Auteur: Naëlle
Mail: naelle@lartisan.net
Titre: Loup apprivoisé

 

Note : Mes chers lecteurs, je vous présente pour une nième fois mes plus plates excuses pour me faire pardonner cette nouvelle attente -_-
Je viens de relire ce chapitre et franchement, je trouve qu’il ne s’y passe pas grand-chose, mais j’espère que vous aimerez tout de même, au moins pour le perso qui arrive dans l’histoire ^_~ Par contre, même si vous l’aimez, désolée, mais il ne fera qu’une brève apparition.
Dans ce qui va suivre, pas de grosse révélation, mais pas non plus de nouveaux mystères, donc ça va J

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture. Et encore un très grand merci à toutes les personnes qui pensent à m’envoyer un mail ou me laisser une review après leur lecture. Ca me fait toujours autant plaisir, alors merci, merci et encore merci à vous !!!!!

 

Loup apprivoisé

 

Première partie : d’étranges adolescents

 

 

Chapitre VIII

** Professeur de mathématique remplaçant **


 

 

Claude lança un regard à Lang, cherchant à savoir si leur dispute de la veille avait trouvée une solution, mais ce dernier regardait fixement le tableau. Le plus petit devait bien se l’avouer, il avait peur de son compagnon de chambre. Et même à l’instant, alors qu’il se trouvait assis près de lui, et qu’ils n’étaient pas seuls, il craignait que Lang ne se mette en colère comme le soir précédent. Pourtant, il aurait bien aimé qu’ils en parlent tous les deux, peut-être avait-il dit quelque chose de travers, peut-être était-ce sa faute.

- Bonjour, dit la voix très agréable de Madame Colin, leur jeune professeur de mathématique.

- Bonjour madame, dirent tous les élèves d’une seule voix.

- Entrez, entrez, dit-elle à la personne l’ayant accompagné. Pour tout le monde, c’était un visage nouveau et quelques filles rougirent lorsque le jeune homme sourit à l’ensemble de la classe.

- Comme vous le savez, je vais bientôt avoir un bébé, reprit le professeur.

- Oui, une petite fille !
Dirent plusieurs élèves.

La femme eut un petit rire avant de reprendre :

- Oui, une fille. Normalement, je devrais accoucher d’ici quelques semaines, mais il semble plus raisonnable que j’arrête un peu avant… vous ne voudriez pas que j’accouche dans la classe, n’est-ce pas ?

Plusieurs rires fusèrent.

- Mais ça nous ferait de l’expérience pour quand on sera marié, dit un garçon en riant.

- Ha oui, pas bête. Un peu plus sérieusement. Je vous présente Laurent VINCENT. A partir d’aujourd’hui, et jusqu’aux vacances, c’est lui qui vous fera cours à ma place.

- Enchantés, dirent en même temps presque tous les collégiens.

- Moi de même, répondit le professeur remplaçant en distribuant un nouveau sourire.

- Je vous les laisse ?
Demanda madame Colin.

- Pas de problème.

- N’oubliez pas de nous ramener des photos de votre bébé, madame.

- C’est promis, répondit la femme en sortant, heureuse à la pensée que bientôt, elle tiendrait son enfant dans ses bras.

Lorsque la porte se fut refermée, plusieurs élèves voulurent poser des questions au nouveau venu.

- Monsieur, vous êtes marié ?

- Vous avez quel âge ?

- Ca fait longtemps que vous êtes prof ?

- Vous avez des enfants ?

Laurent Vincent eut un sourire, mais ne répondit pas et laissa quelques minutes passer sans rien dire, puis, d’une voix claire, il rappela à l’ordre ses jeunes qu’il allait côtoyer durant les deux semaines suivantes.

- Quand vous aurez des questions relatives aux mathématiques ou quoique se soit qui puissent vous concerner, je serais ravi de vous répondre, par contre, ma vie privée est classée « top secret ».

Un éclat de rire se déclancha, mais alors que l’enseignant allait rappeler ses élèves à l’ordre, la porte s’ouvrit sur madame Birmanya. Le silence revint alors instantanément.

- Monsieur Vincent, je vous demanderai de ne pas leur donner de mauvaises habitudes. Quand à vous, rajouta-t-elle à l’attention des adolescents, je vous rappelle que les cours ne sont pas prévus pour que vous vous amusiez. A plus tard, finit-elle en ressortant de la salle tout en remontant ses lunettes sur son nez.

- Ne vous inquiétez pas, dit Margueritte quelques secondes plus tard. Elle est sévère mais très gentille.

Le professeur la regarda en lui adressant un sourire. La sollicitude de cette fille le touchait, surtout qu’il ne s’était pas attendu à se faire rappeler à l’ordre dès les premières heures qu’il passait dans cet établissement.

- Avant de commencer, je vais faire l’appel, dit-il en prenant le cahier de présence. Levez la main lorsque vous me répondrez.

Très vite, le nom de Lang fut appelé.

- Fraust.

- Ici.

Laurent croisa le regard de l’adolescent. Il ne l’aurait pas imaginé comme ça.

- Oui monsieur, c’est bien Lang Fraust, dit Julia, se doutant que le professeur, comme tous les autres, avait une certaine fascination pour le petit géni se trouvant dans leur classe.

- Ca suffit ! Je ne suis pas un animal de cirque ! Je suis…

- Etre brillant n’est pas une tare, dit simplement le professeur avant d’appeler le nom suivant sur sa liste.

Après l’appel, le professeur remplaçant dispensa son cours sous les gémissements de certains, qui voyait le jour de son arrivé comme un bon prétexte à ne pas avoir de leçon.

 

:::::::: * :::::::: * :::::::: * ::::::::

 

Laurent, allongé sur son lit, soupira. Il était plutôt content de cette journée de cours. Les enseignants ainsi que les élèves lui semblaient sympathiques. Même Odette Birmanya qui au premier abord lui avait semblé froide était assez gentille. Le genre de personne qu’il appréciait, qui posait des questions mais qui comprenait certains silences lui répondant. Par contre, il n’aurait pas imaginé que l’adolescent ayant fait la une de tous les journaux quelques mois plus tôt se retrouve dans sa classe.

« C’est un étrange garçon », pensa-t-il en se relevant pour aller prendre l’air. En passant dans l’un des jardins, il aperçut la silhouette de l’un de ses élèves.

- Voyons voir… il s’appelle… Gaumont… Claude, murmura-t-il en s’approchant de l’adolescent. Ce dernier tourna d’ailleurs la tête en l’entendant arriver.

- Bonsoir monsieur.

- Bonsoir Claude. Qu’est-ce que tu fais là ?

- Je regarde les étoiles, répondit évasivement le garçon.

- …

- Vous savez… Lang est dans sa chambre.

- … oui, et alors ?

- Ce n’est pas la peine de jouer la comédie, je sais très bien que si vous êtes venu, c’est pour me demander comment va Lang, si nous sommes amis…

- Tu penses que ceux qui t’adressent la parole ne le font qu’en voyant ton ami à travers toi ?

- … je ne vois pas vraiment pourquoi on viendrait me parler autrement, murmura le jeune homme en baissant le regard.

Sans qu’il s’en aperçoive, Laurent dévisagea l’adolescent comme si celui-ci lui projetait une image d’un passé révolu.

- Qu’est-ce qu’il y a ?
Demanda alors Claude, après plusieurs secondes de silence.

- R… rien… tu me fais juste penser à quelqu’un.

- …

- Quelqu’un qui comme toi n’avait aucune confiance en sa propre personne.

- … ce n’est pas tellement que je ne me fais pas confiance, mais c’est surtout que lorsque les gens me voient avec Lang, ils ont tendance à nous comparer et je suis tellement minable par rapport à lui… c’est…

- J’imagine que ça ne doit pas être facile à vivre, dit alors le jeune professeur en compatissant.

- C’est gentil d’essayer de me comprendre… ça vous est déjà arrivé ?

- Quoi ?

- Qu’on ne vous voit que comme la personne qui s’assied à côté du premier de la classe.

- … heu… pas vraiment…

- Dommage, murmura l’adolescent. Sinon, vous auriez peut-être pu me dire quoi faire.

- Désolé… lorsque j’allais à l’école, j’étais plutôt dans l’autre position.

Se rendant compte que la conversation virait sur un terrain beaucoup trop privé, Laurent décida qu’il étant tant qu’il rentre.

- Attendez, attendez, monsieur Vincent.

Ne prêtant pas vraiment attention aux appels de l’adolescent, le jeune homme continua sa route vers sa chambre. Il n’avait pas envie de raconter sa vie à ses élèves, pourtant, le regard perdu qu’avait cet enfant lui rappelait beaucoup trop de souvenir pour qu’il puisse faire comme s’il ne l’avait pas remarqué.

« Pourquoi me tortures-tu autant », pensa-t-il en s’allongeant sur son lit.

 

:::::::: * :::::::: * :::::::: * ::::::::

 

Madame Birmanya releva les yeux vers ses élèves et remonta ses lunettes avant de leur lancer un regard noir. Lang fut sans doute le seul à ne pas le voir car il n’avait pas quitté sa copie des yeux depuis plus d’une demi-heure. Mais contrairement à lui, certains élèves avaient l’air de ne pas encore avoir compris que les interrogations étaient à rédiger seul.

Claude soupira et continua d’écrire, cependant, ses pensées n’étaient pas du tout focalisées sur son sujet. Il réfléchissait plutôt à une manière de r’aborder son compagnon de chambre. En effet, cela faisait déjà deux nuits qu’il passait avec Pascal et Denis et il aurait bien aimé mettre un terme à cette tension qui existait à présent entre Lang et lui.

Et alors qu’il sortait de devoir, Lang s’approcha de lui, provoquant ainsi ce qu’il attendait. L’adolescent aux cheveux sombres semblait d’ailleurs chercher ses mots et Claude l’encouragea d’un sourire. Il était évident que le jeune homme cherchait à s’excuser. Et quand il l’aurait fait, Claude lui pardonnerait son attitude et ils pourraient repartir sur de nouvelles bases, oui, c’était ce qui allait se produire, le plus petit n’en doutait pas.

- T’as vraiment été sacrément con de me mettre en colère la dernière fois !

Claude cligna des yeux plusieurs fois, afin d’être sûr qu’il était bien dans le monde réel. Quelque chose lui avait échappé ou alors Lang venait de lui reprocher ce qui s’était passé ?

- Qu… quoi ?

- ‘faut vraiment pas être malin pour m’énerver !

- M… mais… ce n’est pas… de ma… faute…, murmura l’adolescent.

- C’est de la mienne, peut-être ?
S’énerva Lang.

- Je n’ai pas dit ça, mais…

- Dans chaque conflit, il y a en a forcément un qui a tort et un qui a raison, donc si tu dis que ce n’est pas toi le fautif, c’est forcément moi !

- … je…

« Ne pas pleurer, ne pas pleurer, ne pas pleurer… »

- J’pensais pourtant avoir été clair ! J’veux pas qu’on se mêle de mes affaires ! Tu crois peut-être que tu es une exception pour moi ?

- … je… je pensais qu’on était… ami…, murmura Claude, luttant toujours contre les larmes décidemment trop proches.

- « Amis » ? Mais t’es fou ou quoi ? Tu crois qu’on donne son amitié comme ça à n’importe qui ?

- … tu… je…

- Qu’est-ce qui vous arrive les garçons ?

Le professeur remplaçant de mathématique venait d’arriver près d’eux et Claude lui lança un regard perdu. Quant à Lang, il se contenta de jouer le rôle qu’il réservait à ses enseignants.

- Rien du tout monsieur. Désolé de vous avoir dérangé pendant votre pause.

- Avoir de bonnes notes ne te donne pas tous les droits, répondit alors Laurent.

Etait-ce de la surprise qu’il venait de voir dans le regard de cet adolescent impassible ? Mais à présent qu’il s’éloignait, il ne pourrait pas lui poser la question.

- … monsieur Vincent… merci…

- Tu n’as pas à me remercier, c’est… Claude ?

Un véritable torrent de larme se déversait sur les joues de l’adolescent.

- … je… je…

- Claude ? Mais qu’est-ce qu’il y a ? Ne pleure pas…

Passant une main dans la chevelure de son élève, Laurent n’arrêta son geste que lorsque celui-ci fut entièrement calmé.

- Ca va mieux ?

- Oui… merci…

- Heu…

- Oui ?

- Je peux vous poser une question ?

- Vas-y.

Finissant de sécher ses larmes, Claude demanda :

- Vous m’avez dit que vous étiez plutôt dans l’autre position. Ca voulait dire quoi ?

Laurent soupira. Lui qui avait décidé de ne se lier à personne, pourquoi fallait-il que ce jeune lui lance ce genre de regard qui lui interdisait toute dérobade. C’est donc avec un soupire qu’il répondit :

- J’ai toujours été le premier de ma classe. Au primaire, au collège, au lycée et même à l’Université, je faisais partit des meilleurs. Satisfait ?

Claude regarda son professeur, incrédule.

- C’est vrai ????

- Je sais, c’est difficile à croire, dit alors Laurent en riant.

- Et… heu… vous étiez comme Lang ?

- Je ne crois pas… mais…

- Oui ?

- Ca ne t’aidera sans doute pas par rapport aux autres qui ne voit en toi qu’un ami de ‘monsieur petit géni’, mais peut-être que tu pourras mieux le comprendre. Sache que lorsqu’on est très bon ou brillant, comme c’est le cas de Lang, les autres attendent beaucoup de nous. La famille, les parents, les amis, tout le monde. C’est un peu comme si on n’était pas tout à fait comme les autres.

- C’est le cas.

- Oui… peut-être… Mais, c’est parfois très dur à gérer. On n’a pas le droit de décevoir tous ces gens qui nous regarde avec une certaine admiration et il y a des moments où c’est très pénible.

- Ca vous a fait souffrir ?
Demanda alors l’adolescent.

- Pas vraiment, mais je sais qu’il y a eut des moments où j’aurai voulu être moyen, comme tout le monde. Ca me semblait moins difficile à vivre. Mais finalement, lorsque j’étais en quatrième, j’ai réussi à trouver un certain équilibre… j’étais très bien entouré.

- Par vos amis ?

- Par ma famille, surtout. J’ai toujours été très attaché à elle.

- Tant mieux, dit alors Claude en adressant un immense sourire à celui qui l’avait consolé.

Lui rendant son sourire, Laurent s’éloigna sans un mot de plus. Il espérait avoir au moins un peu aider ce garçon. Peut-être qu’avec le temps, il apprendrait à aider les autres sans pour cela être obligé de leur faire du mal.

 

:::::::: * :::::::: * :::::::: * ::::::::

 

 

- Laurent.

- Ha, Odette, que puis-je pour vous ?

- Tu es très cérémonieux.

- Désolé. Alors ?

- Ce bijou m’intrigue, dit la femme en s’asseyant face au jeune homme pour déjeuner.

Réalisant que malgré ses manches longues la gourmette qu’il portait se voyait, il la remit à l’intérieur de son vêtement, afin de la cacher à la vue.

- Ce n’est rien, répondit-il ensuite rapidement.

- Ce n’est pas ton prénom qui est gravé dessus, n’est-ce pas ?

- …

- …

- C’est vrai… c’est celui de mon meilleur ami…

- Il lui est arrivé quelque chose ?

- …

- Tu es très mystérieux.

- Je me contente d’essayer de me protéger… c’est de la lâcheté… lorsque je vois qu’un gosse de quatorze ans est plus courageux que moi, et qu’il n’abandonne pas, je me dégoûte.

- Tu as tors de te dénigrer comme ça. J’ignore ce qui s’est passé, et je ne te connais que depuis quelques jours, mais vu l’homme que tu es aujourd’hui, tu devais être un enfant très bien à la base.

- Vous me surprenez…

- Pourquoi ça ?

- … parce que je n’aurai pas pensé en vous voyant que vous faisiez autant confiance aux gens.

La femme eut un sourire en remontant ses lunettes.

- Est-ce que c’est à cause de votre fils que vous êtes comme ça ?
Interrogea ensuite Laurent.

- Peut-être, répondit-elle. C’était un enfant perdu qui n’a même pas eut le temps d’avoir une chance en ce monde. Tu sais quelle est la dernière chose que je l’ai entendu dire ?

- Non.

- « A ce soir maman »… ‘maman’… c’était la première et la dernière fois qu’on m’appelait comme ça…

- Odette…

- … il n’avait que dix-sept ans… ce n’est pas un âge pour mourir…, murmura la femme avant de se lever de table et de s’éloigner.

Le jeune homme qui était face à elle s’en voulut. C’était de sa faute si de tristes souvenirs s’étaient réveillés dans le cœur de l’enseignante.

 

:::::::: * :::::::: * :::::::: * ::::::::

 

- Pascal…

- Hum ?
L’adolescent releva les yeux de ses devoirs afin de regarder Claude, assis sur son lit, faisant lui aussi des exercices.

- … est-ce que… tu pourras… demander à ce que je change de chambre à la rentrée ?

 

 

Fin du chapitre VIII

 

A suivre…

Chapitre commencé le 19 juin et achevé le 23 juillet 2006

 

 

Note de fin de chapitre : Alors ? Ce nouveau chapitre vous a plu ? Hé, hé, Laurent est toujours aussi bien ! lol Pour me faire pardonner l’attente pour ce chapitre, et comme il est prêt, je vous propose de lire tout de suite le chapitre 9 ^_^ Ha non, attendez ! Ne partez pas tout de suite… un petit commentaire sur ce chapitre ? S’il vous plait J

 

Si vous voulez m'écrire un petit mot au sujet de ce chapitre, rien de plus simple, vous n'avez qu'à remplir ce petit "formulaire" ^_^
Vous n'êtes pas obligé de remplir tous les champs, mais sachez que sans votre adresse e-mail, je ne pourrai pas vous répondre ^_~

 

Lorsque vous cliquerez sur "envoyer", veuillez attendre, vous allez être automatiquement redirigé ici au bout de 5 secondes. Par contre, vous verrez de nouveau ce que vous avez écrit, mais si sur la page précédente c'était noté "Envoi de mail réussi.", c'est que c'est tout bon, vous pouvez continuer à surfer tranquillement, j'aurai votre message ^_^

 

FORMULAIRE

Votre nom :

Votre prenom :

Votre e-mail :

Votre message :

 

 

 

 

 

Chapitre 09

 

Retour à la page des histoires originales