Auteur: Naëlle
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LA PARTIE EN MAJUSCULE
Titre: Loup apprivoisé
Note : Bonjour tout le monde.
Voilà, j’ai rattrapé mon retard et j’avoue en être très contente.
Sans plus attendre, je vous laisse lire ce chapitre. Bonne lecture et encore un GRAND merci pour tous vos messages d’encouragement !!!!
A bientôt !
(Ce chapitre se déroule quelques semaines après le précédent)
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Souvenez vous :
Lang : Depuis qu’il a reconnu en Claude l’enfant du parc, il essai d’être plus gentil avec lui.
Claude : Pour être sortit en pleine nuit, pour aller voir sa mère, l’adolescent a été puni par son professeur principal et devrait rester à la bibliothèque tous les samedi matin et lire un livre par semaine. Mais il prend la chose plutôt bien car d’un autre côté, Lang devient de plus en plus gentil avec lui.
Mme Colin : Professeur de mathématique de Lang et Claude, après avoir perdu son bébé, elle ne vient plus en cours. Les deux adolescents se font du souci pour elle.
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Loup apprivoisé
Première partie : détranges adolescents
Chapitre XVII
** Madame Colin **
C’était une grande effervescence qui régnait au sein de l’établissement. Tous les élèves attendaient qu’on vienne les chercher.
- On va se voir pendant les vacances ?
Demanda Claude à Lang qui finissait de mettre des affaires dans un sac.
- Je ne sais pas. Tu vas faire quoi ?
- Aucune idée. Mes parents vont peut-être de nouveau vouloir m’envoyer chez mon oncle.
- Travaille bien alors, se contenta de dire Lang en sortant de la chambre.
- Heu... c’est tout ? Même pas un petit « au revoir »
?
Murmura Claude, vexé par l’attitude de son compagnon de chambre.
Quelques heures plus tard, Lang s’installa dans une chambre d’hôtel et s’allongea sur le lit. Avec ses parents, ils avaient régulièrement été à l’hôtel, mais tout alors était complètement différent.
« Pourquoi m’avez-vous abandonné ? », pensa l’adolescent en enfouissant sa tête dans un oreiller. Il resta dans cette position jusqu’au soir, moment auquel il commença à avoir faim. Il décida donc de descendre au restaurant pour manger. Il eut un sourire en réalisant que l’ambiance était différente de celle à laquelle il avait presque finit par s’habituer. Le bruit, les élèves criant plus qu’ils ne parlaient, les assiettes et couverts s’entrechoquant..., il n’y avait rien de tout cela ici. Seul, une douce musique d’ambiance couvrait les conversations dites sur le ton de la confidence.
S’installant en silence dans un coin de la salle, l’adolescent prit la carte et regarda les différents plats avant que son attention ne soit attirée par une femme et son bébé. Il avait presque l’impression de voir une bulle de bonheur les entourer. Il trouva cela touchant mais ne put s’empêcher de superposer son image à celle de madame Colin qui aurait dû, elle aussi, tenir son enfant contre elle.
- Il faut que je la vois, dit-il en se levant et sortant de l’immense pièce, oubliant complètement qu’il n’avait pas dîner.
Minuit approchait lorsqu’il arriva devant la maison de l’enseignante. C’était une petite maison avec un jardinet. Il voulut aller sonner, mais réalisa qu’au vu de l’heure, ça ne se faisait peut-être pas.
- Qu’est-ce que tu fais là ?
Sursautant, Lang se retourna. Il croisa alors le regard d’un homme qu’il n’avait jamais vu.
- Heu... je...
- Tes parents savent que tu es dehors à cette heure-ci
?
Rajouta l’homme.
Ne répondant pas, l’adolescent partit et s’aperçut en se retournant que l’homme allait entrer dans la maison de Louise Colin. Il fit donc demi-tour et arrêta l’homme.
- Attendez, attendez. Vous êtes le mari de madame Colin ?
- Non, pourquoi ?
- Je suis l’un de ses élèves. Je m’appelle Lang Fraust et je m’inquiète pour elle.
L’homme détailla un peu plus longuement l’adolescent avant de lui dire :
- Rentre chez toi.
- Attendez. Il s’est passé quelque chose ! Madame Collin m’avait promit de revenir nous faire cours. Je veux savoir ce qui se passe.
L’homme n’en écouta pas d’avantage et referma la porte.
« Ca ne va pas se passer comme ça », pensa l’adolescent avant de prendre la direction inverse. Il marcha quasiment toute la nuit à travers les rues de la ville. Il n’avait pas envie de retourner à l’hôtel alors qu’il savait qu’il y serait seul. Etrangement, il n’avait pas réalisé jusqu’à ce soir-là que la présence de Claude dans la même chambre que lui l’empêchait de trop penser à ses parents. Arrivé devant une maison, il s’arrêta. Le soleil commençait à se lever et des bruits commençaient à se faire entendre tandis que les oiseaux se réveillaient.
- Je commence à avoir faim, murmura l’adolescent en réalisant que finalement, son dernier repas datait du matin précédant. Mais il ne se sentait pas le courage d’avancer encore, aussi, s’assit-il sur le trottoir, contre le mur du jardin devant lequel il était.
Une heure et demi plus tard, deux voitures sortirent du garage. Lang s’aperçut alors que c’était les parents de Claude. Sans s’en rendre compte, ses pas l’avaient conduits jusque devant chez son compagnon de chambre.
« Parfait, je vais lui demander de me donner à manger », se dit le jeune homme voyant là un bon moyen de ne pas avoir à chercher un restaurant.
Satisfait à cette perspective, Lang sonna et attendit que Claude vienne lui ouvrir. Mais ce ne fut pas lui qui arriva mais un homme, qu’il reconnu à son odeur comme étant un membre de sa famille.
- Oui ? C’est pour quoi ?
Demanda l’homme.
- Je suis un ami de Claude. Il est là ?
Répondit l’adolescent sans se laisser démonter par l’attitude bourrue adoptée
par celui qui s’approchait.
- Un ami de Claude ? Je ne t’ai jamais vu. Comment t’appelles-tu ?
- Lang, pourquoi ?
- Lang ?
Claude venais de sortir à son tour et s’étonnait de voir son compagnon de
chambre devant chez lui.
- Salut, dit alors ce dernier.
Lang n’avait besoin d’aucun sens particulier pour comprendre que le garçon lui faisant face avait envie de trouver une excuse pour sortir de chez lui. Il décida donc de l’aider :
- Je suis venu te chercher comme convenu.
- Quoi ?
- On avait bien prévu de passer la journée ensemble, non ?
- Tes parents sont au courant que tu sors ?
Intervint alors l’homme.
- Vous n’aurez qu’à le leur dire, dit Lang avec un grand sourire tout en faisant signe à Claude de le rejoindre.
- Je leur téléphonerai. De toute façon, on n’aurait pas eu le temps de faire grand-chose ce matin, rajouta l’homme en tournant les talons.
- Tonton, le rappela Claude.
- Hum ?
- Merci, se contenta alors de dire l’adolescent en sortant de la cour.
Commençant par marcher en silence, Lang demanda soudain :
- C’est ton oncle ?
- Oui.
- Celui qui est prof et qui te fait bosser pendant les vacances.
- Oui.
- Qu’est-ce qu’il faisait chez toi ? Normalement, c’est toi qui va chez lui, non ?
- Il devait assister à une conférence alors il est venu deux jours.
- Il a l’air moins désagréable que ce que je pensais.
- Il est gentil mais il fait tout ce que papa lui demande.
- Pourquoi ?
- Je ne sais pas. Sans doute parce que papa a travaillé très jeune et que c’est lui qui a financé toutes ses études.
- Pourquoi ? Ils n’ont pas de parents ?
- Si mais mon oncle est le vilain petit canard de la famille, d’après ce qu’il dit.
- Ha...
- Au fait Lang.
- Ouais ?
- Qu’est-ce que tu faisais devant chez moi ? Tu es
venu pour me voir ?
Demanda Claude, heureux à cette idée.
- Pas vraiment. En fait, je voulais te demander de me préparer un bon petit-déjeuner.
- ...
- Mais ça ne fait rien, on va aller en ville et trouver un endroit où manger.
- Lang...
- Hum ?
- Où sont tes parents ?
S’arrêtant de marcher, le jeune homme fixa Claude. Il venait de poser LA question qu’il ne voulait pas entendre.
- Changement de sujet, dit-il quelques secondes plus tard en reprenant sa marche.
- Quoi ? Mais... Lang...
- Ha cool ! Une boulangerie. Elle m’a l’air de servir des petits déjeuners. Viens Claude, je t’invite.
Renonçant à avoir sa réponse pour l’instant, le jeune homme se contenta de suivre Lang. Une fois à l’intérieur, le plus grand des deux commanda avant d’aller s’asseoir à une table éloignée des personnes déjà présentes.
- Tu n’aimes vraiment pas être parmi les autres, constata Claude en s’asseyant à son tour.
- On peut dire ça comme ça.
La serveuse, très rapide, vint leur apporter ce qui avait été demandé.
Mangeant en silence, ce n’est qu’à la fin du repas que Lang reprit la parole.
- Je vais chez madame Colin. Tu m’accompagnes ?
- ?
- Hou, hou, Claude, je te parle.
- ... oui, j’ai entendu, mais... on ne connaît pas son adresse.
- Ben si, j’y suis déjà allé hier soir.
- Comment l’as-tu eu ?
- Je l’ai entendu parler avec un autre prof une fois. Elle a dit dans quel quartier elle habitait.
- D’accord, mais... tu n’as quand même pas été sonner à toutes les portes pour la trouver.
- Bien sûr que non. Je me suis contenté de suivre son odeur, répondit l’adolescent comme si cela avait été évident.
- Ha... j’avais oublié.
Lang se contenta de sourire et fit signe à Claude de le suivre après avoir déposé de l’argent pour payer leur repas.
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- Voilà, c’est là qu’elle habite, dit Lang lorsqu’ils arrivèrent devant une maison.
- Elle est seule ?
Demanda Claude.
Lang ne répondit pas mais se retourna et fit face à l’homme rencontré la veille au soir.
- Encore toi ! Mais qu’est-ce que tu veux ?
- Je vous l’ai déjà dit, je veux voir madame Colin.
- C’est impossible. Et maintenant, toi et ton ami, rentrez chez vous.
- Non, je... nous voulons la voir !
- Vous êtes son mari ?
Demanda Claude, s’étonnant lui-même d’avoir eu le courage de parler.
- Non.
- Son frère alors ?
- Non plus. Je suis son ami, c’est tout.
- C’est à cause de son bébé qu’elle ne vient plus ?
Demanda Claude en reprenant la parole.
- C’est à cause de ce qu’ils ont voulu faire à ce bébé qu’elle n’est plus elle-même. Et maintenant, rentrez chez vous, reprit l’homme.
Les deux adolescents ne répondirent pas et attendirent que l’homme soit entré dans la maison avant de se concerter.
- Qu’est-ce qu’on fait ?
Demanda Claude.
- On attend. Il ne va pas pouvoir rester constamment avec elle. Je suis bien placé pour savoir que c’est impossible.
- ?
- Quand il partira, on en profitera pour entrer.
- Mais... ça ne se fait pas.
- Possible, mais on va quand même le faire. Mais en entendant, il nous faut un endroit où on pourrait se cacher.
- Tu as l’air de beaucoup aimé madame Colin, dit Claude en suivant son ami à la recherche d’une cachette.
- ...
- Non ?
- Je ne sais pas. J’ai surtout l’impression qu’il faut que je comprenne ce qui lui ait arrivé.
- Ca, on le sait déjà. Elle a perdu son bébé et...
- Non, il y a autre chose, j’en suis sûr.
- Si tu le dis.
- Planque-toi, il ressort, dit Lang en attirant Claude derrière une palissade.
- Il va où ?
Chuchota Claude.
- J’en sais rien. Bosser, sûrement. Allez, viens, on entre.
Pas vraiment sûr que ce qu’il faisait été bien, Claude suivit néanmoins Lang et tous deux entrèrent par une fenêtre.
- Madame Colin ? Vous êtes là ?
Demanda Lang en s’aventurant dans le salon.
- On devrait peut-être ressortir, murmura Claude en ne quittant pas Lang.
- Pas question. Je veux savoir ce qui se passe. Tiens...
- Quoi ?
Lang ne répondit pas mais s’approcha de la table basse de la pièce avant de prendre un livre fermé.
- Qu’est-ce que c’est ?
Demanda Claude.
- Je pense que c’est son journal intime, répondit Lang en l’ouvrant.
- Arrête. Si c’est vraiment son journal, on ne peut pas le lire. C’est... ça ne se fait pas...
- Possible, mais c’est le meilleur moyen de comprendre. Ha, elle a commencé à l’écrire lorsqu’elle s’est aperçue qu’elle était enceinte.
- Lang, ça ne se fait pas, répéta l’adolescent, mais étant lui aussi curieux, il se rapprocha et ensemble ils commencèrent à survoler les différentes pages.
Plusieurs minutes plus tard, Lang referma le journal, choqué.
- Je n’ai pas tout compris, murmura le garçon près de lui, tentant plus de se convaincre qu’il s’était trompé au cours de sa lecture.
- Ils ont fait des expériences sur le bébé de madame Colin..., dit alors Lang.
- ... tu crois que... tu crois qu’ils ont... tué... la petite fille de madame Colin ?
- Je... ne sais... pas... viens, il faut qu’on lui parle.
Commençant à monter un escalier, Lang ne put sortir de sa tête le nom de l’hôpital dont parlait leur professeur de mathématique dans son journal. Il était persuadé de l’avoir déjà vu ailleurs, mais où ?
- Madame Colin ? Vous êtes là ?
Demanda-t-il en ouvrant une porte.
Sur le lit de la chambre, la femme, toujours de bonne humeur et en pleine forme, était à moitié allongée. Elle ne réagit même pas lorsque deux de ses élèves entrèrent dans la pièce. Les yeux grand ouvert, elle semblait regarder quelque chose que seule elle pouvait voir.
- Madame Colin ?
Murmura Claude en s’approchant de la femme.
Lang l’appela lui aussi, mais elle n’eut aucune réaction. Alors, gentiment, il lui prit la main et lui parla doucement :
- Vous m’aviez promis que vous reviendriez en cours... et vous ne l’avez pas fait... vous croyez que votre bébé voudrait vous voir comme ça ?
La femme n’eut absolument aucune réaction, mais l’adolescent ne se laissa pas découragé et reprit :
- Je ne sais pas ce qu’on vous a fait, mais il faut que vous reveniez avec nous. Rien ne s’arrangera si vous restez comme ça... votre petite fille serait sûrement très malheureuse si elle vous voyait...
- Ils... ont fait... des expériences...
Claude et son compagnon de chambres sursautèrent en entendant la voix de la femme. Celle-ci sembla regagner un peu de vie et serra la main de Lang.
- Madame Colin, murmura le plus petit des garçons.
- Ca va ?
Demanda son autre élève.
Semblant revenir à la réalité, la femme regarda autour d’elle avant de poser son regard sur les deux adolescents.
- Qu’est-ce... que... vous faites... là ?
- Nous nous inquiétions, lui répondit Lang en souriant.
- ... merci...
- Qu’est-ce qui vous est arrivé ?
Interrogea Lang.
- Qu’est-ce que vous faites là ?
Une voix forte et peu avenante obligea les deux jeunes à se retourner. L’homme était revenu beaucoup plus vite que l’aurait pensé Lang. Mais il avait à présent l’intention de tout savoir et personne ne le ferait partir tant qu’il n’aurait pas le fin mot de cette histoire.
- Ce sont... mes élèves..., murmura la femme sans lâcher la main de Lang.
- Qu’est-ce que vous voulez ?
S’énerva l’homme.
Claude, quelque peu intimidé, se rapprocha un peu de Lang, comme si la seule présence de celui-ci pouvait le protéger.
- Je vous l’ai déjà dit, répondit l’adolescent. Je veux savoir pourquoi notre professeur de mathématique ne vient plus nous faire cours. Est-ce si difficile à comprendre que nous nous inquiétons pour elle ?
- ...
- Nous avons lu son journal... dites-nous ce qui lui est arrivé. Elle a été dans une clinique appelée Véxa. De quoi s’agit-il ? Qu’est-ce qui s’est passé ?
- Elle a perdu son bébé. Mais des enfants ne peuvent pas comprendre ce qu’est la douleur d’un parent de perdre un enfant.
- Madame Colin m’avait promis de revenir ! Pourquoi est-ce qu’elle ne l’a pas fait ? Dites-moi ce qui se passe !
- ... des expériences... sur ma petite... Francesca...
Des larmes se mirent à couler sur les joues de la femme alors que ses deux
élèves s’étaient retournés sur elle.
L’homme présent dans la pièce s’approcha du lit et la prit dans ses bras avant de la bercer doucement tout en lui murmurant que tout allait bien.
- Allez vous-en, murmura l’homme. Vous lui faites du mal en restant ici. Je vous en prie, partez...
- Lang.
Comprenant que son compagnon de chambre lui demandait lui aussi de sortir, l’adolescent lâcha la main de la femme et quitta la chambre avec Claude.
En descendant les escaliers, il fut tenté de les remonter, mais l’ami de madame Colin avait raison. Il faisait souffrir son professeur en étant trop curieux.
Ils allaient sortir lorsqu’une voix les arrêta.
- Attendez.
- Qu’est-ce qu’il y a ? Nous partons comme vous nous
l’avez demandé !
Répondit Lang, agressif.
- Louise veut que je vous dise la vérité.
Les deux jeunes se regardèrent avant de s’asseoire sur la banquette que leur désignait l’homme.
- Qu’est-ce qui s’est passé ?
- Il y a quelque temps, Louise est venue me voir. Elle m’a dit qu’elle trouvait le médecin qui suivait sa grossesse, étrange ; qu’elle était persuadée qu’il faisait des expériences sur son enfant. Elle m’a aussi dit que la clinique dans laquelle elle allait lui semblait de plus en plus lugubre. Je lui ai alors répondu que c’était sûrement parce qu’elle allait accoucher qu’elle devenait un peu parano... si seulement je l’avais écouté... - L’homme se prit la tête entre les mains - Mais elle m’a fait confiance et n’y a plus fait allusion... Mais le jour où elle est rentrée à la clinique pour accoucher, elle a surpris une conversation qui lui a confirmé ses doutes.
- C’est ce qu’elle a écrit dans son journal.
- Oui... elle a couché cela sur papier dans l’après-midi et avait décidé de partir de cette clinique la nuit. On lui avait dit qu’il risquait d’y avoir des complications et que pour sa propre sécurité, elle devait venir plusieurs jours avant son accouchement et ne pas quitter sa chambre.
- Qu’est-ce qui s’est passé ?
- ... elle n’a pas pu sortir. Une alarme s’est mise en marche lorsqu’elle a essayé de partir. Elle a été poursuivit et... elle est tombée dans l’escalier... c’est là... c’est à cause de cette chute... que sa petite fille est morte...
Les deux adolescents attendirent plusieurs minutes que l’homme calme sa tristesse car ils sentaient qu’il y avait une suite à cette histoire digne d’un roman de science fiction.
- Pendant les dernières vacances scolaires, elle a tout fait pour surmonter sa peine et ne cessait de dire qu’à la rentrée, elle retournerait à l’école. Elle m’avait même dit qu’elle avait promis à l’un de ses élèves de revenir. C’était toi, n’est-ce pas ?
Lang acquiesça.
- Mais... elle a fait une découverte... elle a apprit que c’est son mari qui est la cause de tout...
- Comment ça ?
- Il voulait un enfant supérieur... qui soit le plus intelligent possible... j’étais là lorsqu’elle la accusé d’avoir fait ça. Mais vous savez ce qu’il lui a répondu ?
- Non, dirent les deux adolescents en chœur.
- Il lui a dit que c’était elle qui avait tué leur enfant. Il lui a reproché sa chute. Il s’est énervé en disant que lui, voulait que leur enfant arrive au monde avec toutes les chances de réussir sa vie... mais qu’elle, elle l’avait tué. Elle a alors regardé sa mère pour chercher du soutient de ce côté là. Mais tout le monde s’est rangé du côté de son mari... et moi, j’étais tellement abasourdi par toutes ces révélations que j’ai été incapable de la défendre... et c’est depuis ce moment qu’elle est comme ça.
Claude et Lang ne dirent rien durant plusieurs minutes, puis, le préféré des professeurs se leva et demanda à voir madame Colin, seul.
- Attend-moi là, dit-il à l’adresse de son compagnon de chambre.
Une fois devant la porte de chambre de son professeur de mathématique, il entra sans avoir frappé.
- ... Lang..., murmura la femme.
- Madame Colin, dit Lang en s’approchant du lit avant de reprendre la main de la femme dans la sienne.
- ... tu sais... ?
- Oui. Votre ami m’a tout dit. Alors à mon tour de vous confier mon secret.
- ...
- Je ne suis pas comme tous les garçons de mon âge. Je suis entièrement différent. Je suis né dans un laboratoire...
- ...
- Mes parents adoptifs m’ont fait sortir de cette prison quand j’étais tout petit.
- ...
- J’aurai pu mourir pendant notre fuite.
- ...
- Mais en aucun cas, ça n’aurait été la faute de mes parents.
- ...
- Les monstres, ce sont ceux qui ont tenté de modifier la nature et ceux qui ont accepté cela. Vous, vous avez seulement voulu protéger votre bébé. Vous n’êtes pas coupable.
- ... je l’ai tué... ma petite chérie... je n’ai même pas pu... l’appeler par son prénom...
- C’était un accident. Vous avez cherché à la sauver. Je suis sûr que même si vous n’avez jamais pu lui dire avec des mots, elle a sentit votre amour.
- ...
- Vous ne devez pas laisser ces monstres briser votre vie. Vous devez vivre, pour vous, mais aussi pour votre bébé.
La femme éclata en sanglot et sera Lang contre elle. Il avait raison. Elle le savait, mais c’était si dur d’imaginer de continuer à vivre alors que le petit être qu’elle attendait depuis si longtemps ne serait pas à ses côtés. Mais il fallait qu’elle relève la tête, justement pour que ce qui lui était arrivé n’arrive pas à d’autres. Oui, elle devait se fixer un objectif.
- Lang, murmura-t-elle.
- Oui ?
- Tu es un enfant vraiment adorable.
- ...
- Je suis très heureuse de t’avoir eu comme élève.
- ... pourquoi dites-vous ça ? Vous allez revenir nous faire cours, n’est-ce pas ?
S’éloignant de l’adolescent, elle lui répondit :
- Non. Je dois m’éloigner. Il faut que je mette de l’ordre dans ma tête et dans ma vie.
- Je compris, lui répondit alors Lang en lui adressant un sourire.
Sans un mot supplémentaire, le jeune homme ressortit de la chambre.
- On s’en va, annonça-t-il à l’attention de Claude.
- D’accord. Heu... je vais aller dire au revoir à
madame Colin. Je peux ?
Rajouta-t-il à l’attention que l’homme.
- Mais oui, vas-y.
Lorsque Claude fut à l’étage, Lang reprit :
- Faites très attention à elle. Il se pourrait qu’elle soit en danger, surtout si j’ai bien compris ce qu’elle veut faire.
- Qui es-tu ?
- Je vous l’ai déjà dit, l’un de ses élèves qui s’inquiète pour elle.
En haut, Claude avait prit congé de son professeur de mathématique et s’apprêtait à ressortir de la chambre lorsqu’elle le retint.
- Attend.
- Oui ?
- J’ai remarqué que tu as l’air de souffrir parfois du fait qu’on te compare à Lang.
- ... je ne pensais pas que vous ayez pu le voir...
- Je ne te cacherai pas que j’ai toujours fait du préférentisme envers les bons élèves.
- ...
- Lang et Margueritte étaient mes élèves préférés.
- ...
- Ceci étant dit... toi aussi, tu as des qualités.
- Oui, sans doute.
- Tout le monde à des qualités. On n’a pas besoin d’avoir de bonnes notes pour être quelqu’un de très bien. Et je pense que Lang l’a bien compris. Sinon, il ne passerait pas tout son temps avec toi., tu ne crois pas ?
- ...
- J’ai bien vu lorsqu’il est arrivé à l’école qu’il avait l’air de n’aimer personne. On aurait même dit un animal traqué parfois. Il avait une façon de regarder les gens comme s’il leur disait : «ne m’approchez pas, vous êtes mes ennemis». Mais aujourd’hui, il est différent et je suis sûr que tu n’es pas étranger à ce changement.
- Madame Colin.
- Oui ?
- Vous êtes vraiment très gentille.
La femme se contenta de sourire et ils se séparèrent. Elle ignorait si un jour elle reverrait ses deux élèves, mais une chose était sûre, c’est qu’ils venaient de lui changer la vie. Elle savait que quoiqu’il puisse arriver par la suite, qu’ils seraient toujours des élèves qui auraient une place particulière dans son cœur.
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Cela faisait plusieurs minutes que les adolescents étaient sortis de chez madame Colin et Claude se décida à poser sa question :
- Tu crois que ça va aller pour elle ?
- Je pense.
Satisfait de cette réponse, Claude eut un sourire.
- Je suis crevé. Ca t’ennuie si on va à mon hôtel pour se reposer un peu ?
- Non, pas du tout. Moi aussi je suis fatigué, avoua le plus petits des deux garçons.
Lang regarda sa montre et s’aperçut qu’ils étaient restés plusieurs heures chez leur professeur : le cadran indiquait 15 heures.
Lorsqu’ils furent dans la chambre louée par Lang, celui-ci commanda quelques gâteaux car ils commençaient à avoir faim.
- Tu ne mets pas de photos ?
S’étonna Claude de ne voir aucune touche personne dans la pièce.
- Non.
- Pourquoi ?
- Parce que c’est juste un endroit pour dormir. Il n’y a rien ici.
- ...
- Enfin... là, tu es là, donc évidemment, la pièce est nettement moins vide.
Claude se contenta de sourire et entama une part de gâteau.
Quelques minutes plus tard, couché en travers du lit, Claude se mit à parler de banalités et Lang l’écouta en répondant de temps en temps. Aucun des deux n’auraient pu dire celui qui s’était endormi le premier, peu de temps après, ils dormaient tous les deux, allongés côte à côté.
Fin du chapitre XVII
A suivre…
Chapitre commencé le 03 mai et achevé le 28 mai 2007
Note de fin de chapitre : Et voilà… on en a finit
avec l’histoire de madame Colin. On se revoit à la fin du mois pour la suite,
qui, je le pense, devrait vous plaire ^_~
A bientôt
Naëlle, contente d’avoir réussi à rattraper son gros retard !
Si vous voulez m'écrire un
petit mot au sujet de ce chapitre, rien de plus simple, vous n'avez qu'à
remplir ce petit "formulaire" ^_^
Vous n'êtes pas obligé de remplir tous les champs, mais sachez que sans votre
adresse e-mail, je ne pourrai pas vous répondre ^_~
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