Auteur : Naëlle
Mail : naelle@lartisan.netSUPPRIMEZ LA PARTIE EN MAJUSCULE
Titre : Gwenn, entre espoir et sacrifice.
Genre : Drame/famille/amitié et un soupçon de romance

 

Note : Contente de voir que cette histoire plait à quelques personnes. N'hésitez pas à continuer à me faire part de vos impressions.
Bonne lecture.

 

Gwenn, entre espoir et sacrifice

 

* Chapitre 03 : Constance *

 

 

A moitié rassuré, Léandre desserra son étreinte mais resta près de l’autre.

- Quand nous étions enfant, je t’ai fait une promesse : celle de toujours te protéger.

- …

- Aujourd’hui, je te refais la même promesse et en même temps, je te promets de tout faire pour que sois heureux.

- … je… c’est… très gentil, dit simplement Gwenn avec un sourire reconnaissant.

A quelques mètres, alors que Robin s’apprêtait à aller voir Gwenn, il s’arrêta et fit demi-tour. Dans l’un des couloirs, il vit un adolescent arrêté.

- Ca fait longtemps qu’on ne s’est pas vu, dit simplement le jeune homme s’étant enfuit huit ans auparavant.

L’autre se contenta de le regarder sans dire un mot.

- Ca fait une semaine que Gwenn est rentré, pourquoi ne vas-tu pas le voir ?

Aucune réponse ne se fit entendre et Robin s’apprêtait à reprendre sa route lorsqu’il rajouta :

- Si nous ne t’avons ni emmené, ni même parlé de notre projet de partir, c’est simplement parce que nous savions que tu en parlerais aux adultes.

- …

- C’est ce que tu voulais savoir, n’est-ce pas ? Je n’ai même pas eu besoin de lire dans tes pensées pour le comprendre.

- …

- Je vois que tu es resté le même et que tu refuses de parler.

L’adolescent se contenta de fixer Robin et prit le chemin des appartements de Gwenn. Cependant, comme c’était le cas depuis plusieurs jours, une fois devant la porte, il se sentait comme paralysé et renonçait à aller plus loin. Avec un léger soupire, il repartit. Pourtant, chaque nuit, il attendait le matin, se disant qu’il irait le voir dès le lendemain matin.

 

%%%%

 

Ce soir-là, comme les précédents, Léandre s’installa dans le lit de Vladimir. Ce dernier ne tarda pas à le rejoindre et tout en éteignant la lumière, il lui demanda :

- Comment ça s’est passé avec Gwenn ? Tu ne m’as rien dit. Il devait être heureux de te revoir, non ?

- …

- Léandre ?

- En fait… ce qu’il y a de terrible, c’est que j’ai retrouvé la même personne que j’ai quittée il y a huit ans…

- Léandre…

- Quand j’étais avec lui tout à l’heure, j’ai pensé : « il n’a pas changé du tout » et là, j’ai réalisé que c’était assez horrible. Il a exactement le même regard triste et résigné que lorsqu’il était enfant et en même temps, le même sourire et la même façon de dire « tout va bien »…

- …

- Finalement, rien n’a changé et nous en sommes au même point qu’il y a plusieurs années.

- …

- … enfin… il y a quand même une différence…

- Laquelle ?

- C’est qu’il y a huit ans, je n’avais pas un ami comme toi.

- C’est gentil, dit Vladimir avec un sourire.

- C’est la vérité et je suis vraiment heureux de t’avoir et que tu sois là avec moi.

Terminant là leur conversation, les adolescents s’endormirent rapidement.

Dans la chambre d’à côté, Constance s’endormait aussi, serrant dans sa main son téléphone portable.

Un peu plus loin, Victor était assis sur une chaise dans sa chambre, un cadre à photo à la main. Le sourire de la fille que lui renvoyait la photo lui faisait du mal, mais en même temps, il ne pouvait pas s’en passer.

Emma et Robin discutaient en jouant à un jeu de société. Nul doute qu’ils allaient finir par s’endormir alors même que ni leur discussion ni leur jeu ne seraient finis.

Gwenn, de son côté regardait les étoiles par la fenêtre. Sans doute que celle pour qui il acceptait cette captivité faisait la même chose en pensant à lui. Cette pensée lui arracha un sourire et il alla se coucher. Installé sous la couette moelleuse, il s’apprêtait à s’endormir lorsque quelques coups furent frappés à sa porte. Il commença par penser qu’il allait faire comme s’il n’avait pas entendu, ce qui aurait d’ailleurs certainement été le cas s’il avait fermé les portes du salon et de la chambre. Il referma donc les yeux et s’apprêtait à s’endormir lorsqu’il changea d’avis et se leva. Se doutant que la personne ne devait plus être à la porte vu les vingt minutes qui séparaient son arrivée devant celle-ci et les coups frappés. Il ouvrit cependant. Un adolescent, que Gwenn n’avait jamais vu, se tenait droit devant la porte. Surpris, il s’apprêtait à lui demander ce qu’il voulait, mais ce fut l’autre qui parla :

- Tu dormais ? Je t’ai réveillé ?

- Je venais de me coucher.

- Je suis… désolé… mais ça fait plusieurs jours que… plusieurs jours que…
Le jeune homme semblait chercher ses mots et bien malgré lui, Gwenn eut un sourire amusé.

- Entre, dit-il cependant, cherchant à comprendre qui était ce garçon. Il semblait avoir son âge, aussi, il était peu probable que ce soit le dénommé Victor dont lui avait parlé Robin. Mais alors, il n’avait aucun moyen de savoir quoique ce soit sur celui qui venait de faire quelques pas. Il avait d’ailleurs l’air beaucoup plus timide et réservé qu’Emma, Robin ou même Léandre.

- Tu voulais me dire quelque chose ?
Demanda Gwenn, plusieurs minutes plus tard, en étouffant un bâillement.

- N… non… je voulais juste… je voulais juste… te… je voulais juste te… revoir, répondit l’adolescent en baissant le regard.

- …

- Tu… tu m’as manqué, reprit le garçon en relevant les yeux vers Gwenn.

Celui à qui s’adressait ses mots se demanda ce qu’il pouvait bien répondre à cela. Mais finalement, après quelques secondes de réflexion, il fit la même chose qu’avec Léandre et se contenta de sourire.

- Je… je vais te laisser… dormir, dit l’autre garçon en repartant.

« Les gens d’ici sont bien singulier », songea Gwenn, une fois seul. Etouffant un nouveau bâillement, il regagna son lit et s’endormit presque aussitôt.

Le lendemain, lorsque Robin vint lui rendre visite, Gwenn en profita pour lui parler de la visite qu’il avait reçue la veille.

- Hum… je pense c’était Aloïs.

- « Aloïs » ?

- Oui… d’ailleurs, ça me surprend qu’il ait eu le courage de venir… tu te souviens de lui ?

- Non, pas du tout, répondit l’adolescent.

- C’est quelqu’un de très étrange. Tu devrais éviter de trop lui parler.

Gwenn eut presque envie de rire. Le jeune homme avec lui se rendait-il compte de ce qu’il venait de dire ? Parler d’ « étrangeté » lorsque soi-même on possède le pouvoir de lire dans les pensées, c’était dans un certain sens, très amusant.

Robin resta près d’une heure avec Gwenn, puis, Emma vint et elle resta elle aussi un long moment. Parlant de tout et de rien, elle riait beaucoup et posait souvent un regard tendre sur l’adolescent. Durant ce temps, Gwenn en oubliait presque où il était. Mais lorsqu’il se retrouva seul, la solitude commença à lui peser. Cela faisait à présent plusieurs jours qu’il était arrivé, mais il avait tout de même du mal à s’habituer. Pourtant, la routine lui apportait un peu de réconfort. Il savait par exemple qu’à très exactement 19h15, son dîner lui serait amené par une servante du nom de Fabienne.

Pourtant, ce soir-là, il ne devait pas la voir. A la place, ce fut Vincent, l’air toujours aussi austère, qui vient lui apporter de quoi manger.

- Bonsoir, dit simplement l’homme en entrant, tout en poussant un chariot.

- Bonsoir, répondit simplement l’adolescent.

Vincent installa les affaires sur la table et attendit quelques minutes avant de reprendre la parole :

- Je sais que vos parents vous ont interdit de partir, cependant, vous n’êtes pas consigné dans vos appartements.

- Pardon ?

- Tant que vous ne quittez par le domaine, vous pouvez sortir. Si vous restez aux alentours de la maison principale, vous pouvez vous promener seul, par contre, si vous voulez vous aventurer un peu plus loin, demandez à l’un de vos gardiens de vous accompagner de façon à pouvoir vous protéger s’il se passait quelque chose.

- Je peux sortir ?
Répéta simplement Gwenn.

- Mais bien sûr.

- Je peux sortir maintenant ?
Demanda l’adolescent, oubliant le repas sur la table.

- Oui. Cependant, je pense que vous devriez d’abord dîner. J’enverrai quelqu’un desservir plus tard, rajouta l’homme en prenant congé.

Le garçon regarda la table, mais l’envie de quitter, ne serait-ce que quelques minutes ces murs qu’il commençait à connaître par cœur, fut la plus forte. Ouvrant la porte d’entrée, il eut un sourire et s’aventura à l’extérieur. Sur l’une des terrasses, Gwenn vit une fille regarder le jardin face à elle. Dans sa main droite, elle tenait un téléphone portable et l’adolescent s’approcha d’elle. Entendant du bruit, elle se retourna mais ne dit pas un mot.

- Bonsoir, salua le jeune homme.

- Bonsoir Gwenn, répondit-elle avant de reporter son attention sur un arbre.

L’adolescent vint alors s’asseoir près d’elle et durant plusieurs minutes, aucun mot ne fut échangé. Puis, la fille dit :

- C’est ici même que je t’ai vu pour la première fois.

- …

- J’avais cinq ans lorsque je suis arrivée ici.

- Tu étais petite, murmura Gwenn.

- Oui… et avant qu’on vienne me chercher, ma mère m’avait dit : « tu verras Constance, tu vas rencontrer des gens comme toi et tu te feras tout plein d’amis ». Tu parles d’une blague !

Le jeune homme ne répondit pas mais enregistra le prénom que venait de lui donner celle qui parlait : elle faisait partie des cinq gardiens s’étant enfuis avec lui.

- J’ai une petite sœur et un grand frère, poursuivit l’adolescente. Durant trois ans, je ne les ai pas vu une seule fois. Pourtant, je pensais tous les jours à eux. Je me raccrochais à leur image lorsque je me sentais trop seule.

- …

- Et tu sais ce qu’il y a de drôle ?

- Non…

- C’est que pour mes huit ans, ma famille est venue me voir. Pour moi, cette journée aurait dû être la plus belle de ma courte vie. Pourtant…

- « Pourtant » ?

- Quand ils sont arrivés, j’ai couru vers mon frère et ma sœur, mais elle, avait peur de moi et lui semblait ne même pas se souvenir de mon existence.

- …

- C’est plutôt drôle, quand j’y pense… j’ai passé trois ans à penser à des gens qui m’ont oubliée dès que je suis partie.

- … c’est triste…, murmura Gwenn.

Constance se contenta de sourire et poursuivit :

- C’est à la suite de ça que j’ai eu envie de te rencontrer. Je vivais de l’autre côté du domaine et je n’avais jamais ressenti le besoin de te voir. Mais ce soir-là, je suis venue jusqu’ici toute seule et c’est là que je t’ai aperçu pour la première fois. Tu pleurais et Léandre essayait de te consoler.

- …

- Je me suis donc approché et quand j’ai vu ton regard… tu semblais tellement malheureux…

- …

- Et en même temps, tu semblais tellement seul… ce soir-là, je suis rentrée le cœur léger.

- ?

- En te voyant, je me suis dis que tu devais être encore plus seul que moi et ça m’a rassurée.

- Je…

- Je te choque ?

- Heu… non…
En réalité, Gwenn pensait le contraire, mais comment le dire à cette fille qui lui disait ce qu’elle avait sur le cœur ? Il pensait d’ailleurs qu’elle avait fini, mais elle continua :

- Lorsque nous nous sommes enfuis, je n’avais pas prévu que nous pourrions être séparés. Pourtant, c’est ce qui s’est produit et durant plusieurs mois, j’ai ressenti le même vide qu’à mon arrivée ici.

- …

- Je suis resté toute seule jusqu’à mon entrée en sixième. Je m’étais dit qu’il était inutile que je me lie à qui que se soit si c’était ensuite pour perdre cette personne.

- …

- Et pourtant… en sixième, je l’ai rencontrée.

- Qui ?

- Elle, Ambre, rajouta Constance en montrant à Gwenn une photo sur son gsm.

- Elle est très jolie, ne put s’empêcher de dire l’adolescent au vu de la fille.

Constance ne releva et poursuivit :

- Elle était toujours assise au fond de la classe. Elle était souvent absente et il lui arrivait même de partir au milieu de la journée ou de ne venir que l’après-midi.

- …

- Et la première fois que j’ai croisé son regard, j’ai compris qu’elle était toute seule. Elle était bien plus seule que moi et c’est pour ça que je suis allée lui parler.

- Et vous êtes devenues amies grâce à cela, dit l’adolescent.

- J’ignore si on peut appeler ça de l’amitié. Quelque temps après, j’ai appris qu’elle souffrait d’une insuffisance rénale et qu’elle était dialysé plusieurs fois par semaine, ce qui expliquait ses nombreuses absences.

- … mais… elle va s’en sortir ?
Demanda Gwenn.

- Oui, bien sûr. Elle aura bientôt un rein. C’est moi qui vais le lui donner.

- Pardon ?

- J’ai décidé de le faire il y a quelques mois lorsqu’elle a redoublé sa seconde. Durant les six mois que j’ai passé dans une classe où elle n’était pas là, je me suis fais plein de nouvelles copines. C’est bien d’être avec des gens qui ne souffrent pas de solitude. Mais c’est beaucoup moins intéressant.

- Tu aimes que les gens soient malheureux ?

- Je pense juste que ça me rassure de savoir qu’ils sont plus seuls que moi. Pourtant… durant ces six mois, je me suis surprise à penser que se serait bien qu’Ambre puisse aussi avoir une vie normale. C’est pour cette raison que dès que j’aurai dix-huit ans, je lui donnerai l’un de mes reins.

- …

- … qu’y a-t-il ? J’ai l’impression que tu veux me dire quelque chose.

- Oui… je pense que tu es vraiment très gentille, dit simplement Gwenn.

L’adolescente eut un sourire et répondit :

- Malheureusement, je ne crois pas que ce soit ça. Je pense simplement que ne me sentant plus seule, je n’ai plus besoin d’Ambre.

- …

- Mais avant de la laisser, j’aimerai la remercier pour ces années où elle m’a permis de me dire que quelqu’un d’autre était plus seul que moi.

- …

- Nous, les gardiens, nous sommes des sortes de monstres, rajouta Constance en se levant.

 

 

Fin du chapitre 03

A suivre…

 

 

Note de fin de chapitre : Ce chapitre était assez long, je pense et j'espère que l'histoire vous plaît.
Naëlle

 

Si vous voulez m'écrire un petit mot au sujet de ce chapitre, rien de plus simple, vous n'avez qu'à remplir ce petit "formulaire" ^_^
Vous n'êtes pas obligé de remplir tous les champs, mais sachez que sans votre adresse e-mail, je ne pourrai pas vous répondre ^_~

 

Lorsque vous cliquerez sur "envoyer", veuillez attendre, vous allez être automatiquement redirigé ici au bout de 5 secondes. Par contre, vous verrez de nouveau ce que vous avez écrit, mais si sur la page précédente c'était noté "Envoi de mail réussi.", c'est que c'est tout bon, vous pouvez continuer à surfer tranquillement, j'aurai votre message ^_^

 

FORMULAIRE

Votre nom :

Votre prenom :

Votre e-mail :

Votre message :

 

 

 

Chapitre 4

 

Retour à la page des histoires originales