Auteur: Naëlle
Mail: naelle@lartisan.netSUPPRIMEZ LA PARTIE EN MAJUSCULE

Titre: Loup apprivoisé

 

Note : Chers lecteurs, chères lectrices, bonsoir :)
Oui, oui, je sais, ce chapitre était très attendu, et d’ici quelques secondes vous allez pouvoir le lire.
Comme vous pourrez le voir à la fin, j’ai passé 4 mois pour le boucler, et pourtant, il ne se passe rien ! Rien de chez rien ! L’histoire n’avance pas, mais… je pense que vous apprécierez quand même (j’espère en tout cas), parce que durant presque 20 pages, vous ne verrez que Lang et Claude !

Comme d’habitude, je vous remercie tous pour vos messages qui m’encouragent énormément. Par contre, je tiens à préciser que si vous n’aimez pas du tout mon histoire, il est inutile de perdre du temps juste pour me faire comprendre que ce que j’écris est nul (à votre goût).

Cependant, il est bien évident que si ceux qui aiment peuvent continuer (et sont invités à le faire, d'ailleurs !) à me préciser certains points que j’aurais pu/je pourrais amélioré ou ce qui vous a choqué (ça arrive), surtout n’hésitez pas. Enfin… ceux qui aiment, ne changez rien, quoi !

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture, en espérant que ce chapitre vous plaira.

 

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Souvenez vous :

Lang : Depuis qu’il a reconnu en Claude l’enfant du parc, il essai d’être plus gentil avec lui. Les deux amis viennent d’aller voir Mme Colin (leur professeur de mathématique ayant perdu son bébé). Après avoir découvert qu’on avait fait des expériences sur son enfant, Lang a réussi à convaincre Mme Colin qu’elle ne devait pas se laisser aller et qu’elle devait continuer à vivre.

Claude : Bien que Lang lui ait fait comprendre avant les vacances qu’ils ne se verraient certainement pas, ils se retrouvent tous les deux et ensemble, vont voir Mme Colin. L’adolescent ne comprend pas tout ce qui est arrivé à la femme, mais veut tout de même l’aider. C’est finalement rassuré sur le sort de leur professeur de mathématique qu’il repart de chez elle en compagnie de Claude. Fatigué de leur journée, les deux jeunes s’endorment dans l’après-midi dans la chambre d’hôtel de Lang.

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Loup apprivoisé

 

Première partie : d’étranges adolescents

 

 

Chapitre XVIII

** Certains lieux rendent heureux **


 

 

Lang ouvrit les yeux lorsque le soleil passa à travers les rideaux. Il lui fallut plusieurs minutes avant de réaliser que bien que Claude soit près de lui, il n’était pas à l’école. Regardant sa montre, il réalisa soudain qu’ils s’étaient endormis la veille dans l’après-midi pour ne se réveiller que quelques quinze heures plus tard. Cette information n’était pas dramatique en soit : ils étaient épuisés, ils avaient donc dormi. Mais ce qui était nettement plus embêtant, c’était que Claude n’avait pas prévenu ses parents qu’il ne rentrerait pas de la nuit. Ils devaient être morts d’inquiétude.

- Claude. Claude, debout, il faut que tu rentres chez toi.

L’adolescent bougea un peu avant d’ouvrir les yeux.

- Qu’est-ce qui se passe ?
Demanda-t-il, la voix encore pleine de sommeil.

- Il est 7 heures.

- ...

- Du matin Claude. 7 heures du matin. Presse-toi.

L’information mit quelques secondes avant d’arriver jusqu’à son cerveau, mais quand il réalisa, le garçon sauta littéralement du lit et sortit à la suite de Lang. Ils n’avaient même pas prit la peine de se passer un peu d’eau sur le visage ni même d’essayer de ranger leurs mèches de cheveux décoiffés par la nuit. Et c’est en courant qu’il arrivèrent à l’arrêt de tram le plus proche de l’hôtel, puis, toujours au pas de course, il parcoururent le kilomètre les séparant de chez les Gaumont.

- Attend-toi à une bonne engueulade, dit Lang en s’arrêtant devant la maison.

Ne répondant pas, Claude rentra chez lui. Mais contrairement aux dires de son compagnon de chambre, ses parents, assis au salon, se contentèrent de le dévisager sans un mot lorsqu’il arriva.

- Je suis désolé, dit-il rapidement.

Mais sa mère se leva, prit ses clefs de voiture et partit travailler. Resté seul avec son père, Claude attendit que ce dernier lui parle. Mais l’homme n’en fit rien. Il soupira, et sortit de la maison à son tour.

- Papa..., murmura l’adolescent. Mais son père ne pouvait pas l’entendre. En courant, le jeune homme regagna sa chambre avant d’éclater en sanglot.

 

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Seul dans sa chambre, Lang tournait en rond. Finalement, ne pouvant pas rester dans cet espace clos tout en étant seul, il décida d’aller au cinéma.

« J’espère que les parents de Claude ne se sont pas trop énervés », pensa-t-il en franchissant le hall d’entrée.

- Lang...

Se retournant en reconnaissant la voix de son compagnon de chambre, il montra tout de même sa surprise de le voir là.

- Qu’est-ce qui se passe ?
Demanda l’adolescent en s’approchant de son ami.

- Lang... je peux... rester avec... toi ?
Murmura le jeune homme en s’approchant du meilleur élève de l’école.

- Heu... oui... viens, allons dans ma chambre.

Reprenant sa clé à la réception, Lang fit signe à Claude de le suivre.

Une fois dans la chambre, Claude s’assit sur le lit sans un mot.

- Qu’est-ce qui se passe ? Tes parents se sont vraiment énervés ? Ils t’ont frappé ?

Face à l’absence de réponse, Lang continua :

- Une fois, c’était il y a deux ans et demi, j’étais allé passer un concours et comme c’était à côté de chez nous, j’ai dit que j’allais revenir à pied.

- Qu’est-ce qui s’est passé ?
Demanda Claude en regardant son ami.

- Rien de bien grave. En fait, au lieu de rentrer, je suis allé au cinéma. Quand je suis arrivé chez moi, mes parents étaient furieux. Ma mère m’a rarement frappé, mais là, je peux te dire que j’ai sentit sa gifle pendant plusieurs jours. En plus, ils m’ont confisqué tous mes livres pendant cinq jours... c’était horrible.

- ...

- Donc, tu vois, c’est normal que les parents s’énervent.

- ... rien..., murmura Claude.

- Quoi ?

- Rien... mes parents ne m’ont rien dit...

- ...

- Ils m’ont à peine regardé quand je suis rentré... ils ne m’aiment pas... mes parents ne m’aiment pas...

Pour la deuxième fois de la matinée, Claude éclata en sanglot. Tout son corps fut secoué de violents spasmes. Un peu déconcerté, Lang s’approcha tout de même de lui avant de l’attirer contre lui.

- Je suis sûr que tes parents t’aiment... tous les parents aiment leurs enfants, murmura l’adolescent en tentant de convaincre celui qui pleurait.

Cherchant à se raccrocher aux mots de Lang, Claude finit par se calmer. L’autre le lâcha alors et durant plusieurs minutes, la chambre fut emplie d’un profond silence.

- Claude.

Sursautant, l’adolescent répondit :

- Ou… oui… ?

- Appelle tes parents. Téléphone et dit-leur que tu ne rentreras ni ce soir, ni demain soir.

- Qu... quoi ?

- Je vais t’emmener quelque part. Je suis sûr que tu vas adorer. Allez, appelle-les, insista le jeune homme en tendant le combiner du téléphone de la chambre.

N’ayant pas tout compris, Claude appela tout de même son père sur son lieu de travail. Mais n’arrivant pas à la joindre, il lui laissa un message sur sa boite vocale.

- Nickel, maintenant, allons-y.

Claude se laissa entraîner par Lang et tous deux prirent un bus pour atteindre la gare. Là, Lang demanda à son ami de l’attendre, le temps qu’il prenne leurs billets, puis, un grand sourire aux lèvres, il revint.

- On part dans dix minutes, viens.

- Lang... on n’a pas prit de vêtements de rechange, dit tout de même Claude en marchant.

- T’inquiète, on achètera deux ou trois trucs là-bas.

 

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Face à Lang, dans le compartiment dans lequel ils étaient seuls, Claude somnolait à moitié. L’adolescent se transformant pensa alors qu’il avait été très bien inspiré de s’acheter un livre avant de partir. Mais quelques minutes plus tard, il se dit qu’il aurait finalement préféré entendre Claude parler, car l’enquête policière qu’il lisait était cousue de fils blancs. Il poussa un profond soupire qui sortit Claude de son semi sommeil.

- Qu’est-ce qui se passe ?
Demanda alors ce dernier.

- Ce bouquin est chiant !

- Ha... ça arrive souvent avec les livres de gare. C’est ce que Pascal m’a dit une fois.

- Mmm... J’ai déjà acheté des livres géniaux avant de prendre un train. Il ne faut pas généraliser. Mais ce livre est mortellement ennuyeux.

- On a qu’à discuter alors.

Lang se demanda si son compagnon de voyage avait remarqué que quelques minutes avant, il dormait à moitié. Cependant, il ne dit rien à ce sujet et demanda :

- Alors, de quoi veux-tu parler ?

- Je ne sais pas... on a qu’à jouer au jeu des questions ?

- C’est quoi ça ?

- Ha... ben... on y jouait avec mes amis avant. Je te pose une question sur toi, tu me réponds et ensuite c’est ton tour.

- C’est con comme jeu.

- ...

- Ta couleur préféré ?

- Pardon ?

- On n’a pas de sujet de conversation, alors autant jouer à ton jeu pour faire passer les trois prochaines heures, répondit Lang.

- Ok. Le vert.

- Pourquoi ?

- Pourquoi quoi ?

- Pourquoi tu aimes le vert ?

- Heu... parce que c’est la couleur des yeux de maman, murmura Claude.

Lang eut un petit sourire moqueur, et poursuivit :

- Je crois que tu as sauté ton tour. Vas-y, pose-moi deux questions.

- La même que toi. Ta couleur préférée.

- Bleu.

- Pourquoi ?

- C’est la couleur de la mer.

- Ha... d’accord. A toi.

- Ton repas préféré.

- Les lasagnes. La maman de Pascal les cuisines très bien, rajouta Claude en souriant. Et toi ?

- Toutes les charcuteries... ce doit être mon côté animal qui ressort.

Claude éclata de rire. Lang était pourtant sérieux, mais il se contenta de sourire et poursuivit :

- Tes vacances préférées ?

- ... tu peux poser une autre question ?

Réalisant qu’il avait manqué de tact, Lang n’insista pas et reprit :

- Tu as déjà été amoureux ?

- Hein ?

Ce genre de questions personnelles n’étaient pas censées arriver aussi vite.

- Je te demandais si tu avais déjà été amoureux.

- Heu... je...

- L’idée de ce jeu venait de toi, alors vas-y, réponds.

Sans même sans rendre compte, Lang était devenu taquin et voulait connaître la réponse. Claude rougit violemment avant de répondre :

- Oui...

- De qui ?

- ...

- Alors ? De qui ?

- Margueritte...

- Quoi ? Tu es tombé amoureux de ton amie d’enfance ? Remarque, c’est assez cliché. Et tu lui as dit ?

- Non. En fait, c’était quand j’étais petit. A l’époque, je pensais que j’étais amoureux d’elle, mais maintenant, je ne suis pas sûr que c’était vraiment ça. Tu sais, quand on est petit, on tombe facilement amoureux de la fille avec qui on est tout le temps.

- Sans doute, je n’ai pas expérimenté ça. Vas-y, tu as le droit à deux questions.

Claude réfléchit plusieurs secondes avant de demander :

- Pourquoi est-ce que tu mets toujours des manches longues ?

- C’est quoi cette question ?

- Ben... ça m’intrigue, c’est tout... je...

- Ok, je vais te montrer pourquoi.

Ne comprenant pas vraiment, Claude vit son ami se lever de son siège, sortir sa chemise de son pantalon et la déboutonner. Puis, il l’enleva et se retourna de façon à montrer son dos à son ami. Les yeux de l’adolescent s’ouvrir alors en grand. Sur le dos de Lang, une large cicatrice partant de son cou, descendait sur la droite de son dos tout en bifurquant à un moment sur son bras droit.

- Voilà, c’est pour ça aussi que je ferme toujours mes chemises jusqu’en haut. Et comme on voit la blessure plus loin que mon coude, je suis obligé de mettre des manches longues.

- ...

Remettant sa chemise, Lang précisa :

- Ca ne me fait pas mal.

- ...

- Claude ?

- Comment tu t’es fais ça ?

- ... en cherchant à m’enfuir...

- ...

- Bon, arrêtons de jouer à ce jeu. Ca me saoule toutes ces questions, dit l’adolescent en se rhabillant.

- ... elle va jusqu’où... ?

- Quoi ?

- Ta cicatrice.

- Elle s’arrête un peu après l’arrière du genou.

- C’est…

- Arrête un peu Claude. Ca ne me fait pas mal et si je m’arrange pour cacher cette ancienne blessure, c’est justement pour éviter que les gens aient ce genre de réaction.

- Mais…

- Ca fait très longtemps que c’est cicatrisé, alors ne t’inquiète pas, rajouta Lang en se r’installant sur son siège.

- … d’accord…

Plusieurs minutes s’écoulèrent en silence, chacun des deux regardant le paysage à l’extérieur.

- Dis, fit soudain Claude.

- Hum ?

- Tu ne m’as toujours pas dit où on va exactement.

- Mais si, je t’ai dit que c’était une surprise.

- Oui, mais…

- Tu n’aimes pas les surprises ?

- Si, bien sûr.

- Alors ne te plains pas.

Renonçant à connaître leur destination finale, Claude se fit une raison et plus aucun mot ne fut échangé durant l’heure qui suivit. Et c’est toujours en silence qu’ils descendirent du train.

- Viens, on va prendre un bus. Dépêche-toi.

Il était treize heures et Claude avait bien envie de dire qu’il avait faim, mais finalement, il n’en fit rien et se contenta de suivre son ami. Ils restèrent une bonne demi-heure dans un autocar, qui, heureusement, démarra quasiment juste après leur arrivée.

- C’est là, dit Lang en se levant pour sortir.

Une fois à l’extérieur, Claude ne put retenir un « hoooo », d’émerveillement. Face à lui, majestueuse et hypnotisante, se tenait la mer.

- Il y a des endroits, surtout des îles, où elle est encore plus belle, mais…
Lang se tut, s’apercevant que son compagnon de voyage n’arrivait plus à détacher le regard de cette immense étendue d’eau.

- C’est… magnifique…, articula-t-il tout de même quelques minutes plus tard.

- Allez viens, on va se prendre une chambre à l’hôtel. Ensuite, si tu veux, on ira manger un peu et dans l’après-midi, on se baignera.

- … on est déjà… l’après-midi…, murmura Claude sans quitter l’océan des yeux.

Lang eut un sourire et obligea l’adolescent à le suivre en le prenant par le bras. Quelques minutes plus tard, lorsqu’ils entrèrent dans l’un des hôtels près de la plage, Claude découvrit une nouvelle chose sur son ami.

- Antoine, je ne savais pas que tu viendrais cette année.

- Ce n’était pas vraiment prévu, en fait.

Claude se demanda ce qui se passait. C’était bien Lang qui venait de répondre à la réceptionniste. Mais pourquoi l’appelait-elle ‘Antoine’ ?

- Tes parents ne sont pas là ?

- Non, ils arriveront sûrement d’ici quelques jours. Ha, il est avec moi – Lang désigna Claude –, on pourrait avoir une chambre ? Je vais déjà payer, d’ailleurs, rajouta l’adolescent en sortant une liasse de billet de son portefeuille.

- Hé bien, hé bien, tes parents t’ont confié beaucoup d’argent, dit la femme de la réception.

- Hé oui. Est-ce que la 153 est libre ?

- Tu as de la chance, oui. Tiens.

Lang prit la clé qu’on lui tendait avant de demander à Claude de le suivre. Ce dernier sursauta et lui emboîta le pas. Quelques minutes plus tard, Lang tournait, heureux, dans la chambre qu’ils avaient.

- Lang…

- J’allais avoir six ans… Cette année là, nous avions déménagé dix fois…

- …

- Au bout de la huitième fois, j’ai fait une crise. J’avais peur de tout, je ne voulais plus changer de maison… ma mère… elle m’a alors promis que pour mon anniversaire, elle m’emmènerait dans un endroit merveilleux… qu’on irait juste tous les deux… mais qu’en échange, je devais faire un effort et ne pas faire de caprice au moment des déménagements…

- …

- Elle a tenu sa promesse… mes parents tenaient toujours leurs promesses, rajouta Lang, le regard perdu.

- Lang ?

- Ha ha ha ha !!!! Je deviens pathétique ! Tu dois être surpris, hein ?

Riant sans aucune joie, l’adolescent voulut sortir de la chambre, mais il fut retenu par Claude qui attrapa son bras.

- Ne pleure pas…, murmura le plus petit.

- Je ne pleure pas !
S’énerva Lang en se dégageant.

Claude vit la porte s’ouvrir et se refermer, mais il attendit plusieurs minutes avant de prendre le même chemin que son ami. Il lui fallut ensuite un bon quart d’heure pour le retrouver. Le jeune homme se transformant en loup était assis sur la plage et regardait les vagues aller et venir sur le sable blanc.

- Qu’est-ce qui se passe ?
Demanda Claude en s’asseyant près de lui.

- …

- Tu es fâché avec moi ?

- … non… je ne vois pas pourquoi je serais fâché…

- Je ne sais pas. J’ai peut-être fait ou dit quelque chose qui…

- Ce n’est pas ça. C’est juste que…

- …

- Non, rien.

- ...

- ...

- Tes parents te manquent... c’est ça ?
Demanda Claude après avoir laissé plusieurs minutes passer sans dire un mot.

Lang soupira avant de hocher la tête en signe affirmatif. Cela lui faisait mal de l’admettre, mais son ami avait vu juste. Pourtant, il pensait être suffisamment fort pour ne pas y penser.

- Bon, allons nous baigner, dit-il, bien décidé à ne pas se laisser submerger par ses sentiments.

- Heu...

- Quoi ?

- J’ai faim, avoua le plus petit.

- Ha... ben pourquoi tu ne l’as pas dit avant ?

Ne répondant pas, Claude se laissa entraîner à l’intérieur de l’hôtel/restaurant, et sans un mot, les deux garçons s’assirent à une table.

Jusqu’à ce qu’ils aient leurs plats devant eux, ni l’un ni l’autre ne dit mot, mais en entamant sa première bouchée, Claude recommença à parler :

- Pourquoi est-ce que tu as voulu m’emmener ici ?

- Tu n’es pas content ?
Se contenta de dire l’adolescent au regard sombre.

- Si, si, je suis très content, mais...

- Je n’aime pas te voir pleurer, coupa le jeune homme entre deux fourchetées.

Claude fut, certes, très surpris de cette réponse, mais il se contenta d’adresser un sourire reconnaissant à son vis-à-vis. Lang étant vraiment un garçon des plus étranges.

 

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Allongés côte à côte sur le grand lit de l’hôtel, Claude et Lang s’étaient endormis. Il n’était même pas 20 heures, mais après avoir passé des heures à nager, les deux garçons étaient épuisés.

Vers minuit, Lang se réveilla et malgré ses tentatives, il ne parvint pas à se rendormir.

- Qu’est-ce qui se passe ?
Demanda Claude, réveillé à cause des nombreuses fois où son ami s’était retourné et de la veilleuse qu’il venait d’allumer.

- Rien. En fait... je n’ai plus sommeil. Je vais aller faire un tour sur la plage, rajouta Lang en se levant du lit.

- Quoi ? A cette heure-ci ?
Dit Claude en regardant sa montre.

- T’affole pas, je vais juste voir un peu la mer. C’est très joli la nuit.

Claude ne répondit pas et se contenta de regarder son ami sortir de la chambre. Dans la pièce, seule la lampe allumée par Lang éclairait, mais il eut l’impression qu’elle était bien plus sombre que les minutes qui avaient précédées. Finalement, il se leva à son tour, remis ses vêtements de la veille, plia son pyjama qu’ils avaient acheté quelques heures avant avec l’argent de Lang, puis sortit de la chambre. En passant à la réception, il adressa un sourire aux quelques employés présents et partit à la recherche de l’adolescent aux cheveux sombres.

C’était une belle nuit de pleine lune. Sur la plage, il vit Lang immobile face aux vagues. L’adolescent se retourna lorsque Claude arriva vers lui.

- T’as peur tout seul ?
Demanda-t-il, moqueur.

- Non… je voulais juste… Tu avais raison, la mer est magnifique la nuit, finit par dire le garçon sans finir sa phrase précédente.

- …

- Lang.

- Ouais ?

- Pourquoi est-ce que tout le monde t’appelle Antoine ?

- Parce que c’est sous le nom d’Antoine Roussin que je suis venu ici les trois fois.

- ?

- Je te l’ai déjà dit Claude, je dois fuir. Tu n’imagines pas le nombre d’identité que j’ai déjà dû endosser.

Le plus petit regardait le préféré des professeurs avec les yeux agrandis par la surprise. Il avait bien comprit tout ce que son ami lui avait déjà dit, mais il ne s’était jamais vraiment rendu compte de tout ce que cela impliquait.

- Mais alors…, demanda-t-il plusieurs minutes plus tard.

- Quoi ?

- « Lang »…, c’est vraiment ton prénom ?

- …

- Lang ?

- C’est le prénom que m’ont donné mes parents.

Claude ne demanda plus rien et se contenta d’admirer la mer avec l’adolescent. Durant plus d’une heure, sans un mot, ils ne détachèrent pas le regard de l’eau. Ils ne partirent que lorsque Claude étouffa un bâillement.

 

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Durant le petit-déjeuner, Claude se dit qu’il n’avait jamais vu Lang comme ça. En effet, ce dernier n’arrêtait pas de parler de ce qu’ils allaient faire durant cette journée. Ils loueraient des vélos, iraient faire un tour dans le village, achèteraient quelques souvenirs pour que Claude puisse les donner à ses amis et ses parents, ils prendraient leur repas de midi à quelques kilomètres dans une petite auberge que Lang connaissait, ils reviendraient dans l’après-midi, iraient se baigner et termineraient leur journée par un bon dîner à l’hôtel.
Claude se demanda comment le garçon lui faisant face avaient l’intention de réaliser tout cela en une quinzaine d’heures, mais il avait l’air tellement sûr de lui qu’il n’osa pas poser la question.

Conformément à ses intentions, Lang loua deux vélos à l’hôtel et tout deux se mirent à pédaler en direction des habitations qu’ils pouvaient voir au loin. Il y avait une petite brise légère très agréable qui leur passait dans les cheveux. Claude eut envie de dire à son ami qu’il avait l’impression de voler tant tout était agréable, mais il n’en fit rien et se contenta de sourire lorsqu’il vit que Lang vérifiait pour la nième fois s’il était bien près de lui.

Lorsqu’ils arrivèrent dans le village, les deux garçons attachèrent leurs bicyclettes à un poteau, puis partir se promener à pied. En cette période de vacances scolaires, toutes les petites boutiques étaient bondées de monde. Mais il en fallait plus pour décourager les plans précis de Lang. C’est donc patiemment que les adolescents attendirent leur tour pour payer les cartes postales et gadgets de la région que Claude venait de prendre. Ce dernier était d’ailleurs gêné que ce soit son ami qui paye, mais premièrement, il n’avait pas d’argent lui-même et deuxièmement, lorsqu’il avait tenté de faire part de sa gêne, Lang lui avait adressé un regard dont lui seul avait le secret. Si bien que Claude avait décidé de ne plus répliquer. Lorsqu’ils ressortirent de la petite boutique, près d’une demi-heure plus tard, Claude voulait reprendre les vélos lorsqu’il fut arrêté dans son élan.

- Attends !

- Qu’est-ce qu’il y a ?

- Il y a un photographe qui prend des photos des touristes devant la fontaine. Viens.

Ne comprenant pas très bien, Claude suivit l’adolescent jusqu’à l’immense fontaine sculpté qui trônait sur la place du village. Une longue file d’attente s’étaient formé, mais là aussi, Lang décida de prendre son mal en patience et il se plaça derrière la dernière personne.

- On va se faire prendre en photo ?
Demanda alors Claude. 

- Non, toi, tu vas te faire prendre en photo. Ca te fera un souvenir… et comme tu aimes les photos.

Claude ne répondit pas, mais lorsque son tour allait venir, il reprit la parole :

- J’imagine que tu ne veux pas te faire prendre en photo.

- Je me contente de te tenir compagnie dans la file. Pourquoi ? Tu préfères rester seul ?

- Non… ce n’est pas ça. C’est juste que… j’aimerai bien qu’on soit tous les deux sur la photo ?

Surpris, Lang demanda :

- Pourquoi ?

- Parce que j’ai envie qu’on prenne une photo ensemble. C’est vrai, j’aime les photos, mais pas vraiment les miennes.

- Tu as des photos où tu es avec tes amis ?

- Oui, bien sûr, pourquoi ?

Lang ne chercha pas à identifier ce sentiment dérangeant qui venait de le prendre et finit par accepter.

Lorsque leur tour arriva, ils se placèrent tout deux devant la fontaine.

- Rapprochez-vous un petit peu l’un de l’autre, leur demanda alors le photographe.

Comme Lang ne bougeait pas, Claude se rapprocha et trébucha sur une pierre. Cherchant à le retenir, Lang tomba lui aussi et alors qu’ils étaient par terre, le photographe prit une photo.

- Hé ! Vous faites quoi là ? On n’était pas installé !
S’énerva Lang.

- Désolé, lui dit l’homme en riant. Allez-y, installez vous, j’en reprends une.

Claude s’assit sur un rebord de la fontaine et son ami se plaça à côté de lui.

« C’est une belle photo », leur avait dit le photographe en leur remettant le cliché quelques minutes plus tard. Il leur avait aussi offert la première qu’il avait prise, où Claude était tombé sur Lang. Mais étrangement, le plus petit n’eut que la deuxième.

- On va où, maintenant ?
Demanda Claude en détachant son vélo.

- On va manger.
Répondit Lang en commençant à pédaler.

Il leur fallut une bonne demi-heure avant d’arriver aux abords d’une petite auberge rustique. Là aussi, Lang fut reconnut sur le prénom d’Antoine par une vieille femme ayant tout de la fermière des livres pour enfants.

En attendant leur repas, Lang proposa à son ami de faire une partie de carte. Une nouvelle fois étonné, l’adolescent accepta. Décidemment, ces jours étaient remplis de surprise. Lang, à cet instant n’avait pas cet air supérieur qu’il affichait sans cesse, il ne semblait pas être sur la défensive comme d’habitude. Non, c’était juste un garçon de 14 ans qui réagissait comme ceux de son âge.

- Votre commande, dit la ‘fermière’ en arrivant avec deux assiettes.

Les jeunes furent interrompus dans leur partie de carte, mais ils arrêtèrent, sachant très bien qu’à la fin, c’était Lang qui aurait gagné.

- Tu vas voir, c’est délicieux, dit le préféré des professeurs en portant une première fourchette à sa bouche.

Claude se contenta de lui adresser un sourire et mangea en silence. Il se rendit compte qu’en réalité, ce n’était pas du tout sa présence qui rendait son ami aussi joyeux, mais le simple fait d’être à un endroit dans lequel il avait passé de très bons moments en compagnie de ses parents. Cette constatation rendait l’adolescent un peu triste, mais il n’avait pas envie pour autant de gâcher ces instants en faisant part de ses sentiments. C’est donc en silence qu’ils déjeunèrent. Mais lorsque leur dessert arriva, Lang rompit le silence :

- Claude.

- Oui ?

- Tu es content d’être ici ?

- ?...

- Alors ?

- Bien sûr ! Pourquoi me poses-tu la question ?

- Parce que j’ai l’impression que tu n’es pas aussi heureux que ce que j’aurais pu pensé.

- Si, si, je suis très content.
Afin de prouver qu’il disait vrai, le jeune homme ponctua sa phrase d’un sourire.

- Claude…
Lang semblait particulièrement sérieux.

- Oui ?

- Est-ce que… est-ce que tu te souviens de moi ?

- Pardon ?

- Non rien, laisse tomber.

« Je suis bête… il est évident qu’il ne se souvient pas de moi… c’était encore presque un bébé à l’époque… »

 

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- Oui, oui, je suis presque sûr qu’il s’agit du garçon que vous cherchez… bien… je ne bouge pas… je vous attends dans mon magasin… à tout à l’heure…

 

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Il était environs 15 heures lorsque Lang et Claude revinrent à l’hôtel. Ils rendirent les vélos loués avant de se diriger sur la plage.

- On va se baigner ?
Demanda Lang.

- Heu… oui… heu…

- Quoi ?

- En fait… je suis un peu fatigué.
Avoua le plus petit.

- Ha…

- Je préfèrerais rester là et regarder la mer… si ça ne te dérange pas…

- Aucun problème, se contenta de dire le jeune homme se transformant. Je vais me changer, rajouta-t-il avant de partir vers une cabine sur la plage.

Lorsqu’il revint quelques minutes plus tard et qu’il posa près de son ami le peignoir qu’il avait rajouté sur son maillot de bain, Claude ne put détacher les yeux de sa cicatrice. Il se demanda comment une telle blessure pouvait finir par guérir et ne plus faire mal.

- Crois-moi, j’ai des cicatrices que tu ne peux pas voir qui sont bien plus douloureuses, dit Lang avant de courir vers la mer.

Claude ne chercha même pas à lui répondre. Il s’en doutait, il devait souffrir à l’intérieur de son cœur et effectivement, ce genre de blessures étaient invisibles. Il était d’ailleurs bien placé pour le savoir.

 

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Un homme se gara. Il descendit de sa voiture avant de sortir son appareil photo. Durant de nombreuses minutes, il prit des clichés d’une enfant s’amusant avec ses amies dans le jardin. Un sourire satisfait apparut sur ses lèvres lorsqu’il eut terminé.

 

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- Tu as bien compris ? Si tu ne veux pas que cette adorable enfant finisse en nourriture pour poisson, vous allez disparaître, toi et ta famille !

Le photographe, à terre, à moitié sonné, ne pouvait détacher le regard du cliché représentant sa fille devant sa maison.

- Dégage, rajouta l’homme en jetant une liasse de billet aux pieds de l’homme.

Ce dernier se releva avec difficulté, prit l’argent et sortit.

L’homme eut un nouveau sourire. Il savait que cet homme partirait le soir même. Il regarda d’ailleurs une nouvelle fois les photos de la fillette qu’il avait prises. La plupart des gens étaient prêt à tout pour protéger leur famille.

« C’est parfait », pensa-t-il avant de sortir à son tour du petit magasin du photographe.

Quelques secondes à peine après son départ, le feu se déclara et en quelques minutes, il ne resta plus qu’un tas de cendre.

- C’est une chance qu’on ait pu intercepter cette conversation, murmura-t-il en s’installant dans sa voiture. Il démarrait lorsqu’une voiture noire se gara non loin de là…

 

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Le préféré des professeurs passa plus de trois heures dans l’eau. Il n’en ressortit d’ailleurs que lorsqu’il se souvient que Claude devait trouver le temps long. Lorsqu’il arriva près du jeune homme, il retrouva se dernier, un livre à la main, concentré sur sa lecture.

- Ca, c’est une grande première, dit-il en ramassant son peignoir. Normalement, tu passes ton temps à te plaindre en lisant, mais là, tu as l’air d’apprécier ta lecture.

- Lang ? Heu… désolé, je ne t’avais pas vu arrivé.

- C’est bien ?

- Quoi ?

- Ton bouquin.

- Ha oui, très ! C’est l’histoire d’une fille qui parcourt le monde avec sa chienne et son chat. Là, elle vient de sauver un petit garçon de la noyade.

- Madame Birmanya t’a donné le goût de la lecture à ce que je vois, rajouta Lang en riant.

- …

- Je monte dans la chambre prendre une douche. A tout à l’heure.

Fermant son livre, Claude emboîta le pas à son ami.

- Tu ne continues pas à lire ?
S’étonna alors ce dernier.

- … non… en fait… j’ai été emprunter ce livre parce que je m’ennuyais.

- Ha…

Lang monta tout de suite dans la chambre et Claude ne le rejoignit qu’après avoir rendu le livre à la réceptionniste.

- Tu peux encore le garder, dit celle-ci.

- C’est gentil madame, mais je n’aurai pas le temps de le finir. Mais merci beaucoup.

Une fois dans la chambre, Claude s’assit sur le lit et attendit que Lang ressorte de la salle de bain.

- Il y a un problème ?
Demanda celui-ci en revenant dans la grande pièce.

L’adolescent se demanda s’il devait dire à son ami que s’il avait été chercher un livre, ce n’était pas tellement qu’il s’ennuyait, mais surtout qu’il se disait que sa présence ici n’était pas indispensable. Les pensées qu’il avait eut pendant le déjeuner lui étaient revenues en voyant Lang nager seul et oublier qu’il était venu ici accompagné.

- Claude ! Je te parle ! Qu’est-ce qu’il y a ?

- Tu es content d’être ici ?

Ne s’était pas attendu à ce que la question qu’il avait posée quelques heures auparavant lui soit adressée, le jeune homme mit plusieurs secondes avant de répondre :

- Je crois que ça se voit. Pourquoi ?

- Tu es content d’être là avec moi ?

Réalisant soudain ce qu’il venait de dire, Claude rougit jusqu’aux oreilles. Lang, quant à lui se contenta de le traiter d’idiot et d’annoncer qu’ils allaient aller dîner.

Le repas se déroula dans le plus grand silence. Premièrement parce qu’ils étaient fatigués par cette journée passé au grand air et deuxièmement parce que chacun repensait à la question posée par Claude.

 

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- Claude… tu dors ?
Demanda Lang, plusieurs minutes après qu’ils se soient couchés.

- … non… pas encore…

- Tu sais… si on est venu, au départ, c’était pour que tu ne pleures plus…

- … je… sais…

- Je ne sais pas pourquoi tu m’as posé cette question tout à l’heure.

- … parce que je suis idiot… comme tu l’as si bien fait remarqué…

- Ca, c’est sûr que tu es bête !

 

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- Bing Quing, c’est moi…

- Ca s’est bien passé ?

- Oui, très. Ne vous inquiétez pas. Le photographe vient de partir. J’ai été vérifier chez lui.

- Personne ne t’a vu ?

- Non.

- Les ‘autres’ sont là aussi ?

- Oui. Mais « il » repart demain d’après ce que j’ai compris. Je vais quand même rester près de l’hôtel.

- Parfait.

- Je vous laisse. Bonne nuit.

- Merci. Sois prudent Gaël. Ca m’ennuierait de devoir te remplacer.

L’homme raccrocha et fixa son attention sur le bâtiment dans lequel Lang logeait.

 

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Attirant Claude contre lui, Lang lui murmura :

- Tu es idiot de me poser ce genre de question. Bien sûr que je suis heureux d’être là avec toi…

Il doutait fort que l’adolescent l’ait entendu car il s’était endormi. Cependant, sentant la main du plus petit chercher la sienne, il se demanda s’il n’était pas encore réveillé.

Cette nuit, une nouvelle fois, ils dormirent en se tenant par la main.

 

 

 

 

Fin du chapitre XVIII

 

A suivre…

Chapitre commencé le 28 mai et achevé le 23 septembre 2007

 

Note de fin de chapitre : Si ce n’est pas terrible ça… tout ce temps que vous avez attendu, et l’histoire qui n’avance pas ;_ ;
Naëlle

 

 

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Chapitre 19

 

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