sais, c’est dur ! lol 
Et voilà, j’ai fini. Non, inutile de répondre à mon long message (mais si vraiment vous voulez le faire, faites-le de préférence en pm) que je vous remercie d’avoir lu en entier.

Passons maintenant à une bonne nouvelle :

J’ai commencé un roman photo avec mes BJD. Qu’est-ce qu’un/une BJD : une poupée. hahahaha !!!!

La première histoire (complète) sera mise en ligne entre aujourd’hui et le 02 avril. Direction la page principale pour avoir accès au lien (je dis ça pour ceux qui seraient arrivé directement sur la page de la fic !). J’attends de savoir ce que vous en pensez, parce que c’est la première fois que je fais ça (la “folie” pour les BJD est aussi assez nouvelle).

Ethan, l’un des deux héros de l’histoire a même sa page facebook ! Il est pas beau le monde ?????

N’hésitez pas à allez retrouver Tristan et Ethan dans la première histoire intitulé : “la veste” !

 

Et maintenant, place au chapitre (qui risque d’être plus court que tout mes blablas ! looool)

 

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Souvenez vous :

Claude s’est de nouveau transformé en fille et est rentré chez lui.

Lang : Adolescent se transformant en loup lorsqu’il a peur, Lang est très protecteur vis-à-vis de Claude. Leur amitié semble d’ailleurs de plus en plus ambiguë. Ce qui n’empêche pas Lang d’être tombé amoureux d’Anita. Il souhaite protéger et aider cette dernière. Dans le même temps, il pense que la personne qui doit passer en premier pour lui n’est autre que Claude. Monsieur Harnois lui ayant annoncé qu'Anita a disparut, il a conseillé à ce dernier de la chercher dans un endroit où elle pourrait se sentir bien.

Claude : Il s'est transformé pour la deuxième fois en fille. Afin de cacher son état, il était rentré chez lui. Il est retourné en cours après être redevenu normal.

Anita : Fille de monsieur Harnois (le professeur de mathématiques de nos héros), elle a découvert il y a peu qu’elle est enceinte. Sa mère est dans le coma depuis des années et elle ne s’entend pas du tout avec son père qu’elle juge responsable de l’état de sa mère. Elle a fait part de certaines de ses craintes à Brice et lui a aussi confié qu’elle allait avorter dans quelques jours. Elle semble amoureuse de Lang mais a bien compris que pour l’adolescent, elle n’est pas la personne la plus importante dans son cœur. Elle a finalement renoncé à avorter au dernier moment et s'est réfugié dans un parc. C'est là que son père la retrouve après des heures de recherche. Il va alors lui apprendre l'horrible vérité : certes, il est responsable de la chute de sa mère (qui l'a plongé dans le comas), mais s'il l'a fait, c'était pour protéger sa fille (Anita) qui n'avait alors que 3 ans.

Monsieur Harnois : Professeur de mathématiques, c'est aussi le père d'Anita. Il n'arrive pas à communiquer avec sa fille. Suite aux révélations qu'il a faite à sa fille, celle-ci a décidé de lui dire la vérité et vient de lui annoncer qu'elle est enceinte.

 

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Merci à metherland pour la correction de ce chapitre (vous allez voir, il devrait être agréable à lire car je pense qu'elle a supprimé toute les fautes !)

 

27/03/2015 : vous allez rire... ou pas... ce chapitre était prêt et je croyais l'avoir mis en ligne depuis au moins 2 ou 3 ans... non, non, ce n'est pas une blague... bon... ben voilà, quoi... quand je disais plus haut que la motivation n'était plus là...

 

 

Loup apprivoisé

 

Deuxième partie

 

 

Chapitre XXXIII

** La fin d'une histoire **
 

 

Lang referma son livre d’un geste brusque, ce qui fit sursauter son compagnon de chambre.

- Qu’est-ce qui se passe ?
Demanda gentiment Claude.

- Je ne sais pas si monsieur Harnois a retrouvé Anita, répondit simplement l’adolescent avant de croiser ses mains derrière la tête.

Claude n’aurait pu dire quel était ce sentiment qui lui comprimait la poitrine, mais c’était désagréable. De son côté, Lang envisageait déjà d’aller chez le père et la fille dès le lendemain matin. Il savait qu’il n’aurait aucun mal à les retrouver grâce à son flair. Cependant, suite au passage d’un gardien de nuit, venu l’informer que le professeur de mathématique avait laissé un message, lui indiquant qu’il avait retrouvé sa fille, l’adolescent ne songea plus à sortir le lendemain.

- Tu es rassuré ?
Demanda Claude sans même le regarder.

- Evidemment, répondit l’adolescent en reprenant son livre.

- Tant mieux…, murmura Claude en se concentrant sur ses devoirs.

Satisfait de la nouvelle, Lang reprit son roman et reprit sa lecture avec beaucoup plus d'intérêt.

De son côté, Anita, lasse d'avoir tant pleurée, s'était endormie dans la voiture, sur le chemin du retour. Et c'est sans vraiment être sortie de son sommeil qu'elle se laissa tomber sur son lit après que son père l'ait réveillée à leur arrivée chez eux.

Juste après leur retour, monsieur Harnois, n'ayant pas oublié qu'il avait promis à Lang de le prévenir lorsqu'il aurait retrouvé sa fille, appela l'école afin qu'un gardien puisse transmettre le message. Cela fait, il s'était assis sur un fauteuil et s'était pris la tête entre les mains. Sortant son portefeuille, il y chercha la photo de son épouse, précieusement conservé dans une petite pochette. Regardant la femme qui lui souriait, il passa les doigts sur son visage fin avant de murmurer :

- J'ai été obligé de tout dire à notre fille... pardonne-moi... – L'homme se reprit une nouvelle fois la tête entre les mains. – … mais qu'allons-nous faire..., poursuivit-il dans un murmure.

Monsieur Harnois tourna la tête vers l'escalier. Sa fille devait dormir à poings fermés au vu de son état de fatigue. La révélation qu'elle venait de lui faire quant à sa grossesse l'avait sur le moment surpris, puis, quelques minutes plus tard, il se souvenait s'être demandé comment il était possible que sa chère petite fille ait pu avoir des rapports sexuels avec un garçon et pour finir, il s'était interrogé au sujet de l'attitude à adopter. Il avait donc fait ce qu'il pensait être le mieux, en serrant son enfant dans ses bras et lui murmurant de ne pas s'inquiéter. Mais à présent qu'il pouvait réfléchir à tête reposée, une seule question lui revenait sans cesse : « Que faire ? ». Que devait-il conseiller à sa fille ? Devait-elle garder le bébé ? Mais à 17 ans à peine, pourrait-elle être une bonne mère ? Devait-il lui conseiller une autre option ? L'homme ne savait plus et c'est avec un soupir qu'il s'étendit sur le divan et s'endormi sans même le réaliser.

 

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Madame Birmanya ramena ses lunettes sur son nez pincé avant de réclamer le silence. Ce dernier ne se fit pas attendre et c'est en toute sérénité qu'elle poursuivit son explication. Lorsqu'elle eut terminé, elle demanda, comme elle en avait l'habitude, si tout était bien compris avant de donner une liste d'exercices à ses élèves.

Claude commençait à les faire lorsqu'il s'aperçut que son voisin ne bougeait pas. Il lui donna donc un petit coup de coude et interrogea son ami du regard. Ce dernier se contenta d'un petit haussement d'épaule et fit la même chose que ses camarades de classe. Pourtant, moins de dix minutes plus tard, ils furent interrompus par l'arrivée d'un jeune homme. Tout en détaillant le nouvel arrivant, l'adolescent se demanda vaguement pourquoi certaines filles gloussaient de la sorte.

- Ha, parfait. Alexandre, approchez.

Le jeune homme se plaça près de la femme et attendit en adressant des sourires à tous les élèves qui le regardaient.

- Mesdemoiselles, messieurs, je vous présente Alexandre de Montmirage. Durant toute cette semaine, c'est lui qui vous fera cours.

- Vous partez quelque part ?
Demanda précipitamment Claude, sans même le réaliser.

Surprise, la femme interrogea néanmoins :

- Est-ce de la joie ou de la déception que j’entends dans votre voix ?

- Je n'ai pas envie que vous partiez, répondit le garçon, en toute sincérité.

- C'est gentil, répondit simplement la femme avant de reprendre. Rassurez-vous, je ne pars pas. Monsieur de Montmirage vient juste faire un stage de quelques jours chez nous.

Le reste du cours se passa en présence du nouveau venu. Quelques minutes avant la fin des cours, l'enseignante littéraire annonça à ses élèves que s'ils voulaient poser des questions au professeur qui leur ferait cours quelques jours, ils pouvaient le faire.

- Vous êtes marié ?
Demanda une fille.

Lang se souvint que lorsque Laurent Vincent était venu, la même question avait été posée d'emblée. Mais si l'autre avait semblé troublé, celui-ci se contenta de sourire avant de répondre :

- Non, pas pour l'instant.

- Cool, dirent plusieurs filles en même temps.

Madame Birmanya remonta ses lunettes et décida de ne pas reprendre ses élèves sur le terme employé.

Alexandre se contenta de sourire de nouveau. Après avoir répondu à quelques questions qui, en sommes, se résumaient à peu près toutes à savoir s'il avait quelqu'un dans sa vie ; il leur expliqua que durant les quelques jours où il serait présent parmi eux, ils allaient tenter d'écrire une histoire commune.

- C'est à dire ?
Demanda Joël.

- Nous serons ensemble quatre jours. Durant les deux premiers, nous allons beaucoup discuter et tenter de trouver une idée originale. Cependant, elle ne devra pas être longue. Le troisième jour, nous déciderons de ce qu’il faut garder et pour finir, le quatrième, nous écrirons l’histoire.

- Ca me semble un peu court, quatre jours pour faire ça, fit remarquer Lang.

- C'est le temps pendant lequel je serai là, nous devrons donc nous débrouiller pour tout finir en quatre jours.

- Vous ne pourriez pas plutôt nous faire faire des choses plus classiques ?

Cette fois-ci, Alexandre fut déstabilisé. Il n'allait, bien sûr, pas expliquer aux jeunes lui faisant face que c'était la toute première fois qu'il allait exercer le métier de professeur. Tout comme il n'allait pas leur dire qu'il avait passé des journées entières à se demander ce qu'il pourrait bien trouver pour intéresser son auditoire. Et il pouvait encore moins avouer que ce garçon qui se permettait de lui dire ouvertement que son idée était mauvaise, le mettait très mal à l'aise. Il allait tenter de dire autre chose lorsque la sonnerie retentie et clôtura la discussion.

- Attendez, dit-il avant de laisser partir les élèves.

Tous les yeux se retournèrent vers lui, pas vraiment ravis de perdre quelques précieuses secondes de récréation. Pourtant, il poursuivit :

- Commencez déjà à réfléchir aux personnages et à l'histoire. Le thème sera : « La transformation ».

Claude et Lang échangèrent un regard, puis, suivirent leurs camarades de classe tout en saluant madame Birmanya et Alexandre de Montmirage.

Une fois à l'extérieur, les deux amis s'assirent sur un banc. Durant plusieurs minutes, ce fut un silence pesant qui régna entre eux avant que Claude ne le brise :

- Qu'est-ce qui se passe ?

- C'est à dire ?

- Hé bien... tu n'avais pas l'air concentré aujourd'hui. C'est encore un cours que tu n'avais pas besoin d'entendre ?

- Non... ce n'est pas ça...

- Alors, qu'est-ce qu'il y a ?

- ...

- Lang ?

- ... Anita me manque...

- ... ha...

- ...

- Pourquoi ne pas… pourquoi tu ne vas pas chez elle… ?

- Je…

L’adolescent s’arrêta dans sa phrase et se leva.

- Lang ?

Son ami regarda dans la même direction et vit Anita, à quelques mètres à peine. Lang fit un geste pour aller vers la jeune fille mais la cloche retentit et, à contrecœur, l’adolescent suivit son ami vers leur salle de classe.

L’adolescente les suivit du regard avant de tourner les talons et de se diriger vers l’infirmerie. Là, le docteur Perrine l’accueillit avec un sourire. Elle le lui rendit machinalement avant de demander :

- Brice n’est pas là ?

- Non. Aujourd’hui c’est Gaël qui…

- D’accord, merci, coupa Anita avant de quitter le médecin pour aller voir l’infirmier. Celui-ci était en train de faire du rangement dans l’armoire à pharmacie mais il s’arrêta lorsqu’elle entra dans la pièce.

- Où est Brice ?
Demanda Anita, sans aucun préambule.

- Heu… aucune idée, pourquoi ?

- Parce que je dois lui parler.

- …

- Vous pouvez peut-être lui transmettre un message.

- Ca devrait pouvoir se faire. Dis-moi ce que je dois lui dire.

- … juste… « merci »…

- ?

- Je veux juste le remercier…

- Je lui transmettrai le message, ne t’en fais pas.

L’adolescente sourit et sortit avant de revenir sur ses pas.

- Qu’est-ce qu’il y a ?
Interrogea Gaël.

- Dites-lui aussi… que je vais garder le bébé. Et que cet enfant, quelques soient les difficultés que je rencontrerai, je ferai tout pour qu’ils soient heureux.

- …

- Vous lui direz ça aussi ?

- Oui, je lui dirai.

L’infirmier laissa l’adolescente partir avant de recommencer à ranger les médicaments.

A quelques kilomètres, Brice était assis sur le banc d’un parc. Il regardait les familles et les couples se promener et rire. A l’intérieur de sa tête, quelque chose semblait vouloir ressurgir, malheureusement pour lui, un violent mal de tête l’empêcha de voir ce que sa mémoire voulait lui montrer. Il se prit la tête entre les mains et ne releva les yeux que lorsqu’il vit quelqu’un s’arrêter en face de lui.

 

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Lorsque la cloche sonna afin d’annoncer la fin des cours, Lang n’attendit même pas Claude et sortit de la classe. Une fois dans la cour, il se mit à courir, guidé par son flair jusqu’à la sortie. Là, il trouva Anita, sur le point de partir. Il la rappela et elle se retourna avant de se diriger vers l’adolescent.

- Je pense que nous devons discuter, dit-elle en s’approchant de son ami.

- Oui…

Les deux jeunes firent quelques pas afin de s’asseoir sur un banc. Là, bien qu’entourés de beaucoup d’élèves, ils seraient tranquilles car personne ne ferait attention à eux et leur discussion.

- J’ai tout dit à mon père, annonça la jeune fille sans préambule.

- Et qu’est-ce qu’il a dit ?

- « Ca va aller »… c’est ce qu’il m’a dit.

- …

Anita chercha à accrocher le regard de Lang avant de continuer :

- Je vais garder le bébé.

- C’est… une bonne nouvelle.
Lang lui adressa un sourire auquel elle répondit avant de reprendre :

- Je sais que tu m’as promis de m’aider.

- Oui, et je vais le faire, assura l’adolescent avec conviction.

- Je m’en doute. Dès que je t’ai parlé pour la première fois, j’ai su que tu étais un garçon de parole.

- … où veux-tu en venir ?

- … tu n’as que quatorze ans…

- Bientôt quinze.

- Oui, d’accord. Mais tu as encore tant de choses à découvrir et à faire. Un jour, tu regretteras ta décision.

- Non… je… j’y ai réfléchi.

- Ca, j’en doute vraiment.

- Mais…

- Laisse-moi finir, s’il te plaît.

- …

- Si un jour j’ai besoin d’aide, je te le dirai, c’est promis. Mais cet enfant, tu n’as rien fait pour qu’il soit là et je ne peux pas te demander d’être son père.

- …

- Et même si aujourd’hui tu penses être suffisamment amoureux de moi pour sacrifier une partie de ta vie, un jour, tu le regretteras, crois-moi.

- …

- Laisse-moi au moins te rendre ce service. Tu m’as beaucoup aidé. Bien plus que tu ne l’imagines, alors laisse-moi faire la seule chose que je puisse faire pour toi.

- Anita…

La jeune fille ne le laissa pas protester et colla ses lèvres sur celles du préféré des professeurs. Ce dernier oublia, l’espace de ce baiser, le monde autour de lui, ce qu’il était, la protection qu’il s’était promis d’assurer pour Claude. Il se contenta de penser à celle qu’il serrait dans ses bras. Mais la réalité revint lorsqu’elle se libéra de son étreinte et partit sans un mot.

Resté seul, l’adolescent ne bougea pas durant plusieurs minutes. Autour de lui, rien ne lui semblait réel. C’est avec un effort qu’il se leva du banc et se dirigea vers sa chambre. A quelques mètres à peine, Gaël le regarda s’éloigner. Son visage était impassible, pourtant, il compatissait avec ce jeune homme qui commençait tout juste à expérimenter les mêmes choses que ceux de son âge. Sachant très bien que cela n’était pas possible, il espéra cependant que l’adolescent pourrait encore très longtemps vivre à peu près comme tous ceux qui l’entouraient.

Lorsque Lang entra dans la chambre, il trouva Claude, assis à son bureau, faisant ses devoirs.

- Tout va bien ?
Interrogea celui-ci.

Lang ne répondit pas et s’assit sur son lit. Les yeux levés au plafond, il refit défiler dans sa tête les évènements des minutes précédentes.

- Lang ?

La voix de Claude lui semblait vraiment lointaine. Pourtant, il fut ramené vers lui en sentant ses bras autour de son corps.

- Qu’est-ce que tu fais ?
Demanda Lang, sans même chercher à se dégager.

- Margueritte me prend toujours dans ses bras de cette façon quand je pleure, murmura son ami.

- Je… ne… pleure pas, dit simplement Lang, sachant pertinemment que c’était un mensonge.

Durant plusieurs minutes, il laissa Claude le tenir contre lui et passer une main dans son dos. Finalement, les choses échappaient à son contrôle mais ce n’était peut-être pas si désagréable de se laisser consoler par l’une des personnes à laquelle il tenait le plus.

- Claude, murmura-t-il soudain.

- Oui ?

- Tu sais, je crois qu’avec Anita… c’est finit…

Claude ne sut ce qu’était ce sentiment de soulagement au fond de son cœur. Mais en même temps, il souffrait pour son ami qui semblait vraiment malheureux.

La cloche qui retentit afin d’annoncer aux internes que le dîner était prêt, sépara les deux adolescents. Sans un mot, Claude se leva et alla se laver les mains. Lang attendit qu’il ait fini pour lui-même aller dans la salle de bain et se passer de l’eau sur le visage.

Quelques minutes plus tard, les deux garçons s’asseyaient à une table et commençaient leur repas en silence. 

A la table des professeurs, Alexandre discutait avec les autres enseignants présents, très peu nombreux, en réalité, le soir. Tout en parlant, son regard faisait un tour de la salle. Il y avait beaucoup d’interne dans cet établissement, et sans même s’en rendre compte, il plaignit ces enfants, qui, pour une raison ou une autre, ne pouvaient pas rentrer chez eux une fois la journée d’école terminée. Et sans savoir pourquoi, son regard fut attiré par deux adolescents, assis dans le coin le moins visible de la cantine. Il les observa de longues minutes, avant de détourner le regard.

- Lang...

L'adolescent releva les yeux vers Claude.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Tu ne fini pas ton dessert ?

Le jeune homme se rendit soudain compte qu'il n'avait qu'entamé son flan. Il s'apprêtait à répondre lorsqu'il sentit un regard posé sur lui. A quelques mètres de lui, Pascal lui lançait un regard noir. Ce garçon l'agaçait. Il ne disait rien, mais veillait sur Claude comme une poule sur ses poussins. Il avait presque hâte que l'année scolaire se termine afin qu'il ait son baccalauréat et parte de cette école. Cependant, et même si cela l'ennuyait de le reconnaître, il devait bien avouer que ces derniers temps, il avait sans doute apporté du souci à Claude sans même s'en rendre compte. C'était peut-être pour cette raison que Pascal le fixait de la sorte.

- Lang ? Ton dessert... tu...

- Je n'ai plus faim, répondit simplement l'adolescent en se levant avec son plateau.

Quelques minutes plus tard, les deux amis étaient de retour dans leur chambre, mais contrairement à son habitude, le garçon au regard sombre ne lisait pas. Il se contentait de fixer la porte de la salle de bain que Claude ne devrait plus tarder à franchir. Il soupira et rencontra un sourire lorsque son ami revint dans la chambre.

- Tu as besoin d'y aller ? Tu aurais dû me le dire, je me serais dépêché.

- Non... je voulais te dire...

- Oui ?

- Sur les dix jours de vacances que nous allons avoir... tu as envie de passer une semaine avec moi ?

Le visage de Claude se fendit d'un sourire encore plus grand et sans même le réaliser, il cria presque :

- Nous allons passer toute une semaine ensemble ? C'est super !

- Claude... au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, je te signale que nous passons déjà tout notre temps ensemble, alors pour ce que ça va changer...

Claude sentit son coeur faire un bon dans sa poitrine. Il avait l'impression que Lang, « son Lang » était bel et bien de retour. De la gentillesse, ajoutée à une pointe de moquerie, c'était bien lui. Ce qui ne l'empêcha pas de répondre :

- La dernière fois que nous sommes partis en vacances tous les deux, c'était tellement... tellement merveilleux... j'ai envie de revivre ça...

Lang se contenta de lui adresser un sourire, mi-amusé, mi-moqueur. Il n'avait donc encore que quelques jours à passer à l'école avant de partir en vacances, ce qui permettrait peut-être à Lang d'oublier Anita.

 

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C'était la nuit et Gaël courrait à travers les couloirs d'un hôpital. Lorsqu'il arriva devant la bonne porte, il entra sans même avoir frappé. A l'intérieur de la chambre, assis dans le lit, Brice se redressa en le voyant arriver.

- Gaël..., murmura-t-il en le voyant.

- Qu'est-ce que tu fous là ?
S'énerva l'autre.

- Je... heu... j'étais au parc... sur un banc... et... heu... j'ai eu... très mal à la tête... j'ai eu l'impression de me souvenir de quelque chose... et... heu... quelqu'un... est venu... vers moi... et... et... je ne me souviens... plus... de ce qui s'est passé...

A quelques mètres à peine, une femme venait d'arriver pour récupérer un enfant. Le médecin avec ce dernier lui adressa un sourire et lui demanda :

- Je peux vous parler une minute ?

La femme jeta un coup d'oeil rapide à l'enfant avant de répondre sèchement :

- Je n'ai pas beaucoup de temps à vous accorder, alors faites vite !

Un peu surpris, le médecin n'en répondit pas moins :

- C'est votre fils qui a appelé les secours pour un homme qui avait perdu connaissance. Mais j'ignore pourquoi, il a peur que vous le grondiez. Je pense qu'au contraire, vous devriez le féliciter, n'est-ce pas ?

- Docteur.

- Oui ?

La femme se para d'un sourire charmeur avant de reprendre :

- Ne vous inquiétez pas, je sais ce qu'il convient de faire.

Puis, sans un mot supplémentaire, elle tourna les talons et fit signe à l'enfant de la suivre.

Lorsqu'ils furent sortis, et assez éloignés de l'hôpital, l'enfant murmura :

- Maîtresse... je suis... désolé...

La femme se retourna, le visage déformé par la colère. Elle leva la main, mais retint son mouvement et se contenta de demander, avec un calme et froid :

- Je peux savoir ce qui t'a pris ?

- Je... je voulais... juste lui parler... je...

- Il a perdu la mémoire, il ne peut pas te reconnaître.

- Mais...

- Ca suffit, je ne veux plus rien entendre !

- ...

- Une dernière chose. Pourquoi ce médecin a-t-il pensé que j'étais ta mère ?

L'enfant regarda ses doigts avec un intérêt profond avant de répondre d'une voix quasi-inaudible :

- Je voulais vous appeler, mais il m'a dit qu'il allait le faire et il m'a demandé le numéro de mes parents.

- Tu aurais dû répondre que tu n'avais pas de parents. Je ne suis pas ta mère. Au mieux, tu peux dire que je suis ta tutrice.

- ... je suis désolé... maîtresse..., dit simplement l'enfant, la tête baissé.

La femme se contenta d'avoir un petit haussement d'épaule et le trajet du retour en voiture se fit dans le plus grand silence.

A l'hôpital, Brice, lui aussi, se faisait réprimander. Gaël semblait inépuisable en reproches et il les encaissait tous sans broncher. Il fallut plusieurs minutes avant que Gaël ne se calme. Brice en profita alors pour dire :

- Je suis vraiment désolé de t'avoir inquiété.

- Je ne me suis pas inquiété !

- Ok, ok. On rentre ?

- Non, le médecin veut te garder en observation cette nuit.

- Mais...

- Demain matin, tu n'as pas intérêt à être en retard à l'infirmerie.

Brice se contenta d'acquiescer et se rallongea avant de s'endormir. Il ne se souvenait de rien, mais il savait que sa mémoire était sur le point de resurgir. Ainsi, il en était sûr, il pourrait savoir qui il était vraiment.

A des kilomètres de là, dans la chambre 302, Claude rêvait aux futures vacances qu'il allait passer en compagnie de Lang. Dans son sommeil, un sourire étira ses lèvres.

 

 

Fin du chapitre XXXIII

A suivre…

Commencé le 30 novembre 2011 et terminé le 23 février 2012.

 

 

Note de fin de chapitre : Je ne m'y attendais pas, mais je commence à vraiment m'attacher à Brice ! Pas vous ?
Naëlle
 

 

 

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Chapitre 34

 

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