Auteur : Naëlle
Mail : naelle@lartisan.net
Base : Haru o Daite Ita (Haru wo Daiteita)
Discaimer : Les personnages évoluant dans cette fanfic ne m’appartiennent pas et sont © Yôka Nitta (Youka Nitta) [à part Alexandra, Meiko et Toya, qui sortent de mon imagination ^_^]
Spoilers : Pas grand-chose. Il suffit de connaître l’histoire pour pouvoir suivre cette fanfic.
Titre : Une actrice gênante.
Genre : Sérieux/comédie/humour

Remarque : Cette fanfiction a été écrite pour l’anniversaire de mon amie France. (Tu vois France, j’ai choisi une série dont tu es fan, alors j’espère que ça va te plaire ^_^). Pour ma part, je dois dire que j’aime l’histoire en général de ce manga… s’il n’y avait pas toutes ces scènes de c** partout, ce serait tellement mieux…
Une petite précision. On voit pas mal Yukihito dans cette histoire et je lui donne à peu près 18/19 ans et il est à la fac. Normalement, c’est vrai que Sawa et lui n’ont pas un très grand rôle, mais là, j’ai fait évoluer ce garçon. Mais que tout le monde se rassure, les véritables héros de la fic sont Katô et Iwaki ^_^

 

Et me revoilà pour le dernier chapitre ^_^  Hé oui, toutes les bonnes choses ont une fin ! mdrrrr !!!

Dans ce chapitre, bien entendu, l'absès est crevé et nos deux amis vont ENFIN s'expliquer.

Avant de vous laisser lire, je tiens à remercier tous ceux qui m'ont fait part de leurs impressions. Je m'attendais à ce que l'histoire ait un peu de succès, du fait que c'était la première en français, mais je n'aurais pas pensé que ça aurait été à ce point !

J'ai répondu au mail, mais cette fois-ci, pas au review, alors je le fais maintenant :-)

mhsacre, voilà la suite ^_^  Tu es vraiment sympa de m'avoir encore une fois fais un petit commentaire :-)
Kain, ton message m'a fait super plaisir ^_^  Je suis contente de savoir que tu aimes ma façon d'écrire.
Nalie, tu sais que j'ai un peu l'impression d'être un sauveur ? C'est vrai, "plus personne n'y croyait, mais elle l'a fait : elle a écrit une fanfic sur Haru !" loool Je plaisante. Merci d'apprécier ma fic et de me l'avoir dit.
Mimi Yuy, je vois que tu me fais de la pub :-)  C'est sympa !!!! Mais c'est vrai que c'est original que tu oublies toi-même de lire la suite ! lol

Et maintenant, je vous laisse lire ^_^

 

 

 

 

Une actrice gênante

 

Chapitre 04

 

 

 

 

 

- ACTION !

 

- Oniisama…

- Je sais ce que tu vas me dire… tu ne l’aimes pas… mais je ne peux rien faire…

- Allez-vous renoncer à voir Jeanne-sama ?

- … je… je n’en sais rien… je ne sais plus… je ne sais pas…

- J’aurai aimé… me marier par amour…

- … moi aussi… mais je ne peux rien faire pour toi… et pour moi non plus…

- Oniisama…

- Oui ?

- Vous êtes un homme, vous avez des droits…

- … je sais… mais ma famille doit passer avant mon propre bonheur…

- COUPEZ ! Votre jeu était excellent à tous les deux.

- Merci, répondirent l’acteur et l’actrice.

- Iwaki-san a l’air d’aller mieux qu’hier, non ?
Murmura quelqu’un dans la salle.

- Je trouve aussi, dit alors un autre.

- Scène suivante ! Vous êtes prêts Katô-san, Rougé-san ?

- Oui !

- Parfait ! ACTION !

 

- Vous n’avez pas le droit !
S’énervait Jeanne.

- Je ne vois pas en quoi ça me serait interdit, répondit Tsumi avec flegme.

- Vous voulez obliger la petite sœur de Watsuri à vous épouser alors que vous savez très bien qu’elle aime quelqu’un d’autre !

- Où avez-vous vu qu’on demande aux femmes leur avis avant de les épouser ?

- Vous… vous vous moquez donc de ses sentiments ?

- En gros, oui. Je la trouve belle et je veux qu’elle soit mienne, c’est tout.

- Vous… vous êtes ignoble…

- Pff…

- Dans mon pays…

- Vous n’êtes pas chez vous ici ! Retournez donc dans votre cher pays !

- Je ne peux pas… j’aime Watsuri… pourtant… mon père…

- Vous êtes puérile ! Vous ne pensez qu’à vous !

- C’est faut ! Je pense aussi aux autres ! C’est bien pour cela que je souffre tant !

- COUPEZ !

Katô et Alexandra soupirèrent de contentement. Ils avaient bien joué, mais y avaient mis tout leur cœur et toutes leurs forces.

- Je suis vidé…, soupira l’acteur.

- Moi aussi, renchéri la femme.

Sans s’en rendre compte, l’homme eut un sourire. Cette femme lui ressemblait quelque part. Elle était capable de se donner à fond dans son travail, laissant de côté pour un temps ses soucis personnels… cependant, il n’oubliait pas qu’elle essayait de lui prendre ‘son’ Iwaki ! Il devait lui expliquer les choses clairement, cependant il ne savait pas trop comment s’y prendre. Et si Iwaki était vraiment tombé amoureux d’elle ? Après tout, elle avait tout pour elle : elle était belle, intelligente et douce.

Pendant ce temps, Iwaki les observait tous les deux, superposant les paroles d’Alexandra à Katô. Il souffrait et ne savait pas comment faire pour calmer cette douleur.

 

* * * * *

 

- J’imagine que vous mangez avec nous, dit soudain Katô à l’actrice alors qu’il la retrouvait en sortant de sa loge.

- Non, pas aujourd’hui.

- Ha ? Bon, j’y vais.

- Katô-san.

- Oui ?

- J’ai cru comprendre que vous aviez un petit problème Iwaki-san et vous.

- Que…

- Je pense que vous devriez parler… ne laissez pas le vide et le silence s’installer entre vous… il n’y a rien de pire…

- Heu…

- A tout à l’heure.

Alexandra s’éloigna de l’homme, incapable du moindre mouvement.

- Katô ?

- Iwaki-san ? Qu’est-ce qu’il y a ?

- Tu ne viens pas ? On ne mange pas ensemble ?

Un grand sourire illumina le visage du plus jeune des deux.

« Ce sourire est-il différent de ceux qu’il m’adresse normalement », se demanda alors l’autre.

 

* * * * *

 

Yukihito notait le cours qu’un professeur leur dispensait sans vraiment en comprendre le sens. Toutes ses pensées étaient prises par trois choses. La première était bien entendu Meiko qui se trouvait à l’hôpital. Il avait d’ailleurs été convenu qu’avec des amis ils iraient lui rendre visite dans l’après midi. La deuxième était le romancier. Yukihito espérait qu’il ne l’avait pas trop blessé en lui annonçant qu’il ne rentrerait pas pour le moment. Cependant, les paroles qu’il lui avait dites à l’hôpital, lorsqu’il lui avait parlé du financement de ses études avaient beaucoup plus choqué le jeune homme qu’il ne l’aurait pensé. En effet, Yukihito avait eu l’impression que l’auteur ne le croyait pas vraiment lorsqu’il lui disait qu’il l’aimait ; qu’il ne restait avec lui que de façon à n’avoir aucun problème d’argent. Et la troisième, cette chose pour laquelle il s’était donné à fond durant les trois derniers mois, était cette histoire, ce roman, qu’il avait écrit lors d’un concours. C’était Meiko qui lui avait amené la brochure quelques mois auparavant. Ce concours, au sujet et thème libre avait été organisé dans le but de découvrir de jeunes talents. La première sélection avait été faite la veille, lorsque certains membres du jury avaient accepté ou refusé certains écrits en lisant uniquement trois passages pris au hasard de l’histoire. Yukihito en avait vu beaucoup ressortir la mine déconfite car les passages lus n’avaient pas été appréciés, et c’était la gorge sèche et les jambes flageolantes qu’il était entré dans une grande salle dans laquelle plusieurs hommes et femmes, d’âges divers le détaillaient. Ils avaient alors chacun sortit un manuscrit, et de façon tout à fait aléatoire, celui qui semblait être le doyen avait désigné trois passages que chacun avait alors lu avec attention. Les votes s’étaient alors fait et c’est avec un grand sourire que l’homme avait annoncé que son histoire était retenue pour le concours définitif.

 

* * * * *

 

Iwaki et Katô s’étaient installés dans un coin sombre, de façon à être tranquille. Mais alors que l’aîné des deux portait sa nourriture à sa bouche, il sentit le regard insistant de son ami posé sur lui.

- Qu’est-ce qu’il y a ?

- Mais rien.

- Katô. – Le jeune homme s’inquiéta devant l’air sérieux que venait d’adopter son vis-à-vis – Si tu as quelque chose à me dire, j’aimerai que tu le fasses…

- ?

- Même si ça fait mal, je crois que je préfère que tu m’en parles plutôt que de rester comme ça…

- Mais de quoi tu parles ? Et puis, si quelqu’un à quelque chose à dire à l’autre, je crois que c’est plutôt toi !

Le ton était monté d’un cran.

- Je n’ai rien de particulier à te dire ! Je n’ai pas changé, moi !

- Mais moi non plus !

- Alors explique-moi où tu es allé quand tu es sorti toute la nuit !

- Et si tu commençais par m’expliquer ce que tu as fait la nuit d’avant !

- Je n’ai rien fait de particulier, répondit Iwaki se calmant un peu, et surtout, ne comprenant pas ce que son ami avait l’air de lui reprocher implicitement.

- Tu me trompes et tu oses me dire que tu n’as rien fait de particulier ?
Cria Katô.

Plusieurs regards se retournèrent vers les deux acteurs.

- Inutile de régler nos problèmes en publique, viens.

Le jeune homme attrapa la main de son ami afin de l’entraîner ailleurs. Ce dernier se laissa faire sans un mot, bien trop choqué par les paroles de son amant pour réagir. Une fois arrivé dans la loge qu’utilisait Iwaki, Katô estima qu’ils pouvaient finir leur discussion.

- Katô…
Murmura alors son ami.

- Iwaki-san… dis-moi si c’était vraiment sérieux… si c’est que tu ne m’aimes plus, ou…

- JE NE T’AI JAMAIS TROMPE !
Hurla l’homme complètement fou à la pensée que son compagnon ait pu imaginer une telle chose.

- Tu… tu ne m’as pas… trompé… ?
Bafouilla l’autre.

- Jamais… jamais…
Murmura Iwaki le regard rivé sur le sol.

- Mais… l’autre nuit… j’ai sentit le parfum de Rougé-san sur toi… et tu t’es détourné alors…

- Tu as cru… que je t’avais trompé… avec Rougé-san… ?

- Oui… mais si ce n’était pas ça… pourquoi est-ce que tu m’évites depuis… ?

- Je ne t’évite pas… je pensais que c’était toi qui t’éloignais…

- Pourquoi ?
Demanda alors Katô gentiment en prenant son ami dans ses bras.

- J’ai pensé… que tu avais peut-être envie d’avoir quelqu’un…

- Hum ?

- … quelqu’un de plus jeune avec toi… alors… je…

Les deux hommes se sentaient terriblement bêtes. Ils s’étaient tous les deux montés la tête pour des histoires ne venant que de leur imagination.

- On est idiot, murmura Iwaki, riant et pleurant en même temps contre son ami.

- C’est notre amour qui doit nous rendre comme ça, murmura Katô en passant une main sous le menton de l’acteur, de façon à lui faire relever la tête. Puis, leurs lèvres se scellèrent, tendrement dans un premier temps, avant que leur baiser ne devienne de plus en plus intense.

Sentant les mains de son ami enflammer tout son corps, Iwaki tenta de protester faiblement, lui faisant remarquer qu’ils n’étaient pas chez eux, cependant, le jeune homme le rassura, lui disant que personne ne viendrait les déranger.

Mais alors que Katô, après avoir entièrement enlevé la chemise de son ami, voulait s’attaquer au reste, la porte s’ouvrit.

- Iwaki-san, Katô-san, vous êtes là ?... heu…

Iwaki poussa violemment son compagnon avant de remettre rapidement sa chemise.

- Je suis désolée… je dérange…

- Oui, vous dérangez !

- Katô !

Alexandra, car c’était elle, regarda tour à tour les deux hommes et ne pu s’empêcher de rire. Iwaki, qui ne supportait pas d’être vu dans ce genre de situation, ne put empêcher l’hilarité de la femme de le gagner, alors que Katô se mettait lui aussi à rigoler. Ces derniers jours ne s’étaient pas passés dans une franche bonne humeur, mais à présent que tout était clair, cela allait certainement changer.

- Au fait, reprit Iwaki lorsqu’ils furent tous plus ou moins calmé, vous aviez besoin de nous ?

- Ha oui ! J’ai une bonne nouvelle pour vous.

- Ha ?

- La chambre qui avait été réservée pour moi et qui a ensuite été louée par erreur vient de se libérer. Je vais donc pouvoir vous laisser tranquille.

L’actrice avait annoncé cela avec un grand sourire aux lèvres, cependant, la nouvelle ne fut pas accueillit avec la joie qu’elle aurait pensée.

- Iwaki-san.
Shimizu venait d’arriver.

- Oui ?

- Que faites-vous ? Le réalisateur est furieux, vous avez vingt minutes de retard.

Les deux hommes et la femme regardèrent alors leur montre respective pour s’apercevoir qu’effectivement, il n’avait pas vu l’heure tourner. Ils allèrent donc tous les trois se préparer rapidement en moins d’un quart d’heure plus tard on entendant un homme crier « action ! ».

 

* * * * *

 

 

Deux jours plus tard :

 

- J’espère quand même que Rougé-san ne s’ennuie pas trop…

- C’est vrai, être seule dans un hôtel… en plus le tournage va encore durer un bon bout de temps…

Iwaki s’étonna que son compagnon pense la même chose que lui. Finalement, il s’était lui aussi attaché à la femme, sans même s’en rendre compte, et maintenant qu’il savait qu’elle ne cherchait pas à lui ‘voler’ son ami, il n’y avait plus de problème. De plus, connaître l’histoire de l’actrice, et surtout savoir que son mari l’avait quitté, faisait que le jeune homme éprouvait une certaine affection pour elle. Cependant, d’un autre côté, il lui en voulait d’avoir fait, indirectement, pleurer Iwaki en lui parlant de la raison de la demande de divorce de son époux.

- Je me souviens, commença Iwaki, que lorsque nous tournions la série ‘Haru o Daite Ita’, il y a eu des moments où comme ce n’était pas à Tokyo, on nous logeait à l’hôtel.

- Oui, c’est vrai.

- Je garde un très mauvais souvenir de chacune des nuits que j’ai passées en dehors de mon appartement. Etre dans un endroit inconnu faisait ressurgir en moi des tas de souvenirs que j’aurais préféré oublier…

- Iwaki-san…

Katô prit son ami dans ses bras.

- Tu aurais dû me demander de venir, lui dit-il plusieurs minutes plus tard.

- Mais tu es idiot ou quoi ? Pourquoi je t’aurais demandé une telle chose ? Je te signal qu’à ce moment là, nous n’étions amoureux que pour l’écran.

- Tu ne m’aimais pas ?
S’indigna Katô.

Iwaki eu un sourire face au regard d’enfant que lui adressait son ami.

- Tu es bête !

- Oui, je sais. Mais maintenant, même quand tu dois passer une nuit loin de chez toi, j’espère que tu ne déprimes pas.

- Non… mais je ne dors pas beaucoup plus qu’à l’époque, en fait.

- Pourquoi ?

- Parce qu’une certaine personne me téléphone et passe quasiment toute la nuit à me dire combien je lui manque, combien elle m’aime, combien…

- Tu n’aimes pas ?

- Mais si.

- Alors je peux continuer ? Même si je t’empêche de te reposer ?

- Même si je voulais te demander d’arrêter, j’aime beaucoup trop sentir ton amour pour te reprocher quoique se soit.

Katô rougit légèrement avant d’embrasser son ami.

 

* * * * *

 

- ACTION !

 

- Tsumi.

- Oui père ?

- Il faut qu’on discute tous les deux.

- Je vous écoute, répondit le jeune homme en s’asseyant.

- J’ai ouï dire que tu voulais épouser la fille des Mégushi.

- C’est exact. Vous êtes contre ?

- Tu fais ce que tu veux, c’est ta vie.

- Merci.

L’homme s’apprêtait à ressortir lorsque son père rajouta :

- Pense qu’il y en a qui n’ont pas le droit de penser « c’est ma vie ».

- Père…

- Pense à ta mère.

- J’épouserai cette fille, car je l’ai décidé depuis le premier jour où je l’ai vu.

- COUPEZ !

C’était la fin de la journée et les acteurs savaient que cette scène était la dernière du jour. De plus, même s’ils aimaient tous leur métier, ils devaient bien s’avouer qu’ils étaient tous ravis à la pensée que le lendemain, ils ne travailleraient pas.

Alexandra rassemblait ses affaires et s’apprêtait à partir lorsque Katô et Iwaki arrivèrent vers elle.

- Vous avez besoin de moi ?
Interrogea l’actrice.

- Nous voulions savoir si vous aviez prévu quelque chose pour ce soir.

- Heu… non, mais pourquoi Iwaki-san ?

- Vous voulez nous accompagner au restaurant ?

- … c’est que… je…

- Si vous n’aviez rien de prévu, pourquoi ne pas vouloir passer la soirée avec nous ?

- Katô-san… je ne voudrais pas vous déranger.

L’homme eut un sourire avant de lui assurer que tout allait bien et qu’elle pouvait venir sans crainte de les ennuyer.

- J’accepte avec joie, alors, reprit la femme avec un grand sourire.

 

* * * * *

 

- Yukihito-kun ?

Le jeune homme releva les yeux de son cours avant de répondre :

- Oui sempaï.

- Je t’ai déjà demandé d’arrêter de m’appeler ‘sempaï’. Après tout, nous sommes en même année et ça me rappelle trop que j’ai redoublé quand tu me dis ‘sempaï’ à tout bout de champ.

- Désolé. Qu’est-ce que tu me voulais Toya ?

- Te dire que le repas est prêt.

- Ha, j’arrive.

Les deux amis s’installèrent dans la salle à manger, alors que des domestiques commençaient à les servir. Yukihito était habitué au luxe depuis qu’il vivait avec Sawa, cependant, chez Toya, il trouvait que tout le luxe étalé au grand jour avait plutôt de quoi dégoûter tant cela était dans les excès. De plus, son ami avait toujours l’air triste. Il ne l’avait d’ailleurs que très rarement vu sourire et jamais encore il ne l’avait entendu rire.

- Tes parents ne sont pas rentrés ?
S’étonna le jeune homme.

- Non. Et je doute qu’ils rentrent ce soir.

- Ha…

Tout en mangeant, le jeune homme se permit de regarder un peu les différentes photos posées sur un buffet bas. Il n’y avait que lors des repas que la pièce était utilisée, aussi, c’était les seuls moments où Yukihito pouvait regarder à loisir ce qu’il voulait, tout en mangeant. Soudain, il tomba en arrêt devant une photo. Sur celle-ci, qui ne devait pas être très ancienne, son ami souriait, près de ses parents ; et sur une autre, à côté, un garçon qui ressemblait énormément à Toya posait près de la fontaine se trouvant dans le jardin.

- Qui est-ce ?
Demanda Yukihito sans même s’en rendre compte.

Surpris, Toya se retourna et répondit :

- C’est mon frère ?

- Ha ? Tu as un frère ?
S’étonna le jeune homme.

Un voile de tristesse passa au fond du regard de Toya avant qu’il n’explique :

- Il est mort… il y a deux ans…

- Je suis désolé, s’excusa son ami.

- Tu ne pouvais pas savoir.

- …

- C’était le jour de mon anniversaire. Mon frère et sa fiancée voulaient me faire une surprise. Ma petite amie avait déménagé quelques mois avant, et ils voulaient qu’elle soit là le soir où on allait le fêter. Mais au lieu de les voir arriver dans l’après-midi, c’est un coup de téléphone qu’on a reçu. Ils ont percuté un camion dont le chauffeur était ivre sur la route qui devait les mener à la maison. Mon frère et sa fiancée son mort sur le coup alors que Shina est restée de longue semaine dans le coma avant de rendre l’âme…

- Toya…

- Désolé, je gâche ton repas.
Le jeune homme se leva et sortit de table, laissant Yukihito seul.

 

* * * * *

 

- Le cadre est vraiment superbe. Quant à la nourriture… c’est un vrai régal pour le palais. Je vous remercie de m’avoir invité.

Alexandra adressa un sourire au deux hommes lui faisant face.

- En plus, rajouta-t-elle, toutes les femmes présentes m’envient.

- ?

- Je suis en compagnie de deux hommes tellement beau, leur annonça-t-elle le plus sérieusement du monde.

Iwaki piqua un fard tandis que Katô, goûtant un vin faillit s’étouffer.

- Rougé-san, s’indigna l’aîné de deux hommes.

La dénommée se mit à rire, pensant qu’elle ne pourrait plus s’arrêter.

- Je vais devoir vous rajouter une qualité, annonça Katô, lorsqu’elle se fut légèrement calmée.

- Ha ?

- Vous avez très bon goût en matière d’homme.

Un nouvel éclat de rire se déclancha chez l’actrice, très rapidement rejoint par les deux autres.

- Je ne savais pas que vous pouviez être aussi amusant, dit la femme quelques minutes plus tard à l’adresse du jeune homme l’ayant faite rire.

- J’ai beaucoup de charmes cachés, répondit-il malicieusement. Mais, certains ne sont dévoilés qu’à Iwaki-san.

- KATO !!!!
S’énerva alors l’autre acteur.

Alexandra, quant à elle s’était de nouveau mise à rire. Depuis son arrivée dans ce pays, c’était la première fois qu’elle passait une aussi bonne soirée.

 

* * * * *

 

Seul dans la chambre qu’on lui avait attribué lors de son séjour chez Toya, Yukihito s’allongea sur le lit. Cependant, il ne pouvait s’endormir. Ce que lui avait raconté son ami le faisait souffrir. Meiko lui disait toujours qu’il était trop gentil. Mais c’était plus fort que lui, il ne pouvait s’empêcher de s’impliquer entièrement dans la vie des autres. Finalement prêt à trouver le sommeil, sa porte s’ouvrant le réveilla.

- Semp… Toya ?

- Tu ne dors pas ?

- Non, pas encore. Qu’est-ce qu’il y a ?

Le jeune homme debout à la porte se rapprocha de son ami avant de passer une main le long de la joue de ce dernier.

- Toya ?

- Tu es vraiment très beau Yukihito-kun, murmura le jeune homme.

- Que…

- Depuis que nous nous sommes rencontrés… j’ai… depuis quelques temps… j’ai de plus en plus envie de toi…

Toya venait de rapprocher ses lèvres de celui de l’autre jeune homme. Tout d’abord ébranlé par les paroles de son ami, ce dernier réagit cependant et de manière assez violente. Il repoussa de toutes ses forces l’autre avant de sortir précipitamment de la chambre. Puis, sans s’arrêter de courir, il sortit de la maison alors que Toya le rappelait en s’excusant.

 

* * * * *

 

Iwaki alluma les essuie-glaces. Il avait fait beau toute la soirée, mais à présent, la pluie tombait violemment.

- Vous voilà arrivé à votre hôtel Rougé-san.

- Encore merci à vous deux. J’ai passé une excellente soirée et je vous en suis très reconnaissante.

- Le plaisir a été partagé, lui assura le conducteur alors qu’elle ouvrait la portière.

Les deux hommes la regardèrent ensuite courir le long des escaliers devant la mener à son hôtel, puis entrer dans celui-ci.

- Je peux savoir ce qui te fait sourire comme ça ?

Katô, à qui la question s’adressait, répondit, sans cesser de sourire :

- On a passé une bonne journée, une bonne soirée et je sens qu’on va passer une bonne nuit aussi… mais on ne va pas dormir, rajouta-t-il avec un sourire encore plus grand.

- Tu es un obsédé !

- Comment ? Mais Iwaki-san…

L’homme eu un petit rire avant de redémarrer tandis que son ami était de plus en plus content à la pensée de ce qu’ils allaient faire une fois rentrés.

Une vingtaine de minutes plus tard et les deux amis arrivaient devant chez eux. Mais quelle ne fut pas leur surprise lorsque des lumières de la voiture montrèrent que Yukihito était devant chez eux, entièrement trempé.

 

* * * * *

 

Une fois que le jeune homme eut pris une douche et qu’il eut enfilé un pyjama qu’on lui avait prêté, les deux hommes lui demandèrent ce qui s’était passé.

- Je n’ai pas envie d’en parler, murmura Yukihito.

- On va prévenir Sawa-san que tu es ici, dit soudain Iwaki.

- Non. J’aimerai mieux qu’il ne sache pas que je suis chez vous… sinon, il va encore s’inquiéter pour rien.

- Mais… Il doit déjà être inquiet, lui précisa alors l’homme.

- Non, il pense que je suis chez un ami.

- Il y a un problème entre Sawa-san et toi ? Tu l’as quitté ?
Demanda Katô sans aucun préambule.

- Quoi ? Mais non ! Jamais je ne pourrai faire une chose pareille !

- Ha, désolé, j’avais cru.

Yukihito se leva du fauteuil dans lequel il était avant de continuer :

- Je ne pourrai jamais le quitter. Je l’aime, vous comprenez ?

- Alors, comment se fait-il que tu ne sois pas avec lui ?
Interrogea de nouveau l’acteur.

- Vous savez… lorsque je veux quelque chose, je n’ai même pas le temps de le demander que je l’ai déjà. Il m’arrive même parfois de ne pas avoir le temps d’en avoir envie que j’ai déjà l’objet en question. Nagisa me donne absolument tout et pour une fois, j’avais envie de faire quelque chose, sans qu’il m’aide. C’est ce que je faisais lorsqu’il est entré dans ma chambre le soir où il a tenté de se suicider… il a dû vous raconter.

- Il nous en a touché deux mots, effectivement, confirma Iwaki.

- Et à l’hôpital, il m’a profondément blessé lorsqu’il m’a dit que même si je le quittais, je n’aurais pas besoin de m’inquiéter pour mes études, qu’il continuerait à les financer. J’ai eu l’impression qu’implicitement, il me disait qu’il pensait que je ne restais avec lui que pour avoir une valeur pécuniaire sûre… C’est pour ça que je suis allée chez Meiko. Mais après, elle a eu cet accident et je suis donc allé chez un autre ami.

- Je comprends ce que tu dis, lui dit alors Iwaki, cependant, tu devrais sans doute l’expliquer à Sawa-san. Il doit se torturer à la pensée que tu l’as abandonné.

- Je sais… mais pour l’instant, je… j’ai besoin d’être un peu seul… loin de lui, je veux dire…

Les deux amis se regardèrent. Bien qu’ils aient tous les deux envie de prévenir le romancier, ils arrivaient tout de même à comprendre le point de vu du jeune homme près d’eux.

- Alexandra-san n’est plus ici ?
Demanda soudain Yukihito.

- Non, sa chambre d’hôtel s’est libérée il y a deux jours. Pourquoi, tu voulais la voir ?
Lui répondit Katô.

- Non… je demandais juste comme ça…

Plusieurs minutes s’écoulèrent en silence avant qu’Iwaki reprenne :

- Tu peux rester ici le temps que tu voudras.

- Heu… merci…

- Je vais te préparer la chambre d’ami.

- Merci, Iwaki-san.

Katô attendit que son ami ait disparu avant de s’asseoir près de Yukihito.

- Dis-moi, si tu avais des problèmes, tu nous en parlerais ?

- Peut-être… je…

- Nous pouvons peut-être t’aider.

- Katô-san.

- Oui ?

- Vous savez… depuis la mort de ma mère… j’ai toujours eu beaucoup de mal à me lier aux gens… surtout aux hommes…

Katô n’était pas du tout au courant que la mère du jeune homme avait été victime d’une tragédie, cependant, il indiqua à son hôte qu’il avait toute son attention.

- … je crois qu’en chaque homme… je revoyais mon père… et son crime…

L’acteur était de plus en plus perdu. Cependant, il ne voulait pas couper le garçon près de lui.

- … le fait que mon père ait tué ma mère… avait provoqué un blocage chez moi… et je ne pensais pas que je m’en remettrais un jour…

Katô écarquilla les yeux. Le jeune homme qu’il avait près de lui avait donc vécu un véritable drame. Jamais il n’aurait pu l’imaginer.

- Mais en fait, depuis que je vais à la fac… je me suis pas mal ouvert aux autres… je me suis même fait deux très bons amis.

- C’est bien.

- Oui. La première personne que j’ai vraiment acceptée, c’est Meiko. Elle est tellement gentille, et douce aussi. Et puis, il y a quelques mois, je me suis fait un ami garçon : Toya. Grâce à eux deux, j’ai commencé à m’entourer et à m’amuser. Maintenant, j’ai pas mal de copains et copines. Vous avez d’ailleurs dû en voir quand vous êtes passé à la maison.

- Oui, effectivement. J’ai d’ailleurs été étonné de voir comme tu avais l’air heureux.

- Ce n’était pas qu’un air, je l’étais vraiment.

- Il s’est passé quelque chose ?

- Oui… ce soir, Toya m’a raconté que sa petite amie ainsi que son frère et sa fiancée sont tous les trois morts dans un accident de la route il y a deux ans. Il avait l’air complètement déprimé lorsqu’il m’a raconté ça et le soir, il est venu me rejoindre dans ma chambre. Je crois qu’il voulait que je le réconforte…

Katô se leva de son siège scandalisé.

- Il t’a…, commença-t-il.

- Non ! Je ne l’ai pas laissé faire ! Mais qu’est-ce que je vais faire si tous les gens que je côtoie me déçoivent ou attendent ce genre de chose de ma part ?

- Yukihito-kun… Tu es le seul à pouvoir décider de ce que tu vas donner. Personne n’a le droit de t’imposer ce genre de chose.

- Oui… surtout que je ne comprends pas… comment a-t-il pensé que je serais d’accord… ?... Je n’aime pas les hommes… Ca vous semble bizarre ce que je vous dis ?

- Non, pourquoi ? Ca devrait ?

- Le fait que je n’aime pas les hommes…

- Je pense que je te comprends. Après tout, je ne les aime pas moi non plus. Il n’y a qu’Iwaki-san qui compte pour moi.

- Katô-san.

- Oui ?

- Merci de m’avoir écouté.

Le jeune homme se leva et s’apprêtait à sortir du salon lorsque l’autre rajouta :

- Ne laisse personne t’imposer sa volonté, même si tu es très ami avec cette personne.

- D’accord.

Quelques minutes plus tard, Iwaki apparaissait là où Yukihito avait disparu.

- Tu as mis longtemps, lui fit remarquer son ami.

- J’ai vu que vous discutiez, alors je n’ai pas voulu déranger. Tu es capable d’être très mûr et mature quand tu veux.

Le jeune homme se contenta de sourire avant de s’approcher de son ami et de l’embrasser.

- Iwaki-saaaaaaan, fit-il en se détachant de son ami.

- Qu’est-ce qu’il y a ?

- Je crois que c’est corrompu pour ce soir, répondit le jeune homme avec une moue.

- C’est vrai, je crois qu’on va être obligé de dormir.
Dit alors Iwaki en riant un peu.

- Iwaki-san, tu pourrais peut-être essayer de ne pas faire trop de bruit, non ?

- KATO !!!!!!

- Je plaisantais, je plaisantais, s’écria le jeune homme, n’ayant pas vraiment envie que son compagnon s’énerve sur lui.

 

 

Fin du quatrième chapitre.

A suivre…

 

Note de fin de chapitre : Et voilà, c'était le dernier chapitre. Mais qu'on se rassure, il reste encore une petite épilogue qui va régler les problèmes entre Sawa et Yukihito ^_^  J'espère que vous avez apprécier ce chapitre. A dans quinze jours pour la fin :-)

 

 

Epilogue

 

 

Retour à la page des fanfictions