Auteur: Naëlle
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Titre: Loup apprivoisé

 

Note : Bonjour tout le monde. Pas de longs blablas aujourd'hui, parce que je suis assez fatiguée. Je vous souhaite tout de même une excellente lecture en espérant que ce chapitre vous plaira.

 

 

 

Loup apprivoisé

 

Première partie : d’étranges adolescents

 

 

Chapitre XIX

** Valentine **


 

 

Claude arriva parmi les premiers à l’école. Là, il chercha du regard ses amis, mais ceux-ci n’étaient pas encore arrivés.

- Tu as passé de bonnes vacances ?

Lui demanda Iseut en s’approchant de lui.

Son inconscient lui criant de ne pas rester près de cette fille, Claude chercha une échappatoire qui arriva avec l’entrée de Lang dans la cour.

- Ton chevalier servant est arrivé, dit alors l’adolescente avec un sourire moqueur.

- Cette fille est bizarre, murmura le garçon alors que son ami arrivait près de lui.

- Ouais. Tu es tout seul ? Tes amis ne sont pas encore là ?

- Non. Ca va ?

- Ouais, super.

Claude se demanda s’il devait insister car au vu des cernes sous les yeux de son compagnon de chambre, il imaginait que celui-ci n’avait pas dû suffisamment dormir ces derniers jours.

- Qu’est-ce que tes parents ont dit ?
Demanda Claude alors que les deux garçons se dirigeaient vers leur chambre.

- Rien. Quand je suis rentré, ils ne m’ont rien dit.

- ...

- Lang...

- Ouais ?

- Tu sais... dans le train... tu m’as demandé quelles ont été mes vacances préférées...

- ... oui, et ?

- Je n’ai pas voulu te répondre parce que je ne pouvais pas... mais si tu me reposes la question aujourd’hui, je te donnerai une réponse.

Lang eut un petit sourire, comprenant très bien ce que voulait dire son ami.

 

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Valentine écoutait son cours d’anglais d’une oreille distraite. Durant les vacances, elle avait cru pouvoir calmer cette attirance qu’elle éprouvait pour Claude. Mais il avait suffit qu’elle soit à quelques mètres de lui pour réaliser que ce n’était pas aussi simple que cela.

- T’as un problème ?
Lui demanda soudain l’une de ses camarades de classe.

- Non, aucun, murmura la jeune fille.

 

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Les élèves attendaient leur professeur de mathématique, espérant plus ou moins revoir le visage bien connu de madame Colin, mais à sa place, se fut monsieur Harnois qui apparut.

- Bonjour tout le monde, dit-il en entrant.

- Où est madame Colin, demanda Margueritte sans même chercher à lui cacher qu’elle ne l’attendait pas.

- Votre ancien professeur de mathématique ne reviendra sans doute pas cette année. C’est pour cette raison que c’est moi qui vous ferai cours durant les mois qui restent. D’autres questions.

- Oui, moi, j’en ai une.

Se retournant vers Lang, l’homme attendit qu’il parle.

- Savez-vous où est madame Colin.

- Non. Elle a simplement dit au directeur qu’elle voulait prendre du recul. Elle est donc partit en voyage et reviendra peut-être l’année prochaine.

Satisfait avec cette réponse, l’adolescent eut un sourire. Finalement, madame Colin avait décidé de reprendre sa vie en main. Elle allait vivre, et c’était bien cela le principal.

Durant les heures qui suivirent, les collégiens n’échangèrent quasiment pas un mot. Après tout, comme le disait souvent Odette Birmanya, ils étaient là pour travailler et pas pour discuter. Si cet état avait convenu à Claude depuis le début de l’année, ce jour-là, il mourrait d’envie de discuter avec Lang. Durant les quelques jours qu’il avait passé avec lui durant les vacances, il s’était rendu compte que son compagnon de chambre était d’une compagnie des plus agréable. Mais Lang semblait différent lorsqu’il était au milieu d’autres personnes : il reprenait son air supérieur.

- Gaumont !

L’adolescent sursauta avant de rencontrer le regard sévère de Madame Birmanya qui remontait ses lunettes sur son nez.

- Heu... oui... ?

- Page 59 ! Lis le texte !

Ce n’était, visiblement pas, la première fois qu’elle le lui demandait.

- Idiot, à quoi tu penses ? On est en cours !

Lang venait de murmurer ses paroles, mais elles n’en étaient pas moins froides et dures.

- Madame, dit Margueritte avant que Claude ait pu commencer sa lecture.

- Oui ? Qu’y a-t-il ?

- C’est vrai qu’il y a un bal de fin d’année dans cette école ?

- Je ne vois pas le rapport avec le cours, répondit la femme en s’asseyant à son bureau.

- Il n’y en a pas, mais je viens d’y penser, répondit l’adolescente, un grand sourire aux lèvres. Tout comme Lang, elle savait qu’elle avait la possibilité de se permettre certains écarts que d’autres n’auraient même pas envisagé.

- Effectivement, il y a bien un bal. Mais seulement pour les lycéens. Vous devrez donc attendre l’année prochaine pour pouvoir y prendre part.

- Mais... ce n’est pas juste, répliqua la jeune fille.

- Mais c’est comme ça. Gaumont, vas-y, lis le texte.

- Tu as l’air vraiment déçue de ne pas pouvoir aller à ce bal, chuchota James à sa soeur. Mais cette dernière ne répondit pas et se contenta de suivre la lecture.

 

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Lorsque Pascal entra dans sa chambre, après plusieurs jours d’absence due aux vacances, il sentit immédiatement que quelque chose avait changé. Son compagnon de chambre était silencieux et n’avait même pas bougé lorsqu’il était entré dans la pièce.

- Un problème avec Valentine ?
Demanda le jeune homme, persuadé que l’adolescente était forcément la cause de l’état du garçon.

- … nous avons… rompu…, murmura Denis.

Surpris par ses paroles, Pascal ne su quoi répondre sur le coup. Il mit donc plusieurs minutes avant de demander :

- Vous vous êtes disputés pendant les vacances ?

Sans même le regarder, Denis répondit :

- … non… on… Valentine… m’a téléphoné il y a quatre jours… Je suis allé à la voir… et là, elle m’a dit… qu’elle n’était plus sûre de m’aimer… qu’elle n’était pas sûre de m’avoir jamais vraiment aimé… et voilà… j’ai sourit… en lui disant que je comprenais… j’ai sourit… c’est elle qui m’a réapprit à sourire… et aujourd’hui… elle m’abandonne… je dois faire parti de ces gens… qui ne méritent pas d’être aimé… tu ne crois pas… ?

Adressant un sourire forcé à Pascal, le jeune homme attendait une réponse. Cependant, celui qu’il considérait un peu comme son grand frère se contenta de lui adresser un regard compatissant avant de reprendre :

- Tu as le droit de pleurer quand tu es malheureux.

- « Pleurer » ? Pourquoi est-ce que je pleurerai ? Quand j’ai commencé à sortir avec Valentine, je me suis promis de ne plus pleurer… un homme, ça ne pleure pas… moi… j’ai déjà tellement pleuré… je ne…

Sans le laisser finir, Pascal s’approcha avant de le prendre dans ses bras. Comme si ce dernier n’avait attendu que cela, il se mit à sangloter doucement.

- … je l’aime…

- Je sais, se contenta de répondre Pascal.

 

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Lang avait repris ses anciennes habitudes et faisait comme si son compagnon de chambre n’existait pas. Son roman en main, installé sur son lit, il se contentait de lire depuis plus d’une heure lorsque Claude décida qu’il fallait que cela change.

- Lang.

- Hum ?

- Lang, regarde-moi, s’il te plait.

Tournant la tête sur le côté, l’adolescent demanda :

- Quoi ?

- J’aimerai savoir…

- Quoi ?

- Qui est le véritable toi.

- C’est-à-dire ?

- Est-ce que tu es vraiment toi quand tu m’ignores et que tu es désagréable avec moi ? Ou alors tu es toi-même quand tu es comme lorsqu’on était en vacances ?

- Et toi ? Qui es-tu ? Un gamin qui pleurniche sans cesse en réclamant l’amour de sa mère ? Ou bien un ado normal qui s’amuse de tout avec ses amis ?

Ne s’étant pas attendu à ce que Lang lui renvoie la même question qu’il venait de poser, Claude ne su que répondre. Pourtant, s’il ne pouvait donner une réponse satisfaisante, il se doutait que Lang de ne lui répondrait jamais. Pourtant, c’est son compagnon de chambre qui reprit la parole :

- J’ai été désagréable avec toi aujourd’hui ?

Claude éclata de rire. Ainsi donc, son ami ne s’était même pas rendu compte de son attitude. Il n’avait sans doute pas réalisé non plus qu’ils ne s’étaient quasiment pas adressés la parole de toute la journée.

- J’ai dit un truc drôle ?

- N… non… désolé…, répondit Claude entre deux fou rire.

- …

Le préféré des professeurs reprit sa lecture et Claude reprit, plusieurs minutes plus tard, calmé de son hilarité :

- Lang…

- Ouais ?

- Est-ce que tu pourrais arrêter un peu de lire ?

- Ouais, pourquoi ? Tu as besoin de moi ?

- … non… pas exactement… je voudrais juste… avoir l’impression que j’existe. Comme quand on a été à la mer. J’ai eu l’impression que tu me voyais vraiment.

L’adolescent au regard sombre se contenta de sourire avant de fermer son livre.

- Il s’est passé un truc avec tes parents, c’est ça ?

- …

- Qu’est-ce qu’ils t’ont dit ?

- Ils…

Quelques coups frappés à leur porte stoppèrent les adolescents. Avec un soupire, Lang se dirigea vers l’entrée. Il se retrouva alors face à l’un des veilleurs de nuit. Ce dernier se contenta de les regarder, puis, sans un mot partit toquer à la porte d’à côté.

- Qu’est-ce qui se passe ?
Demanda Claude en s’approchant de son compagnon de chambre.

- Comment veux-tu que je le sache ? Mais on dirait bien qu’il y a un problème.

Durant toute la nuit, les gardiens firent des rondes encore plus fréquentes qu’à l’accoutumée. Lang, incapable de dormir, les surveillait de la fenêtre. Il avait bien envie de sortir, mais il ne pouvait pas laisser Claude seul. 

« Mais qu’est-ce qui se passe ? », pensa-t-il pour la nième fois lorsque les premiers rayons de soleil apparurent.

Quelques heures plus tard, il eut enfin sa réponse : une élève avait été emmenée à l’hôpital. D’après les premiers examens, elle aurait été attaquée par un ours.

- Il y a des ours dans le coin ?
Chuchota Claude à Lang, tandis qu’Odette Birmanya leur recommandait la plus grande prudence.

- Pas à ma connaissance.

« Il y a quelque chose de bizarre dans cette histoire », pensa-t-il après. Mais il ne fit pas part de ses craintes à son ami et c’est en silence que les deux collégiens passèrent les heures suivantes.

Lorsque l’heure du déjeuner sonna, comme à son habitude, Lang laissa Claude rejoindre ses amis et partit seul vers la cantine. En chemin, il croisa Valentine qui lui adressa un sourire.

- Ca ne va pas ?
Lui demanda-t-il en arrivant à sa hauteur.

- J’ai l’air d’aller mal ?
Répliqua-t-elle sans cesser de sourire.

- Oui. Alors ? Qu’est-ce qui t’arrive ?

- … j’ai rompu avec Denis, puisque ça a l’air de tellement t’intéresser.

- Tu as eu bien raison. Vu ce que tu m’as dit la dernière fois, tu ne l’aimais pas vraiment. Il était donc inutile de rester avec lui.
Se contenta de répondre l’adolescent avant de continuer son chemin.

La jeune fille le laissa passer avant de réaliser que des larmes coulaient le long de son visage. Bien sûr qu’elle avait eu raison de quitter Denis… après tout, le temps qu’elle avait passé avec lui ne représentaient pas grand-chose… il lui avait servit à sortir de son enfermement quelques années plus tôt… non, il n’était pas grand-chose.

 

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- Quelqu’un a vu Margueritte ?
Demanda James en venant vers ses amis réunis dans la cours de récréation.

- Non. Vous n’étiez pas ensemble ?
Demanda Julia.

- Non, on a été chercher nos livres d’Histoire, mais chacun de notre côté.

- Ne t’inquiète pas, je pense qu’elle ne devrait pas tarder, lui dit Sonia. Mais cela n’eut pas l’air de le rassurer et il repartit à la recherche de sa jumelle.

Margueritte avait toujours été très possessive. Quelques mois plus tôt, elle avait encore montré à son frère combien elle était attachée à lui. Ce qu’elle craignait : que son frère aime une autre fille plus qu’elle. Qu’il l’abandonne et que ce lien qui s’était créé dans le ventre de leur mère ne s’effiloche pour finir par se rompre. Depuis toujours, James l’avait rassuré : jamais il ne l’abandonnerait. Jamais…

Ce qu’il vit ce jour là, il sut tout de suite que c’était la réalité car il n’aurait jamais pu le rêver.

Devant lui, caché par le mur d’un bâtiment : sa sœur, sa jumelle, son autre lui-même, embrassait Pascal.

- Ja… James…

- Qu’est-ce que tu fais à ma sœur ????
S’énerva l’adolescent.

Pascal, surpris, ne su que répondre. James profita de son déconcertement pour attraper sa jumelle par le bras. Il l’entraîna avec lui avant de se retourner et dire, furieux :

- Je t’interdis de l’approcher !!!!

- James… calme-toi, murmura l’adolescente en tentant de se libérer de la prise de son frère. Mais ce dernier la tenait fermement et ne voulait pas la lâcher.

S’arrêtant soudain, l’adolescent relâcha sa jumelle. Il lui adressa ensuite un regard empli de larmes.

- Ja... James...

- Comment... comment as-tu pu me faire ça ?... Toi... tu sais tout de moi... qu’est-ce que tu attendais... pour me le dire...

Il n’y avait que devant son frère qu’elle acceptait de reconnaître qu’elle avait tort, et à cet instant, elle se sentait vraiment prise en faute. Baissant la tête, elle se contenta de murmurer :

- J’attendais le bon moment...

Ne voulant pas en écouter d’avantage, le garçon partit en courant. Et pour la première fois depuis le début de l’année scolaire, les jumeaux arrivèrent dans leur salle avec plusieurs minutes d’écart l’un par rapport à l’autre.

 

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- Je vais vous rendre les devoirs que vous m’aviez rendus avant les vacances, annonça Madame Mangin, l’enseignante d’Espagnol.

- ... je vais encore avoir une mauvaise note..., chuchota Claude.

- Avoir des notes avoisinants les 10, ce n’est pas être mauvais, c’est être moyen, lui dit Lang sur le même ton.

Claude prit cela comme un encouragement et eut un sourire en s’apercevant que son compagnon de chambre s’était contenté de lui dire ce qui lui passait par la tête.

- Je vais commencer par les deux meilleures copies. Margueritte : 19,25 et Lang : 19,75. J’ai prit beaucoup de plaisir à lire vos rédactions.

L’adolescente récupéra ses feuilles de devoir, bouillonnant intérieurement. Une fois encore, Lang l’avait battu ! D’un demi point, certes, mais il l’avait tout de même battue. Elle tourna la tête et lui adressa un regard noir. Lang, sachant qu’elle enrageait, la regarda aussi, un petit sourire narquois aux coins des lèvres. Jusqu’à présent, le peu de fois où il était allé à l’école, jamais sa place de premier de la classe n’avait été mise en péril. Mais avec cette fille, assise aussi au premier rang, c’était différent. Il n’aimait pas cette adolescente, mais il devait bien reconnaître qu’un peu de compétition avec quelqu’un était plutôt agréable. Tous les concours qu’il avait passés jusqu’à présent ne lui avaient pas procuré un tel sentiment.

Madame Magin venait de rendre l’avant dernière copie et s’approchait à présent de Claude. L’adolescent sentit son coeur battre la chamade. Son devoir était-il si nul pour qu’elle lui rende en dernier ? Cependant, au vu du sourire qu’elle arborait, il ne savait plus quoi penser.

- Claude.

- Heu... Oui madame.

- Tu as vraiment beaucoup de lacune avec le vocabulaire, mais tu as très bien cerné la situation. Tu n’as que 13, mais en faisant un effort, tu devrais pouvoir atteindre 15 sans aucun problème.

Regardant la femme avec des yeux ronds, le jeune homme se contenta de prendre sa feuille, avant de réaliser qu’elle venait de l’encourager et lui dire que ce qu’il avait fait été bien.

- Elle m’a fait un compliment, chuchota-t-il à l’adresse de Lang.

- Oui, et alors ?
Pour l’adolescent, habitué à ce genre de chose, il ne comprenait pas que son ami soit aussi heureux pour ça.

 

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Cela faisait plusieurs jours que les cours avaient reprit et comme avant les vacances, Claude devait recommencer à lire les livres inscrits sur la liste faite par madame Birmanya. Ce jour là, il était dans la bibliothèque à la recherche d’un roman, lorsqu’il se retrouva plaqué contre une étagère.

- Tu ne devrais pas rester tout seul, lui dit alors Tristan.

- Laisse-moi partir, répondit l’adolescent, cherchant au maximum à cacher sa peur.

Le gardant prisonnier de ses bras, l’élève de Première poursuivit :

- C’est vraiment dommage que tu sois un garçon... enfin... tu es pour Iseut, alors je ne vais pas en faire un drame.

Plaçant soudain une main sur la joue de Claude, Tristan commençant à le caresser. Glacé d’effroi par ce contact, Claude ne pouvait plus bouger. Il fallait que quelqu’un vienne le sauver, que quelqu’un vienne... n’importe qui... Lang...

- Qu’est-ce que tu fais ?

Se tournant d’une façon nonchalante vers l’importune venue le déranger avec son nouveau jouet, Tristan croisa le regard sévère de Valentine.

- Tu commences à m’agacer sérieusement, toi !
Dit-il en partant.

La jeune fille eut un haussement d’épaule et se dirigea vers Claude.

- Ca va ?
Lui demanda-t-elle une fois près de lui.

- Ca... ça... va..., murmura l’adolescent en tremblant un peu.

- Je vais rester avec toi jusqu’à la reprise des cours, rajouta-t-elle avec un sourire doux.

Faisant un effort afin de rester à une distance raisonnable de l’adolescent, Valentine tint sa promesse et ne quitta Claude que lorsque la cloche retentit. Sur le chemin de sa classe, elle croisa Pascal dans un couloir. Elle sentit dans ses yeux un reproche caché, mais elle ne s’arrêta pas pour lui parler. L’heure qu’elle venait de passer avec Claude lui confirmait que l’adolescent risquait de plus en plus d’être en danger. Cet odeur... son odeur, était de plus en plus forte. Elle même avait eu du mal à s’empêcher de s’approcher de trop près. La prochaine fois qu’elle verrait Lang, il faudrait qu’elle lui en parle. Car bizarrement, ce dernier, partageant pourtant le même pouvoir de transformation qu’elle, ne semblait pas du tout affecté par cette odeur.  

 

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Lors du dîner, Claude ne cessa de regarder ses amis, tour à tour, essayant de comprendre ce qui se passait. Un silence profond régnait et personne ne semblait prêt à le rompre. Pascal gardait les yeux sur son assiette, Margueritte faisait à peu près la même chose et James ne cessait de jeter des regards à sa soeur, comme si celle-ci allait disparaître.

- Qu’est-ce qui se passe ?
Finit par demander l’adolescent.

Tous ses amis se retournèrent vers lui, surpris. Il était vraiment étonnant que Claude brise un silence et encore plus qu’il le fasse avec autant d’assurance.

- Ma soeur sort avec Pascal, annonça James.

- Quoi ? Depuis quand ?
Demanda alors Claude.

- Ca... je l’ai appris il y a peu, répondit le garçon tout en continuant à manger.

Julia, restée silencieuse depuis le début, prit à son tour la parole :

- Hé bien c’est super ! Pourquoi tu fais cette tête James ? Tu pensais garder ta soeur pour toi tout seul pour toujours ?

Le jeune homme ne répondit pas et le reste du repas se déroula dans le plus profond silence. Lorsque Claude prit sa dernière bouché, il vit Pascal se lever. Sans un mot, l’adolescent suivit son ami avant de le retenir par le bras, lorsqu’ils furent dehors.

- C’est vrai que tu sors avec Margueritte ?
Demanda Claude.

- James ne sait pas mentir. Oui, je suis avec Margueritte. Pourquoi ? Ca te choque ?

- Non, je suis simplement surpris… je ne pensais pas que… enfin… nous sommes amis depuis si longtemps… je ne pensais pas que l’un de nous sortirai avec Margueritte.

- …

- Pascal ?

- Je suis désolé de te décevoir.

Laissant le collégien, Pascal partit en direction de sa chambre. Claude voulut le rattraper pour lui dire qu’il n’était pas déçu, que ça ne changeait rien à leur amitié, que James finirait bien par comprendre. Mais un bruit derrière lui le fit se retourner.

- Ton chevalier servant n’est pas avec toi ?

- Iseut…
Murmura le garçon de troisième.

- Je suis heureuse de voir que tu te souviens de mon prénom, dit la jeune fille en s’approchant.

- Je dois aller me coucher.

- Hé là, pas si vite, petit garçon !

Le retenant par le bras, la lycéenne l’empêcha de s’en aller.

- J’ai beaucoup pensé à toi, tu sais ?

- Heu…

- C’est étrange que ton odeur attire en même temps les garçons et les filles, tu ne trouves pas ?

« Odeur ? De quoi parle-t-elle ? », s’interrogea l’adolescent.

- Je ne… comprends rien…, murmura Claude.

- Tristan n’a jamais eu ce genre d’attirance. Lui, il aime les femmes mûres. Pourtant, il ne peut s’empêcher d’être attiré par ton odeur… c’est vraiment enivrant, rajouta la jeune fille en approchant son visage de celui du garçon.

- Je…

- Claude ? Tu n’es pas encore dans ta chambre ?

Valentine venait d’arriver, et pour la deuxième fois de la journée, elle tira l’adolescent d’une situation qu’il n’appréciait pas.

Iseut toisa la future bachelière avant d’arborer un sourire étrange.

- Merci, murmura Claude lorsque Iseut s’éloigna.

- De rien. Décidemment, ces deux là n’ont pas l’air de vouloir te lâcher.

- …

- Viens, je te raccompagne à ta chambre.

- Oui… merci… Au fait.

- Hum ?

- Tu ne rentres pas chez toi ?

- Si. Mon père vient me chercher dans une demi-heure. J’avais une dissertation à finir pour demain et on m’a permit d’utiliser la bibliothèque ce soir.

- Ha, d’accord.

- Et voilà, tu es ‘chez toi’.

- Merci. Bonne nuit.

- A toi aussi.

Valentine repartit et se dirigea vers la sortie. Claude, lui, allait entrer dans la chambre lorsqu’il s’aperçut que Lang était à l’extérieur. Il le rejoignit avant de lui demander :

- Qu’est-ce que tu fais ? Il y a un problème ?

- Aucun… c’est juste que… il y a une odeur que j’ai déjà sentit dans les parages…

- ?

- Je l’ai déjà sentie… le jour où… je t’ai… mordu, rajouta le préféré des professeurs un peu gêné à ce souvenir.

- C’est… c’est quelqu’un qui veut s’en prendre à toi ????
S’affola Claude.

- Non… je ne pense pas… sinon, j’imagine qu’il ou elle l’aurait déjà fait… je suis persuadé d’avoir déjà sentit cette odeur au ‘centre’, mais je ne me souviens plus en quelle circonstance… Viens, allons nous coucher, peut-être que je me trompe.

- Mais… si c’est quelqu’un qui t’en veut, on devrait aller en parler à madame Birmanya, lui dire que…

- Claude, du calme ! Tout va bien. Viens dormir, rajouta Lang en entraînant son compagnon de chambre.

Lorsqu’ils eurent regagné leur chambre, un homme sortit de l’ombre.

- Cet enfant est décidemment très doué, murmura-t-il avant de sortir de l’enceinte de l’école. Devant la grille, il salua une jeune fille qui attendait vraisemblablement qu’on vienne la chercher.

Quelques minutes plus tard, il entendit un cri, mais il ne se retourna pas. Aider les autres ne faisait pas partit de sa mission.

Lang, qui s’apprêtait à aller se doucher, lâcha sa serviette de toilette et son pyjama en réalisant que c’était la voix de Valentine qui venait de retentir dans toute l’école. Courant, Claude à sa suite, il arriva aux portes de l’école. Là, à terre, il vit l’adolescente, le visage et une partie de son bras gauche, entièrement ensanglanté.

- Valentine !!!! VALENTINE !!!!!!!!
Cria-t-il en arrivant près d’elle.

La jeune fille fit un effort pour ouvrir le seul œil qui pouvait encore réaliser ce geste. Ses lèvres articulèrent ensuite un prénom :

- De… nis…

- C’est Lang, murmura le garçon se transformant.

Il ignora si elle avait entendu ce qu’il venait de dire car elle referma les yeux.

Quelques secondes plus tard, des professeurs logeant sur place ainsi que plusieurs gardiens, accoururent. Le médecin scolaire fut là aussi dans les minutes qui suivirent le cri. Puis, une ambulance arriva, et emmena l’adolescente et son père qui venait d’arriver.

Lorsque le véhicule disparut de son champ de vision, Lang entendit madame Mazin lui dire de regagner sa chambre après qu’il ait répondu qu’il allait bien. Se retournant pour suivre les instructions de la femme, il rencontra le regard vide de Claude.

- Claude ? Claude, ça va ?
Demanda-t-il en s’approchant de son ami.

- Valentine… elle va… elle va… elle va…
Ne finissant pas sa phrase, l’adolescent éclata en sanglot.

L’un des professeurs s’approcha alors pour le consoler, mais Lang fut plus rapide et attira le jeune homme contre lui.

- Tout va bien, murmura le garçon aux cheveux sombres.

- Elle ne va pas…

- Non, elle ne va pas mourir, répondit Lang, ayant très bien compris ce que son ami voulait lui demander.

 

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Cette nuit là, Claude fit de nombreux cauchemars qui se terminaient tous de la même façon, il voyait Valentine, à terre, couverte de sang, cesser de respirer.

Lorsque la cloche sonna le lendemain matin afin de réveiller les élèves, l’adolescent réalisa qu’il n’avait pas entendu son réveil sonner et qu’un corps était collé contre lui.

- Lang…, murmura-t-il en se retournant. Mais à sa grande surprise, ce n’était pas son ami. Ou plutôt, c’était lui, mais sous une forme différente de d’habitude.

- Lang…, redit-il.

Deux pupilles noires croisèrent alors son regard et des crocs acérés furent découverts lorsque l’animal bailla en s’étirant.

- Tu as eu peur ?
Demanda Claude en entourant de ses bras l’animal recouvert d’une fourrure noire.

« Peur ? », pensa Lang. « Oui, j’ai été terrorisé en pensant que ça aurait pu être toi à la place de Valentine… mais ça, je ne te le dirai pas… Claude… ». Posant sa tête contre le torse de son compagnon de chambre, Lang laissa plusieurs minutes s’écouler avant de se dégager et d’ouvrir la porte de la salle de bain d’un coup de patte. Quelques minutes plus tard, il revint, redevenu humain et habillé pour aller manger.

- J’ai dû te surprendre, dit-il en revenant dans la chambre.

- C’est vrai… ça va ?

- Oui. Tu t’es beaucoup agité cette nuit. Tu as fait des cauchemars à cause de Valentine ?

Claude acquiesça.

- On ira voir madame Birmanya tout à l’heure pour lui demander comment elle va.
Lui dit alors Lang.

Adressant un sourire reconnaissant à son ami, Claude se leva pour aller à son tour se changer.

- Heu…

- Quoi ?
Demanda Lang.

- Je… j’aime bien quand tu es transformé, lui avoua Claude.

- Désolé, je ne contrôle pas la transformation d’humain en loup.

- Non… ce n’est pas que je veux que tu te retransformes. C’est juste que… je voulais que tu saches… je n’ai pas eu peur…

- …

- …

- Claude.

- Oui ?

- Merci…

 

 

 

Fin du chapitre XIX

 

A suivre…

Chapitre commencé le 03 octobre et terminé le 09 octobre 2007

 

Note de fin de chapitre : A bientôt pour le prochain chapitre.
Naëlle

 

 

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Chapitre 20

 

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