~ ~ ~ Note de la fic : Laissez moi vous expliquer le pourquoi de cette histoire
^_^ Il y a quelques mois, jai organisé un concours sur mon site, mais je me
demandais si les contraintes et le temps impartit permettaient vraiment de faire une bonne
histoire ! Et voilà, jai donc moi aussi « joué » ! Mais je
vous rassure, il métait impossible de gagner. Je métais pourtant amusé à
mettre cette fic sur mon site, comme les autres, mais je lai finalement enlevé,
avec lintention de ne pas la faire lire. Cependant, aujourdhui, aller savoir
pourquoi, je vous la fait lire. Peut-être pour avoir votre avis. En fait, jai
limpression que les personnes fréquentant mon site sont incapable dapprécier
autre chose que le yaoi
alors on va voir, ce que vous en pensez, car, même si
jai toujours le même style dans cette histoire, elle nest pas yaoi !
Certains personnages peuvent avoir des tendances (ou être) homosexuelles, cependant, ce
nest pas le but de lhistoire !
Si vous trouvez que lhistoire est un peu lente à démarrer, cest sans doute
normal, car elle compte plus dune centaine de page au total. Mais je pense que le
premier chapitre donne déjà un petit aperçu de comment sera la fic ^_^
Je vous souhaite à tous une bonne lecture !!!!!
PS : pour ceux qui connaîtrait les règles du concours, le thème qui avait été pris était le suivant : « 10 ans plus tard, il/elle/ils reçoit/reçoivent un télégramme. Quelques mots pour faire ressurgir le passé. Qui du passé ou du présent l'emportera » (mais bon, on sen fout complètement, cétait juste une petite précision comme ça). ~ ~ ~
Bon... ben... personne ne m'a rien dit pour le dernier chapitre... est-ce que ça veut dire que cette fic n'est pas lue ? Ou alors qu'elle n'est pas aimé ?
Le retour du passé
*** Chapitre 4 ***
Le lendemain
Masa, posté dans un recoin, doù il pourrait atteindre sa cible,
réfléchissait. Que pouvait-il bien faire pour ne pas tuer cet homme ? Comment faire
pour fuir ce destin qui sétait amusé à le rattraper ? Près de lui, Shû
semblait serein. A quoi pouvait-il penser à cet instant ? Masa nen savait
rien, et, il devait bien se lavouer, sen moquait éperdument.
Il avait déjà exécuté des dizaines de personne, plus ou moins connues, par le passé,
cependant, jamais il navait tenté de discuter ou de contester les décisions
quon prenait à sa place en lui choisissant ses cibles. Cétait vrai, depuis
lenlèvement et la mort de Matsui, il navait jamais rien dit sur ces ordres.
Cependant, aujourdhui, il ne voulait pas faire ce quon lui imposait !
Il posa son regard sur lhomme qui devait ne plus être dans quelques minutes et le vit recevoir les encouragements dune femme, dune adolescente ainsi que dune enfant : sa famille, en conclu Masa. Un homme, denviron le même âge que celui qui devait mourir arriva tout essoufflé, suivit de deux femmes ; lune étant beaucoup plus âgé que les autres.
-Maître ? Que regardez-vous ?
- Cet homme comment
- ?
- Non, ce nest rien
A lheure dite, lhomme monta sur une estrade et commença son discours. De là où il était, Masa nentendait pas ce quil disait, cependant, il sentait, au plus profond de son cur que cet homme, cet homme qui avait été condamné par dautres hommes comme son père, était quelquun de foncièrement bon. Cependant, il semblait que son destin avait été décidé à son insu.
Masa saisit son arme et la pointa en direction de lhomme, qui nétait plus à présent quun mort en sursis. Cependant, il ne pu sempêcher de chercher du regard la femme et ladolescente qui parlait avec lhomme quelques minutes auparavant. Celle-ci, ainsi que lenfant et les trois autres personnes étant arrivées un peu plus tard, étaient assises au premier rang et semblait très émues par le discours prononcé par lhomme. Elles semblaient ladmirer et sans aucun doute laimer. Masa hésitait Avait-il le droit de leur voler cet homme à qui elles semblaient aussi attachées ? Masa ne pouvait sempêcher de voir en ces deux femmes Justine et Solange, bien que physiquement, elles ne se ressemblent pas du tout.
- Maître, que faites-vous ? On va se faire repérer ! Il faut tirer !
- Non on ne doit pas il ne faut pas il
- Il y a quelquun là haut ! Dit soudain lun des vigiles de la surveillance de la salle.
- Nous sommes repéré, partons, dit alors Masa.
Shû devait protéger son maître il fallait quil le protège et pour ce faire, il ny avait pas beaucoup de solution.
- Shû ! Viens !
Masa tentait de faire bouger le jeune homme, mais celui-ci le poussa légèrement en arrière avant de lui prendre son arme.
Il régla le viseur pour lui, pointa sa cible et sans le moindre tremblement, appuya sur la gâchette. Aucun coup de feu ne retentit grâce au silencieux, mais le corps qui tomba annonça quil navait pas raté son coup.
Masa regarda pétrifié la scène. Des dizaines de personnes criaient tout en sapprochant du corps inerte.
- Maître, venez !
Shû entraîna Masa par le bras, mais malgré son état de choc et tous les cris qui venaient de toute part, celui qui le brisa complètement fut un OTOOSAN !!!!!!!!! [2] de ladolescente qui était au premier rang. Son cri désespéré raisonnerait de nombreuses heures dans lesprit de Masa.
Shû savait comment faire pour éviter tous les gardes et ils neurent aucun mal à retourner à leur voiture.
Shû démarra sans un mot ou un regard à Masa qui sétait assis sur le siège du passager.
Plusieurs minutes plus tard, le plus jeune des deux hommes se décida enfin à parler :
- Il fallait que je le fasse.
- Non on nest jamais obligé de tuer surtout pas comme ça il ne mettait pas ta vie en danger
Shû freina brusquement et regarda Masa.
- Maître ! Vous ne comprenez pas ! Même si nous avions échappé aux gardes nous ayant repéré je je ne pense pas que vous auriez réchappé à la mort chez vous pour trahison
- Shû
- Je ne veux pas que vous mouriez, alors pour moi, cétait cet homme ou vous. Et jai choisi que ce serait lui qui mourrait et pas vous !
- Shû ce que tu me dis me fais plaisir quelque part, cependant noublie jamais ceci : le sang que nous faisons couler entraîne automatiquement des larmes.
- Pardon ?
- Tu as tué cet homme tu as fais couler son sang mais sais-tu combien de larme seront versées à cause de cela ?
-
~ ~ ~ ~ ~
Au même moment, en France, Sylvain allait prendre son petit déjeuner lorsquon lui dit que son père était repartit très tôt le matin.
- Comme dhabitude, quoi, grommela-t-il.
Lorsquon lui eu servit son repas, il alluma la télévision afin davoir un peu de bruit pendant quil mangerait. Cependant, alors quil zappait et passait sur une chaîne dinformation, il fit tomber sa tartine beurré dans son café.
après ce tragique événement, cest tout le Japon qui semble bouleversé. Mireille, vous êtes notre correspondante en direct dans le pays du soleil levant, pouvez vous nous en dire plus ?
Effectivement, je me trouve en ce moment même sur le lieu du drame, cependant, pour linstant, la police refuse de se prononcer. Mais M. Reiji Kotaro, le frère du défunt a accepté de dire quelques mots à lantenne.
Un homme sapprocha près de la journaliste venant de parler et pris le micro en tremblant légèrement. Ses yeux étaient rougit par les larmes, et il semblait sur le point de recommencer à laisser libre court à sa tristesse, cependant, il nen fut rien et il parla dun ton calme et posé. Ses paroles furent, bien entendu traduites simultanément :
- Je naurais jamais pu penser que quelquun pourrait comploter contre mon frère, car croyez-le ou non, il ny avait rien de mauvais en lui. Vous penserez sans doute que je laisse mon cur dicter mes paroles, car je suis son frère, cependant, il nen est rien. Aujourdhui, en tuant mon frère, Kojiro Kotaro, cest un père, un frère, un mari, un fils ainsi quun bienfaiteur qui est mort ! Je peux déjà vous dire que ça prendra le temps quil faudra, mais nous retrouverons son assassin et il devra payer !
Une adolescente se rapprocha de lhomme et accepta de parler elle aussi :
- Ce nétait pas vraiment mon père en fait, le mien est mort quand jétais bébé mais je nai jamais eu limpression quil me manquait car papa enfin mon beau-père a toujours été un véritable père pour moi et même après quil ait eu une fille avec ma mère, il ne ma jamais délaissé et moi je laimais comme sil était mon père
La jeune fille ne pu rajouter un mot et se réfugia dans les bras de son oncle tout en sanglotant.
La journaliste savança parmi la foule et fit faire des gros plans sur les visages de la femme, la mère et la sur du défunt.
Tout le monde autour, même sortit de la famille se lamentait et ne se souciait pas des larmes quils laissaient tous couler.
Comme vous pouvez le voir Francis, cest ici une véritable tragédie et il a dailleurs été décidé que demain serait déclaré comme étant une journée de deuil national, aussi, les écoles et tous les lieux publiques seront fermés.
Merci Mireille. Cétait donc un reportage réalisé par Mireille Arthur, en direct du Japon. Je vous rappelle donc linformation principale de cette édition, Kojiro Kotaro vient dêtre assassiné alors quil présentait son nouveau programme dimplantation de pompes dans certains pays dAfrique, souffrant dun manque considérable deau.
Lémission se termina par des images montrant lhomme à présent mort à différente période de sa vie. On pouvait ainsi le voir, sur les dernières, fêter son anniversaire, entouré de sa famille.
Sylvain, qui avait rencontré une fois cet homme, lors dun congrès international auquel il avait assisté avec son père, fut encore plus ému que tout ceux qui apprirent sa mort, mais qui ne lavait pas vu en chair et en os. Mais, le jeune homme se souvint plusieurs fois de ce quavait dit ladolescente au sujet de cet homme.
~ ~ ~ ~ ~
Melinda et Dave se frayèrent un passage parmis la foule grandissante de minute en minute. Cependant, la carte de police de Dave aidant, ils eurent tôt fait de rejoindre les policiers et différents journalistes sur les lieux du crime.
- Mireille !
Melinda fit de grand geste vers lautre jeune femme. Cette dernière arriva rapidement près des deux amis.
- Melinda ? Dave ? Mais que faites-vous ici ?
- On est sur une enquête.
- Ha ?
- Quest-ce que tu sais ? Enchaîna rapidement Melinda.
- Toujours la même, hein ? Tu veux tout savoir, et tout de suite !
- Que veux-tu, on ne se refait pas.
- Viens par là, dit alors lautre journaliste en entraînant la jeune femme un peu à lécart.
- Alors ? Raconte, quest-ce que tu sais ?
- Ca va, ça va, je vais te parler ce que jai entendu dire. Il parait que la balle ayant entraîné la mort de Kojiro Kotaro est du même type que celle ayant tué plusieurs personnalités à une période.
- Je ne comprends pas ça veut dire que ça faisait un moment que ça ne sétait pas produit ?
- Tu sais comme moi que tous les bons tueurs ont une façon toute particulière de signer leurs crimes.
- Oui, bien sûr alors ?
Mireille sortit un carnet de sa poche et traça quelque trait dessus.
- Voilà, ça cest une balle du même calibre que celle ayant tué notre homme.
- Hum, hum et ?
- Celle qui la tué a une rayure comme ça, expliqua la jeune femme en traçant un trait à la verticale de la balle.
- Il y a une raison ?
- Je sais que celui ayant mener les investigations il y a de cela plusieurs années avait dabord pensé que larme du tueur était endommagé, cependant, il semblerait que ça ne soit pas le cas.
- Ha ? Ca veut dire que le tireur fait lui-même ces marques ?
- Tout à fait ! Cest ça griffe, si on veut. Il doit ainsi défier la justice.
- Je vois et pour ce qui est des meurtres similaires
- En fait il ny en a pas eu de ce type durant les dix dernières années.
- Quoi ?
- Comme je te le dis, pendant dix ans, aucun crime de ce genre na eu lieu. Il y en a eu un peu partout dans le pays durant environs dix ans, puis, plus rien pendant les dix années suivantes et voilà que ça recommence
- Hum ok Merci pour les infos !
Melinda séloigna avec un signe de main et trouva Dave examinant lemplacement où le corps sétait écroulé.
- Tu as découvert quelque chose ? Demanda la jeune femme.
- Pas grand-chose, si ce nest lendroit doù le lassassin a dû tirer.
- Et ça nous avance à quelque chose ?
- Pas vraiment, viens !
Melinda se laissa entraîné par son ami vers la sortie.
- Quest-ce quil y a ?
- Il faut que tu découvres sur quelle piste ils étaient il y a quinze ans !
- Hein ? Mais pourquoi ?
- Parce que jai entendu certains journalistes français et américain présent sur les lieux parler de meurtres similaires il y a plusieurs années.
- Je peux savoir ce que tu as en tête ?
- Disons que mon intuition me fait dire quil y a un rapport entre notre enquête et celle-ci.
- Pourquoi ça ?
- Cette histoire de dix ans sans ces assassinats mintrigue cest tout.
Melinda fit une moue boudeuse.
- Quoi ?
- Je pensais tapprendre beaucoup de chose, mais en fin de compte, tu sais déjà tout !
- Désolé, lui dit alors son ami avec un sourire.
- Au fait, pourquoi est-ce que cest moi qui dois découvrir sur quelle piste ils étaient ?
- Parce que daprès ce que jen ai compris, cest un homme qui menait lenquête alors, je pense que tu pourras plus facilement le faire parler.
La jeune femme se mit à rire et accepta.
~ ~ ~ ~ ~
Justine relu une nouvelle fois le message qui lui avait été laissé pour son arrivé à lhôtel. Elle craignait que lhomme lui laissant des informations au compte gouttes ne se joue delle, cependant, elle navait pas dautre choix que de lui faire confiance.
Elle alluma le petit poste de télévision placé dans sa chambre et grâce au satellite que possédait lhôtel, elle pu trouver un film en français. Cependant, ce film, étant une comédie dramatique dans lequel deux amants étaient voués à ne jamais vivre ensemble, elle décida que ce nétait pas le moment pour elle de regarder ce genre là, aussi, changea-t-elle de chaîne et tomba-t-elle sur les informations. Cest à ce moment là quelle appris la mort de Kojiro Kotaro. Elle nen croyait pas ses oreilles ! Elle se souvenait que lorsque ses élèves lui avaient demandé sil existait à leur époque des hommes ou des femmes connu qui tentaient dêtre des bienfaiteurs pour les autres, elle avait entre autre cité le nom de cet homme. Quel genre de personnes abjectes avaient bien pu faire disparaître cet homme ? Justine bouillonnait et naurait pas donné très cher de la vie des assassins si elle les avait eu en face delle. Elle était de ce genre de femme, douce et délicate, qui peuvent devenir de vraies furies lorsquelles sentent que la justice est menacée.
~ ~ ~ ~ ~
Ce soir là, Masa ne trouvant pas le sommeil, se releva en pleine nuit. Les images de laprès-midi lui revenaient sans cesse en mémoire. Il ne savait pas comment sen débarrasser Il déambula le long des couloirs et ses pas le menèrent finalement dans lun des jardins éclairés la nuit. Là, il aperçu Midori admirant un pare terre de fleurs. Cependant, lorsque celui-ci releva la tête et que son regard croisa celui de Masa, il tourna les talons afin de ne pas avoir à lui faire face.
- Il est assez farouche, fit alors une voix féminine près de lhomme.
- Qui ?...
Commença Masa en se retournant. Cependant, le reste de sa question mourut au fond de sa gorge. Une femme, habillée à la mode traditionnelle se tenait près de lui, un sourire aux lèvres.
- Je navais pas encore eu loccasion de te saluer, rajouta la femme sans cesser de sourire.
- Akujo [3] Murmura lhomme.
- Je tai manqué ? Rajouta celle-ci en enroulant ses bras autour du cou de Masa.
-
La femme eut un petit rire avant de poser ses lèvres dans le cou de Masa. Celui-ci sen voulu dapprécier ce genre de démonstration. Il navait pas le droit daccepter ce que cette femme semblait prête à lui offrir cependant, son corps, à cet instant semblait plus parler que son cur. Akujo continuait sans aucune pudeur à embrasser lhomme qui venait de refermer ses bras sur elle. Ses caresses se faisaient de plus en plus pressantes et impatientes.
- Allons dans ta chambre Murmura-t-elle alors entre deux baisers.
Masa acquiesça et entraîna cette source de tentation quétait Akujo vers sa chambre.
- Tu mas manqué, susurra cette dernière en déboutonnant la chemise de son futur amant de la nuit.
Lhomme ne répondit rien et se laissa faire. Lorsquils se retrouvèrent tous les deux allongés sur le lit, dénudés, Masa ferma les yeux. Celle quil rêvait de serer contre lui de la façon dont il enlaçait Akujo avait la peau beaucoup plus pâle, et ses cheveux étaient beaucoup moins sombres. Cette nuit-là, il ferait lamour à une femme, mais en aimerait une autre.
~ ~ ~ ~ ~
Akujo se rhabilla et sortit silencieusement de la chambre. Tout en traversant les couloirs, et rejoignant ses propres appartements ou plutôt, ceux quelle partageait avec son époux elle se recoiffa rapidement, dun geste rapide et précis. Cependant, si normalement elle faisait très attention à sa chevelure, quelle savait magnifique, cette nuit là, elle ne pensa même pas à ne pas trop les tirer. Non elle repensait à ce prénom qui sétait échappé des lèvres de son amant. Elle avait souvent fait lamour avec lui par le passé, mais jamais encore il navait été aussi tendre. Jamais il ne lui avait montré autant daffection, et peut-être même damour. Pourtant, lorsquil avait murmuré un nom avant de sendormir, ce nétait pas le sien. Non, cétait celui dune autre.
- A qui es-tu donc fait lamour cette nuit ? A moi ? Ou à cette Justine ? Murmura Akujo avant dentrer chez elle.
Son mari, lun des hommes de main du chef de famille ne dormait pas. Il était assis dans un fauteuil, et lisait le journal lorsquelle poussa la porte.
- Tu rentres tard, fit-il simplement remarquer en voyant sa femme arriver.
- Tu ne dors pas ? Lui demanda t-elle alors, pour couper court à toute tentative de demande dexplication quand à lheure tardive ou plutôt matinale, à laquelle elle arrivait.
Cependant, lhomme, Ryû Matsuka navait absolument pas projeté de demander quoique se soit à son épouse et se leva simplement après avoir vaguement répondu quil navait pas sommeil.
Akujo le suivit dans la chambre à coucher et sendormi rapidement, sans cesser de penser à Masa, qui, bien quil soit revenu, ne semblait absolument pas être ici.
~ ~ ~ ~ ~
- Akujo-san ?
La femme se retourna vers son mari afin de voir ce quil voulait.
- Oui ?
- Tu rends visite à ton père aujourdhui ?
- Comme tous les mercredi, pourquoi cette question ?
- Tiens, cest pour lui.
Ryû déposa entre les mains de sa femme un panier rempli dabricot.
- Merci, lui dit-elle alors simplement.
Dans le taxi devant la mener à lhôpital dans lequel son père était soigné, elle ne put sempêcher de sétonner. En effet, quelques jours avant, elle se souvenait avoir dit à Shû que son père avait toujours aimé manger des abricots, et que depuis quelques semaines, il ne cessait de lui en réclamer. Elle ne savait pas que son mari avait entendu, et elle se doutait encore moins quil allait lui-même en acheter pour quelle les emmène.
- Aku-chan quelle bonne surprise. Dit le vieil homme en souriant.
- Papa, je viens tous les mercredi à la même heure je suis sûre que tu mattendais, dit-elle dun ton grognon avant de sasseoir près de son père, sur une chaise.
Lhomme sourit une nouvelle fois et ne releva pas la remarque de sa fille.
- Tiens, de la part de Ryû !
Reprit-elle ensuite en tendant le panier à son père.
Celui-ci eut un sourire encore plus rayonnant et dit entre deux bouchées : « un bien brave homme, ton mari ». Akujo se demanda un instant si lon pouvait vraiment qualifié un tueur de brave homme, cependant, elle ne dit rien et se contenta de sourire en voyant le bon appétit dont faisait preuve son père face à son fruit préféré.
~ ~ ~ ~ ~
Grégory préparait à manger pour Solange et lui lorsque la sonnette retentit. Ladolescent sempressa daller ouvrir et eut la surprise de se retrouver nez-à-nez avec Sylvain.
- Salut, lui dit alors laîné des garçons.
- Salut.
- Hé ben cest glacial comme accueil ! Mais je te rassure, je ne reste pas longtemps. Tiens Sylvain mit un sac en plastic entre les mains de son ami cest ce que Solange avait laissé. Comme promis, je lui ai acheté. Et ça le jeune homme fouilla dans la poche arrière de son jean cest un petit cadeau supplémentaire.
- Cest quoi ? Demanda alors ladolescent en prenant la pochette que lui tendait Sylvain.
- Je viens de te le dire : cest un petit cadeau !
Le jeune homme repartit vers sa voiture, mais se retourna une nouvelle afin de préciser :
- Jexige que vous mappeliez TOUS les jours ! Cest clair ?
- Heu oui très Répondit Grégory, ne comprenant pas vraiment ce que son ami venait de lui dire.
Cependant, lorsquil ouvrit finalement la pochette quil tenait, une fois que la voiture de Sylvain eut disparut de son champ de vision, il comprit. En effet, à lintérieur, en plus des divers prospectus sur le pays, se trouvaient deux billets davion pour le Japon. Les dates indiquées sur les billets lui indiquèrent que Solange et lui allaient partir trois semaines dans le pays de Masa. De plus, Sylvain leur avait même réservé lhôtel (un excellent hôtel, dailleurs, au vu des photos dans la pochette). Leur ami navait pas non plus oublié de joindre une autorisation écrite de sa main afin de leur permettre de sortir du pays bien quils soient mineurs encore tous les deux. Il navait dailleurs pas oublié de joindre lattestation faites lannée davant, dans laquelle Justine déclarait Sylvain responsable de Solange lors de son absence (elle avait dû accompagner une classe lors dun voyage scolaire), ainsi que celle rédigé par les parents de Grégory.
Ladolescent se précipita dans la maison pour annoncer la nouvelle à son amie.
- Solange !!!! Tu es où ?
- Dans la salle de bain, lui répondit la jeune file. Je me lave les cheveux.
Le garçon monta les escaliers quatre à quatre et entra, sachant très bien que ladolescente laissait toujours la porte ouverte lorsquelle se lavait les cheveux.
- Regarde !!!!
Lui dit Grégory en brandissant la pochette, lorsquelle se retourna vers lui.
- Cest quoi ? Lui demanda-t-elle alors, ne comprenant pas létat deffervescence dans lequel se trouvait le garçon.
- Sylvain nous paye tout pour aller au JAPON !!!!!! Cria le jeune homme, tant il était excité.
- Hein ?
- Au Japon ! On va au Japon !!!!
Il fallu plusieurs minutes à Solange pour réaliser lannonce que venait de lui faire son meilleur ami. Mais lorsquelle sen rendit compte, elle laissa exploser sa joie. Elle allait pour partir à la recherche de Masa !
~ ~ ~ ~ ~
Sur le chemin le reconduisant chez lui, Sylvain ne pu sempêcher dêtre très satisfait de lui-même. Sil sétait finalement décidé pour cela, cétait parce quil avait enfin compris en entendant les dires de la fille de Kojiro Kotaro : son amie aimait Masa comme un père, et pas dune quelconque autre façon.
- Jespère que tout va bien se passer Soupira-t-il tout de même en stationnant sa voiture.
Il aurait bien voulu les accompagner, cependant, son père lavait appelé le matin même afin de lui dire quil voulait lui présenter quelquun et quil ne pouvait donc pas partir pour le moment. Sylvain savait très bien que le quelquun en question devait être la nouvelle petite amie de son père, cependant, il navait fait aucun commentaire lorsque son père lui avait annoncé la nouvelle.
~ ~ ~ ~ ~
- Maya ???
Melinda avait du mal à croire que la jeune japonaise se tenait devant elle. Elle était pourtant persuadée que linterprète ne serait pas revenue. Depuis deux jours que la jeune femme et elle-même avaient été suivies dans le musée, Maya nétait pas reparu, et Melinda en avait donc conclu que ses certitudes quant à son absence étaient fondées. Cependant, cétait bien la jeune japonaise qui lattendait en bas de lescalier quelle empruntait pour descendre à la réception.
- Je suis navrée de ne pas être venue depuis deux jours.
- Je pensais que vous ne reviendriez plus.
- Il ne fallait pas. Je vous ai dit que je vous servirais dinterprète et je le ferais.
Melinda sourit, ravie.
- Où allons-nous ? Demanda alors Maya tandis que laméricaine confiait sa clef au réceptionniste.
- Au commissariat. Je pense avoir trouvé quelquun qui pourra nous aider sur laffaire du tueur.
- Le tueur ? Quel tueur ? Demanda alors Maya, perdue.
Melinda lui expliqua la situation, tout en marchant dun pas rapide à travers les rues. Maya écoutait, attentive, afin de bien comprendre la situation nouvelle.
- Au fait, reprit Melinda après avoir fini ses explications, où étiez-vous ? Vous avez eu un problème ? Jai pensé que vous aviez peur, mais ça navait pas lair dêtre le cas.
Maya ne répondit pas tout de suite et laissa quelques secondes sécouler avant de prendre la parole.
- Ma mère a mis mon petit frère dehors.
- Ha ? Mais Pourquoi ?
- Il a mis sa copine enceinte alors quand ma mère la appris, elle lui a interdit de rentrer à la maison. Il est donc venu chez nous. Mon mari et moi sommes donc allés trois fois voir ma mère pour essayer de la calmer, mais rien à faire Pour linstant, il va rester avec nous, mais pour aller à lécole, ça fait loin.
- Vous habitez loin de chez votre mère ?
- Nous mettons une heure et demi pour y aller en voiture.
Melinda ne su quoi rajouté. Devait-elle prendre la défense du frère de la jeune femme ? Ou alors dire autre chose ? Pour une fois, elle ne savait pas.
- Vous savez je désapprouve ce que Kei, cest mon frère, a fait, mais il reste quand même mon petit frère. Et je pense quil est le plus embêté parce quil est évident quil ne va pas abandonner sa copine maintenant, mais être père à seize ans cest un peu jeune, vous ne trouvez pas ?
- Si. Nous sommes arrivées ! Rajouta laméricaine lorsquelles furent devant les portes du commissariat.
Maya ne dit rien et suivit lautre femme dans lenceinte du bâtiment.
Plusieurs heures plus tard, Maya avait du mal à tout traduire tant les policiers voulant apporter des précisions à Melinda était nombreux et les informations étaient diversifiées.
Soudain, Melinda demanda à tout le monde de se taire. Elle avait fait preuve de tellement dautorité que la jeune interprète neut même pas besoin de traduire. Melinda, tout de même un peu gênée davoir donné un ordre a un groupe dhomme, qui ne devait certainement pas avoir lhabitude de se faire commander par une femme reprit plus calmement :
- Jai entendu quelquun dire Matsui. Qui est-ce ?
Maya neut pas besoin de poser la question, car elle répondit :
- Cette histoire a beaucoup fait parlé delle. A lépoque, je navais que sept ou huit ans, mais je men souviens très bien. Matsui avait quinze ans lorsquil sest fait enlever et assassiné.
- Excusez-moi, mais je ne comprends pas ça doit être assez fréquent, non ?
- Pas vraiment, car dans ce cas là, on na trouvé aucune façon de comprendre pourquoi il sétait fait enlevé. Surtout quon ne peut pas dire que cest parce quil était petit et frêle, que dautres lont enlevé pour s amuser. De plus, il ny a eu aucune demande de rançon alors que ses parents viennent dune classe plutôt aisé.
Melinda écoutait avec attention ce que lui racontait la japonaise et mémorisait tout.
- Finalement, Matsui est entré dans les légendes du lycée dans lequel je suis allée quelques années plus tard. Certaines histoires disent quil sest battu jusquà la mort pour protéger sa fiancée, dautre quil na pas voulu rejoindre un gang et quil a donc préféré mourir que de perdre son intégrité, etc aucune ne doit être vrai, mais il fait partit de ces gens, partit trop tôt qui font parler deux une fois mort
Melinda allait poser une question lorsque deux policiers se mirent à parler en même temps. Si laméricaine avait déjà appris à comprendre les rudiments de base de la langue, à cet instant, elle ne comprenait même pas un son et se rendit compte que Maya devait faire un effort pour suivre le cours de ce quils disaient.
- Que disent-il ? Que disent-ils ? Répéta plusieurs fois Melinda.
Plusieurs minutes plus tard, Maya, choquée, expliqua à la jeune femme quon venait de lui apprendre que la balle ayant entraînée la mort de ladolescent était elle aussi marqué.
- la marque à lhorizontale de la balle ?... Demanda laméricaine afin dêtre sûre quelle avait bien compris.
- Oui Répondit linterprète. Cest pour cette raison quils ont commencé à enquêter en suivant cette piste, cependant, daprès ce quon vient de mexpliquer, la famille na jamais vraiment été très réceptive et ils nont pas pu en tirer grand-chose.
- Je les comprends ils ont dû se murer dans leur silence et leur douleur qui pourrait leur en vouloir ?...
- Vous avez lair de bien connaître le phénomène, fit remarquer la japonaise.
- Cest exact, je suis journaliste, et de plus, je suis toujours Dave dans ses enquêtes, alors des parents ayant perdu un enfant, une sur ayant perdu son frère, un frère pleurant une sur, une femme agonisant suite à la disparition de son mari, et tout ce genre de cas de figure, je ne les connais que trop bien. A chaque fois, la douleur est identique et pourtant tellement différente les gens enterrés dans leur propre tragédie familiale souffrent seuls en pensant que personne ne peut les comprendre et bien malheureusement, cest la vérité, personne ne peut les comprendre on ne peut quessayer de leur de leur apporter un peu de soutient et de chaleur
Personne ne comprenait, hormis Maya, cependant, tous écoutaient dans un silence quasi-religieux.
~ ~ ~ ~ ~
- Matsuka-san, excusez-moi, mais nous avons un problème.
Akujo se retourna vers la vieille femme layant accostée alors quelle sapprêtait à rentrer chez elle.
- Que se passe-t-il ? Demanda-t-elle alors.
- Cest Midori il refuse de salimenter.
- Quoi ?
- Cela fait deux ou trois jours quil refuse de manger.
- Quelquun est au courant ?
- Nous, je nen ai pas encore parlé je pense que ce serait mieux si vous arriviez à le convaincre
Akujo ne répondit pas et repartit dans la direction opposée. En effet, il valait mieux quelle réussisse à le convaincre de manger, sinon, elle ne savait, et préférait rester dans son ignorance, ce quon pourrait lui faire pour lobliger à salimenter. Moins de deux minutes plus tard, elle frappait à la porte avant dentrer, sans même en avoir reçu lautorisation, dans la chambre du jeune homme.
- Akujo-san ! Le regard de Midori sempli de bonheur en voyant la femme dans sa chambre.
- Hé bien quest-ce que japprends ? Tu refuses de manger ?
Midori ne répondit pas et tendit ses bras fins et pales dans la direction de Akujo, cependant, contrairement à lhabitude, celle-ci ne sapprocha pas du lit, pas plus quelle ne fit le moindre geste tendre dans la direction de Midori. Celui-ci, déçu, tenta tout de même une tentative pour sortir de son lit, cependant, ses journées de jeûne le rappelèrent à lordre et il sécroula par terre, à genoux. Il pensait que la femme dans sa chambre allait venir laider à se relever, cependant, aucun mouvement ne se fit et lorsquil releva la tête, il ne rencontra quun regard dur de reproche.
- Tu es fâchée Akujo-san Demanda le jeune homme au bord des larmes.
- Tu penses peut-être que je nai pas de raison de lêtre ? Lui répondit-elle dun ton glacial. Cependant, malgré lair détaché quelle tentait dadopter, elle sapprocha et tendit une main en direction de Midori.
- Merci Murmura celui-ci en se relevant.
- Et maintenant, explique-toi ! Pourquoi refuses-tu de manger ?
- Je je nai pas faim
- Ben voyons Tu te fiches de moi ?
- non
- Maintenant, ça suffit ! Tu dois manger ! Pour linstant, tu as de la chance, personne ne sait que tu ne manges pas. Mais imagines ce qui se passera quand Kyoga ou son père le sauront. Tu crois peut-être quils te laisseront agir ainsi à ta guise ?
Midori eut un léger sourire que la femme ne su comment interpréter.
- Si tout pouvait sarrêter Le jeune homme pensait que Akujo navait pas entendu, cependant, la gifle magistrale quelle lui administra lui prouva le contraire.
Il recula, la joue endolorie et regarda la femme, encore plus perdu quil ne létait.
- Comment oses-tu dire de telles choses ? Tu veux mourir, cest ça ? Akujo criait et ne cherchait absolument pas à se contenir.
- Pourquoi je naurais pas le droit de penser et despérer ça ?
- Espérer ?
- Dis-moi à quoi ça sert de vivre comme ça ? Dis-moi Akujo-san ! Je veux savoir à quoi ça sert à quel genre despoir ais-je donc droit à part celui de la mort ?
- Tu nas pas le droit de dire ça Murmura la femme.
- Pourquoi ? Pourquoi je nai pas le droit ? Je ne sers à rien personne na besoin de moi.
- Ce nest pas vrai Tu
- cest vrai ce nest pas vrai je sers à faire faire des affaires aux maîtres de ces lieux je sers à assouvir les besoins sexuels dhommes, et
Une deuxième gifle le coupa et le fit tomber par terre. Cette fois-ci, Akujo ne cria pas non, cétait des larmes qui sécoulaient de ses yeux. Depuis des années que Midori connaissait la femme, il ne lavait encore jamais vu pleurer. Il se releva, sentant quil était coupable des larmes de cette femme sur qui Shû et lui avaient toujours pu sappuyer, sapprocha lentement delle avant de se blottir dans ses bras.
Celle-ci garda le garçon dans ses bras de nombreuses secondes avant de le décoller légèrement delle, de passer une main sous son menton et dainsi, lobliger à lui faire face. Les yeux dans les yeux, elle lui parla, dune voix douce et tendre, comme les mères savent en avoir pour leurs enfants, car cétait effectivement ce quelle représentait pour Midori : une mère.
- Tu nas pas le droit de penser comme ça penses-tu que Shû et moi serions heureux de ne plus tavoir ? Je suis sûre quil y a de lespoir pour toi je tai fait une promesse un jour, tu ten souviens ?
-
- Est-ce que tu ten souviens ?
- oui
- Alors, ne désespère pas, un jour, tu sortiras et tu iras loin de ses murs qui te gardent prisonnier, et je te promets que ce ne sera pas pour aller rejoindre un de ces vieux vicelards dans son lit.
Midori se réfugia une nouvelle fois dans les bras de la femme. Elle savait le rassurer et lui donner un peu despoir, cependant, il ny croyait plus vraiment.
- mais Shû Masaru-sama
Akujo fit répéter le garçon car elle navait pas tout entendu.
Fin du chapitre 4
A suivre...
[2] Otoosan = papa (en Japonais)
[3] Le prénom Akujo, signifie littéralement : « femme fatale »
Note du fin de chapitre :
ALLO ???? Quelqu'un a lu jusqu'au bout ??? Vous me faites un petit commentaire, s'il vous plait ????
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