Auteur : Naëlle
Mail : naelle@lartisan.net

~ ~ ~ Note de la fic : Laissez moi vous expliquer le pourquoi de cette histoire ^_^ Il y a quelques mois, j’ai organisé un concours sur mon site, mais je me demandais si les contraintes et le temps impartit permettaient vraiment de faire une bonne histoire ! Et voilà, j’ai donc moi aussi « joué » ! Mais je vous rassure, il m’était impossible de gagner. Je m’étais pourtant amusé à mettre cette fic sur mon site, comme les autres, mais je l’ai finalement enlevé, avec l’intention de ne pas la faire lire. Cependant, aujourd’hui, aller savoir pourquoi, je vous la fait lire. Peut-être pour avoir votre avis. En fait, j’ai l’impression que les personnes fréquentant mon site sont incapable d’apprécier autre chose que le yaoi… alors on va voir, ce que vous en pensez, car, même si j’ai toujours le même style dans cette histoire, elle n’est pas yaoi ! Certains personnages peuvent avoir des tendances (ou être) homosexuelles, cependant, ce n’est pas le but de l’histoire !
Si vous trouvez que l’histoire est un peu lente à démarrer, c’est sans doute normal, car elle compte plus d’une centaine de page au total. Mais je pense que le premier chapitre donne déjà un petit aperçu de comment sera la fic ^_^

Je vous souhaite à tous une bonne lecture !!!!!

PS : pour ceux qui connaîtrait les règles du concours, le thème qui avait été pris était le suivant : « 10 ans plus tard, il/elle/ils reçoit/reçoivent un télégramme. Quelques mots pour faire ressurgir le passé. Qui du passé ou du présent l'emportera » (mais bon, on s’en fout complètement, c’était juste une petite précision comme ça). ~ ~ ~

 

 

Coucou ^_^

Pour ceux et celles qui auraient pensé que je vous avais oublié, ce n’étais pas tout à fait le cas… allez, j’essaie vraiment de prendre de bonnes résolutions et de vous faire lire les chapitres plus fréquemment !

Je tiens d’ailleurs à remercier ceux qui m’ont fait part de leur commentaire pour le début. Continuez comme ça, ça me fait super plaisir ^_______^

Ce chapitre nous montre tous les personnages principaux, alors qui que se soit que vous aimiez, vous devriez y trouver votre compte avec cette partie ^_^

J’arrête de parler et je vous laisse lire, mais avant, une petite précision. J’avais corrigé ce chapitre, puis, j’ai fait un peu n’importe quoi, je crois, résultat, j’ai mélangé les chapitres corrigés et les non-corrigés… sans commentaire…
J’espère donc que c’est le ‘version corrigé’ que je vous sers… d’ailleurs, personne pour les correction ?

BONNE LECTURE !!!!!

 

 

Le retour du passé

 

*** Chapitre 5 ***

 

 

 

 

Justine flânait dans les rues sous-jacentes à son hôtel. Son mystérieux ‘informateur’ l’avait prévenu qu’elle ne pourrait en aucun cas rencontrer Masa dans les trois jours à venir, aussi, après avoir passée plusieurs jours enfermé dans sa chambre d’hôtel, s’était-elle décidé à sortir un peu. Après tout, rester ainsi à vivre en ermite ne l’aiderait pas, bien au contraire, son équilibre psychologique risquait fort d’en prendre un sacré coup si elle ne s’occupait pas, au moins un peu l’esprit.

Des marchants ambulants tentaient de lui vendre des fruits qu’elle n’avait jamais vus. Elle sourit à une femme tentant de la convaincre, dans une langue, qui, pour Justine, ne ressemblait à rien. Cependant, la vieille femme devait vraiment vouloir vendre sa marchandise, car elle accompagnait ses phrases de grands gestes. Justine tenta de lui faire comprendre qu’elle ne saisissait rien de ce qu’elle tentait de lui dire, mais cela n’eut pas l’effet escompté, car la femme se mis à faire encore plus de geste. La française se mit alors à rire franchement et entraîna la vieille dans son fou-rire. Quelques minutes plus tard, et bien des paroles incomprises des deux côtés, Justine se décidait pour deux fruits et posa l’argent dans la main de la vendeuse. Celle-ci la remercia d’un sourire. C’était étrange comme ce genre de marque du visage peut vouloir dire plus que de grands discours ; et surtout, il était inutile que les langues – petit organes très pratique pour se faire comprendre – fassent de grands mouvements pour communiquer dans ce genre de cas. Surtout que dans le cas présent, la langue et les cordes vocales pouvaient bien fournir tous les sons qu’ils voulaient, ce n’était pas les mêmes assemblages d’une langue à l’autre. Justine pensait à cela tout en continuant sa route. Elle arriva soudain devant une bijouterie. Elle s’y arrêta quelques secondes et s’attarda longuement sur les pendentifs, se souvenant que Masa en portait un, très souvent. Elle s’était souvent demandée s’il renfermait un secret. Elle rit toute seule en pensant qu’elle devait trop regarder de films policiers.

Plusieurs heures plus tard, et quelques objets typiques du coin achetés, et Justine rentrait à son hôtel sous le soleil commençant à décroître.

- Un message pour vous, lui dit le réceptionniste lorsqu’elle passa prendre sa clef.

La jeune femme ouvrit fébrilement la petite enveloppe cachetée qui l’attendait, à ses nom et prénom.

Je comprends votre impatience de revoir Masa, cependant, attendez encore un peu.
Sortez le moins possible et ne parlez à personne, ni de vous, ni de votre fiancé.

Justine sourit. Cet homme pensait donc qu’ils étaient fiancés ? Cependant, qu’on lui demande de ne pas sortir, la mettait légèrement mal à l’aise… qu’était-elle donc venue découvrir dans ce pays ? Où était Masa ? En tout cas, visiblement, l’homme avait l’air d’avoir bien compris à quel point elle tenait à son amour, puisqu’il avait même pensé qu’elle était sortie pour le chercher.

- Mais… ça veut dire que je suis surveillée…

- Pardon ?

Justine fit signe au réceptionniste que ce n’était rien, lorsqu’elle se rendit compte qu’elle avait parlé à voix haute, puis, retourna dans sa chambre.

Je pense que vous pourrez revoir Masa dans les jours qui viennent… Dans trois jours, j’espère.

Courage, vous serez bientôt réuni.

H.M.

Cet homme qui l’aidait était décidemment très étrange. Mais, elle sentait, à travers ce simple bout de papier, visiblement écrit avec application qu’elle pouvait lui faire confiance. Il oeuvrait dans l’ombre pour leur bonheur, à Masa et elle.

Heureuse à cette pensée, Justine tenta de téléphoner chez Grégory afin de parler un peu à sa sœur. Il y avait trop longtemps qu’elle n’avait pas entendu le son de sa voix et cela lui manquait. Cependant, le téléphone ne lui renvoya qu’une sonnerie régulière, comme les battements d’un cœur, sans que personne ne décroche. Cependant, elle ne s’inquiéta pas, ils devaient certainement être sortis tous les deux… il n’y avait donc pas lieu de s’affoler… si elle avait su qu’à l’instant même, les deux adolescents s’apprêtait à partir en voyage, il était évident qu’elle ne se serait pas allongé et endormi aussi rapidement.

 

~ ~ ~ ~ ~

 

Au même moment, en France.

 

- Maman ?
Solange venait d’entrer dans la maison familiale, cependant, seul le silence lui répondit. Elle aurait pourtant dû s’en douter en voyant tous les volets fermés. Automatiquement, elle alla dans la cuisine et trouva le mot laissé par Justine à son attention.

- Que se passe-t-il ? Demanda Grégory en arrivant dans la pièce.

- Maman est partie en voyage. Une affaire urgente, à ce qu’elle dit dans sa lettre.

- Ca tombe bien, on n’aura pas besoin de lui mentir.

- Oui… je vais quand même lui mettre qu’on part faire un petit voyage, non ?

- Je ne sais pas…

- Ha, je sais ! Je vais mettre qu’on est partit voir un ami !

Très satisfaite de sa trouvaille, et surtout de ne pas avoir à mentir, elle écrivit un petit message à la hâte.

- Allons-y, la pressa Grégory. Le taxi nous attend.

- J’arrive.

Solange referma bien la porte et suivit son ami qui venait de s’engouffrer dans le véhicule.

Lorsqu’ils arrivèrent à l’aéroport, Solange eut presque envie de rebrousser chemin, tant le sentiment que toute sa vie serait peut-être changé, l’oppressait. Elle avait peur de ce qu’elle allait rencontrer, et prit la main de Grégory pour se rassurer. Celui-ci lui sourit et emprisonna un peu plus la main de sa meilleure amie, afin de lui donner du courage. Ceux qui les virent, pensèrent sans aucun doute qu’ils étaient un charmant petit couple d’amoureux. S’ils avaient su que deux ans auparavant, l’adolescent avant confié à sa meilleure amie qu’il ne pouvait détacher son regard de Sylvain dès qu’ils étaient ensemble et qu’il avait bien l’impression d’en être amoureux, ils n’auraient certainement pas pensé la même chose. Sans savoir pourquoi, Solange repensa à ce moment là, celui où son ami lui avait annoncé, avec peur de son jugement, qu’il était attiré par un garçon. Solange lui avait alors sourit, avait passé une main dans les cheveux de son ami en lui murmurant à l’oreille qu’il ne fallait pas qu’il s’inquiète, qu’elle l’aimait toujours autant qu’à la minute d’avant. Solange se demanda à cet instant si elle n’avait pas mentit…

 

~ ~ ~ ~ ~

Akujo avançait à pas rapide vers la chambre de Masa et frappa.

- Entrez ! Lui répondit la voix de l’homme.

- C’est moi, annonça-t-elle en entrant.

Masa, assis à la table, lisait un livre dont la femme ne connaissait pas le titre.

- Que veux-tu ? Lui demanda-t-il lorsqu’elle se planta devant lui.

- Où est Shû ?

- Pardon ?

- Je te demande où est Shû.

- Ca ne te regarde pas, lui répondit Masa en retournant à sa lecture.

Akujo, furieuse, posa alors avec force ses mains sur la table avant de dire, le plus calmement qu’elle le pu :

- Ho que si ça me regarde ! Je veux savoir où il est !

Masa, légèrement surpris, lui demanda avec flegme :

- Et de quel droit penses-tu que ça te regarde ?

- ‘De quel droit’ ? Répéta la femme avant de se redresser. Mais du droit que j’ai acquis en m’occupant de lui pendant des semaines et des semaines, alors qu’il luttait entre la vie et la mort ! Du droit qu’il sait qu’il peut compter sur moi s’il en a besoin ! Du droit de…

- Tu t’es occupée de lui ? Demanda Masa étonné.

- Oui, pourquoi ?

- Je ne le savais pas…

- Tout comme j’imagine que tu ne savais pas ce qui allait lui arriver, n’est-ce pas ?

Masa baissa la tête et la femme reprit :

- Il ne t’a pas trahis, et même à moi, il n’a jamais dit, ni à quel moment précisément tu étais parti ni où tu étais allé.

- …

- Tu lui avais dis ?

- … C’est lui qui est allé chercher le billet d’avion pour la Chine et qui a dormis dans ma chambre la dernière nuit, pour que personne ne se doute de mon absence.

- Je vois…

- Je me doutais qu’il serait questionné, mais je n’aurais jamais pensé qu’on pourrait lui faire autant de mal… Il a dû me haïr…

- Sur ce dernier point, je te rassure, ça n’a jamais été le cas. Je crois même qu’il était heureux d’avoir pu t’aider.

- Pour être de retour maintenant… ça n’a servi à rien…

Akujo s’étonnait que Masa lui parle aussi ouvertement, cependant, elle ne fit aucune remarque à ce sujet.

- Au fait, reprit-elle un peu après, où est Shû ?

Masa sourit et se décida à lui répondre.

- Il passe un concours.

- Quoi ? Et pourquoi ne rentre-t-il pas le soir ?

- Tout simplement parce qu’il y a eut un incendie il y a une semaine dans les locaux qui devaient accueillir les candidats.

- Et alors ?

- Il a donc été décidé que le concours se situerait dans les locaux de je ne sais plus quel administration. Mais comme c’est loin, quand Shû m’a appelé pour me le dire, je lui ai conseillé de loger dans un petit hôtel le temps du concours, pour qu’il n’ait pas à faire le trajet tous les jours. Normalement, il va rentrer ce soir.

- Je vois…

- Tu veux savoir autre chose ?

Akujo se rapprocha de l’homme et s’assis sur ses genoux, sans aucun complexe, avant de commencer à l’embrasser délicatement. Masa répondit au baiser qui se fit rapidement beaucoup plus profond.

- Tu portes décidemment bien ton nom, murmura l’homme entre deux baisers.

A la remarque, la femme sourit et commença à déboutonner la chemise de Masa.

 

~ ~ ~ ~ ~

 

En traversant les couloirs devant la mener une nouvelle fois dans la chambre de Midori, Akujo se heurta à une jeune femme. Celle-ci bredouilla des excuses et releva les yeux vers Akujo.

- Bonjour, lui dit celle-ci.

L’autre femme, plus jeune, détailla Akujo avant de détourner le regard et de s’en aller. Cependant, elle dû s’arrêter en entendant la remarque de l’autre :

- Il n’est pas pour nous ! Ni pour toi, ni pour moi !

Yume, car c’était elle, se retourna, pas vraiment sûre d’avoir compris.

- Qu’avez-vous dit ?

- Tout simplement que son cœur est déjà pris. C’est aussi simple que cela.

La jeune femme ne se laissa pas intimidé par le sourire satisfait qu’arborait son aînée et répondit :

- Il va m’épouser… alors qu’importe que son cœur soit pris, il sera à moi !

Ceci étant dit, la jeune femme s’éloigna.

Akujo ne tenta même pas de lui répondre et reprit sa marche.

 

~ ~ ~ ~ ~

 

- Midori, tu dors ?

- Shû !!! Tu es rentré ! Tu m’as manqué. Rajouta le jeune homme en souriant.

- Tu m’as aussi manqué, répondit le jeune homme en passa une main dans les cheveux de son ami.

- J’étais très inquiet… heureusement que Akujo-san est venu me dire que tu passais un concours.

- Je suis désolé, je ne pouvais pas te prévenir… tu m’en veux ?

- Mais non…

Shû sourit avant que son regard ne soit attiré par un plateau repas, à moitié vide.

- Je vois que tu es décidé à remanger. C’est bien.

- … Akujo-san t’a dit…

Shû s’assit sur le lit et demanda à son ami de lui expliquer les raisons de ce refus de se nourrir.

- … je… je pensais que… tu… me détestais…

- Quoi ? Mais… Comment as-tu pu croire une chose pareille ? Tu…

- Mais Masaru-sama… Coupa le jeune homme.

- Qu’est-ce qu’il vient faire la dedans ?

 

~ ~ ~ ~ ~

 

- Maître…

Masa releva la tête en s’apercevant que Shû n’était pas encore sortit de sa chambre. Celui-ci était passé le voir pour le remercier d’avoir payé l’hôtel dans lequel il avait séjourné le temps du concours, et à présent, il se tenait contre la porte sans faire face à l’homme.

- Qu’y a-t-il Shû ?

- Est-ce que… est-ce que c’est vrai que… est-ce que… vous avez vraiment dit…

- Dit quoi ?

- … dit que Midori est écoeurant…

Masa releva un sourcille et réfléchis quelques secondes pourquoi le jeune homme pensait cela, lorsqu’il se souvint du soir où il avait apprit que Midori était un garçon.

- J’ai dit cela pour mon frère et mon père. Pourquoi ?

- Parce que… Midori pense qu’il vous révulse…

- … je n’ai pas dit ça en m’adressant à lui… ceci étant dit… ce qu’il fait…

- Je vois… Bonne nuit Maître.

Masa regarda la porte se refermer lentement sur Shû. Une nouvelle fois, il eut le sentiment que quelque chose lui échappait. Il se renseignerait avec Akujo lorsqu’il la reverrait.

Au même moment, celle-ci préparait un repas pour son mari et elle. Celui-ci, bien que très surpris que sa femme cuisine (Ryû ramenait quasiment toujours le repas destiné aux hommes de main qui ne voulaient pas se faire à manger) ne fit aucun commentaire et se contenta d’observer Akujo. Elle était très belle et savait très bien comment mettre sa beauté naturelle en valeur. L’homme la détailla longuement ce soir là, sans qu’elle s’en rende compte. Il savait très bien qu’elle le trompait. Il se doutait qu’elle avait avec plaisir retrouvé la chaleur des draps de son amant de toujours : le cadet des Mayowasu. Cependant, il n’arrivait à lui en vouloir. Après tout, elle méritait beaucoup mieux qu’un minable petit yakuza… il était déjà heureux les nuits où elle s’abandonnait dans ses bras. Cependant, jamais encore il ne lui avait murmuré ces mots tendres que les femmes aiment entendre, persuadé que venant de lui, cela ne pourrait qu’être risible aux yeux de cette femme.

- Tu rêves Ryû ?

L’homme s’aperçu que sa femme venait de mettre la table et voulait le servir. Il ne dit pas un mot et tendit l’assiette qu’il avait devant lui.

Akujo lui sourit une fois qu’elle eut finit le service et s’assis face à lui, à la petite table de la cuisine.

- Mon père te remercie pour les abricots, lui dit elle plusieurs minutes après le début du repas, tentant de créer un début de conversation. Cependant, l’homme n’eut qu’un léger haussement d’épaule et repris son repas.

Le reste du repas se déroula dans le silence le plus complet, à l’exception d’un ‘passe-moi l’eau, s’il te plait’, de Akujo.

Cependant, alors que la femme se levait pour débarrasser, elle sentit le regard s’attarder sur sa silhouette et lorsqu’elle se rassis après avoir poser deux coupes de glace devant eux, en guise de dessert, Ryû ouvrit la bouche pour la première fois depuis des heures :

- C’était délicieux. Tu cuisines très bien Akujo-san.

La femme, très étonnée de ce compliment remercia son époux d’un sourire.

 

~ ~ ~ ~ ~

 

Grégory et Solange étaient arrivé la veille au soir, et dès le lendemain matin, l’adolescente avait voulu sortir afin d’essayer de retrouver Masa. C’est ainsi, qu’après avoir passé le petit coup de téléphone, qui allait devoir être quotidien à Sylvain, et l’avoir encore une fois remercié, les deux amis sortirent-ils dans les rues.

L’adolescent tenait son amie par la main, car elle n’avait pas l’air très rassurée dans ce pays étranger.

- Comment on va faire pour retrouver Masa ? Demanda soudain la jeune fille à son ami.

- Je ne sais pas… Avoua le jeune homme. On pourrait demander aux gens, mais je doute qu’on trouve très facilement quelqu’un qui parle français.

- Je suis du même avis, soupira la jeune fille.

Et lorsque quelqu’un les aborda afin de leur demander s’il pouvait les aider, les deux jeunes, ne comprenant pas, cherchèrent dans leur petit dictionnaire japonais/français, acheté juste avant leur départ de France, à la Fnac, près de chez Grégory. Malheureusement, l’homme leur ayant parlé commençait à s’en vouloir d’avoir voulu aider les deux étrangers en les voyant ainsi plonger dans leur petit dictionnaire. C’est alors qu’un éclat de rire retentit derrière les deux adolescents, puis une voix légèrement accentuée par le Japonais leur demanda :

- Vous avez besoin d’aide ?

Ravis que quelqu’un connaisse leur langue maternelle, les deux adolescents abandonnèrent l’homme ayant proposé son aide et se retournèrent afin de savoir qui était leur ‘sauveur’.

- Alors, répéta la personne, vous voulez que je vous aide ?

Solange détailla le garçon, car c’en était un, se trouvant face à elle. Un pantalon en cuir noir, très moulant, d’une taille tellement basse que la jeune fille se demanda comment il se faisait qu’on ne voyait pas une certaine partie de son anatomie. Son débardeur, bleu-marine, quant à lui, ne lui couvrait pas le nombril, qui était orné d’un piercing. Solange regarda un peu sa tête et se dit que si elle n’avait eu que la tête devant elle, elle n’aurait certainement eut aucune pensées de celles qu’elle avait à l’instant, qui finalement, se résumaient à peu près toute à ‘mauvais genre’. Les cheveux du garçon, qui devait avoir à peu près leur âge étaient coiffés en brosse et la seule fantaisie qu’il s’était permis au niveau de sa tête était un petit anneau à l’oreille gauche.

Grégory, lui, s’évita toutes pensées et voulu se faire aider de l’adolescent face à eux, cependant, son amie le devança :

- Allons-nous en !

- Mais… Solange…

- Je ne pense pas que vous trouviez quelqu’un d’autre voulant vous servir d’interprète dans le coin. Dit alors le garçon.

Solange ne répondit pas et le japonais les ayant abordé s’approcha des deux amis, d’une démarche féline avant de s’arrêter à seulement quelques centimètres de Grégory.

- Je crois que vous n’avez pas le choix, dit-il alors d’une voix trop sensuelle au goût de Solange qui s’interposa entre les deux garçon.

- Je ne pense pas que nous ayons besoin de quelqu’un comme vous, dit-elle alors avant de tourner les talons tout en entraînant son meilleur ami par le bras.

Furieux, le jeune japonais cria presque :

- On ne me demande pas de plaire à des petites puritaines dans ton genre ! La seule chose qu’on me demande, c’est de remplir mon lit la nuit !

Choqués et gênés par les paroles crues de l’adolescent, les deux amis pressèrent le pas, mais Grégory ne put s’empêcher de se retourner et de jeter un dernier regard au jeune japonais.

 

~ ~ ~ ~ ~

 

- Qu’est-ce qu’on fait là ? Demanda Dave à son amie alors qu’ils étaient sous la pluie, dans un cimetière.

- Attends…

Les deux amis, chacun sous un parapluie, regardèrent une femme s’approcher d’une pierre tombale, fermer son parapluie et s’accroupir près de la pierre. Là, elle déposa le bouquet de fleur, qu’elle tenait à la main en arrivant, sur une tombe. Puis, elle resta de longues minutes debout, à fixer la pierre, laissant la pluie la mouiller entièrement.

- Je suis là, souffla Maya, près de Melinda, alors qu’elle venait d’arriver.

- Parfait, dit alors l’américaine. Allons lui parler, alors.

- Attends ! Dave rattrapa son amie bras avant de reprendre : qui est-ce ?

- Elle s’appelle Reina Kuruma. C’est la sœur aînée de Matsui.

- Ha… je vois…

- Bon, maintenant, allons-y !

Les trois personnes s’approchèrent lentement de la femme, qui devait avoisiner la quarantaine.

Lorsqu’elle les vit approcher, la femme su tout de suite qu’on allait la questionner sur la mort de son frère, comme si c’était inscrit dans chacun des pas des nouveaux arrivants. Cependant, elle ne bougea pas et les attendit.

- Konbanwa, [4] dit Melinda en arrivant à sa hauteur, avant de s’incliner légèrement.

La japonaise ne pu s’empêcher de sourire, sachant pertinemment que l’étrangère tentait de la mettre en confiance… et, elle devait bien se l’avouer, c’était un bon début.

 

~ ~ ~ ~ ~

 

Masa regardait la pluie tomber par la fenêtre. Tout en la regardant, il se souvint du jour où tout dans sa vie avait basculé, vingt ans auparavant. Dire qu’il avait réussi à fuir cette vie et tout transformer… mais voila, sa vie prenait visiblement un plaisir ironique et malsain à le faire replonger dans ce monde sombre et meurtrier de son père. Matsui, lui, pensait qu’il pourrait s’en sortir. Cependant, ce jour là, en regardant cette pluie réparatrice et bienfaisante, il en doutait plus que jamais. Si quelques jours auparavant il avait encore un peu d’espoir, ce soir là, il se dit qu’il ne chercherait plus à s’enfuir et qu’il accepterait son sort sans broncher, comme il l’avait fait durant dix ans, après la mort de son seul ami. Il savait que s’il avait pu s’échapper une fois, c’était grâce à Shû, qui avait couvert sa fuite, cependant, il avait réellement réalisé lorsque Akujo lui en avait parlé, combien l’adolescent qu’il était alors avait dû en souffrir. Aussi, aujourd’hui, il n’avait plus le droit de lui infliger les mêmes supplices, non… il n’en avait pas le droit ! Cependant, si lui, perdait tout espoir de repartir de ce lieu pour sa terre d’asile : la France, il n’en était pas moins à tenter d’échafauder un plan afin de faire partir Shû. Il ne voulait pas que le jeune homme reste ici… non… il fallait qu’il soit libre !

- Maître ?

Masa sursauta imperceptiblement avant de se retourner.

- Excusez-moi d’être entré comme ça, mais j’ai frappé et vous n’avez pas répondu.

- Ca ne fait rien, le rassura Masa.

- Votre frère vous cherche.

- Merci, j’y vais.

Masa sortit de sa chambre et se dirigea vers le bureau de son frère, accompagné des deux mêmes hommes étant venus le chercher en France. Il avait réussi à se faire à leurs présences silencieuses. Ces deux hommes faisaient presque partit du décors, pour lui.

- Vous m’avez fait demander, Oniisama ? [5]

Kyoga, comme toutes les fois précédentes ne fit pas le moindre commentaire sur cette façon que son frère avant de s’adresser à lui.

- Oui… tu vas nous accompagner demain. Nous devons faire un échange de… Masaru ! Tu m’écoutes ?

- Oui.

- Bon… je disais donc…

Masa écouta d’une oreille distraire ce que lui disait son frère, n’enregistrant que l’information selon laquelle il devrait rester prêt à tirer à la moindre interaction entre les deux clans.

Plusieurs minutes plus tard, alors qu’il sortait et regagnait sa chambre, l’un des hommes lui adressa un léger sourire avant de s’éloigner. Masa ne comprenait pas l’attitude de cet homme, cependant, il n’avait aucune intention de s’attarder à essayer de le comprendre et pressa le pas en apercevant Akujo prête à sortir de son aile.

- Akujo, attends !

La femme se retourna et lui sourit. Un sourire charmeur et enjôleur.

- Oui ? Je te manque tant que ça quand je ne suis pas près de toi ?

Masa ne répondit pas lui demanda :

- Shû et le petit Midori se connaissent ?

- ‘Petit Midori’ ? Tu sais, il a quand même 23 ans ! Mais oui, ils se connaissent et son amis. Pourquoi ?

- Comme ça, pour savoir. Midori a visiblement très mal interprété certaines de mes paroles et Shû a eu l’air de m’en vouloir à ce sujet.

- Je vois… la fois où tu as apprit que c’était un garçon et ce qu’il faisait.

- Ha… Tu étais au courant.

- Oui. D’ailleurs, le pauvre s’est persuadé que tu en avais parlé avec Shû et qu’alors, son ami avait été révulsé par ce qu’il faisait. Résultat, il a refusé de se nourrir pendant plusieurs jours.

Masa ne dit rien, mais se promis de s’excuser auprès du jeune homme.

- Maintenant, reprit Akujo, si tu veux bien m’excuser, je rentre chez moi. Je vais essayer une nouvelle recette et mon mari va me servir de cobaye.

Elle partit d’un éclat de rire, ce qui fit sourire Masa.

- Bon appétit, lui dit-il alors qu’elle s’éloignait.

- Merci.

Masa retourna dans sa chambre, mais moins d’une demi heure plus tard, il ressortit afin d’aller prendre une douche. Le temps rendait tout moite et poisseux et il ne supportait pas cette sensation sur son corps.

Sous la douche, il ferma les yeux et revit une nouvelle fois sa première rencontre avec Justine. Lui, cherchant la rue d’un grand hôtel qu’il ne connaissait pas, et elle, accompagné de Solange, faisant des courses, sous un parapluie fleurie. Il regardait toutes les rues, à la recherche de la plaque qui lui indiquerait enfin qu’il était dans la bonne rue, les yeux, ne quittant quasiment jamais sa montre, étant donné qu’il avait déjà une demi heure de retard et que les membres de la Croix-rouge avec lesquels il avait rendez-vous pour une interview exclusive devaient commencer à s’impatienter. Et c’était alors qu’il pestait contre lui-même pour avoir oublié : et son parapluie et son portable qu’elle s’était approché et lui avait demandé :

- Vous êtes perdu ?

Masa referma le robinet et la pomme de la douche cessa aussitôt de déverser l’eau. Puis, il s’essuya rapidement, avant de se rhabiller.

- Oui Justine… Je suis perdu. Justine… Justine…

Masa frappa rageusement le mur de son poing. Justine lui manquait, et cette pensée de ne plus jamais la revoir était si douloureuse qu’il n’avait aucun terme pour qualifier cette douleur. Pourquoi n’avaient-ils donc pas le droit d’être ensemble et de s’aimer ? Qui avait donc décidé que leurs vies à tous les deux devaient se séparer ?

Plusieurs minutes plus tard, à peu près calmé, Masa sortit enfin de la salle de bain. Il s’apprêtait à regagner sa chambre, lorsqu’il se dit vaguement que ceux en train de manger étaient particulièrement bruyants ce soir. Sans doute de par son métier, sa curiosité fit piqué au vif ce soir là, et il se rapprocha de la salle commune dans laquelle ceux qui le désiraient, pouvaient manger. Il savait que Shû ne mangeait jamais là, et de toute façon, ce soir là, le jeune homme était sortit. Masa chassa de son esprit le pourquoi de cette absence, et entra silencieusement dans la pièce.

- Allez, laisse-toi faire ! Après tout, pour toi, un homme, c’est un homme, n’est-ce pas ?

- Dépêches-toi Mû, qu’on puisse nous aussi en profiter.

- Mmm… Oui…

Le dénommé Mû glissa une main sous la chemise de Midori qui était maintenu par un autre homme, allongé sur le dos, sur une table. Masa ne s’attendait pas à cela en entrant dans la pièce… il était évident qu’il allait assister à un viol collectif s’il ne se manifestait pas.

- Que faites-vous ? Dit-il soudain d’une voix forte et autoritaire, alors qu’un autre homme venait de commencer à s’attaquer au pantalon du jeune homme sur la table. Ce dernier adressa à Masa un regard noyé par les larmes.

Les rires grossiers et réflexions vulgaires cessèrent instantanément. Tous regardèrent Masa s’étonnant de le voir à cet endroit.

- Lâchez-le ! Ordonna-t-il, profitant de l’effet de surprise qu’il venait de réaliser.

Sans réfléchir, ceux à qui ils s’adressaient desserrèrent leur étreinte et le jeune homme se releva.

- Viens ! Lui dit alors Masa, avant de le faire passer devant lui et de refermer la porte sur eux.

Midori suivit ensuite docilement l’homme et entra dans sa chambre sans y avoir été invité. Masa ne dit rien et se dirigea vers son armoire, après s’être aperçu que la chemise du jeune homme avait perdue beaucoup de bouton. Il sortit du meuble l’une de ses propres chemises et s’approcha du garçon, qui ne savait pas quoi faire. Masa lui tendit le vêtement, mais l’autre ne réagit pas, aussi l’homme décida-t-il de le rhabiller lui-même. Il enleva donc la chemise… ou plutôt ce qu’il en restait et sentit Midori frissonner légèrement.

- N’aie pas peur, le rassura Masa. Ce n’est pas ce que tu penses… jamais je ne te toucherais de la même façon que ses rats !

Rassuré, le jeune homme se laissa habillé et sourit à Masa avant de lui adresser un timide « merci ».

 

~ ~ ~ ~ ~

Shû déposa une couronne de fleur, près des différents bouquets posés au pied de la pierre mortuaire gravée. Puis, un genou posé par terre, il ne pu empêcher des larmes de couler.

- Mon maître… enfin… Masaru-sama aurait voulu venir avec moi, j’en suis sûr, mais c’était impossible…

Le jeune homme parla de longue minutes, de tout et de rien, juste pour parler, n’ayant comme seul témoin le silence du cimetière dans lequel il se trouvait. Puis, il se releva et après avoir adressé un dernier regard à la plaque funéraire sur laquelle on pouvait lire ‘Matsui Kuruma 25 avril 1969 – 27 juillet 1984’, il partit en direction de sa voiture.

 

 

Fin du chapitre 5

A suivre...

 

 

[4] Konbanwa = Bonsoir

[5] Oniisama = Grand frère (dit de façon très, très respectueuse)

 

 

Note du fin de chapitre :

Je ne sais pas pour vous, mais moi, je trouve cette fin un peu triste, non ? Le moment dans le cimetière, je veux dire. Sinon, comment trouvez-vous Masa ? Il a été bien, non ? Parce que je sais que pas mal d’entre vous ont été dégoûté de voir qu’il avait trompé Justine et donc, l’ont beaucoup moins aimé après ça… alors, il est remonté dans votre estime ? N’hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre, svp ! C’est très motivant pour moi, et pas forcément uniquement pour cette histoire (ben oui, là, j’ai juste besoin de motivation pour corriger, vu qu’elle est finie).

A bientôt pour le prochain chapitre ^_^

 

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Chapitre 6

 

 

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