Auteur : Naëlle
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naelle@lartisan.net

Note : Bonjour à tous ^_^ Quoi ??? Ha oui, les autres fics ! mdr !!! Je sais, je sais !!!! Mais rassurez-vous, je n’en ai oublié aucune ! Laissez moi vous expliquer le pourquoi de cette histoire ^_^ Il y a quelques mois, j’ai organisé un concours sur mon site, mais je me demandais si les contraintes et le temps impartit permettaient vraiment de faire une bonne histoire ! Et voilà, j’ai donc moi aussi « joué » ! Mais je vous rassure, il m’était impossible de gagner. Je m’étais pourtant amusé à mettre cette fic sur mon site, comme les autres, mais je l’ai finalement enlevé, avec l’intention de ne pas la faire lire. Cependant, aujourd’hui, aller savoir pourquoi, je vous la fait lire. Peut-être pour avoir votre avis. En fait, j’ai l’impression que les personnes fréquentant mon site sont incapable d’apprécier autre chose que le yaoi… alors on va voir, ce que vous en pensez, car, même si j’ai toujours le même style dans cette histoire, elle n’est pas yaoi ! Certains personnages peuvent avoir des tendances (ou être) homosexuelles, cependant, ce n’est pas le but de l’histoire !
Si vous trouvez que l’histoire est un peu lente à démarrer, c’est sans doute normal, car elle compte plus d’une centaine de page au total. Mais je pense que le premier chapitre donne déjà un petit aperçu de comment sera la fic ^_^

Je vous souhaite à tous une bonne lecture !!!!!

PS : pour ceux qui connaîtrait les règles du concours, le thème qui avait été pris était le suivant : « 10 ans plus tard, il/elle/ils reçoit/reçoivent un télégramme. Quelques mots pour faire ressurgir le passé. Qui du passé ou du présent l'emportera » (mais bon, on s’en fout complètement, c’était juste une petite précision comme ça).

 

 

Le retour du passé.
(si quelqu’un a une meilleure idée pour le titre, je suis preneuse)

 

 

*** Chapitre 1 ***

 

 

- MASSSSSSAAAAAAAAAAAAA !!!!!!!!!!!! Dans mon bureau et qu’ça saute !!!!!!

Ledit Masa se leva précipitamment de son fauteuil et fit, par son geste brusque, tomber toute une pile de dossier de son bureau. Se fut le déclenchement d’un éclat de rire général alors que l’homme rejoignait rapidement le bureau de son patron, rouge de honte.

- J’ai failli attendre !
Lui signala un homme d’âge mûr avant de s’installer confortablement dans son siège en cuir.

- Je suis désolé, lui répondit le plus jeune, sans pour autant baisser les yeux.

- Bien, venons-en au fait ! J’exige des explications !

Le plus âgé, Georges Méridien, jeta un journal sur le bureau. Sur celui-ci, on pouvait lire : ‘Ventes ou escroqueries ?’.

- Que voulez-vous que je vous explique chef ? Tout est écrit dans l’article. Nous avons essayé d’en dire un maximum et…

- Ca suffit !

Masa se recula légèrement, face à la colère de son supérieur.

- Mais patron…
Il fallait qu’il se justifie !

- Je ne veux entendre aucune excuse !

- Chef, ce que nous disons dans cet article est vrai ! Nous n’avons rien falsifier et avons toujours cherché à être le plus impartial possible, et…

- Masa, reprit Georges un peu plus calmement. Le problème n’est pas l’article en lui-même.

- Ha ?

- Non, ce n’est pas ça… le problème est que dans cet article, vous mettez en cause bon nombre de personnes haut placées !

- Mais…

- Demain, je veux voir un article leur passant un peu plus de pommade et les caressants dans le sens des poils, c’est clair ?

- Vous nous demandez de refaire notre article ?

- Non, je veux juste que vous le rendiez moins virulent !

Masa n’avait aucune envie de faire ce qu’on lui demandait, cependant, il abdiqua et s’apprêtait à sortir du bureau lorsque la voix forte et grave de son patron se fit de nouveau entendre.

- Vous savez mon p’tit, ce qui a été écrit dans l’édition parut ce matin a quand même été lu.

Un sourire plus tard et Masa sortait bel et bien du bureau. Il retourna dans le sien et expliqua à ses collègues rapidement la situation, avant qu’ils se mettent à rédiger un article moins ‘virulent’ à l’encontre de certaines personnes.

Ce supplément de travail avait retenu l’homme beaucoup plus tard que ce qu’il aurait pensé. Lui qui avait prévu d’aider Justine à cuisiner… lorsqu’il arriverait, tout serait déjà prêt, c’était sûr. Un sourire apparu sur ses lèvres à la simple pensée de revoir la jeune femme. Il prit sa veste dans l’entrée et sortit du bâtiment dans lequel il travaillait. Sans réellement savoir pourquoi, il se retourna et regarda l’enseigne lumineuse de la rédaction du journal. Le « Méridien Times » ! D’après Georges, cela faisait très chic d’avoir rajouté ‘times’ derrière son propre nom de famille. Masa se mit à rire silencieusement en pensant à l’homme qui l’avait engagé neuf ans plus tôt. Cet homme avait l’air bourru et peu aimable, mais quand on le connaissait un peu, on comprenait que nombreuses étaient les embûches qu’il pouvait rencontrer, en tant que patron d’un petit journal. De plus, malgré ses colères monumentales, tous ses journalistes, que se soient des ‘grattes papiers’ ou des ‘hommes de terrains’, savaient qu’ils pourraient toujours compter sur lui.

 

~ ~ ~ ~ ~

 

Près d’une demi heure plus tard, Masa arriva devant une maison, un énorme bouquet de fleurs à la main. Il sonna et attendit qu’on vienne lui ouvrir.

Une jeune fille blonde de 16 ans  arriva en courant afin de déverrouiller la porte d’entrée.

- Bonsoir, lui dit-elle avec un sourire radieux.

- Bonsoir Solange. Comment vas-tu ?

- Très bien ! On est allée faire des courses tout à l’heure et j’en ai profité pour me ravitailler !
Répondit-elle, un grand sourire aux lèvres, avant de brandir un manga devant les yeux de Masa.

- Ha oui, c’est vrai… ta… drogue !

Tous deux se mirent à rire durant plusieurs secondes, et ce n’est qu’à l’arrivée de Justine qu’ils se calmèrent.

- Tu arrives tard, reprocha-t-elle à l’homme en train de s’amuser avec sa petite sœur.

- Oui, je sais, désolée, mais nous avons eu un article supplémentaire à rédiger. Excuse-moi, rajouta-t-il en se rapprochant de la jeune femme. Il lui fit ensuite la bise avant de lui tendre le bouquet.

Solange les regarda quelques secondes puis décida de retourner à des occupations bien plus intéressantes, à savoir, finir l’un des nouveaux manga que l’une de ses amies venait de lui faire découvrir.

- Je mets la table ?
Proposa aimablement Masa.

Un hochement de tête lui répondit et il partit sortir tout ce dont ils allaient avoir besoin dans l’un des grands placards de la salle à manger.

Justine le détailla longuement ce soir là. Comme si elle ne voulait jamais oublier l’image de cet homme. Un sentiment étrange l’oppressait depuis le matin et elle ne pouvait se l’expliquer, cependant, il lui semblait bien que Masa en soit à l’origine. Elle avait toujours été attirée par les asiatiques, elle le reconnaissait sans aucune pudeur, cependant, lui était très particulier. Physiquement, il était beau, oui, elle devait bien le dire, il était même très beau. Des cheveux noirs comme le jais, des yeux marron clair qui tranchait avec beaucoup d’harmonie avec sa frange et ses sourcils. Sourcils qu’il avait d’ailleurs plutôt fins pour un homme. Ses cheveux toujours un peu en bataille le soir lui apportait beaucoup de charme. Quand à son corps, elle se demandait souvent pourquoi il était journaliste et pas mannequin. Justine le trouvait absolument parfait ! De plus, son teint légèrement mat lui plaisait de plus en plus.

- Qu’est-ce qu’il y a ?

Masa venait de se retourner et lui adressa l’un de ses habituels sourires qui auraient fait craquer n’importe qui.

- Rien, rien, lui répondit-elle rapidement avant de fuir dans la cuisine, plus rouge que jamais.

Masa, toujours les assiettes à la main la regarda s’éloigner sans dire un mot.

Il avait l’impression que son hôtesse embellissait de jour en jour. Aussi blanche que de la porcelaine, il aimait par-dessus tout : ses cheveux blonds cendrés. Depuis qu’il la connaissait, elle avait souvent changé de coupe de cheveux mais celle qu’elle avait en ce moment était sans conteste sa préférée à lui. Ses mèches, légèrement ondulés lui tombaient dans le dos sans qu’aucun artifice ne les retienne. En fait, c’était surtout cela qu’il aimait depuis le début chez elle, cette absence d’artifice !

- Mais c’est dingue ! Ils sont tous pédé dans ton pays ?

De surprise, Masa aurait sans doute lâché les assiettes s’il n’avait pas eu d’aussi bons réflexes.

- Qu… quoi ?

- Regarde !

L’adolescente lui tendit le manga qu’elle lisait. Effectivement, il devait bien reconnaître que les deux garçons sur la planche qu’elle lui indiquait n’avaient pas l’air d’être juste de ‘bons amis’.

- Tu sais, ce sont des choses qui arrivent, essaya-t-il d’expliquer à la jeune fille.

- Ouais, ça, j’avais bien remarqué ! Mais je trouve que ça arrive un peu trop dans les manga… est-ce qu’ils sont comme ça dans ton pays ?

- Je… je ne pense pas… je ne sais pas… il y a si longtemps que je suis partis… je…

- Ca va, ça va… n’empêche… s’ils sont tous aussi mignons que ça, je crois que je préfère ne jamais aller au Japon.

- Pourquoi ça ?

- Ben, imagine un beau jeune homme comme ça - elle pointait le doigt vers l’un des personnages de son manga - et qu’il me fait : ‘désolé, je n’aime pas les filles’… Rhaaa… Ca doit vraiment te foutre la rage !!!!

Masa se mit à rire une nouvelle fois en tentant d’imaginer la scène. La jeune fille décida alors de le taquiner encore un peu :

- Et tu imagines, une belle femme comme ma sœur qui te dirait ‘Désolée mon cher Masa, je n’aime que les filles’.

- Qui aime les filles ?

Justine venait d’entrer dans le salon, un plat fumant à la main. En la voyant arriver, Solange éclata de rire avant de se rouler dans tous les sens sur le divan tant elle trouvait la situation drôle.

- Qu’est-ce qu’elle a ?
Demanda la femme à son ami.

- Rien, je crois que se sont ses mangas qui la mettent dans cet état.

Un échange de sourire complice plus tard et tous deux partirent chercher le reste des plats dans la cuisine.

La jeune femme allait prendre des couverts de service, lorsque son ami s’approcha un peu plus d’elle. C’était la première fois depuis cinq ans qu’ils se connaissaient qu’il allait enfin oser lui murmurer les mots qu’il aurait dû lui dire depuis si longtemps.

- Masa ?

L’homme la détailla d’un regard intense qu’elle ne lui avait encore jamais vu. Elle était vraiment très, très belle. Mais elle n’était pas que cela. Elle était aussi la gardienne de son cœur et la libératrice de ses cauchemars. Elle était tout pour lui. Les prunelles bleues se noyaient dans les marrons la fixant. Certains moments étaient magiques et celui-ci faisait partie de ces instants qu’on voudrait ne jamais se voir s’arrêter. Cependant, Masa rompit le charme et se rapprocha encore un peu de cette femme qui, par un sourire avait volé son cœur, un après-midi de pluie. Elle avait encore l’air d’une adolescente, pourtant, elle n’avait que deux ans de moins que lui : elle venait d’avoir 33 ans.

- Justine…

La voix de Masa était mal assurée et sa main, qu’il tendait vers elle, n’avait jamais été aussi hésitante. Pourtant, elle atteignit son but et glissa entre les mèches blondes de la jeune femme.

- Masa… je…

- … non… moi d’abord…

- ???

- … Je… je t’aime Justine.

Ca y était, c’était dit. Il avait enfin réussi à dire ce que son cœur lui dictait depuis des années. A présent, les quelques secondes de silence qui se firent étaient les plus torturantes qu’il ait eu à vivre durant les dix dernières années, il en était sûr.

Justine aurait sauté de joie si la surprise ne l’avait pas stoppé. Masa, ‘son’ Masa venait de lui dire ce qu’elle rêvait d’entendre depuis si longtemps. Cependant, elle avait finit par se faire à cet amour platonique, le voir quasiment tous les soirs, mais sans un mot ou geste qu’elle aurait pu qualifier de ‘tendre’, pourtant, chacune de ses attitudes étaient en fait empreint d’une tendresse toute particulière lorsqu’il les lui adressait.

Soudain, un voile de peur apparut dans le regard de son vis-à-vis et elle comprit enfin qu’il attendait très certainement une réponse de sa part, aussi, s’empressa-t-elle de lui répondre, un sourire remplit d’amour :

- Moi aussi.

Pour la première fois, ils allaient s’embrasser et qui sait, peut-être finiraient-ils la nuit ensemble, cependant, il en avait visiblement été décidé autrement.

- Maman ! Vous faites qu…oi… ? Oups… Je crois que j’ai interrompu quelque chose…

Solange repartit aussitôt dans le salon, gênée d’avoir vu sa sœur et Masa aussi proche l’un de l’autre. Ils risquaient de lui en vouloir. Cependant, elle fut rapidement rassurée, en les voyant arriver, l’air plus radieux que jamais, et qu’ils lui dirent gentiment de venir manger.

Une fois installé, Masa ne pu s’empêcher de sourire en se demandant si la sœur de Justine avait l’intension de l’appeler ‘papa’. En effet, l’adolescente, dix-sept ans plus jeune que sa sœur, avait pris l’habitude d’appeler son aînée « maman ». Justine lui avait raconté au début de leur rencontre que leur mère était morte en donnant naissance à celle qu’elle appelait ‘son trésor’ et que leur père s’était laissé consumer de par le chagrin d’avoir perdu son épouse. C’est ainsi qu’à 17 ans et demi, Justine s’était retrouvé seule au monde avec sa petite sœur, cependant, elle avait expliqué à son ami que cela n’avait pas été si dur que ça. Le plus difficile avait sans doute été pour Solange qui n’avait plus de parents et qui n’en avait jamais eu, mais elle avait elle-même palier à ce manque, car un soir, à trois ans, alors que Justine était allée la chercher à l’école, la petite fille s’était jetée dans ses bras en l’appelant ‘maman’ et depuis, elle n’avait pas changé et ne disait que très rarement ‘ma sœur’ en parlant de la jeune femme, préférant le : ‘ma mère’.

- On peut savoir pourquoi tu souris bêtement comme ça ?

Masa fut rappelé à l’ordre par l’adolescente et se contenta de sourire en guise de réponse.

- Maman, tu vas épouser un attardé mental !

- Solange !!!!!

Masa et la jeune fille se mirent une nouvelle fois à rire devant l’air scandalisé que venait d’adopter Justine uniquement parce que sa sœur manquait un peu trop de respect vis-à-vis de Masa.

 

~ ~ ~ ~ ~

 

Alors qu’il allait partir, Masa revint vers l’élue de son cœur et s’arrêta sur le perron sur lequel elle restait toujours en attendant qu’il ait traversé les deux rues qui les séparaient lui et elle… bientôt, avait-elle pensé ce soir là, bientôt, il resterait même la nuit.

- Tu as oublié quelque chose ?
Demanda la jeune femme en voyant son ami revenir.

- Oui, enfin… non… mais…

- ?

L’homme, se sentant ridicule, décida de mettre un terme à sa propre bêtise. Aussi, se pencha-t-il légèrement vers Justine, ferma les yeux et colla ses lèvres contre celles de Justine. Ce n’était pas vraiment le genre de baiser qu’échangeaient les amoureux, celui-ci était d’une chasteté presque alarmante. Cependant, pour ce soir, ils s’en contenteraient tous les deux.

C’est en rougissant que Masa reprit vite le chemin de chez lui et que Justine rentra chez elle.

- C’est ce que j’appelle une sacrée paire de nouille !

Solange, qui fermait ses volets lorsque Masa était revenu sur ses pas n’avait pu s’empêcher de les observer. Elle les trouvait mignons tous les deux, mais quelque peu risibles.

- Si ça se trouve, ils sont vierges tous les deux !!!

Très fière de ses propres conclusions, elle se mit de nouveau à rire avant de prendre un autre manga et de s’installer confortablement dans son lit. Elle le savait, dans moins d’une demi heure, Justine viendrait pour éteindre sa lumière.

 

~ ~ ~ ~ ~

 

Seul dans son lit, Masa réfléchit à ce qu’il pourrait faire pour rendre sa demande en mariage inoubliable. Cela aura pu sembler idiot, mais il avait envie que tout soit absolument parfait. Et pour le voyage de noces, il faudrait qu’il pense à demander des congés pendant une période de vacances scolaire, vu que Justine était enseignante. Il avait tant de projet d’avenir. Il avait surtout envie de sentir Justine contre lui. De la serrer dans ses bras, de l’embrasser… mais il aurait bien le temps pour tout ça, il ne s’en faisait pas trop.

S’il avait su… s’il avait su que le lendemain, tout serait différent…

 

~ ~ ~ ~ ~

 

Alors qu’il se coiffait, Masa entendit la sonnette de son appartement retentir. Il se précipita pour aller ouvrir, car depuis six ans qu’il habitait là, il n’avait encore jamais réussi à se faire à cette monstruosité qui l’agressait à chaque fois que quelqu’un voulait le voir.

- Bonjour, dit-il en souriant au facteur qui venait de sonner.

- Bonjour Mayowasu-san, lui répondit le jeune homme.

Le jeune facteur avait quelque notion de Japonais, et même s’il ne voulait pas se ridiculiser en employant des mots dans la langue de l’homme face à lui, il n’omettait jamais le ‘san’ lorsqu’il s’adressait à cet étranger qu’il trouvait d’une gentillesse extrême.

Masa se mit à rire mais stoppa net dans son éclat lorsqu’il vu ce qui lui était destiné. Cependant, il demanda confirmation :

- C’est pour moi ?

- Il semblerait bien. Vous pouvez signer ici ?

Tel un automate l’homme signa le papier qu’on lui présentait.

- Mayowasu-san ? Ca ne va pas ? Vous êtes tout pâle…

- Ce… ce n’est rien… Merci…

Masa regarda le télégramme qui lui était sans l’ombre d’un doute adressé :

« Venons te chercher ». Trois petits mots qui allaient faire basculer sa vie… sa vie qu’il avait construit si durement durant ces dix dernières années. Comment cet assemblage de trois termes anodins pouvaient-ils faire ressurgir autant d’horreur ?

Il fallait qu’il prévienne le journal… oui, appeler son patron pour lui expliquer la situation… non, d’abord appeler Justine pour la prévenir… ou alors…

Il ne savait plus, plus rien n’allait et il ne savait pas comment gérer cette angoisse qui venait de le prendre. Soudain, la sonnette l’agressa, pour la deuxième fois de la matinée et lorsqu’il ouvrit, il comprit que se serait la dernière fois qu’elle le ferait.

- Konnichiwa Masaru-sama. [1]

Deux hommes s’inclinèrent respectueusement devant Masa. Ce dernier resta impassible et retourna calmement à l’intérieur de l’appartement qu’il occupait avant de prendre une valise, de sortir quelques vêtements et d’en remplir son bagage. Ceci étant fait, il chercha des yeux son médaillon… celui là même qu’il n’avait jamais quitté, pas même en s’installant dans ce beau pays que sans doute, il ne reverrait plus jamais.

Juste avant de sortir, il jeta un dernier regard sur cet appartement qu’il avait lui-même meublé… tous ces efforts pour rien… tout ce temps passé à se construire soi-même… mais le passé était le plus fort et nul ne pouvait y échapper !

 

~ ~ ~ ~ ~

 

Le bruit abasourdissant de sons divers à l’intérieur de l’aéroport contrastait avec le silence qui avait régné durant les deux heures précédentes. Heures pendant lesquelles Masa s’était retrouvé dans un taxi avec les deux hommes venus le chercher.

Masa était habitué à ce genre de lieu. Il était en effet des plus courant que les journalistes accueillent les personnalités à la descente même de l’avion. Cependant, si en temps normal, il sentait une sorte de bonheur s’emparer de lui à chaque nouvelle interview, ce jour là lui sembla être le plus triste de toute sa vie.

 

~ ~ ~ ~ ~

 

- … et n’oublie pas de bien visser le robinet de la cuisine, il fuit !

- Oui maman.

- Pour les repas, je t’ai laissé l’argent…

- Dans le tiroir de la commode de la cuisine, je sais ! Tu me l’as déjà dit au moins cinq fois !

- Mais Greg, tu es tellement tête en l’air que j’ai peur que tu ne t’en sortes pas tout seul.

- Maman…
Soupira le Greg en question.

- Allons ma chérie, l’avion ne va pas nous attendre pour décoller. Allons-y !

Les parents de Grégory embrassèrent une nouvelle fois leur fils et saluèrent Sylvain avant de commencer à s’éloigner lorsque la mère revint sur ses pas.

- Et personne à la maison ! Je ne suis d’accord que pour Solange, c’est clair ?

- Heu… oui, très… mais…

- Pas de filles pour faire n’importe quoi et pas de garçons pour faire la fête !

- Ne t’inquiète pas, je ne ferais rien de tout ça.

Gregory rassura sa mère d’un sourire et celle-ci partit enfin, entraînée par son mari.

Les deux amis regardèrent le couple s’éloigner avant que Sylvain ne rompe le silence :

- On rentre tout de suite ou on va s’acheter un truc à boire ?

- Je préfèrerai que tu me raccompagnes tout de suite.

- Ok, allons-y !

Grégory suivait son ami vers la sortie, lorsque son regard fut attiré par la vision d’une personne qu’il avait déjà souvent vue. Au loin, il lui semblait qu’il voyait Masa. Celui-ci était entouré de deux hommes en costar cravate. Il sourit en pensant qu’avec ce genre de vêtement, ils avaient l’air de Yakuza, comme il avait pu en voir dans les manga ou films japonais que lui avait montrés Solange.

- Hé ! Grég ! Dépêches !

- Oui, j’arrive !

L’adolescent se pressa pour rejoindre son ami, cependant, il jeta tout de même un dernier regard dans l’autre direction et vit vaguement la destination vers laquelle se rendaient les trois hommes.

- Ben alors ?

Sylvain n’avait pas l’air ravi d’avoir dû attendre son ami.

- Désolé, mais j’ai cru reconnaître Masa dans l’aéroport.

- Masa ? Le copain de Justine ?

- Ouais.

- Il doit avoir une interview à faire, c’est pour ça.

- Oui… peut-être…

Grégory suivit son ami vers la voiture et avant de monter, il se retourna encore une fois vers l’aéroport. Il aurait peut-être dû y retourner pour savoir si c’était vraiment Masa… mais après tout, même si c’était lui, Sylvain devait certainement avoir raison. Il n’avait aucune raison de s’inquiéter.

 

~ ~ ~ ~ ~

 

- Solange ?

- Hum ?

L’adolescente releva les yeux de son cahier d’exercices.

- Tu fais quelque chose ce soir ?

- Mouais… j’pense que Masa va venir manger à la maison.

- Encore ? Mais il est déjà venu hier.

- Ha oui, je ne t’ai pas raconté !

La jeune fille se leva de sa chaise et vint rejoindre Grégory, son meilleur ami, sur son lit afin de lui raconter le nouveau tournant que venait visiblement de prendre l’histoire d’amour entre sa sœur et Masa. Tout en l’écoutant, l’adolescent se demandait s’il devait oui ou non lui parlait du fait qu’il avait cru voir Masa à l’aéroport ; cependant, il décida de ne rien dire. Après tout, il avait très certainement confondu.

 

~ ~ ~ ~ ~

 

Grégory couru à la porte d’entrée en entendant la sonnerie persistante.

- Solange ?

La jeune fille venait sans aucun doute de passer des heures sous cette pluie qui ne discontinuait pas depuis ce samedi matin.

- Je peux passer la nuit chez toi ? Demanda la jeune fille transie.

- Mais bien sûr, lui répondit son ami en se poussant afin de la laisser passer.

La jeune fille se dirigea dans la salle de bain, se fit couler un bain avant de se déshabiller et d’entrer dedans.

Près d’une demi heure plus tard, elle entra dans la cuisine où se trouvait son meilleur ami, lavé, séché et habillé avec des vêtements qu’elle était allée prendre dans l’armoire de Grégory.

- Ca va mieux ?

- … oui…

L’adolescente se rapprocha de son ami avant de se serer dans ses bras. Pour une fois, c’était lui qui allait devoir la consoler.

- Que se passe-t-il ?
Lui demanda-t-il plusieurs minutes plus tard.

- Masa n’est pas revenu…
Répondit-elle en se dégageant un peu.

- Quoi ?

- Tu sais, le vendredi de la semaine dernière, il devait venir à la maison…

- Oui, oui, je me souviens. C’est d’ailleurs pour ça que tu n’étais pas resté.

- Hé bien depuis, il n’a pas donné signe de vie. Maman est allée je ne sais pas combien de fois sonner chez lui, mais sans résultat… elle a même été à son bureau, mais personne ne sait où il est…

- Mais… il n’avait pas l’air bizarre la dernière fois que vous l’avez vu ?

- Non, pas du tout.

Des larmes chaudes se mirent à couler le long des joues de la jeune fille. Son ami la repris dans les bras et la berça un long moment en attendant qu’elle se calme.

- Je… suis très inquiète…
Sanglota l’adolescente.

- Je sais, je sais… chuuuut… ça va aller…

- Et… et en plus… maman passe ses nerfs sur moi… je n’arrive plus à le supporter…

- Calme-toi ma Solange… tu peux rester ici le temps que ça se calme… ne pleure plus…

L’adolescente finit par se calmer dans les bras de son ami et consentit à s’allonger un peu en attendant qu’il finisse de préparer quelque chose à manger. Cependant, elle s’endormit. Dans ses rêves, Masa était en train de dîner avec sa sœur et elle, lorsque soudain, tout autour d’elle devenait trouble et qu’il disparaissait dans un nuage de fumée en leur souriant comme à son habitude.

 

~ ~ ~ ~ ~

Samedi de la semaine précédente

 

Très tôt dans la matinée, Masa et les deux hommes étant venus le chercher, arrivèrent enfin devant cette immense demeure qu’avait fuit l’homme plusieurs années auparavant. Masa regarda l’allée fleurie et avala difficilement sa salive. A partir de cet instant précis, tous ses gestes seraient épiés et interprété, il le savait. Cependant, il ne s’en souciait pas vraiment, après tout, il était évident qu’on ne l’avait ramené ici que dans le seul et unique but de lui faire payer sa ‘trahison’ en l’exécutant.

Masa avança, toujours entouré des deux hommes, aussi silencieux que des ombres. A l’intérieur de la demeure, il vit des tableaux de grands maîtres français que son père affectionnait tant. Non, en fait, son père idolâtrait la France et ce n’était pas difficile à voir, rien qu’en entrant chez lui. De tout façon, ce n’était pas pour rien que tout le monde chez lui devait s’appliquer à parler français. Masa avançait toujours, regardant à droite et à gauche, tout lui rappelant ce beau pays qui avait été sa terre d’asile durant ses années de fuite… pourquoi avait-il donc choisi la France, alors qu’il voulait fuir tout ce qui lui rappelait cet endroit ? Soudain, un homme sortit d’une pièce, le bouscula avant de le toiser du regard. Masa ne baissa pas un seul instant les yeux et fit front face à son vis-à-vis. Ce dernier se détourna plusieurs secondes plus tard et fit signe à trois hommes de l’accompagner. Masa le regarda s’éloigner et murmura pour lui-même :

- Kyoga…

Personne n’avait entendu et c’était tant mieux !

Après plusieurs minutes de marche dans l’immense bâtiment, l’un des deux hommes n’ayant toujours pas quitté Masa frappa à une porte avant qu’un « entrez ! » fort et clair ne les incite à pousser la porte.

Une fois à l’intérieur, un homme d’une carrure relativement grande pour un japonais et surtout imposant un charisme indéniable face à tous ceux qui l’approchaient, se leva. Cet homme, de plus de soixante ans était craint par tous ceux ‘travaillant’ sous ses ordres, et bien sûr, Masa ne faisait pas exception à la règle, d’autant plus que cet homme était son père !

Cependant, malgré son malaise grandissant, Masa ne laissa rien transparaître de ses émotions et resta de marbre, même lorsque son père fit sortir tout le monde.

- Je suis heureux de te revoir, annonça alors le plus âgé en s’approchant de son fils.

Masa ne répondit pas et se contenta de le fixer sans que l’homme ne puisse savoir à quoi son fils pensait. Cependant, il reprit :

- Ta trahison nous a fait beaucoup de tort et elle m’a apporté beaucoup de chagrin… tu te rends compte, tu m’as abandonné, moi, ton propre père !

- …

- Masaru ! Dis quelque chose ! Tu as perdu l’usage de la parole durant ton séjour en France ?

Masa ne répondit toujours pas et se contenta de serrer les poings lorsqu’il sentit dans sa main droite une surface dure et arrondit. Son père baissa les yeux au même instant vers sa main et un sourire apparu sur son visage.

- Tu l’avais donc emmené… le médaillon de ta mère.

- …

- As tu découvert son mécanisme ?

- …

- Tu as décidé de ne plus dire un mot ? Soit, si c’est ce que tu veux. Cependant, saches bien une chose ! Si je t’ai laissé libre de tes mouvements autrefois, ce temps est révolu ! A partir de maintenant, tu seras sans cesse surveillé, même lorsque tu partiras en mission !

- …

- Tu peux disposer !

Sans un mot, Masa sortit de la pièce et fut aussitôt rejoint par les deux hommes l’attendant à la porte. Ceux-ci le conduisirent dans une chambre aménagée où tout le confort dont il aurait besoin serait mis à sa disposition.

- Reposez-vous bien, lui dit alors l’un des deux hommes avant de le laisser seul dans cette chambre inconnue.

Masa fit quelque pas dans la pièce tout en pensant que celle-ci aurait pu appartenir à n’importe qui tant elle était impersonnelle. Soudain, il s’arrêta. En fait, c’était plutôt la chambre de personne. Cette chambre ne trahissait aucune présence, aucune intimité et surtout, aucune vie. Elle ressemblait à celle qu’il avait eu à partir de ses 15 ans… une chambre vide de toute émotion.

L’homme s’arrêta près du lit et s’y allongea. Il fallait qu’il réfléchisse à tout ce qui venait de lui arriver. Il sera contre lui le médaillon qu’il n’avait toujours pas lâché et autorisa enfin ses lèvres à laisser s’échapper le prénom de la personne à qui il ne cessait de penser depuis le matin précédent : « Justine… »

 

 

Fin du premier chapitre

A suivre…

 

 

[1] Konnichiwa Masaru-sama => bonjour Maître Masaru (c’est comme ça que l’on pourrait traduire ce qui est dit)

 

 

Note de fin de chapitre : Dans le prochain chapitre, nous verrons dans quel état cette ‘disparition’ de Masa a laissé Justine et Solange. Nous rencontrerons aussi deux autres personnages qui seront très importants pour Masa. Et pour finir, Dave et sa charmante meilleure amie : Melinda, feront leur entrée en scène (j’aime beaucoup Méli ! lol).

A très bientôt donc, pour le prochain chapitre !!!!

Et n’oubliez pas de me dire ce que vous avez pensé de mon histoire. J’attends avec impatience vos commentaires ^_^

Naëlle

 

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