Auteur : Naëlle
Mail : naelle@lartisan.net
Titre : Le retour du passé

 

 

Bonjour tout le monde ^_^ Et voilà, j’arrive à garder le rythme d’un chapitre toutes les deux semaines, c’est pas mal là, hein ? Bon, c’est vrai que c’est déjà écrit, mais bon…

Dans ce chapitre, nous en apprendrons un peu plus sur Rei ^_^ Vous allez bien l’aimer, j’en suis sûre :D

Quand à Masa, je pense que vous allez trouver qu’il assure là (quand Midori à un pb) ! lol

Et même si personne n’en a parlé, je suis sûre que vous avez tous envie de savoir ce qui s’est passé avec Matsui : réponse dans ce chapitre !

Je tiens à dire un grand merci à Milii et Naera Ishikawa ! Vos reviews me font vraiment plaisir ^_^

 

 

 

Le retour du passé

 

*** Chapitre 8 ***

 

 

 

 

Grégory regardait dans tous les sens. Il n’était encore jamais entré dans une boîte de nuit et celle-ci était, en plus, assez particulière. Dans tous les coins et à chaque table, seuls des hommes plus ou moins jeunes étaient présents à quelques rares exceptions : des femmes qui faisaient ou le service ou alors qui étaient là pour ‘voir’ comment était une boîte de ce genre.

- Tu m’as l’air perdu, dit soudain Rei.

L’adolescent sursauta et bu une gorgée de son coca pour ne pas avoir à répondre.

- Vous n’avez pas d’endroit de ce genre chez toi ? Continua l’autre garçon.

- … heu… Je… je ne sais pas…

- Tu sais que tu es vraiment mignon quand tu es troublé ?

Grégory ne répondit pas et se dit que Sylvain allait le tuer quand il apprendrait qu’il s’était laissé entraîné dans ce genre d’endroit.

- Grég ? A quoi penses-tu ?

- A… à rien…

- Ce n’est pas bien de mentir.

- …

- Tu as envie de faire quelque chose ? Reprit Rei en prenant un ton volontairement sensuel.

- Oui… Je voudrais rentrer… Si Solange se réveille et qu’elle ne me trouve pas, elle va s’inquiéter, et…

La main de Rei passant dans ses cheveux fit immédiatement taire l’adolescent.

- Oublie-là un peu. Murmura-t-il alors à l’oreille de Grégory, rougissant de plus en plus. Laisse-moi t’apprendre certaines choses…

- Qu…

Rei posa un doigt sur ses lèvres avant de commencer à rapprocher très lentement son visage de celui de son vis-à-vis.

Grégory ferma les yeux en attendant que l’autre l’embrasse, cependant, sur ses paupières closes apparu alors le visage de Sylvain, et juste après, celui de Solange, puis encore Sylvain…

- Pourquoi ? Demanda Rei déstabilisé par la main de Grégory l’ayant légèrement repoussé.

- Il ne faut pas… Ce n’est pas bien…

- Ce genre de chose n’a jamais tué personne. Et puis, quand on ira plus loin, on se protégera, comme ça, aucun risque, et…

- Même me faire embrasser tuerait quelque chose de très important.

- Ha ?

- Ca tuerait mon intégrité et tout ce que je me suis toujours promis… Et maintenant, j’aimerais rentrer…

Rei le regarda assez admiratif. C’était la première fois qu’on le repoussait de ce genre de façon. Le garçon près de lui avait quelque chose de très fort en lui et le jeune japonais ne pouvait s’empêcher de le trouver merveilleux.

- Je te raccompagne, lui dit-il alors en se levant.

- Merci… et pardon…

- Pourquoi tu t’excuses ? Pour être fidèle à toi-même ?

- …

- Ne t’inquiète pas, je ne t’en veux pas, bien au contraire.

 

~ ~ ~ ~ ~

 

Alors qu’il était plus de dix heures passées, Solange descendit afin de prendre son petit déjeuner.

- Grég n’est pas là ?
Demanda alors une voix près de la jeune fille.

- Encore toi ??? Dit-elle alors en se retournant vers Rei.

- Salut, lui dit alors l’autre, sans même chercher à se soustraire au regard noir que lui lançait la jeune fille. Celle-ci répondit à son salut du bout des dents et voulu partir, cependant, il la suivit dans la salle de restauration et se présenta.

- Je m’appelle Rei Uzomi. Et toi ?

- Solange Rosarie. Répondit la jeune fille à contre-coeur.

- Ton prénom est très joli. Vraiment !

- Merci.

- Alors, tu me dis où est Grég ?

L’adolescente se retourna vers le jeune Japonais avant de lui demander froidement :

- Est-ce qu’il t’a permis de l’appeler comment ça ?

- Heu… non, pas vraiment, mais…

- Ok, alors restes-en au ‘Grégory’, tu seras gentil !

- …

- Et pour te répondre, pour le moment, il dort. Je crois qu’il a une petite grippe, et crois-moi, il est tellement désagréable quand il est malade qu’il vaut mieux être loin.

- Si je comprends bien, tu vas passer ta journée toute seule, n’est-ce pas ?

- …

- Allez, viens, je vais te faire visiter le coin !

Et sans attendre de réponse de l’adolescente, le jeune Japonais l’entraînait vers la sortie.

 

~ ~ ~ ~ ~

 

Kyoga s’assit à son bureau et commença à étudier la nouvelle proposition qu’un clan rival leur faisait afin de se partager certain marché.

- Kyoga-sama, j’ai… heu… désolé, je ne savais pas que vous étiez occupé.

Takashi s’apprêtait à ressortir, cependant, l’homme assis à son bureau lui fit signe que ce n’était pas grave.

- Qu’y a-t-il ?

L’homme de main tendit un livre à l’aîné de Mayowasu.

- Les femmes de ménage ont trouvé cela en rangeant dans l’un des greniers.

Kyoga prit le livre entre les mains, et pu lire : ‘Diary’.

- C’est un journal intime, murmura-t-il.

- Je crois qu’il était à votre mère, vu ce qu’il y a d’écrit derrière.

Le frère de Masa ne répondit pas et l’autre sortit sans un bruit. Lorsqu’il eut entendu la porte se refermer, Kyoga, les mains tremblantes, força l’ouverture du journal, car il n’y avait pas la clef. Une fois ouvert, malgré un certain sentiment de culpabilité, il se mit à lire les pensées de sa mère, celles qu’elle avait couchées sur papier.

Les premières lignes avaient été écrites lorsqu’elle était arrivée au Japon. En effet, bien que Japonaise d’origine, la jeune fille qu’elle était alors, n’avait jamais mis les pieds dans son pays d’origine et vouait un amour sans borne à la France, pays dans lequel elle avait vu le jour. Son père l’avait promise à sa naissance à celui de Kashima Mayowasu. C’est ainsi qu’à 17 ans, elle avait été cherchée par l’un des hommes de main du père de Kashima. Ce que pu lire en premier Kyoga furent donc les premières impressions de l’adolescente alors qu’elle entrait dans cette demeure qui deviendrait la sienne. Elle relata avec un charme encore enfantin la gentillesse dont avait fait preuve Haruka Mitai, l’homme l’ayant escorté. Celui-ci avait le même âge qu’elle, et pourtant, elle le trouvait très mûr, d’après ce que pouvait lire Kyoga.

Puis, plusieurs mois s’écoulèrent sans que la jeune fille n’écrive une seule ligne dans son journal, cependant, c’était pour reprendre avec quelques mots qui désignait son état d’esprit d’alors : « je suis heureuse ! ». Passèrent alors plusieurs autres jours sans le moindre mot, puis, visiblement, elle s’était presque forcée à transmettre ses pensées sur les pages de son journal intime.

Kyoga sourit en lisant toutes ces lignes, dans lequel elle relatait la gentillesse dont faisait preuve à son égard son mari (car elle s’était marié entre-temps). Celui-ci était lui aussi dingue de toute ce qui touchait à la France, et ils échangeaient leur différent point de vu. La jeune fille parlait aussi de toute les attentions et les preuves d’amour qu’il lui témoignait.

La porte du bureau s’ouvrit brutalement et Kyoga eut tout juste le temps de cacher le journal en voyant son père entrer.

- Qu’est-ce qu’il y a ? Demanda-t-il ensuite.

- Je voulais juste t’informer que nous aurions un homme en moins dans quelques heures.

Aucune émotion ne transparue, ni sur le visage du père, ni sur celui du fils.

- Je peux savoir de qui il s’agit ?

- L’un de mes hommes.

- Hum…

- Ne t’inquiète pas, je ne toucherais pas au tien sans t’en parler au préalable. Et je ne ferais rien non plus contre Shû sans te prévenir avant… je sais qu’il est à Masaru et je t’ai promis…

- Tu m’avais promis autre chose !

Le plus âgé des deux ressortit et Kyoga se calma rapidement.

- Tu l’avais aussi promis à maman… Murmura l’aîné de Mayowasu, se prenant la tête entre les mains.

 

~ ~ ~ ~ ~

 

- Et ceux là, les filles adorent !!!!

Solange ne pu s’empêcher de rire devant l’excitation de son ‘guide’.

Depuis plusieurs heures, tous deux faisaient les magasins de manga et Rei conseillait la jeune fille. Il avait même été jusqu’à lui promettre de lui traduire chacun de ceux pour lesquels l’adolescente se laissait tenter.

- Au fait, dit soudain Solange, alors qu’il sortait d’un nième magasin, où as-tu appris le français ? Parce que tu le parles à la perfection.

- Mon frère m’a fait prendre des cours, depuis que je suis tout petit.

- Ha ? C’est chouette !

- Oui, ça me permet de communiquer plus facilement avec les clients.

Solange baissa la tête, ne sachant plus quoi dire. Elle venait de faire une gaffe sans même s’en rendre compte. Elle ne savait plus du tout quelle attitude adopter.

- Hé ! C’est pas grave ! Tu n’as rien dit de mal.

- Mais…

- Ce n’est pas toi qui me fais faire ce ‘métier’, c’est mon frère…

- Ton frère ? C’est ton frère qui…

- Oui, mais n’en parlons pas maintenant, d’accord ?

- … oui…

Plusieurs minutes s’écoulèrent dans le plus grand silence lorsque Solange le rompit en passant devant un magasin de vêtement.

- Dis, tu aimes ce genre de vêtement ? Demanda t-elle en pointant du doigt ceux que portait l’adolescent avec elle.

- Disons qu’il ne me dérange pas. Mais de toute façon, je n’ai pas le choix, mon frère refuse que j’en porte d’autre… il parait que ce que je mets est très aguicheur. Tu ne trouves pas ? Demanda t-il en riant.

Solange sourit et ne répondit pas.

- Mais tu sais… quand je vais voir mon meilleur ami, je mets mon ancien uniforme de lycée… c’est le seul vêtement ‘classique’ que mon frère m’ait permis de garder.

- …

- Mais Kei commence à s’étonner de me voir tout le temps habiller de mon uniforme de lycée…

- Allons en acheter d’autres ! Viens !

Solange prit le, garçon par la main et entra dans le magasin de vêtement. Là, ils passèrent une heure à choisir quelques habits pour Rei. Pour que son ami ne se pose plus de question, comme le disait Solange. La jeune fille paya et l’adolescent la remercia alors d’un baiser sur la joue.

 

~ ~ ~ ~ ~

 

Alors que Masa réfléchissait à un moyen de sortir sans se faire repérer, on frappa à sa porte.

- Entrez.

- Bonsoir Masaru-sama, dit Midori en entrant et en s’inclinant respectueusement.

- Bonsoir Midori. Qu’y a-t-il ?

- Rien, je voulais juste vous souhaiter une bonne nuit.

Masa regarda le jeune homme étonné et lui sourit, alors que ce dernier ressortait de la chambre. Cependant, il s’étonna de voir l’autre boitiller, mais il ne dit rien.

Quelques minutes plus tard, Masa sortait le plus discrètement possible de la résidence et hélait un taxi.

Moins d’une heure après, il était devant l’hôtel dans lequel se trouvait Dave. Il rangea un peu son médaillon autour de son cou et poussa la grande porte de l’hôtel.

- Bonsoir, dit-il en s’approchant du réceptionniste.

- Bonsoir. Que puis-je pour vous monsieur ?

- Je voudrais voir… heu… monsieur Word, dit alors Masa, se souvenant du nom que Justine avait prononcé lors de l’arrivée du policier.

- Bien. Veillez patienter s’il vous plait.

Masa attendit plusieurs minutes avant de voir Dave apparaître en haut des escaliers. Il attendit et le policier descendit jusqu’à lui.

- Bonsoir, dit alors Masa en tendant sa main.
Mais, si Dave lui répondit, il ne fit aucun geste et le Japonais ramena son bras le long de son corps.

- Viens, lui dit alors l’Américain.

Masa suivit l’homme jusque dans sa suite ; suite dans laquelle attendait Melinda, assise dans un fauteuil. Elle se leva et vint saluer Masa avant que Dave ne l’invite à s’asseoir.

- Je dois te dire, commença Dave, que je ne m’attendais pas à ce que tu viennes.

- Vous m’avez laissez partir, et je vous avais promis de venir.

- Oui, mais c’est quand même assez étonnant.

- Comment va Justine ? Demanda Masa sans laisser à l’autre homme exposer plus longtemps sa théorie sur sa non-venue.

Melinda et Dave se regardèrent en s’interrogeant du regard, puis, la jeune femme prit la parole :

- Elle va bien et sera en France demain matin.

- Elle est toujours au Japon ?

- Non. Nous l’avons fait partir en passant par un autre pays.

Masa soupira de soulagement en apprenant que Justine n’était plus au Japon. En effet, il avait craint que quelqu’un ne s’en prenne à elle si elle restait dans ce pays.

Plusieurs minutes s’écoulèrent alors en silence et ce fut Masa qui rompit l’ambiance pesante régnant dans la pièce.

- J’imagine que vous voulez me poser des questions, dit-il en se tournant vers Dave.

- Effectivement.

 

~ ~ ~ ~ ~

 

Solange était rentrée depuis plusieurs heures à présent, et tentait, tant bien que mal de faire manger Grégory, qui, n’allant pas vraiment mieux gardait son ton grognon.

- Au fait, dit soudain la jeune fille. Pourquoi est-ce que tu as dormi dans mon lit cette nuit ?

Le jeune homme se contenta de sourire et préféra manger plutôt que d’avoir à dire à sa meilleure amie où il s’était laissé entraîné par Rei.

 

~ ~ ~ ~ ~

 

Masa soupira de soulagement en s’apercevant que personne n’avait constaté son absence. Dave l’avait pas mal interrogé sur les agissements de son père et son frère, et il avait répondu du mieux qu’il avait pu. Cela avait d’ailleurs eu l’air d’étonner le policier. Par contre, son amie, Melinda, elle, s’était contentée de lui sourire à de nombreuses reprises, comme si elle avait été contente de voir que l’américain s’était trompé sur son compte.

Masa jeta un coup d’œil à son lit et, voyant que Midori avait oublié son pull (sans doute lorsqu’il avait regardé des films avec Shû), il décida d’aller le lui rendre.

Il traversa les couloirs, et se retrouva rapidement devant la chambre du jeune homme. Il frappa à la porte et entra, sans en avoir reçu l’autorisation. Il trouva alors Midori, assis contre son lit, la tête entre les mains, sanglotant silencieusement.

- Midori ?

Masa s’avança doucement vers le garçon, alors que celui-ci relevait la tête vers lui.

- Masaru-sama…

L’homme s’accroupit près du jeune homme avant de l’aider à se relever. Voyant que celui-ci avait des difficultés à le faire, Masa le prit dans ses bras et le porta jusqu’à sa propre chambre.

- Masaru-sama… si quelqu’un…

Masa n’écouta même pas les maigres protestations du jeune homme et l’assis sur son lit avant de commencer à lui ôter sa chemise. Ceci étant fait, il n’y que la confirmation de ce qu’il pensait ; le jeune homme était couvert de trace de coups.

- Qui… ?
Commença le plus âgé.

- Rakushawa-sama, répondit Midori en baissant la tête.

- Je vois… et… j’imagine que c’est lui que tu as été voir hier et ce soir… ce qui explique pourquoi tu boitais en sortant tout à l’heure, quand tu es passé me voir.

- Je ne pensais pas que ça se voyait, je…

Masa ne le laissa pas finir et le pris dans ses bras en lui murmurant :

- Ne t’inquiète pas… je vais vous faire sortir de ce cauchemar…

Midori ne répondit pas et se laissa bercer par l’homme.

 

~ ~ ~ ~ ~

 

- Ca fait déjà deux fois que les domestiques me disent que Midori ne dort pas dans sa chambre !

Masa se contenta de sourire suite aux paroles de Akujo. Celle-ci ne trouvait pas cela drôle et le lui fit savoir, suite à quoi, l’homme lui dit :

- Si ça peut te rassurer, il a passé ses deux nuits avec moi.

Akujo regarda Masa avec un certain effarement. Elle n’aurait jamais pensé qu’il changerait de cette façon. Il comprit ce qu’elle pensait et, pour la première fois depuis qu’il était revenu, il éclata d’un rire franc.

- Quoi ? Pourquoi ris-tu ?

- Parce que… si tu voyais ta tête…

La femme le regarda attendrit, tenter de s’expliquer, entre deux éclats de rire. Combien de fois l’avait-elle vu rire de la sorte lorsque Matsui était encore en vie ? Elle l’ignorait, mais avait toujours éprouvé un certain bonheur à le voir s’amuser avec son meilleur ami comme n’importe quel adolescent.

- A quoi penses-tu ?
Demanda soudain Masa, voyant l’air de la femme.

- A… à rien.

- …

- …

- Et au fait, je te rassure, je n’ai fait que dormir avec le petit Midori. Tu me connais.

Akujo sourit et ne répondit pas.

 

~ ~ ~ ~ ~

 

- Saaaalut !!!!

- Rei ? Mais…
Grégory s’étonna de voir le jeune homme, alors que Solange s’approchait pour lui faire la bise.

- Ca va ? Demanda l’adolescente.

- Oui, et toi ? Je vois que Grég… pardon, Grégory va mieux.

- Oui, il est guéri !

- Vous vous connaissez ???
Demanda Grégory, de plus en plus surpris.

- Oui, on a été acheter des manga hier, lui expliqua Solange, un grand sourire aux lèvres. Et aussi des vêtements.

- Ha oui, justement. Si tu pouvais récupérer ça, ça m’arrangerait.

- C’est quoi ?

Le jeune homme lui tendait un sac en toile.

- Les fringues que tu m’as achetées. J’ai un peu peur qu’elles finissent à la poubelle si mon frère ou quelqu’un d’autre les trouve, alors… si tu pouvais les garder avec toi, ce serait bien.

- Ha… d’accord…

- Mais attends, je vais me changer.

L’adolescent sortit un pantalon beige et une chemise bleu ciel du sac, avant de se diriger vers les toilettes de l’hôtel.

- Je vais appeler Sylvain, dit Grégory alors que Solange s’apprêtait à aller déposer le sac dans leur chambre.

- Ok ! A tout de suite.

Grégory alla vers la cabine téléphonique placé dans l’entrée de l’hôtel et composa le numéro de Sylvain. Celui-ci décrocha tout de suite, et après s’être donné les nouvelles d’usage, le plus âgé de deux demanda à Grégory s’il était sûr que tout allait bien.

- Mais bien sûr ! Pourquoi tu me demandes ça ?

- Quelque chose dans ta voix me fait dire que ça ne va pas aussi bien que ce que tu me dis.

- …

- Grég !

- Bon, ok ! Ca ne va pas fort… mais je ne saurais pas te dire ce que j’ai. Désolé…

- Courage, lui dit alors simplement le jeune homme.

- Merci… Et toi Sylvain, tu es sûr que ça va aussi bien avec la copine de ton père que ce que tu laisses entendre ?

- En fait… non… Mais il a l’air tellement bien avec que je n’ai pas envie d’être celui qui lui gâchera son bonheur… tu comprends ?

- Oui… Mais ne joue quand même pas trop la comédie.

- Promis !

- Je crois que je vais te laisser. Solange a l’air de m’attendre.

- Ok, à demain ! Amusez-vous bien. Bisous.

- … à demain…

 

~ ~ ~ ~ ~

 

- Tu es fou ???

Akujo regardait Masa comme s’il venait de dire la pire des horreurs.

- Pas du tout.

- Je crois que si ! C’est vraiment n’importe quoi ! Déjà que faire partir une personne serait dur, mais les deux, et en plus ensemble, c’est impensable !

- Akujo ! Comment peux-tu dire ça ? Il faut qu’on essaye ! Si on ne le fait pas, on ne saura jamais si c’est possible ou non ! Ne me dis pas que tu n’as jamais voulu les faire sortir tous les deux.

- Si… tous les jours j’y pense… Mais… faire sortir Shû, ça devrait être assez facile, mais Midori… je ne pense pas que…

- Si nous nous y mettons ensemble, nous y arriverons ! Aide-moi !

- Pourquoi veux-tu faire ça ?

- Pardon ?

- Est-ce que c’est parce que Matsui t’avait demandé de laisser Shû partir que tu veux aujourd’hui le faire ?

Masa ne répondit pas tout de suite. Entendre la femme parler de son meilleur ami lui faisait un effet bizarre. Cependant, elle n’avait pas tout à fait tort… mais pas entièrement raison non plus en même temps.

- Tu as raison… mais d’un autre côté… c’est peut-être que si j’ai renoncé à être heureux moi-même… je veux, à eux, leur donner cette chance.

Akujo n’ajouta pas un mot et sortie de la chambre de l’homme.

- Akujo ! Dis-moi que tu vas m’aider…

- Je t’aiderais… murmura la femme.

 

~ ~ ~ ~ ~

 

 

Quelques jours plus tard

 

- Ca n’a pas l’air d’aller, dit Dave en posant une bière sur la table basse du salon, devant Masa.

- C’est peut-être de ta faute… Murmura l’homme.

- Hein ??? J’ai fait quelque chose de mal ?

Masa se mit à rire. L’homme en face de lui avait l’air de prendre très à cœur ce qu’il disait. Cela faisait à présent à peine plus d’une semaine qu’ils se connaissaient, et depuis que Dave avait appris à connaître le Japonais, on pouvait dire que tous les deux étaient réellement devenus amis.

- Mais non… répondit finalement Masa. Mais tu es tellement attentionné avec moi que tu me rappelles mon meilleur ami.

- Qui ?

- Matsui…

- Matsui Kuruma ?

- Que… comment le sais-tu ?

- Disons que notre intuition à Melinda et moi nous avait menés sur cette piste.

- …

- D’ailleurs… est-ce que je pourrais te demander…

- Quoi ?

- Maintenant, je sais que tu ‘marques’ tes balles, et que tu es bien celui qui les ‘griffes’ d’un trait horizontal… alors… pourquoi lors de l’autopsie, les spécialistes ont-ils retrouvé une balle de ce genre dans le corps de Matsui ?

Masa reposa sa bière et sembla chercher ses mots. Une expression douloureuse apparue sur son visage et Dave regretta presque d’avoir posé cette question.

- Masa… ?

- … c’est moi qui l’ai tué… Finit par avouer le Japonais.

Dave fut comme pétrifié à cette annonce. Il savait que l’homme face à lui, même s’il avait changé, n’avait pas toujours été un enfant de cœur, cependant, entendre cela le choquait. Mais quelque chose clochait.

- Ce n’est pas possible, reprit Dave, une fois revenu de sa surprise.

- Si… c’est vrai…

- …

- Depuis tout petit, j’aimais bien le tir. J’étais même très doué. Un jour, j’étais avec Mastui, et alors que je rechargeais mon pistolet, il me parlait et j’ai lâché l’une de mes balles. Elle est tombée contre une pierre, et une trace, nette et précise, à l’horizontal de la balle s’est faite. Je me souviens que Matsui a trouvé ça génial et il m’a dit que ce serait bien si je les ‘marquais’ toute. Que de cette façon, lors du concours de tir qui devait avoir lui quelques mois plus tard, on pourrait facilement voir lesquelles étaient mes balles. Voilà, ça, c’est la raison pour laquelle j’ai toujours, par la suite, ‘marquées’ mes balles.

- … et alors ? Tu as gagné le concours ?

- Non… je n’y ai d’ailleurs jamais participé… Un mois plus tard… le 25 juillet, des hommes de mon père ont enlevé Matsui sur le chemin du retour de l’école… Mon frère venait de partir en voyage d’affaire… je m’en souviens, parce que j’étais au téléphone avec lui quand mon père est entré et m’a dit de raccrocher rapidement, avant de m’emmener dans une salle au sous-sol… et là, j’ai vu Matsui… Il était attaché et il m’a sourit en me voyant arriver…

Des larmes se mirent à couler le long des joues de Masa. Dave, ému, lui dit qu’il n’était pas obligé de continuer, si c’était trop dur, mais le Japonais secoua la tête et poursuivit son récit :

- J’ai voulu aller le libérer, mais mon père m’a retenu et m’a presque aussitôt fait sortir… Il m’a ensuite ordonné d’aller éliminer l’un de ses opposants… je ne me souviens même plus de son nom… J’ai commencé par refuser, mais quand il a menacé de tuer Matsui, j’ai cédé et j’ai fait exactement ce qu’on m’avait demandé… j’ai d’ailleurs même chargé mon arme avec les balles que j’avais marquées… et… quand je suis rentré, j’ai demandé à mon père de libérer mon meilleur ami… Il n’a pas répondu, alors je suis allé dans la pièce où se trouvait Matsui… Je me souviens que j’étais avec Shû et qu’il me tenait par la main. Ensuite, tout est assez confus dans ma mémoire… je suis entré dans la salle du bas… j’ai voulu m’approcher de Matsui… je lui disais que tout allait bien, qu’il allait pouvoir rentrer chez lui… et c’est là que mon père est entré. Il m’a donné mon arme et m’a ordonné de supprimer le ‘témoin gênant’ qu’était devenu Matsui. J’ai refusé, mais ça n’a pas suffit… mon père criait que je devais lui obéir, et moi, que je ne voulais pas… Deux des hommes de mon père m’ont alors bloqué contre un mur, face à Matsui et mon père s’est approché de moi… Il m’a forcé à tenir mon arme, menaçant de tuer mon ami si je n’obéissais pas… Je l’ai alors fait et c’est là que mon père a tenu ma main et m’a alors fait appuyer sur la gâchette… Quand… quand je me suis rendu compte de ce qui se passait… j’ai voulu dévier la trajectoire de ma balle… mais je n’ai fait que plonger mon meilleur ami dans une agonie encore plus lente… la balle s’est logée juste en dessous de son cœur… alors que si je n’avais pas bougé, il l’aurait reçu en plein cœur et serait mort sur le coup… non seulement je l’ai tué… mais en plus je l’ai fait souffrir…

Masa se tenait à présent la tête entre les mains.

- Masa…

- … il est mort dans mes bras… après plusieurs heures d’agonie où il ne cessait de me répéter que je pouvais m’en sortir et que ce n’était pas de ma faute…

Dave se leva et entoura le Japonais de ses bras afin de le consoler un minimum. Il espéra cependant que ce dernier était suffisamment occupé avec ses souvenirs pour ne pas sentir les battements de son cœur qui venaient de s’accélérer dans sa poitrine. Pourquoi fallait-il donc qu’il tombe amoureux ? L’Américain savait que cet amour qu’il s’était mis à ressentir dès la première fois où le Japonais était sortit de l’hôtel ne serait jamais partagé, cependant, il ignorait comment calmer son cœur.

- Il faut que j’y aille, dit soudain Masa en s’apercevant qu’il était partit de le demeure familiale de Mayowasu depuis de nombreuses heures.

- Ha oui, bien sûr, dit alors Dave en se dégageant. Ne t’inquiète pas, rajouta-t-il ensuite, je vais trouver un moyen de te faire repartir en France, sans que personne ne puisse venir te chercher après.

- Hum… sans argent, ça risque de ne pas être aussi simple que ça…

- Tiens, d’ailleurs, puisqu’on en parle. Tu dois bien avoir de l’argent, toi.

- C’est exact, répondit Masa avec un sourire, tout en se levant. Cependant, il n’est pas pour moi. J’en ai besoin pour faire partir Shû et Midori.

- …

- Je vais les faire sortir de cet enfer tous les deux !

- C’est très gentil de ta part.

- Je ne suis pas sûr qu’on puisse parler de gentillesse… Bien, maintenant, je dois y aller. A bientôt, rajouta ensuite Masa en sortant de la suite.

Il rencontre Melinda dans l’escalier devant le mener à la réception et la salua d’un sourire. Elle fit de même, puis, continua sa marche.

Une fois dans la chambre, elle trouva Dave assis dans un fauteuil, sa bière à la main.

- Ca va ?
Lui demanda-t-elle plusieurs secondes plus tard.

- Hein ? Ha, tu es de retour ? Masa vient de partir.

- Je suis au courant ; je l’ai croisé dans les escaliers. Mais je t’ai posé une question. Est-ce que ça va ?

- Oui, très bien. Je vais faire un tour, à plus tard.

- Dave !

L’homme se retourna vers son amie.

- Oui ?

- Je t’en prie, ne pense pas à Masaru de cette façon… tu…

- Ne t’inquiète pas…

Melinda se serra contre son ami avant de rajouter, la voix tremblante :

- Je ne supporterai de te voir dans le même état que quand on avait été chercher Miguel…

Dave tressaillit à ce souvenir, mais ne dit rien et sortit de la pièce.

 

~ ~ ~ ~ ~

 

- Pourquoi me dis-tu ça ?

Ryu regardait sa femme, étonné.

- Parce que je voulais que tu saches que Masaru et moi allions faire partir Shû et Midori. Je voulais juste… te le dire…

Akujo ne rajouta plus un mot et partit se coucher. Elle-même ne savait pas trop pourquoi elle avait parlé de ce projet à son époux, cependant, cette envie de partager quelque chose avec l’homme avec qui elle était mariée l’avait étreinte.

 

Fin du chapitre 8

A suivre...

 

Note du fin de chapitre : Comment avez-vous trouvé ce chapitre ? Il s’y passe pas mal de chose, vous ne trouvez pas ? Et le pauvre Dave… il n’a pas de chance quand même…
J’espère que ça vous a plu ^_^
A dans 15 jours pour le chapitre suivant. On approche de la fin ^_^ Plus que quatre chapitres et ce sera finit.

 

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Chapitre 9

 

 

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