Auteur: Naëlle
Mail: naelle@lartisan.net
Titre: Loup apprivoisé

 

Note : Bonsoir tout le monde !
Comme convenu, voici la suite de l’histoire de Lang. Pour la petite histoire, sachez que pour ce chapitre, j’ai fait quelque chose que je ne fais jamais : j’ai supprimé un paragraphe ! En fait, il n’était pas vraiment utile et aurait considérablement rallongé le chapitre, et je vous avouerai que je commençait à fatiguée ! lol

Bon, c’était juste une petite anecdote :)
Sur ce, je vais vous laisser lire en vous remerciant encore une fois pour vos messages qui me font toujours chaud au cœur.
Elise, je n’ai pas pu te remercier par mail, mais tes deux mots m’ont fait super plaisir !

Bien, je vous laisse en compagnon de notre adorable petit loup :D

 

Rappel : Heng est l’homme qui a promis à Xavier de le protéger.

 

 

Loup apprivoisé

 

Première partie : d’étranges adolescents

 

 

Chapitre XIV

** Loup 326… Lang… **
2ème partie


 

 

- Tu as mal ?

Lang ouvrit les yeux et mit plusieurs secondes avant de réaliser qu’il était dans sa chambre. Ou plutôt, dans celle de ses parents, mais ceux-ci étaient visiblement déjà levés. Tendant la main vers le plafond, le garçon ferma les yeux. De cette façon, il pouvait presque toucher cette petite main d’enfant qui se tendait vers lui.

- Qu’est-ce que tu fais ?

Lang sursauta et se redressa d’un bond dans le lit.

- Maman… tu m’as fait peur.

- Tu ne m’as pas sentit arrivé ? C’est rare.

- …

- Allez, debout, on a de la route à faire aujourd’hui.

- Oui, oui, je me dépêche.

- Je t’attends dans la cuisine.

La femme ressortit de la chambre et quelques minutes plus tard, Lang la rejoignit. Il n’aimait pas particulièrement leur nouvelle maison, mais ils avaient dû partir précipitamment quelques jours plus tôt de l’ancienne. Des cartons pas encore déballés remplis de ses affaires personnelles étaient d’ailleurs encore dans l’entrée et il se dirigea vers eux lorsque sa mère le rappela à l’ordre :

- Ce n’est pas le moment Lang ! Tu rangeras plus tard.

- Mais… c’est…

- Je sais que tu n’aimes pas le désordre, mais là, on n’a pas le temps. Dépêche-toi de prendre ton petit déjeuner qu’on puisse y aller.

Abdiquant, l’adolescent dut se faire violence et laisser les boîtes sans continuer son rangement commencé la veille.

De l’autre côté de la maison, Xavier était immobile face à une fenêtre.

- Qu’est-ce que tu fais ?
Lui demanda Mei en arrivant à sa hauteur.

- Je n’aime pas ça.

- Quoi ?

- Tu sais très bien de quoi je veux parler. Demander à Lang de passer tous les concours de son âge et même ceux de la tranche d’âge supérieur, c’est…

- Je sais ce que tu penses, mais c’est la meilleure solution.

- …

- Xavier, tu sais très bien que ceux que nous fuyons craignent les médiats… et si le petit prodige du moment venait à disparaître, tu peux être sûr qu’ils le chercheraient jusqu’à ce qu’ils le retrouvent. La meilleure façon de protéger Lang, c’est de faire de lui une « célébrité », nous n’avons pas le choix.

L’homme eut un petit rire sec avant de reprendre :

- Le protéger ? Mais de quelle protection parles-tu ? Nous avons encore dû déménager ! Mais quel genre de parents sommes nous donc ? Nous ne pouvons même pas offrir de la stabilité à notre fils ! Depuis des années, nous passons notre vie à fuir ! Nous ne pouvons même pas lui permettre de se lier d’amitié avec qui que ce soit ! Pourquoi crois-tu qu’il soit tellement obsédé par une rencontre qui a eut lieu alors qu’il n’avait que trois ou quatre ans ? Cette vision l’obsède et c’est de notre faute ! On ne lui offre aucun équilibre !

Mei retint ses larmes, car, elle en était consciente, elle le savait, ils n’arrivaient pas à protéger l’enfant aussi bien qu’ils l’auraient voulut. Xavier donna un grand coup de poing contre le mur avant de murmurer :

- Je n’en peux plus…

Passant ses bras autour de lui et posant sa tête contre son épaule, la femme lui répondit :

- Je sais… moi aussi, j’avais vu notre vie différente…

- Il est en train de perdre son sourire…

- … je sais…

 

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- Je dois faire quelques courses. On se retrouve en ville ?

- Oui. A tout à l’heure, répondit Lang en descendant de la voiture.

- Bonne chance, rajouta la femme avant de repartir.

L’adolescent de treize ans se dirigea vers une masse humaine de jeunes ayant plus ou moins son âge. Puis, comme eux, il s’assit à une table et attendit patiemment que l’homme leur faisant face leur souhaite bonne chance à tous et commence sa dictée. Ce jour là, il participait à un concours d’écriture. Près de lui, ils avaient tous plus ou moins le même QI, mais aucun d’entre eux ne faisait ce genre d’exercice dans le seul but de se donner une petite chance de survie…

Cinq heures plus tard, alors qu’il était arrivé en ville depuis un petit moment déjà, il attendait sa mère sur un ponton face à une immensité d’eau. Il avait toujours beaucoup aimé la mer, sans doute parce que la première maison qu’ils avaient habitée, faisait face à l’océan. Il trouvait tout ce bleu vraiment très beau et romantique en même temps. Mei lui avait raconté, lorsqu’il était tout petit que les vagues étaient amoureuses du sable et que c’était pour cette raison qu’elles revenaient sans cesse sur le bord : pour avoir une petite chance de le toucher, même si ce n’était que quelques fractions de secondes. Aujourd’hui, il se trouvait bête d’y avoir cru, mais il ne pouvait s’empêcher pourtant de trouver que c’était une belle et triste histoire. Il contemplait toujours l’horizon bleu lorsque une odeur qu’il n’avait pas sentit depuis plusieurs mois le fit se retourner. A quelques mètres à peine de lui, sept ou huit hommes le fixaient, un sourire malsain aux lèvres. Depuis que ses parents adoptifs l’avaient fait sortir de sa cage, c’était la première fois qu’il se trouvait face à eux, seul ! Sentant une panique sans nom le gagner, Lang eut tout de même le réflexe de jeter à l’eau son passeport qu’il avait gardé en main en sortant du concours. Puis, tout en commençant à courir pour fuir ses poursuivant, il réalisa qu’il n’arriverait pas à arrêter le processus de transformation. Trouvant alors refuge dans un jardin désert, il devint loup et il allait reprendre sa course lorsqu’il vit un enfant s’approcher de lui et tendre la main vers lui. Il n’eut que le temps de s’apercevoir que son imagination lui jouait des tours qu’il sombrait dans l’inconscience après qu’un homme ait fait feu sur lui. La douleur à la cuisse qu’il avait ressentit avait été beaucoup trop violente pour l’enfant qu’il était encore.

- Crétin ! On nous a dit de le ramener vivant !

- Il est vivant, t’inquiète !

- J’espère pour toi !

Les hommes s’approchèrent du corps au sol, vérifièrent qu’il respirait toujours puis l’embarquèrent dans leur camionnette.

 

 

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A moitié endormi, Lang ne pouvait se résoudre à ouvrir les yeux et quitter la vision fugitive d’une petite main tendue vers lui. Il savait que c’était ce souvenir qui l’avait perdu, quelques jours plus tôt, pourtant, il ne voulait pas ne plus y penser. Pas s’il n’avait pas autre chose auquel se raccrocher en tout cas.

Il sentait quelque chose sur sa main, une langue, s’il en croyait son sens du toucher. Finissant par ouvrir les yeux, il s’aperçut qu’il ne pouvait bouger car des sangles le retenaient prisonnier sur une table d’opération. Réussissant à tourner un peu la tête, il vit un chaton par terre qui lui léchait la main.

- Qui es-tu ?
Murmura-t-il difficilement.

Au son de sa voix, la petite bête le regarda puis voulut sortir de la pièce mais le docteur Radia arriva et attrapa le petit animal par la peau du cou. La vue du scientifique donna un haut le cœur à Lang, mais il cru qu’il allait s’étouffer lorsqu’il entendit celui-ci dire à son assistante :

- Donnez-le à T et I, cet animal ne nous sert à rien, il est complètement inutile, puis, sans ménagement, il lâcha le chaton qui n’eut pas le temps de réaliser ce qui lui arrivait que déjà l’assistante l’emmène.

- Qu’est-ce que vous allez lui faire ?
Demanda l’adolescent, une violente colère au fond des yeux.

- Tu m’as beaucoup manqué Loup 326, dit l’homme en se penchant un peu sur Lang.

- Libérez-moi !

- Ho ? Mais qu’est-ce que c’est que ça ? Tu m’as habitué à beaucoup plus de docilité, si on exclu les quelques fois où tu as essayé de t’enfuir. Mais maintenant, c’est terminé, on reprend les tests. Tu le sais pourtant très bien, tu fais partis de ceux que je domine.
Ponctuant sa phrase d’un rire, le professeur Radia sortit, laissant l’enfant seul.

« Jamais ! Jamais je n’accepterai ! Si dans ce monde il y a les dominés et les dominants, je dois faire parti de la seconde catégorie », pensa Lang en tentant de défaire ses liens, mais rien n’y faisait et il restait prisonnier. Une nouvelle vision fugitive d’une main se tendant vers lui lui apparut en lui demandant « tu as mal ? », mais cette fois-ci, il tenta de la chasser. Pourtant, ce fragment du passé n’avait pas l’air de vouloir le quitter...

 

 

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Lang entendit à peine le bruit que fit la clef tournant dans la serrure. Il était à moitié inconscient et il savait que le lendemain, les expériences en tout genre allaient recommencer. Dans les ténèbres de la pièce, alors qu’il savait que personne ne pourrait le voir, il laissa quelques larmes couler avant de se recroqueviller et de sangloter.

- Maman... papa... venez me chercher..., murmura-t-il avant de finalement s’endormir profondément.

Dans la nuit, il se réveilla et tenta de se lever. Mais ses jambes semblaient lui faire défaut et il se rattrapa à un barreau de sa cage. Cette cage, un peu plus grande que celle dans laquelle il avait passé les premières années de sa vie, ne le retenait pas moins prisonnier. Contre les tiges métalliques, il se laissa glisser, ne pouvant définitivement pas tenir debout.

- Je veux sortir... je veux sortir... je veux sortir..., répétait-il comme une litanie, comme si ses paroles allait ouvrir la porte.

Souffrant de cet enfermement, Lang tenta de passer sa main à l’extérieur et voir s’il n’arrivait pas à ouvrir la porte. Réussissant à passer poser les doigts sur la serrure, sa raison reprit la dessus : il savait qu’il ne pourrait pas l’ouvrir. Mais s’il n’avait plus droit à la liberté, alors il ne voulait plus vivre. Ses parents comprendraient certainement son geste, il en était certain. Faisant glisser son poignet droit entre deux barreaux, il continua son mouvement jusqu’à ce qu’il sente quelque chose de chaud s’écouler. Sachant qu’il s’était ouvert une veine, il fit abstraction de la douleur occasionnée par la déchirure et se laissa tomber à terre.

 

 

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Lang ouvrit les yeux et se rendit compte qu’il était toujours vivant. Dans l’une des nombreuses salles de tests, il était allongé sur une table, attaché comme à chaque fois qu’il était laissé seul. A son poignet droit, il aperçut, en tournant un peu la tête, une bande. Quelqu’un avait stoppé l’hémorragie et l’avait soigné, alors qu’il désirait plus que tout quitter cet endroit par n’importe quel moyen.

Lorsqu’on entra, il fit semblant de dormir, espérant qu’il couperait pour quelques heures au moins, à diverses expériences. Mais s’étonnant de ne sentir aucune odeur en provenance de la personne venant d’entrer, il ouvrit un oeil discrètement et vit que la personne, un homme, touchait les barreaux de la fenêtre comme s’il leur cherchait une faille, puis, il le vit pousser un soupire et regarder la porte avant qu’un sourire n’apparaisse sur son visage. Lang referma rapidement son oeil lorsqu’il vit qu’il s’approchait de lui. Il espérait de tout son coeur qu’il croirait qu’il dormait.

« Qu’est-ce qu’il fait ? », se demanda l’adolescent en sentant que celui qui était à côté desserrait les sangles le retenant prisonnier.

Quelques secondes plus tard, Lang entendit la porte se refermer et il ouvrit les yeux. Faisant un petit effort, il parvint à retirer ses mains de ses liens et sans problèmes, il libéra ensuite ses pieds. Ne cherchant même pas à comprendre pourquoi, quelqu’un l’avait aidé, il se leva, tituba un peu, tomba, mais se remit rapidement debout. Tournant la poignée de la porte, il ne s’étonna qu’à moitié que celle-ci s’ouvre. Quelqu’un cherchait à l’aider et il l’avait fait jusqu’au bout. Longeant les couloirs pour ne pas se faire voir, Lang ignorait où se trouvait la sortie, mais il se doutait qu’en continuant à avancer, il finirait par la trouver. Entendant soudain des voix, il entra discrètement dans un bureau, espérant que personne n’y serait. Le lieu était, heureusement pour lui, désert et il vit avec bonheur qu’il n’y avait pas de barreaux aux fenêtres, il allait donc pouvoir sortir. S’avançant vers le symbole de son prochain retour à la liberté, il ne fit pas attention et fit tomber une pile de dossier d’une étagère. Les ramassant, il les reposa à leur place avant d’en prendre un au hasard afin d’en connaître le contenu. La pochette portait le nom de Claude Gaumont et en dessous, une date, celle de sa naissance. Réalisant que cette personne était née la même année que lui, Lang voulut en savoir plus, mais la porte s’ouvrit sur le professeur Radia.

- Qui t’a fait sortir ?

Jetant le dossier sur son tortionnaire, Lang courut à la fenêtre et sauta. L’atterrissage ne se fit pas en douceur, mais, pour une fois, sa peur lui servit et il se transforma en loup ce qui lui permit de sauter les barrières. Tout en fuyant, il ne put s’empêcher de s’interroger sur la nature de cette personne du dossier, car en jetant celui-ci sur le scientifique, Lang avait pu voir, d’une feuille s’étant détachée, un mot : « parfait ».

 

 

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Plusieurs heures plus tard, Lang soupira de soulagement. Il avait visiblement réussi à semer ses poursuivants. Mais il ignorait où il était. Errant sous sa forme animale, il chercha un endroit où trouver des vêtements. Passant près de deux femmes, il réalisa qu’elle parlait allemand. Surpris d’être dans ce pays, il comprit pourquoi ses parents ne l’avaient pas trouver. A croire que le docteur Radia avant des laboratoires et centres de recherche partout dans le monde, à moins qu’il ne déménage régulièrement.

Finalement, deux heures plus tard, redevenu humain et habillé avec un pantalon et un T-shirt prit sur un fil à linge, Lang cherchait une cabine téléphonique. Mécaniquement, il fit un numéro que lui avait apprit sa mère. «Pour les urgences», avait-elle toujours dit. Ce numéro avait la particularité, d’abord d’appeler directement en PCV, puis de brouiller toutes les pistes. Quelques secondes plus tard, quelqu’un décrocha et l’adolescent se contenta de donner son prénom avant qu’il n’entende qu’une recherche était lancée, puis, de nouvelles secondes s’écoulèrent avant qu’il n’entende la voix bien connue de Mei.

- Maman...

- Lang... où es-tu ?

- Je... je crois que je suis en Allemagne.

- ... Ne bouge pas, on va venir te chercher.

- JE vais aller le chercher !
Dit une voix que Lang ne connaissait pas.

- Maman ?

- Heng va venir te chercher, tu es d’accord ?

- Oui, mais... je n’ai plus de passeport...

- Ca ne fait rien... Je vais te passer Heng, tu vas lui expliquer où tu es, d’accord ?

- Oui...

 

 

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Lorsque le chinois arriva vers lui, Lang se demanda comment son père pouvait être ami avec lui, car il y avait vraiment quelque chose de menaçant chez cet homme.

- On y va, annonça-t-il d’ailleurs en arrivant à la hauteur de l’adolescent.

- Mes parents vont bien ?
Demanda Lang en montant dans un bus en compagnie de Heng.

- Ton père a été blessé, mais il va bien. Quant à ta mère, aucun problème de ce côté là.

« Il n’a pas l’air d’aimer maman », pensa Lang, mais il ne dit rien et les vingt heures de voyages se déroulèrent dans le plus grand silence. Lorsqu’il devait changer de moyen de locomotion, le chinois ne disait rien et se contentait de se lever.

Lorsque finalement Lang se retrouva dans les bras de ses parents, c’est avec un certain soulagement qu’il vit que l’adulte les laissait. Il ignorait si c’était grâce à lui qu’il était de nouveau en possession d’une pièce d’identité à son nom, mais même si c’était le cas, il ne l’appréciait pas du tout.

 

 

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- Maman, tu vas faire quelque chose, hein ?

Mei regarda son fils qui continuait à ranger ses livres dans leur nouvel appartement.

- Lang...

- Maman, il faut faire quelque chose !
Reprit le garçon en s’arrêtant quelques secondes afin de fixer son regard dans celui de sa mère.

- On ira le chercher, dit soudain Xavier.

- Papa...

- Fini ton rangement, et laisse nous nous occuper de Claude Gaumont... c’est bien ça ?

- Oui ! Papa, vous allez vraiment intervenir ?

- Oui, ne t’inquiète pas.

Mei sortit de la pièce et fit signe à son mari de la suivre. Une fois éloigné, elle lui demanda :

- Qu’est-ce que c’est que cette idée ? Tu te rends compte de ce que tu viens de lui dire ?

- Et toi, tu réalises que c’est la première fois depuis que nous l’avons qu’il s’intéresse à quelqu’un d’autre que nous ?

- ...

- Pour qu’il garde cette joie de vivre, j’arracherai aux griffes de Radia n’importe qui !

- ...

 

 

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Quelques mois plus tard :

 

Lang rédigeait un devoir qu’il posterait l’après-midi en allant faire des courses avec sa mère. Mais tout en écrivant, il ne pouvait s’empêcher de se demander où était son père. Sa mère restait quasiment muette sur ce sujet, ne répondant que par : « il va bientôt rentrer ». Soupirant, Lang en voulu à ses parents. Ils avaient prit l’habitude de tout partager tous les trois, mais depuis qu’il était revenu, quelque chose avait changé, mais il ignorait quoi.

- Lang.

- Oui maman ?

- Qu’est-ce que tu fais ?

Réalisant qu’il avait arrêté d’écrire, sans même s’en rendre compte, il se contenta de sourire avant de se remettre au travail.

La femme, elle, retourna s’enfermer dans sa chambre sans un mot supplémentaire.

 

 

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- J’ai besoin d’un nouveau cahier de brouillon maman.

- … un cahier… d’accord.

Poussant le chariot dans l’allée papeterie du grand magasin, la femme laissa l’adolescent choisir celui qu’il voulait.

- Tu n’as besoin de rien d’autre ?

- Ben non… dans deux jours, j’aurai terminé mon année, donc, c’est bon.

- Déjà ? C’est bien, dit la femme en souriant.

Lang se demanda s’il devait vraiment lui rappeler qu’elle était censée être au courant, mais il s’abstint. Sa mère n’avait vraiment pas l’air bien.

Une fois leurs courses terminées, tous deux s’installèrent dans l’une des nombreuses files d’attente au niveau des caisses. Quelques minutes plus tard, Mei se tourna vers son fils :

- Va te chercher quelques romans.

- Maintenant ?

- Oui, vas-y, mais ne traîne pas trop. Que tu puisses avoir de la lecture en attendant qu’on retourne dans une bonne librairie pour t’en trouver des très bien.

Après avoir adressé un sourire à sa mère, l’adolescent courut dans le magasin avant de s’arrêter devant les étagères remplies de livres. Il se décida pour trois romans, un d’aventure, un policier et une drame familial.

Une fois de retour avec sa mère, il voulut une nouvelle fois lui demander des nouvelles de son père, mais elle engagea la conversation sur leur prochaine vacances, qu’ils devraient passer à la plage. Heureux à cette perspective, l’adolescent en oublia ses questions. Il ne savait pas alors, que ces vacances ne devraient jamais avoir lieu…

 

 

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Il faisait nuit lorsque Mei reçut un appel. Quelques secondes plus tard, elle se leva, se dirigea vers son fax et attendit de recevoir différentes pages.

 

 

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Lang s’étira et se leva. Il s’étonna de ne pas sentir une odeur de café, car sa mère en faisait couler tous les matins. Peut-être était-elle malade.

- Maman ?
Appela l’adolescent en passant sa tête dans l’entrebâillement de la porte.

- Maman ?
Dit-il un peu plus fort en voyant que la femme n’était pas dans son lit. La cherchant un peu partout dans la maison, il finit par se mettre à la recherche d’un mot qu’elle aurait pu lui laisser si elle était sortie sans le lui dire. C’est en regardant un peu partout qu’il vit que plusieurs pages étaient arrivés par fax. Pourquoi la machine les avait-elle réceptionnée plusieurs fois ? Nul ne le saurait sans doute jamais car cela étant sans doute dû à un bug, quoiqu’il en soit, Lang passa plusieurs heures à éplucher le dossier, mais surtout, il relu plusieurs fois les quelques mots manuscrits qui indiquait dans quelle école Claude Gaumont serait à la prochaine rentrée. Savoir d’où venaient toutes ces informations n’était pas une priorité pour Lang, car celle qu’il avait était de demander à ses parents à être inscrit dans le même établissement. Car s’il en croyait tout ce qu’il avait lu, s’il ne voulait pas que ce garçon atterrisse dans une cage, il avait tout intérêt à le protéger. Au fil de ces derniers mois, l’image de l’enfant du parc s’était estompée pour qu’il ne soit plus que focaliser sur cette personne dont il avait lu le nom sur un dossier. Pourtant, à cet instant, sans qu’il ne sache trop pourquoi, une petite main apparut devant lui.

- Je n’ai plus besoin de toi, murmura l’adolescent en repoussant cette vision.

 

 

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Une semaine plus tard, Lang devait se rendre à l’évidence, ses parents ne reviendraient pas. Récupérant un minimum d’affaire, il envoya une lettre à leur propriétaire, expliquant qu’un cas d’extrême urgence les obligeait à partir. A son courrier, il joignit un chèque, signé de sa main, mais imitant à la perfection la signature de son père. Le chèque, d’un montant égal aux loyers des deux prochains mois lui semblait être convenable. Puis, il ferma les portes les fenêtres et prit un taxi. Il s’interdit de pleurer à la constatation que ses parents l’avaient abandonné, et se concentra sur la mission qu’il venait de se fixer : retrouver Claude et le protéger.

Il ignorait alors qu’après avoir été un enfant choyé, il lui serait très difficile de se débrouiller seul. Tout comme il n’aurait jamais imaginé qu’il allait se retrouver dans la même chambre que celui qu’il cherchait, mais pire encore, il ne s’attendait pas à rencontrer un garçon « normal », n’aillant jamais vécu ce que lui avait vécu et ignorant tout de la menace qui le guettait.
Il n’avait pas non plus pensé que ses parents lui manquerait autant au fil du temps qui allait passer sans eux et qu’il n’arriverait pas à se lier d’amitié à ce garçon qui donnait la sienne un peu trop facilement à son goût.

Il allait avoir beaucoup à faire pour réussir à le protéger sans le terroriser…

 

 

 

Fin du chapitre XIV

 

A suivre…

Chapitre 13 et 14 : commencé le 30 janvier et achevé le 10 février 2007

 

 

 

Note de fin de chapitre : Et voilà, on rejoint le début de l’histoire. A partir du prochain chapitre, on reverra Claude :) D’ailleurs, je ne suis pas en forme là, donc, la suite, dans un mois.
Je vous dis à bientôt, et j’espère que l’histoire de Lang aura répondu à pas mal de vos interrogations.
Naëlle

 

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Chapitre 15

 

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