Auteur: Naëlle
Mail: naelle@lartisan.netSUPPRIMEZ LA PARTIE EN MAJUSCULE

Titre: Loup apprivoisé

 

Note : Bonjour tout le monde !

Oui, oui, je sais, encore une fois, je suis en retard… mais j’ai de nouveau été malade et ça, ça chamboule tous mes projets ! Ha là, là…

Mais la bonne nouvelle, c’est que d’abord, ce chapitre est plus long que les autres et sans vouloir me vanter, je le trouve bien :) J’espère que vous aussi vous allez l’aimer :D
Et une deuxième bonne nouvelle, c’est que j’ai presque terminé d’écrire l’autre. Alors normalement, et j’ai bon espoir que ça se passe comme je le veux, la semaine prochaine, vous pourrez lire le prochain.
J’essaie de rattraper mon retard, afin que vous ne soyez pas lésé et que sur six mois, vous puissiez lire 6 chapitres.

Voilà, voilà, je crois que tout est dit. Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture.

PS : je n’ai pas encore répondu à vos message, mais je vais le faire, ne vous inquiétez pas… j’essaie de rattraper mon retard ce week-end, promis !

 

* -- * -- * -- * -- *

Lang : Depuis qu’il a reconnu en Claude l’enfant du parc, il essai d’être plus gentil avec lui. Pour avoir prit la défense de son compagnon de chambre et avoir ainsi fait preuve d’une certaine insolence vis-à-vis de leur professeur de mathématique remplaçant, l’adolescent a eu une retenue devant avoir lieu samedi.

Claude : Pour être sortit en pleine nuit, pour aller voir sa mère, l’adolescent a été puni par son professeur principal et devrait rester à la bibliothèque tous les samedi matin et lire un livre par semaine. Mais il prend la chose plutôt bien car d’un autre côté, Lang devient de plus en plus gentil avec lui.

Margueritte : Jumelle de James et amie de Claude, elle déteste cordialement Lang. D’autant plus que Lang a de meilleures notes qu’elle !

Mme Colin : Professeur de mathématique de Lang et Claude, après avoir perdu son bébé, elle ne vient plus en cours. Les deux adolescents se font du souci pour elle.

Valentine : Petite amie de Denis, je compagnon de chambre de Pascal, elle cache quelque chose et semble avoir quelques problèmes lorsqu’elle est en près de Claude.

* -- * -- * -- * -- *

 

 

 

Loup apprivoisé

 

Première partie : d’étranges adolescents

 

 

Chapitre XVI

** Odeur : 2ème partie **


 

 

Lang jeta un coup d'oeil à côté de lui pour s'apercevoir que Claude faisait sérieusement les exercices que lui avait donné Odette Birmanya.

- C'est chiant, hein ?
Murmura l'adolescent de façon à ce que le surveillant assis un peu plus loin ne l'entende pas.

Le plus petit des deux hocha la tête mais ne répondit pas.

« Si papa et maman avaient été là, ils auraient interdit qu'on me donne ses heures de colle », pensa Lang en recommençant à écrire. Cependant, il reconnaissait qu'il avait peut-être un peu exagéré avec le professeur de mathématique, bien qu'il ne se donne absolument pas tord. En terminant le dernier problème, il s'aperçut qu'il devrait rester encore deux heures à la bibliothèque. Il se leva alors, afin de demander à celui qui était avec eux si monsieur Harnois avait donné d'autres exercices, mais devant la réponse négative de l'homme, il demanda la permission de lire un roman, ce qui lui fut accordé.

Lorsque finalement l'heure du déjeuner arriva, Claude mit un point final à ses exercices et adressa un sourire à Lang qui était déjà près de la porte.

- J'ai faim, dit l'adolescent se transformant en se dirigeant vers la cantine.

- Moi aussi. Et j'ai un peu mal à la tête... ce que Madame Birmanya m'a donné à faire était compliqué.

- Ca ne m'étonne pas trop d'elle.

- D’un autre côté, c’est vrai que j’ai eu tord de sortir… alors c’est normal que je sois puni.

- Je pense aussi.

Claude eut un petit rire. Il découvrait que son compagnon de chambre avait beaucoup de respect pour l’ordre établit et visiblement, même s’il avait un caractère très fort, il semblait se faire un devoir d’obéir aux adultes. Il était donc d’autant plus surprenant qu’il l’ait aidé à faire le mur en pleine nuit. Car si la première fois, c’était bien Lang qui avait obligé Claude à sortir sans passer par la porte principal, dans ce cas, seul Claude était fautif car Lang avait tout à fait le droit de sortir le week-end. Ce garçon était vraiment plein de surprise.

- Qu’est-ce qu’il y a ?
Demanda-t-il d’ailleurs ?

- Rien. Je me disais juste que tu étais spécial comme garçon.

- Etrange ?

- Non, pas « étrange », mais « spécial ».

- Tu vois une différence ?

- Oui, une grande.

Satisfait par la réponse du plus petit, Lang eut un sourire.

Durant ce week-end, Claude fut heureux. Lang avait visiblement décidé de continuer à être gentil avec lui et c’est dans une bonne ambiance qu’ils se côtoyaient depuis plusieurs jours.

Et lorsque le lundi matin arriva, contrairement aux fois précédentes, ce n’est pas avec soulagement que Claude revoyait l’école se remplir. Bien sûr, il était heureux de revoir ses amis, mais c’était différent des autres semaines.

Leur semaine de cours commença avec Odette Birmanya qui leur donna une rédaction à réaliser durant la première heure. Puis, durant la suivante, elle leur fit cours, mais son esprit semblait ailleurs. Elle qui était toujours tellement concentré et sévère avec ceux qui ne suivaient pas son cours correctement, elle ne demanda même pas le silence lorsque suite à une blague lancée par un élève, toute la classe éclata de rire.

A la fin de son cours, Claude lui donna le résumé réalisé sur le premier livre qu’il venait de lire.

- C’était intéressant ?
Lui demanda-t-elle en prenant la copie qu’il lui tendait.

- Heu… je n’ai pas vraiment aimé, avoua l’adolescent.

Il faillit s’étrangler en se rendant compte qu’il avait répondu cela à son professeur de français, mais étrangement, elle se contenta de sourire, semblant apprécier l’honnêteté dont le collégien faisait preuve.

Le cours suivant fut celui d’Histoire. En voyant arriver monsieur Mazin avec une pile de documents, les adolescents comprirent tout de suite qu’ils allaient avoir un nouvel exposé à réaliser. Ce professeur ne leur accordait décidemment pas beaucoup de répit entre les différents devoirs et exposés qu’il leur demandait de réaliser.

- Je vous laisse dix minutes pour regarder les documents que je vous fais passer, dit l’homme en distribuant différentes liasses à ses élèves. Demain, vous me direz ce que vous voulez faire, par contre, n’oubliez pas avant de partir tout à l’heure de me dire avec qui vous allez vous allez faire l’exposé.
Rajouta-t-il avant de s’asseoir à son bureau. Puis, quelques minutes plus tard, il entama son cours.

Durant les deux heures qui suivirent, la seule voix qui se fit entendre dans la salle de classe fut celle de monsieur Mazin. Cet homme, passionné par son cours, racontait l’Histoire à ses élèves et leur distribuait ensuite un résumé sur polycopié. C’était d’ailleurs la seule matière dans laquelle il n’avait rien besoin d’écrire. Par contre, comme tous les autres enseignants, il leur demandait une écoute totale et constante. Mais visiblement, il parvenait à captiver son « auditoire » car il était exceptionnel qu’il ait besoin de rappeler ses élèves à l’ordre.

- C’est intéressant, chuchota Claude à l’adresse de Lang.

- Oui, très, répondit ce dernier sur le même ton.

Lorsque la fin du cours arriva et que la cloche retentit, tout le monde rangea ses affaires et par groupe de deux, ils se dirigèrent vers leur professeur afin d’indiquer qui travaillerait avec qui. Une dizaine de minutes plus tard, le dernier groupe sortit et le professeur pensait qu’il n’y avait plus personne dans la salle lorsque son regard se posa sur Lang, toujours assis à son bureau.

- Un problème ?
Demanda alors l’homme gentiment.

- Non… pas vraiment, répondit l’adolescent en se levant. En fait, c’est à propos de l’exposé.

- Oui, je sais que tu veux le faire seul. Mais c’est ce que tu as déjà fait les dernières fois. Tu as peur que j’ai des pertes de mémoire ?

L’homme rit un peu, mais s’arrêta en voyant que le collégien ne bougeait pas.

- Qu’y a-t-il ?

- Je voudrais le faire avec quelqu’un.

- Pardon ?

- L’exposé, je voudrais le faire avec Claude. Claude Gaumont, rajouta le garçon afin que son professeur voie bien de qui il parlait.

D’abord surpris, l’homme ne dit pourtant rien et se contenta de reprendre le cahier dans lequel il notait les différents groupes et chercha le nom de Claude, qui, comme d’habitude était seul et rajouta celui de Lang avant d’annoncer à ce dernier qu’il pouvait aller manger, que c’était noté. Une fois seul, l’homme s’assit à son bureau et se gratta la tête. Il se souvenait pourtant que lors de la rentrée, tous les professeurs de cette classe avaient été convoqués chez le directeur. Ce dernier leur avait alors expliqué que Lang Fraust devait être un élève avec certains ‘privilèges’ et entre autre, celui de pouvoir réaliser les devoirs normalement devant être fait en groupe, seul. Et lorsque quelqu’un avait demandé pourquoi, monsieur Birmanya avait expliqué que c’était l’une des conditions pour qu’il s’inscrive dans leur école.

« Il se sociabilise », pensa finalement l’Historien en récupérant ses affaires et en se dirigeant vers la sortie car il avait finit sa journée.

Dans la cantine, c’était un vrai brouhaha qui régnait et Lang trouva cela très désagréable. Il n’avait jamais aimé se mélanger à la foule et le pire pour lui étant sans doute les heures des repas. Mais il fit un effort et s’installa à une table à l’écart avec son plateau. Un peu plus loin, il aperçut la fille qu’il avait vue avec Claude. Il la vit chercher quelqu’un du regard et sourire lorsque ses yeux se posèrent sur Claude. Lang laissa alors ses affaires et se dirigea vers son compagnon de chambre. Ce dernier était en train de discuter avec ses amis. Il remarqua d’ailleurs que Margueritte et Pascal avait un air étrange.

- Claude, dit-il en arrivant à la hauteur de l’adolescent.

- Lang ! Tu veux manger avec nous ?
Demanda le garçon avec bonne humeur.

- Non, mais viens, il faut que je te parle.

- Tu ne vois pas qu’il est occupé ?
Demanda la jumelle de Charles.

- Si, mais je dois lui parler maintenant, répondit Lang en fusillant la jeune fille du regard.

- Ha oui ? Hé bien tu n’as qu’à lui dire ce que tu veux ici.

- Désolé, mais je n’ai aucune envie de rester avec vous.

- Quoi ? On n’est pas assez bien pour toi peut-être, monsieur petit géni !?!

- Exact, je n’aime pas être en présence de personnes moins intelligentes que moi. J’ai déjà du mérite à pouvoir vous côtoyer pendant les cours, alors ne m’en demandez pas trop.

Margueritte, furieuse, se leva de table.

- Pour qui tu te prends ?
S’énerva-t-elle.

- Mais pour ce que je suis. Un être doué d’une intelligence supérieure à la vôtre. Sur ce, excusez-moi, mais je vous l’‘emprunte’, rajouta le jeune homme en obligeant Claude à se lever en le prenant par le bras.

Les élèves présents à la table se dirent que leur ami devait avoir rêvé, car depuis le début du repas, il n’avait cessé de répéter que Lang avait été d’une extrême gentillesse durant ces derniers jours.

- On va où ?
Demanda Claude toujours entraîné par Lang.

Ce dernier s’arrêta, lorsqu’ils furent dans un endroit moins animé.

- Ta copine, elle me tape vraiment sur le système.

- …

- Bha, de toute façon, il n’y a pas qu’elle. Je n’arrive à supporter personne.

- Et moi ?
Demanda Claude, craignant le moment où Lang allait lui dire qu’il faisait aussi partit de ce « personne », devant englober le monde.

- Toi ? Toi… c’est pas pareil, murmura l’adolescent sans même sans rendre compte.

Sans réellement savoir pourquoi, Claude sentit que cette simple petite phrase lui procurait un immense bonheur. Finalement, il se rendit compte qu’il avait en lui une part d’égoïsme qu’il ne connaissait et n’aurait pas imaginé avant. Que Lang ne s’entende avec personne ne le dérangeait pas tant qu’il acceptait de lui parler à lui, c’était suffisant. Finalement, il comprenait mieux Margueritte à présent.

- Au fait, tu voulais me dire quelque chose ?
Demanda Claude, en cessant de penser à tout cela.

Lang le regarda avec des yeux ronds. Non, il ne voulait rien lui dire, il avait juste voulu l’éloigner de cette fille. Il ignorait d’ailleurs pourquoi il avait ressentit ce besoin, mais cela lui avait semblé presque vital. Son instinct lui avait dicté sa conduite, mais à présent, il s’agissait de trouver quelque chose à dire, qui explique son comportement.

- Ha… heu… oui !

- ?

- J’ai dis à monsieur Mazin qu’on allait faire l’exposé ensemble.

- Quoi ?

- L’exposé d’histoire, on va le faire ensemble.

- C’est vrai ?????

- Heu… ouais.

Si Lang s’était attendu à ça ; Claude venait de lui sauter dans les bras !

- Merci, murmura-t-il comme s’il venait de recevoir un cadeau magnifique.

Un peu plus loin, un garçon et une fille avaient assisté à la scène.

- Ce garçon est gênant, dit l’un.

- Il va falloir s’en débarrasser, rajouta l’autre.

- Tu avais raison Iseut… je sens son odeur jusqu’ici.

- C’est enivrant, n’est-ce pas ?

- Oui. Dommage que ce soit un garçon.

 

:::::::: * :::::::: * :::::::: * ::::::::

 

Claude était à la bibliothèque en pleine recherche pour l’exposé d’Histoire lorsque Valentine entra. Elle n’eut pas besoin de le voir pour savoir qu’il n’était pas loin. Elle voulu presque rebrousser chemin, mais elle devait rendre le livre qu’elle avait avec elle, aussi, prit elle sur elle et s’avança-t-elle vers la bibliothécaire.

- Bonjour, lui dit quelqu’un alors qu’elle allait repartir.

- Ha… heu… bonjour, répondit-elle avant de réaliser que c’était Lang qui venait de la saluer. Elle ignorait pourquoi, mais ce garçon qu’on disait distant, s’était délibérément approché d’elle alors qu’elle en avait le plus besoin. Il semblait connaître son secret, mais elle, ne savait rien de lui, si ce n’était qu’il était quasiment tout le temps avec cet étrange adolescent qui l’attirait contre sa propre volonté.

Le préféré des professeurs arriva à la hauteur de son compagnon de chambre et Valentine ne put s’empêcher de détailler longuement Claude, puis, se faisant violence, elle ressortie du bâtiment.

- Tu as trouvé quelque chose ?
Demanda Lang en s’installant près de l’autre garçon.

- Heu… oui… voilà, j’ai mis des papiers dans les livres… aux bonnes pages…

- Pourquoi est-ce que j’ai l’impression que tu es très stressé d’être avec moi ? Je te fais peur là ?

- Non ! Non ! Non !

Plusieurs têtes se relevèrent et foudroyèrent l’adolescent du regard, afin de lui rappeler que dans une bibliothèque, le silence était de rigueur.

- On va emprunter les bouquins et travailler dans la chambre, ok ?
Murmura Lang en prenant une partie des livres.

- D’accord, mais on n’aura pas le droit de tous les sortir.

Le petit géni de l’école ne répondit pas et se contenta de se diriger vers leur bibliothécaire. Claude resta en retrait et ne put qu’admirer avec quelle facilité, son compagnon de chambre faisait passer la femme d’un « non » catégorique à un « oui, bien sûr » mielleux. C’est donc en faisant la promesse de ramener tous les livres dans trois jours qu’ils partirent, les bras chargés.

- Je suis vraiment content qu’on fasse cet exposé ensemble, dit Claude en posant son ‘chargement’ sur son lit.

Lang se contenta de sourire et posa à son tour ce qu’il portait sur la couche de son compagnon de chambre. Ensuite, s’asseyant sur le lit, il prit un cahier et commença à noter ce qui lui semblait important aux pages marquées par son binôme. Ce dernier le regarda faire quelques minutes avant de reprendre la parole.

- Lang.

- Hum ?

- Qu’est-ce que tu fais ?

- Je bosse, ça ne se voit pas ?

- Si, mais… tu te souviens qu’on doit le faire ensemble ? « Ensemble », Lang.

Se rendant soudain compte que faire cet exercice avec quelqu’un impliquait qu’il ne pourrait pas travailler comme il l’avait toujours fait, le jeune homme poussa un profond soupire. Mais ses bonnes résolutions ne s’étant pas envolées, il fit signe à Claude de s’asseoir près de lui, et c’est tout en discutant qu’ils commencèrent à réaliser une ébauche de leur futur travail.

Lorsque la sonnerie indiquant qu’il était l’heure d’aller dîner, retentit, les deux adolescents sursautèrent. Ils en avaient presque oublié l’heure.

- On a bien avancé, dit Claude en sortant de la chambre, mais il n’obtint pas de réponse.

Lang le laissa et partit seul vers la cantine. Il avait l’impression de ne jamais avoir été aussi lentement pour un devoir. Normalement, il faisait tout tout seul et allait très vite. Mais faire un exercice déjà long en soit, avec Claude lui semblait presque impossible. Il était sans cesse obligé de s’arrêter car la pipelette qui lui servait de compagnon de chambre ne cessait de vouloir donner son avis ou alors il demandait une explication car il n’avait pas tout compris.

« Finalement, j’aurai mieux fait de ne rien changer et qu’on fasse cet exposé chacun de notre côté », pensa-t-il. Pourtant, en y réfléchissant bien, il devait bien s’avouer qu’il préférait tout de même que Claude lui sourit sans cesse plutôt qu’il ait l’air de craindre à chaque instant de le mettre en colère.

S’installant comme à son habitude dans une place à l’écart, Lang commença à manger. En voyant monsieur Harnois passer dans le réfectoire, il ne put s’empêcher de penser à Louise Colin, qui lui avait promis de revenir mais qui n’en avait rien fait. Jusqu’à présent, il ne s’était jamais inquiété du monde l’entourant. Pour lui, le monde se résumait à ses parents et lui-même. Il y avait aussi eut un enfant lui ayant tendu la main lorsqu’il était tout petit, puis, il s’était mis en tête de protéger un parfait inconnu se nommant Claude Gaumont. Mais, sans doute au contact de ce dernier, il s’était mis à regarder les autres d’un œil différent. Sans trop savoir pourquoi, il avait été voir Valentine, il avait vraiment voulu l’aider, car elle lui avait sans doute renvoyé un reflet de lui-même. Et aujourd’hui, il voulait vraiment savoir pourquoi leur professeur de mathématique ne revenait pas. Sa mère lui avait apprit qu’on ne fait pas de promesse si on n’est pas sûr de pouvoir les tenir. Et madame Colin n’avait pas l’air d’être une femme qui en faisait sans les penser. Il devait donc forcément y avoir une raison à son absence.

De son côté, Claude mangeait avec ses amis et lorsqu’il se rendit compte que leurs deux carafes d’eau étaient vides, il se proposa gentiment pour aller les re-remplir.

- Tu veux que je t’accompagne ?
Proposa gentiment Pascal.

- Non, non, c’est bon. A tout de suite.

- A tout de suite, lui dit Margueritte en quittant quelques secondes le livre d’Histoire qu’elle avait emmené avec elle.

- Ca t’ennuierait de poser ça ?
Lui redemanda d’ailleurs son jumeau pour la troisième fois en l’espace de dix minutes.

La collégienne fit mine de ne pas l’entendre et poursuivit sa lecture.

Arrivé devant les distributeurs d’eau, Claude attendit que les personnes présentes aient rempli leurs propres pichets.

- Salut, lui dit alors un garçon.

- Heu… bonsoir.

- Je m’appelle Tristan.

- Enchanté. Moi, c’est…

- Claude, je sais, coupa l’adolescent.

- …

- Tu es un garçon très intéressant, tu sais ?

- Je… je ne… mes amis m’attendent…, dit Claude en voulant partir.

- Iseut m’avait dit que tu étais farouche, mais je ne m’attendais pas à ça, dit le jeune homme en retenant le collégien par le bras.

- Je…

- Cette odeur… c’est vraiment… grisant… c’est enivrant…
Murmura l’adolescent en attirant Claude contre lui. Ce dernier, de surprise, lâcha les brocs en plastique par terre. La main de Tristan contre sa nuque était glacée. Il était tétanisé et n’osait plus bouger. Il voulait pourtant partir, mais il n’y arrivait pas.

- Tristan, tu lui fais peur, dit soudain une fille en arrivant.

- Iseut. Regarde, je suis sûre que tu pourrais faire ce que tu veux à ce petit garçon. On dirait un oiseau face à deux serpents, rajouta l’adolescent en riant.

« Lang… viens m’aider… », ne put s’empêcher de penser Claude.

Toujours tenu par Tristan, le garçon vit Iseut s’approcher de lui, un sourire froid aux lèvres. Elle plaça une main sur la joue de Claude avant de murmurer :

- Tu devrais être flatté que je te trouve à mon goût.

- Qu…

Le reste de la question du jeune homme mourut sur ses lèvres. Contre celles-ci, venaient de se plaquer celles d’Iseut.

Se dégager, il voulait se dégager. Il voulait, il devait, il fallait… mais il n’y arrivait pas.

Un peu plus loin, Valentine qui se resservait en légume, sentit l’odeur de Claude. De nouveau, elle fut tiraillée entre ses pulsions et ses sentiments, et elle se retourna pour assister à l’étrange scène se jouant au milieu de centaines de personnes, mais n’était vu par aucune. Laissant son assiette dans un coin, se dirigea vers les trois adolescents avant de signaler sa présence par un petit toussotement. Tristan et Iseut se contentèrent d’avoir un sourire et s’éloignèrent sans un mot.

- Ca va ?
Demanda l’adolescente en se rapprochant de Claude.

- Tu n’es pas interne, fut la seule chose que l’adolescent trouva à dire.

- C’est vrai, mais durant quelques jours, je le serais.

- Pourquoi ?

- Parce que c’est une période difficile pour Denis. Il y a dix ans, sa sœur à fuguée et les recherches ont durées dix jours, pour finir en conclure qu’elle était morte en tombant d’une falaise.

- …

- Je n’aurai peut-être pas dû te répondre.

- …

- Claude ? Est-ce que ça va ?

Se concentrer. Il fallait qu’elle se concentre sur quelque chose, pour ne pas réagir comme la fois précédente. Pourtant, c’était attirant… envoûtant…

- Claude... tu m'entends ?

- L'eau... mes amis m'attendent, se contenta de murmurer l'adolescent et ramassant les pichets au sol. Comprenant qu'il ne voulait pas lui parler, le jeune fille repartit vers son assiette, mais elle jeta tout de même un dernier regard à ce garçon qui ne comprenait pas du tout ce qui lui arrivait.

« Je ne comprends pas... les gens sont bizarres avec moi », songea Claude en revenant vers ses amis.

- Tout va bien ?
Demanda Margueritte en relevant un peu les yeux de son livre.

- Oui... ça va...

Le croyant plus ou moins, les jeunes de la table reprirent leur conversation tandis que Claude ne les écoutait que d'une oreille distraite.

A L'extérieur, Lang qui avait terminé de manger s'assis sur un banc et leva les yeux vers le ciel. Cette nuit, c'était la pleine lune. Cette masse blanche éclairait la cours de l'école.

« Je devrais peut-être dire à Claude ce que je sais », pensa l'adolescent en fixant les étoiles. Cependant, songeant qu'il avait encore plus d'un an devant lui, il se dit qu'il était inutile d'en parler tout de suite.

- Tu m'as l'air bien songeur, dit soudain quelqu'un près de lui.

- Valentine ? Qu'est-ce que tu fais là ?

Sans répondre, l'élève de Terminale s'assit sur le banc près de Lang.

- Qui es-tu ?
Demanda-t-elle au bout de quelques minutes.

- Un garçon trop intelligent pour côtoyer les jeunes de son âge, répondit le garçon au regard sombre.

L'adolescente éclata de rire, bien qu'elle se soit doutée qu'il était sérieux en répondant cela.

- J'imagine que tu ne me répondras pas, reprit-elle ensuite.

- Et toi, qui es-tu ? En quoi te transformes-tu ?

- En tigre..., murmura Valentine.

- Quand ?

- Quand je suis trop fatiguée... mais ça fait deux ans que ça ne m'est pas arrivé. Mon père à réussit à mettre au point un ‘remède’ qui m'endors lorsque j'atteins un certain seuil de fatigue.

- ... ce n'est donc pas que tu t'es évanouie...

- Non... en fait... Je n'arrive pas à gérer mon degré de fatigue. Je ne sais pas quand il faut que j'arrête...

- ...

- C'est pour ça que je ne voulais pas aller à l'école. Mais mes parents et Denis ont réussi à me convaincre... et toi... tu m'as redonné confiance quand j'allais tout abandonner, rajouta l'adolescente en souriant à Lang.

- Je n'ai rien fait, se contenta de répondre ce dernier.

- Etre venu me voir... et ce que tu m'as dis... ça m'a vraiment fait très plaisir...

- ...

- Je vais y aller...

- Où est-ce que tu dors ?

- Dans une chambre vide, pourquoi ?

- Comme ça, juste pour savoir.

- Tu sais... j'ai rencontré Denis il y a cinq ans. - L'adolescente leva les yeux vers les étoiles - Et pendant longtemps, il a été mon seul contact avec ce que j'appelais « le monde extérieur »... Je ne sais pas si tu connais vraiment Denis, mais c'est un garçon très joyeux malgré tout ce qu'il a pu vivre... Pourtant... quand je l'ai vu la première fois, on aurait dit qu'il avait oublié ce que sourire voulait dire... Je pense que lorsque je l'ai approché, c'était surtout parce qu'en le regardant, je me disais que je n'étais pas si malheureuse que ça et que pour certains la vie avait l'air d'être bien pire... Mais finalement, au cours du temps, j'ai finit par m'attacher à lui.

- ... tu l'aimes... ?

La jeune fille réfléchit durant plusieurs secondes avant de répondre :

- Je n'en sais rien.

- ?

- Je dirai plutôt qu'il m'est nécessaire.

- Pourtant... je croyais...

- Comme tous les couples, nous nous disons que nous nous aimons, mais en réalité, je crois plutôt que Denis est une personne extérieure à ma famille qui me connaît et vers qui je me tourne quand ça ne va pas. Et très franchement, j'ignore si c'est de l'amour.

- ...

- Pourtant... jusqu'à il n'y a pas longtemps, je le pensais... mais lorsque je me suis rendue compte que j'étais capable de désirer quelqu'un d'autre... alors, je pense... mes sentiments doivent être bien peu de chose si je suis capable de regarder un autre garçon...

Lang ne l'avouerait jamais, mais il était tout de même gêné d'entendre de telles confessions. Il l'avait déjà remarqué, ceux qui l'approchaient avaient tous l'impression qu'il était beaucoup plus âgé que ce qu'il n'était. L'une des rares exceptions dans cette école étant sans doute Odette Birmanya.

- Je crois que je parle trop, termina l'adolescente en se relevant.

- ...

- Ton ami... j'ignore pourquoi... il me fait cet effet là..., rajouta-t-elle cependant.

- Quoi ? Valentine, attend.
Lang voulu la retenir, mais elle était déjà partie. Il en était sûr, elle parlait de Claude. Mais pourquoi ?

 

:::::::: * :::::::: * :::::::: * ::::::::

 

Une demi-heure plus tard, lorsque Claude entra dans la chambre, il trouva Lang, comme à son habitude, sur son lit, un roman entre les mains.

- Je peux utiliser la salle de bain ?

- Ouais, ouais, vas-y. Tu vois bien que je lis.

Ne répondant pas, le garçon prit son pyjama et alla dans la salle d'eau.

Près d'une heure plus tard, Lang réalisa que son compagnon de chambre n'était toujours pas ressortit. Se levant, il frappa à la porte.

- Claude ? Ca va ?

L'interpellé ouvrit la porte et répondant que ça allait.

- Pourquoi t'as passé autant de temps dans la salle de bain alors ?

- ...

- Si tu veux me dire quelque chose, je t'écoute.

- ...

- Claude, je te parle, s'énerva Lang en obligeant l'autre à le regarder dans les yeux.

- ...

- Quoi ?

- Je... j'ai l'impression... que...

- « Que » ?

- ... que tout le monde attend quelque chose de moi... mais je ne sais pas quoi... ma mère, mon père... mes amis... Valentine... cette fille... ce garçon...

- ...

- ... et toi aussi, j'ai l'impression... que tu attends quelque chose de moi... mais je ne sais pas ce que tu veux... je ne comprends pas... qu'est-ce qui se passe... ?

Attirant Claude contre lui, Lang referma ses bras dans un geste protecteur.

- Moi non plus, je ne comprends pas... mais je peux t'assurer que je n'attends rien de toi... reste juste avec moi... s'il te plait...

- Je ne vais nul part, murmura Claude.

 

 

 

Fin du chapitre XVI

 

A suivre…

Chapitre commencé le 1er mai et achevé vers le 15 mai 2007

 

Note de fin de chapitre : C'est choupi, hein ? lol
Naëlle

 

 

Si vous voulez m'écrire un petit mot au sujet de ce chapitre, rien de plus simple, vous n'avez qu'à remplir ce petit "formulaire" ^_^
Vous n'êtes pas obligé de remplir tous les champs, mais sachez que sans votre adresse e-mail, je ne pourrai pas vous répondre ^_~

 

Lorsque vous cliquerez sur "envoyer", veuillez attendre, vous allez être automatiquement redirigé ici au bout de 5 secondes. Par contre, vous verrez de nouveau ce que vous avez écrit, mais si sur la page précédente c'était noté "Envoi de mail réussi.", c'est que c'est tout bon, vous pouvez continuer à surfer tranquillement, j'aurai votre message ^_^

 

FORMULAIRE

Votre nom :

Votre prenom :

Votre e-mail :

Votre message :

 

 

Chapitre 17

 

Retour à la page des histoires originales